Meet the Doctors : Dr Rafif Tayara, dentiste spécialisée en dentisterie pédiatrique à Dubai
- SANTÉ - BIEN-ÊTRE
La rédaction- 30 octobre 2026
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Le Dr Rafif Tayara, dentiste spécialisée en dentisterie pédiatrique à Dubai, exerce au sein de JuniorDental, une clinique dédiée à la santé bucco-dentaire des enfants et des adolescents. Installée aux Émirats depuis 2009, elle s’intéresse particulièrement à l’orthodontie pédiatrique, à la croissance des mâchoires et à la médecine dentaire du sommeil. Également entrepreneure et dirigeante de clinique, elle nous parle de son parcours, des défis de son métier et de l’importance de la prévention dès le plus jeune âge.
Rafif Tayara, depuis combien de temps à Dubai ?
Je vis aux Émirats arabes unis depuis 2009, soit maintenant 17 ans.
Rafif Tayara, d’où venez-vous ?
Je viens de Montréal, au Québec (Canada). Je suis d’origine libanaise et mariée à un Néerlandais.
Quel est votre métier ? Quels sont vos domaines d’expertise ?
Je suis dentiste spécialisée en dentisterie pédiatrique, en orthodontie chez l’enfant et l’adolescent, ainsi qu’en médecine dentaire du sommeil pédiatrique.
À partir de quel âge avez-vous eu envie de prendre cette voie ?
Depuis l’école, je suis passionnée par les sciences, et particulièrement par la biologie humaine. J’étais fascinée par le fonctionnement du corps humain et j’ai très tôt été attirée par la médecine pédiatrique.
J’ai toujours aimé le contact avec les enfants, leur spontanéité et leur authenticité. C’est donc tout naturellement que je me suis orientée vers la dentisterie pédiatrique, un domaine qui me permet de réunir ma passion pour les sciences et mon envie de prendre soin des enfants.
Avec les années, ma passion a évolué vers l’orthodontie pédiatrique, la croissance cranio-faciale et la médecine dentaire du sommeil. Aujourd’hui, ce qui me motive le plus, c’est de savoir que notre rôle va bien au-delà des soins dentaires : nous pouvons avoir un véritable impact sur la santé, le développement et la qualité de vie d’un enfant.
Rafif Tayara, où avez-vous étudié ?
J’ai étudié à Beyrouth, Montréal, en Californie, à Boston et en Espagne.
Pourquoi avoir choisi d’exercer la dentisterie pédiatrique à Dubai ?
C’est l’amour qui m’a amenée à Dubai, mais ce sont les opportunités que cette ville m’a offertes qui m’ont donné envie d’y rester.
Dubai est une ville où tout semble possible, où l’ambition, le travail et la persévérance peuvent ouvrir de nombreuses portes.
J’y ai trouvé un environnement qui m’a permis de grandir, aussi bien professionnellement que personnellement, de repousser mes limites et de concrétiser des projets que je n’aurais peut-être jamais imaginés ailleurs.
Je suis donc venue à Dubai par amour, et j’y suis restée pour réaliser mes rêves.
Quels sont les challenges/facilités en tant que médecin à Dubai ?
L’une des plus grandes richesses de Dubai est sans aucun doute sa diversité culturelle. Nous avons la chance d’exercer dans un environnement international, au contact de patients et de professionnels venant des quatre coins du monde. C’est une expérience extrêmement enrichissante, aussi bien sur le plan humain que professionnel.
Mais cette diversité représente également un véritable défi. Chaque culture a sa manière de communiquer, ses attentes et sa perception des soins. Il faut savoir s’adapter, écouter et comprendre ces différences pour établir une relation de confiance avec les patients.
Ce défi est encore plus important lorsqu’on est à la fois médecin et chef d’entreprise. Diriger une équipe multiculturelle demande beaucoup de flexibilité, d’intelligence émotionnelle et de leadership. Il faut apprendre à fédérer des personnes d’horizons différents autour d’une même vision et des mêmes valeurs.
