Bérénice Romanet, art thérapeute à Dubai !

 Bérénice Romanet, art thérapeute à Dubai !
Bérénice Romanet, art thérapeute à Dubai

Installée à Dubai depuis 2020, Bérénice Romanet est art-thérapeute et accompagne enfants, adolescents et adultes à travers la création artistique. Ancienne comédienne et professeure de théâtre, elle utilise aujourd’hui le dessin, la peinture, le modelage ou encore le collage comme outils d’expression et de transformation personnelle. Dans cette interview, elle nous explique comment l’art-thérapie peut aider à mieux comprendre ses émotions, surmonter certaines difficultés du quotidien et retrouver un équilibre durable.

Bérénice Romanet, depuis quand à Dubai et en tant que art thérapeute ?

J’habite à Dubai depuis 6 ans, mais j’ai démarré mon périple au Moyen-Orient il y a 10 ans tout juste, à Mascate (Oman). J’ai plongé dans l’art-thérapie de manière empirique quand j’ai commencé à être professeure de théâtre à Mascate. J’ai souhaité passer par une formation solide et certifiante en France et aux US avant de pouvoir exercer, depuis 3 ans maintenant.

Bérénice Romanet, présentez-nous votre activité d’art thérapeute à Dubai :

Je suis art-thérapeute et j’accompagne enfants, adolescents et adultes à travers la création artistique pour les aider à dépasser leurs challenges. Le dessin, la peinture ou le modelage ne sont pas une fin en soi : ils deviennent le support d’un véritable travail psychique, qui permet de mettre en forme et en mouvement ce qui est trop difficile à dire avec des mots, d’exprimer des émotions bloquées ou ignorées. Je reçois en individuel comme en groupe, et J’interviens en milieu scolaire, en entreprise et auprès de groupes de parents, en français et en anglais.
L’objectif n’est jamais de « bien dessiner », le processus de création est bien plus important que le résultat.

Quelle formation ou certification avez-vous en tant qu’art thérapeute ?

J’ai suivi une formation certifiante d’art-thérapie (Profac, France) ainsi qu’une certification Lifestyle and Wellness Coach (Harvard Medical School, USA). J’ai aussi suivi en complément une formation de premiers secours de santé mentale pour les adolescents (The Lighthouse Arabia, UAE). Mon stage à JBS (Jumeirah Baccalaureate School) auprès d’enfants neuroatypiques, notamment des enfants ayant un trouble du spectre autistique, a aussi été une formation très importante dans mon parcours.

Bérénice Romanet, avant d’être dans ce secteur, aviez-vous une autre activité ?

J’ai été comédienne pendant 10 ans et professeure de théâtre à Mascate 3 ans. Ce sont vraiment les retours des parents me parlant des progrès de leurs enfants sur leurs émotions, l’estime de soi ou encore l’anxiété qui m’a fait creuser l’idée de devenir art-thérapeute.
Tout est lié, c’est une évolution cohérente.

Quels sont les challenges/facilités pour exercer l’art thérapie à Dubai ?

Le défi principal, c’est que l’art-thérapie reste encore parfois méconnue ou confondue avec une simple activité créative, un loisir. Il faut expliquer qu’il s’agit d’un véritable accompagnement du soin psychique et pas « que » du dessin. Cela demande de bien poser son cadre et son positionnement professionnel. Je me renseigne d’ailleurs régulièrement sur des formations complémentaires, pour continuer à enrichir ma pratique et consolider ma légitimité.
La vraie richesse, c’est la communauté expatriée. Quand on est expat, on est souvent très sensible aux questions d’équilibre émotionnel, d’adaptation et de soutien aux enfants. On comprend l’importance des racines, de se reconstruire sans se perdre.

Par rapport à la France, le rapport à ce type d’accompagnement est différent car il n’y a souvent pas de “support familial”. Les parents/grands-parents qui font souvent office de “tiers” ne sont pas là et l’accompagnement psychique prend donc tout son sens.

Bérénice Romanet, est-ce plus simple ou plus compliqué qu’en France ?

Je n’ai jamais exercé en France, donc il est difficile de comparer.
L’art-thérapie y est peut-être plus reconnue, avec moins de pédagogie à faire.
En revanche, à Dubai, l’absence de repères familiaux et la grande diversité culturelle des familles donnent une couleur particulière à l’accompagnement, et rendent le travail psychique d’autant plus précieux.

Quelle est la demande la plus fréquente de vos client(e)s ?

Cela dépend des profils.
Chez les enfants, il s’agit souvent de demandes liées à la régulation des émotions (les fameuses crises !), mais ça peut être aussi une hypersensibilité, une hyperactivité, un manque de confiance en soi, ou un challenge de la vie quotidienne, comme un déménagement mal vécu ou le divorce des parents. J’accompagne beaucoup d’enfants neuroatypiques pour les aider à exploiter au mieux leur potentiel.

Chez les ados, je retrouve souvent des blessures d’amitié (à ne jamais négliger !), des phobies scolaires et beaucoup d’anxiété.

