La French Touch MENA : rencontre avec Émilie Viargues, présidente, et Ludivine Labussière Delormel, ambassadrice
- EMPLOI - VIE PRO À DUBAI
La rédaction- 20 octobre 2026
- 21 minutes read


La French Touch MENA met à l’honneur la créativité française et ses talents au Moyen-Orient. À sa tête, Émilie Viargues, présidente, et Ludivine Labussière Delormel, ambassadrice, œuvrent à rapprocher les acteurs des industries créatives françaises et ceux de la région. Parcours, engagements, initiatives et ambitions : rencontre avec deux femmes qui misent sur la force du collectif et des rencontres.
Depuis combien de temps à Dubai ?
Émilie : C’est après cinq années passées à la présidence de Christofle que j’ai découvert le Moyen-Orient, notamment grâce à ma collaboration avec la famille Chalhoub. Je me suis installée dans la région il y a un an. Déjà ambassadrice de La French Touch en France depuis les débuts du mouvement, j’ai alors souhaité contribuer à son implantation aux Émirats arabes unis. Le soutien et la confiance de Bpifrance, ainsi que de ses équipes françaises et locales, ont été essentiels pour donner vie à La French Touch MENA.
Ludivine : Je vis au Moyen-Orient depuis plus de onze ans. Mon parcours à Dubai a commencé lorsque j’ai quitté le conseil international pour rejoindre le groupe Chalhoub, où j’ai piloté la stratégie corporate aux côtés de la direction générale. C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré Émilie !
J’ai ensuite poursuivi mon parcours à Abu Dhabi chez Aldar Investments, en tant que Senior Director, avec pour mission de développer des partenariats stratégiques dans les secteurs du luxe, de la culture et de l’art de vivre. Ces expériences m’ont permis de tisser des liens solides avec de nombreux acteurs de la région et de mieux comprendre son fonctionnement. Aujourd’hui, je mets cette expérience et ce réseau au service de La French Touch MENA.
Présentez-nous La French Touch MENA :
La French Touch est un mouvement porté par Bpifrance, qui rassemble les entreprises, entrepreneurs et talents des industries culturelles et créatives françaises. Son objectif est de valoriser leurs savoir-faire, leurs idées et leur capacité à innover, en France comme à l’international.
Derrière son emblématique coq orange, on retrouve des univers très variés : mode, design, édition, jeux vidéo, cinéma, audiovisuel, musique, spectacle vivant ou encore arts visuels. Des grandes maisons aux jeunes entreprises, tous partagent un même attachement à la création, autour de quatre valeurs : créativité, excellence, audace et authenticité.
Avec La French Touch MENA, nous souhaitons faire vivre ce mouvement au Moyen-Orient, en mettant en relation les talents français et les acteurs de la région. L’idée est de favoriser les échanges, les rencontres et les collaborations, tout en montrant que la créativité française ne se limite pas à son patrimoine : elle continue de se renouveler et constitue aussi un véritable moteur économique.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager dans cette aventure ?
Émilie : Je fais partie des ambassadeurs de La French Touch depuis les débuts du mouvement en France. Après plus de vingt ans dans les secteurs de la mode, du luxe et de la création, cet engagement est apparu comme une évidence.
Mon expérience chez Christofle, où j’ai notamment œuvré à la préservation des savoir-faire d’orfèvrerie, m’a confortée dans cette conviction : nos métiers, nos talents et notre patrimoine créatif méritent d’être protégés, transmis et valorisés.
La French Touch est un mouvement pionnier dans cette mission. Lui consacrer du temps bénévolement, pour contribuer à faire rayonner la France et ses talents à l’international, est une façon de rendre à un secteur qui m’a énormément apporté. C’est, en quelque sorte, une reconnaissance du ventre.
Ludivine : Après plus de onze ans au Moyen-Orient, j’ai développé un attachement profond à cette région et à son dynamisme. Mon parcours dans le luxe, la stratégie et les partenariats m’a permis de mesurer combien les rencontres et les collaborations peuvent être déterminantes pour faire émerger de nouveaux projets.
M’engager auprès de La French Touch MENA était une manière naturelle de mettre cette expérience au service d’une initiative collective qui me tient à cœur.
Je vois également dans ce mouvement une formidable opportunité de rapprocher les talents français et ceux de la région. La France possède un patrimoine créatif exceptionnel, tandis que le Moyen-Orient s’affirme comme un véritable territoire de création et d’innovation. Je suis convaincue que ces deux écosystèmes ont énormément à s’apporter, et c’est précisément à ces échanges que je souhaite contribuer.
En quoi consiste votre rôle de présidente et d’ambassadrice au quotidien ?
Émilie : Mon rôle consiste avant tout à faire vivre le collectif, à créer des rencontres et à favoriser les échanges entre les acteurs de la création française et les décideurs de la région. Nous construisons une programmation ambitieuse, qui donne la parole à des personnalités issues d’univers variés : luxe, hôtellerie, mode, parfumerie, industries créatives et nouvelles technologies.