En revanche, Dubai offre un environnement particulièrement dynamique, ouvert à l’innovation et à l’entrepreneuriat, qui encourage les professionnels à évoluer et à développer leurs projets.
Cette diversité nous pousse à devenir de meilleurs professionnels, mais aussi de meilleurs leaders.

Rafif Tayara, est-ce plus simple ou plus compliqué qu’au Canada ?
Plus compliqué. Nous travaillons avec des professionnels formés dans différents pays, issus de différentes écoles de pensée, avec des approches médicales, des méthodes de travail et des pratiques professionnelles parfois très différentes.
Il faut également composer avec des patients de cultures variées, qui n’ont pas tous les mêmes attentes, la même perception des soins ou la même manière de communiquer.
À cela s’ajoute la particularité d’un système de santé essentiellement privé, où il faut trouver un équilibre permanent entre l’éthique médicale, la qualité des soins, les attentes des patients et les réalités économiques.
En tant que médecin, mais aussi entrepreneure et dirigeante d’une clinique, cette complexité prend une autre dimension. Il ne suffit pas d’être un bon praticien : il faut aussi savoir gérer une équipe multiculturelle, harmoniser les pratiques, maintenir des standards de qualité élevés et développer une entreprise dans un environnement très compétitif.
Mais c’est aussi ce qui rend l’expérience de Dubai si enrichissante. Cette ville nous pousse constamment à nous adapter, à apprendre et à nous remettre en question.
Finalement, exercer la médecine et diriger une entreprise sont deux métiers très différents. Et à Dubai, il faut souvent apprendre à maîtriser les deux.
Dans votre spécialité, rencontrez-vous des pathologies plus spécifiques à Dubai ?
Ce qui est particulièrement intéressant à Dubai, c’est la grande diversité des profils de patients que nous rencontrons.
Dans ma spécialité, l’orthodontie pédiatrique et la médecine dentaire du sommeil, nous observons certaines caractéristiques génétiques et morphologiques de la croissance du visage et des mâchoires qui peuvent être plus fréquentes dans certaines populations originaires de cette région.
Mais Dubai est aussi un véritable carrefour de nationalités et de cultures. Avec une population expatriée venant des quatre coins du monde, nous retrouvons une très grande variété de morphologies cranio-faciales, de malocclusions et de troubles du développement des mâchoires.
C’est ce qui rend notre pratique particulièrement intéressante : nous rencontrons des situations cliniques très variées, qui nous amènent à adapter notre approche à chaque enfant.
Il est également important de rappeler que la croissance du visage ne dépend pas uniquement de la génétique. Des facteurs fonctionnels et environnementaux, comme la respiration, le sommeil, la posture de la langue et les habitudes orales, peuvent aussi influencer le développement cranio-facial.
Finalement, Dubai est un véritable laboratoire de diversité humaine, où chaque enfant présente une combinaison unique de facteurs génétiques, fonctionnels et environnementaux.
Quels sont les éléments les plus motivants de votre métier ?
Ce qui me motive le plus dans mon métier, c’est avant tout l’impact que je peux avoir sur la vie d’un enfant, parfois bien au-delà de son sourire.
En dentisterie pédiatrique, nous avons ce privilège unique d’accompagner les enfants pendant une période essentielle de leur croissance et de leur développement. Pouvoir intervenir tôt, prévenir certaines complications et contribuer à améliorer leur santé, leur sommeil, leur respiration et leur qualité de vie est extrêmement gratifiant.
Il y a aussi cette dimension humaine que j’aime profondément. Voir un enfant arriver anxieux au cabinet, puis repartir avec le sourire, gagner sa confiance et construire avec lui une relation qui dure parfois des années, c’est une immense satisfaction.
Ce qui me passionne également, c’est que notre métier évolue constamment. La science, les nouvelles technologies et les découvertes sur la croissance cranio-faciale nous poussent à apprendre et à remettre continuellement nos connaissances à jour.
Enfin, la transmission du savoir occupe aujourd’hui une place essentielle dans ma carrière. Former d’autres professionnels, partager mon expérience et contribuer à faire évoluer les pratiques me procure une motivation supplémentaire.