Et chez les adultes, on parle de culpabilité parentale, de syndrome de l’imposteur, d’anxiété, de charge mentale, de solitude, de besoin de se libérer d’un trauma…

Comment se déroule une séance type ? Où exercez-vous ?

Je propose toujours un entretien préliminaire pour écouter la demande et expliquer comment je travaille. Si c’est pour un enfant, il est essentiel que la connexion se fasse et qu’il comprenne pourquoi ses parents pensent important qu’il vienne me voir. Pour la séance en elle-même, je propose un ou plusieurs exercices en rapport avec la demande. C’est volontairement très libre ou très cadré. L’art devient un nouveau langage qui révèle souvent ce qui ne peut pas se dire ou qui n’est pas encore conscient. Avec les enfants, on crée parfois des outils qui serviront en dehors des séances. Je chemine vraiment avec mes patients, créant mes séances les unes après les autres afin de suivre au mieux leur évolution.
Je consulte chez moi, à Jumeirah 2.

Quelle est votre source de motivation chaque jour ?

Le fait d’être utile.
Quand une petite fille de 6 ans me dit qu’elle ne fait plus de crises à la maison, quand une femme se sent enfin prête à affronter un défi qui jusqu’alors lui semblait trop gros pour elle ou qu’elle se libère d’une émotion qui l’empêchait d’avancer, quand un homme, qui ne croit pas à la thérapie, me dit qu’il a retrouvé un sens à sa vie, je suis la plus heureuse du monde.

Que trouvez-vous « difficile » dans votre métier au quotidien ?

Ce qui m’est partagé parfois. J’ai appris à ne plus me laisser submerger, à garder la bonne distance avec les histoires lourdes, à rester un appui.
Et faire connaître l’art-thérapie comme un soin sérieux pour sa santé mentale, et pas un loisir.

Bérénice Romanet, quelle est votre routine « bien-être » au quotidien ?

Ce n’est pas vraiment au quotidien mais c’est régulier.
Le Yin yoga me permet de créer de l’espace dans mon corps, mais aussi plus symboliquement pour les patients que je rencontre, pour les accueillir dans leur singularité. C’est un travail de lâcher-prise sur soi-même, sur le temps qui fait son œuvre, un moment de méditation et d’introspection.
Ensuite, j’applique les conseils que je donne aux parents que je rencontre : prendre du temps pour soi. Plus on est détendu(e) et ancré(e), plus ce sera facile de gérer les crises, à la maison ou ailleurs. Donc massage, lecture, matcha avec des amis…
Je me garde du temps, même si je dois parfois l’inscrire dans l’agenda pour ne pas oublier.

Si vous aviez deux conseils « bien-être » à donner à nos lecteurs ?

Comme dit plus haut : prenez du temps pour vous, vous ne pouvez pas donner ce que vous n’avez pas !
Et créez. Tous les jours. Sans attente ni pression.

Deux activités créatives « bien-être » que vous conseillez ?

Le journaling : prendre du temps pour créer tous les jours et se recentrer.
Le collage : ce n’est plus votre conscient qui parle mais votre inconscient, appelé par des mots ou des images. Il y a souvent des choses intéressantes qui émergent.

Et deux bonnes adresses « bien-être » ?

Le Yin yoga avec Allie (@alliemmclaughlin)
Le drainage lymphatique avec Linda Sorrenti (@lindasorrenti_wellness)

Deux comptes bien-être inspirants sur Instagram :

@albert.moukheiber pour son approche des neurosciences
et @flowmagazine_fr pour sa créativité

Bérénice Romanet, des projets futurs ?

Continuer des formations (neuroatypies, neurosciences…).
Créer des parcours de soutien en ligne.
Développer les ateliers personnalisés.

PETIT PORTRAIT INDISCRET

Plutôt matinal ou oiseau de nuit ? Oiseau de nuit : c’est là que je suis la plus créative.
Plutôt café-croissant ou petit-déj healthy ? Matcha croissant.
Plutôt sport extrême ou méditation ? Méditation et Yin.
Plutôt robe-sandales ou tailleur-talons ? Robes sandales, surtout ici !
Plutôt week-end cocooning ou fiesta ? Cocooning : je suis quelqu’un de très sociable mais j’ai énormément besoin de solitude. Mon rêve serait d’avoir du temps pour m’ennuyer.
Plutôt cigale ou fourmi ? J’espère un mix des deux.

LE MOT DE LA FIN :

“Avant de parler, un enfant chante. Avant d’écrire, il dessine. Dès qu’il est debout, il danse. L’art est le fondement de l’expression humaine.” Phylicia Rashād

Contacts de Bérénice Romanet, art thérapeute à Dubai :

Tél : +971 50 226 3940
Instagram : @berenice.romanet
Site internet : www.colorsofemotions.art

La rédaction

La rédaction, c’est une équipe de passionné(e)s par l’écriture et les « histoires » de Dubai. Retrouvez l’ensemble de l’équipe rédactionnelle actuelle sur la page Qui-sommes-nous.