Ludivine : Nous imaginons et construisons cette programmation ensemble, en nous appuyant sur nos parcours, nos expériences et nos réseaux complémentaires. Nous accordons une attention particulière au choix des thématiques et des intervenants, à la préparation des conversations et aux relations avec notre communauté et nos partenaires.
Notre ambition est que ces rencontres ne se limitent pas à un événement ponctuel, mais permettent de nouer des relations durables et, pourquoi pas, de faire émerger de nouvelles collaborations.
Une initiative qui illustre ce que vous construisez avec La French Touch MENA ?
Émilie : Le premier événement « La French Touch MENA » avec Patrick Chalhoub reste un souvenir particulièrement marquant. Il incarnait parfaitement ce que nous souhaitons construire : la force du collectif.
Ludivine : Cette première rencontre avait aussi une signification particulière pour nous deux. C’est au sein du groupe Chalhoub que nos chemins se sont croisés, bien avant de nous retrouver autour de La French Touch MENA. Ouvrir cette aventure avec Patrick Chalhoub était donc assez symbolique.
Cette soirée reflétait déjà notre ambition : réunir des personnalités aux parcours différents autour d’une même curiosité pour la création française et son développement dans la région.
Pour un créateur ou un entrepreneur français aux Émirats, comment participer à vos initiatives ?
Nous encourageons les créateurs et entrepreneurs français présents dans la région à se rapprocher de La French Touch MENA, à suivre notre programmation et à prendre part aux échanges que nous organisons.
Notre ambition est de réunir une communauté ouverte sur des univers variés, où chacun peut partager son expérience, découvrir d’autres perspectives et contribuer à faire vivre la créativité française au Moyen-Orient.
Faut-il remplir des critères particuliers ?
Au-delà du secteur d’activité ou de la notoriété, c’est avant tout l’intérêt pour la création et l’envie de contribuer qui comptent. La French Touch rassemble aussi bien des marques établies que de jeunes entrepreneurs, des artistes ou des acteurs de l’innovation. Cette diversité fait justement la richesse du mouvement.
Quand vous découvrez un nouveau talent ou un projet, qu’est-ce qui retient votre attention ?
Émilie : La passion, avant tout. C’est le fil conducteur de tout entrepreneur dans le secteur des industries culturelles et créatives.
Je suis également sensible à la singularité d’une vision, à l’authenticité d’une démarche et à la capacité d’un talent à porter un savoir-faire ou une idée avec conviction. L’innovation compte, bien sûr, mais elle est particulièrement forte lorsqu’elle s’appuie sur une véritable identité.
Ludivine : La curiosité et l’audace. J’aime découvrir les personnes derrière les projets, comprendre leur parcours, ce qui a fait naître leur idée et ce qui les pousse à avancer. Je suis souvent aussi intéressée par l’histoire humaine que par le projet lui-même.
Je crois également beaucoup à la force du collectif. Mon expérience m’a appris que les plus belles réussites naissent souvent de la complémentarité des talents et de la capacité à construire ensemble. C’est cet esprit d’ouverture et de collaboration que nous souhaitons cultiver au sein de La French Touch MENA.
Comment conciliez-vous vos responsabilités professionnelles et La French Touch MENA ?
Émilie, vous qui travaillez également chez AUDITOIRE, comment trouvez-vous cet équilibre ?
Ces deux engagements se nourrissent mutuellement. Chez AUDITOIRE, je retrouve cet univers du luxe et des grandes marques françaises qui me passionnent depuis plus de vingt ans, avec des projets et des événements ambitieux.
Avec La French Touch MENA, je prolonge naturellement cet engagement en contribuant au rayonnement des industries créatives françaises et en favorisant les échanges avec les acteurs de la région. Ce qui relie ces deux activités, c’est la passion pour les marques, les talents, les idées et la force des rencontres. Cela demande de l’énergie et de l’organisation, mais cette cohérence donne aussi beaucoup de sens à mon engagement.
Et vous, Ludivine ?
Il y a une véritable continuité entre mon parcours professionnel et mon engagement auprès de La French Touch MENA. Après plusieurs années consacrées à la stratégie et au développement de partenariats dans le luxe, j’accompagne aujourd’hui des entreprises au sein de cet écosystème, notamment à travers mon activité de conseil et ma collaboration avec le réseau d’experts de Bain & Company.
En parallèle, j’enseigne en master de management du luxe dans une grande école de commerce française et développe des initiatives autour du leadership féminin et de la longévité.
La culture, la création et les savoir-faire français ont toujours occupé une place essentielle dans mon parcours. À Abu Dhabi, j’avais notamment pour mission de contribuer au rayonnement de la capitale, en particulier de Saadiyat, à travers des partenariats stratégiques dans le luxe, la culture et l’art de vivre.