Au fond, ce qui me motive, c’est de savoir que nous ne soignons pas simplement des dents : nous accompagnons des enfants en pleine croissance, et nos décisions d’aujourd’hui peuvent avoir un impact sur leur santé de demain.
Rafif Tayara, avec le recul, que referiez-vous différemment ?
Rien, sincèrement. Chaque décision, chaque réussite, mais aussi chaque erreur et chaque difficulté ont contribué à faire de moi la personne et la professionnelle que je suis aujourd’hui.
Avec le recul, je réalise que les moments les plus difficiles ont souvent été ceux qui m’ont le plus appris et fait grandir.
Je ne changerais donc rien à mon parcours, car je crois profondément que chaque expérience, bonne ou mauvaise, a sa raison d’être et nous apporte quelque chose.
Je ne referais pas forcément tout de la même manière, mais je ne regrette rien.
Deux conseils à donner à nos lecteurs pour vivre cette année « en bonne santé » ?
• Privilégier la prévention.
Mon premier conseil serait de privilégier la prévention plutôt que d’attendre l’apparition d’un problème. Prendre soin de sa santé, c’est avant tout adopter de bonnes habitudes au quotidien : bien manger, bouger, dormir suffisamment et être attentif aux signaux de son corps. En tant que médecin, je suis convaincue que la prévention reste notre meilleur investissement pour l’avenir.

• Apprendre à vivre pleinement le moment présent.
Mon deuxième conseil serait d’apprendre à vivre pleinement le moment présent. Nous passons tellement de temps à courir après nos objectifs, à planifier demain ou à nous préoccuper de ce que nous ne pouvons pas contrôler, que nous oublions parfois de profiter de l’instant présent. Prendre le temps de ralentir, de savourer les petits bonheurs, de passer du temps avec ceux qu’on aime et de se déconnecter est tout aussi important pour notre équilibre et notre bien-être.
Finalement, être en bonne santé, ce n’est pas seulement prendre soin de son corps, c’est aussi prendre soin de son esprit. Et surtout, ne pas oublier de vivre pendant que l’on construit son avenir.
Vos deux bonnes adresses à Dubai ?
• L’Entrecôte, pour un bon steak-frites.
• La boulangerie Lafayette, pour un croissant et un café.
PETIT PORTRAIT INDISCRET
Plutôt matinale ou oiseau de nuit ? Les deux !
Plutôt café-croissant ou petit-déj healthy ? Café-croissant !
Plutôt sport extrême ou méditation ? Sport extrême !
Plutôt robe-sandales ou tailleur-talons ? Robe et sandales !
Plutôt week-end cocooning ou fiesta ? Week-end cocooning !
Plutôt cigale ou fourmi ? Les deux !
LE MOT DE LA FIN
Si je devais conclure par un dernier mot, ce serait pour souligner à quel point la langue française a occupé une place importante dans mon parcours personnel et professionnel à Dubai.
Dubai est un véritable carrefour de cultures et de nationalités, et j’ai eu cette chance extraordinaire d’y rencontrer des francophones venus des quatre coins du monde : de France, du Liban, du Canada, de Belgique, de Suisse, d’Afrique et de bien d’autres horizons.
Au-delà de notre langue commune, ces rencontres m’ont permis de tisser des liens, de construire de belles amitiés et d’accompagner, en tant que médecin, des familles francophones aux histoires et aux cultures très différentes.
C’est aussi cela, la beauté de Dubai : pouvoir se sentir chez soi à des milliers de kilomètres de son pays d’origine, grâce à une langue, une culture partagée et des rencontres humaines.
Finalement, le français est bien plus qu’une langue que nous partageons. C’est un lien qui nous rapproche, qui crée un sentiment d’appartenance et qui, même à l’autre bout du monde, nous donne parfois l’impression d’être un peu chez nous.
Dr Rafif Tayara, dentiste spécialisée en dentisterie pédiatrique
Junior Dental Clinic – Jumeirah
Tel : 058 570 1255