Cette expérience a renforcé ma conviction que la culture et la créativité jouent un rôle majeur dans l’identité et l’attractivité d’une destination. La French Touch MENA me permet aujourd’hui de prolonger cet engagement dans une dimension plus collective, au service des talents et de la création française.
Avec le recul, que referiez-vous différemment ?
Avec le recul, nous apprenons à accepter que tout ne puisse pas se construire au même rythme. Nous avons souvent envie d’aller vite, de concrétiser les idées immédiatement. Or, les projets les plus solides demandent du temps, de la confiance et des rencontres. Nous continuerons à suivre notre intuition, tout en accordant encore davantage de place au temps long.
Quelle est votre source de motivation chaque jour ?
Émilie et Ludivine : Les rencontres, sans hésitation ! Celle avec Rizwan Kassim, de Paris Society, en est un très bel exemple. Nous partageons un attachement profond à la France et à sa créativité. Il a cru en La French Touch MENA dès le premier jour et Paris Society est aujourd’hui notre partenaire exclusif. Rizwan est devenu un véritable ambassadeur du mouvement.
Ce sont ces relations humaines, la découverte de nouveaux talents et l’enthousiasme partagé autour d’un projet qui nous donnent envie de poursuivre l’aventure. Il y a quelque chose de particulièrement stimulant à voir des personnalités d’horizons différents se retrouver autour d’une ambition commune.
Deux conseils à donner à une personne qui souhaite faire avancer un projet :
• Premier conseil : croire profondément à son projet et savoir pourquoi on le porte. La passion est essentielle, mais elle doit s’accompagner d’une vision claire et de persévérance.
• Deuxième conseil : ne jamais sous-estimer la force du collectif. S’entourer des bonnes personnes, savoir écouter et créer des relations de confiance sont souvent déterminants. Les plus belles opportunités naissent parfois d’une rencontre inattendue.
Deux bons outils digitaux ?
• LinkedIn, pour entretenir son réseau professionnel et rester en veille
• Les outils d’intelligence artificielle, pour gagner en efficacité, explorer de nouvelles idées et accompagner la réflexion.
• Instagram pour tout le reste !
Quels réseaux professionnels recommandez-vous à Dubai ?
• La French Touch MENA, naturellement, pour les rencontres autour des industries culturelles et créatives françaises, et le réseau professionnel de la communauté française aux Émirats, pour la richesse des échanges.
• La Chambre de commerce et d’industrie française aux Émirats, portée avec dynamisme par sa directrice Agnès Lopez Cruz, est également un réseau précieux.
Vos deux bonnes adresses à Dubai ?
• Le « Pepperoni Comedy Club », avec ses excellentes pizzas, est aussi un club de stand-up intimiste à l’ambiance inspirée des diners américains vintage.
• Et « Mimi Kakushi », qui conjugue l’atmosphère d’un restaurant d’exception et l’énergie d’un salon de jazz rétro. Sa carte revisite les classiques de la cuisine japonaise avec une touche contemporaine. On adore toutes les deux !
Vos futurs projets avec La French Touch MENA ?
Depuis notre lancement, nous avons eu le plaisir d’accueillir des personnalités aussi diverses que Patrick Chalhoub, Gims, des dirigeants de Chanel, Kempinski et Jumeirah Group, ou encore Son Excellence Issam Kazim. Cette diversité reflète parfaitement l’esprit de La French Touch.
Pour la suite, nous souhaitons poursuivre cette ouverture avec de nouvelles conversations autour de la parfumerie, des grandes marques de luxe, de la technologie et des industries créatives. Nous travaillons notamment sur des rencontres avec des personnalités de marques telles que Kering, Bottega Veneta, Pomellato et Hermès.
Notre ambition est aussi de faire évoluer progressivement nos formats, tout en préservant ce qui fait la force de La French Touch MENA : la qualité des échanges, la proximité avec les intervenants et la richesse de notre communauté.
PETIT PORTRAIT INDISCRET
Plutôt matinales ou oiseaux de nuit ? Émilie et Ludivine : Matinales !
Plutôt café-croissant ou petit-déj healthy ? Émilie et Ludivine : Healthy (avec un rare croissant lors d’un retour à Paris !)
Plutôt sport extrême ou méditation ? Émilie et Ludivine : Méditation (et le yoga surtout !)
Plutôt robe-sandales ou tailleur-talons ? Émilie et Ludivine : Tailleur-talons
Plutôt week-end cocooning ou fiesta ? Émilie et Ludivine : Cocooning
Plutôt cigales ou fourmis ? Émilie et Ludivine : Fourmis
Les contacts d’Émilie Viargues et Ludivine Labussière Delormel :
Site internet : la-frenchtouch.fr
LinkedIn : @emilie-viargues
LinkedIn : @ludivinelabussiere