Alexandre Bachir, fondateur de Bachir Ice Cream Middle East
- INTERVIEWS ENTREPRENEURS
La rédaction- 23 février 2026
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Alexandre Bachir, fondateur de Bachir Ice Cream Middle East, incarne la nouvelle génération d’entrepreneurs familiaux qui conjuguent héritage et vision moderne. Installé à Dubai depuis 2019, il pilote le développement régional de cette marque libanaise emblématique fondée en 1936, avec une ambition claire : structurer une expansion internationale sans jamais diluer l’ADN artisanal et familial qui fait la force de Bachir. Entre exigence, transmission et croissance maîtrisée, il nous partage son parcours et sa vision.
Bachir Ice Cream Middle East est votre première boîte ?
Oui. Bachir Ice Cream Middle East est la première société que j’ai créée.
Avant cela, j’avais déjà développé des points de vente au Liban, mais plutôt dans une logique de commerce et d’opérations. À Dubai, j’ai voulu structurer un vrai véhicule entrepreneurial, avec une vision régionale claire.
Alexandre Bachir, depuis combien de temps à Dubai ?
Je vis à Dubai depuis 2019. J’y ai structuré progressivement le développement régional de Bachir, avec une approche à long terme et une exigence constante sur la qualité et l’image de la marque.
Présentez-nous Bachir Ice Cream Middle East :
Bachir est une marque iconique de glace libanaise fondée en 1936, avec un savoir-faire profondément artisanal et une identité très forte.
Je suis Alexandre Bachir, l’un des 14 cousins de la troisième génération, et fondateur de Bachir Ice Cream Middle East, basée à Dubai.
Mon rôle est de protéger l’héritage familial tout en construisant une expansion moderne, structurée et durable.
Dubai a été le point de départ naturel pour développer la marque dans le Golfe, avec des standards élevés en exécution, service et image.
Notre ambition est de faire rayonner Bachir à l’international, sans jamais diluer ce qui fait sa singularité.
Avez-vous toujours rêvé d’être entrepreneur ?
Pas du tout. J’ai commencé ma carrière comme comptable, avec un parcours très classique. L’entrepreneuriat est venu plus tard, progressivement, au fil des opportunités et surtout de la responsabilité familiale autour de Bachir.
Qu’est-ce qui a provoqué le déclic pour créer Bachir Ice Cream Middle East ?
Quand je suis arrivé à Dubai, j’ai rapidement compris que la ville n’était pas seulement un marché, mais un véritable hub régional.
Le déclic a été de réaliser qu’il fallait une structure dédiée, locale, capable de porter Bachir avec des standards internationaux, tout en respectant l’identité familiale.
C’est à ce moment-là que j’ai décidé de créer Bachir Ice Cream Middle East à Dubai, pour construire une expansion durable et maîtrisée.
Pourquoi avoir choisi d’entreprendre à Dubai ?
Avant Dubai, j’ai eu la chance de contribuer directement au développement de Bachir au Liban. J’ai personnellement piloté l’ouverture de plusieurs points de vente à Beyrouth, et avec mes cousins, nous avons construit une dynamique familiale solide pour accompagner l’expansion de la marque.
Juste avant mon installation à Dubai, Bachir s’était déjà implanté à l’international, notamment à Paris (depuis 2017) puis à São Paulo. Cette expansion a été portée en famille, avec Jessy, Caroline et Marilyne à Paris, et Maurice et Pierre à São Paulo. Les boutiques sont toujours actives aujourd’hui.
Dubai s’est alors imposé comme le hub naturel pour structurer une croissance régionale moderne, sans jamais perdre l’esprit de la maison.
Quels sont les challenges / facilités pour entreprendre à Dubai ?
Dubai est un terrain très favorable pour entreprendre : l’écosystème est structuré, international, et orienté vers l’excellence.
Mais c’est aussi un marché où rien n’est pardonné. Pour une marque patrimoniale comme Bachir, le vrai challenge est de grandir sans diluer l’ADN, tout en atteignant des standards très élevés en exécution, service et expérience client.


Quelle est votre source de motivation chaque jour ?
Ma première source de motivation, c’est ma famille, et en particulier ma femme et mes enfants.
Aujourd’hui, voir déjà la quatrième génération s’intéresser à l’aventure et commencer à travailler à mes côtés donne un sens très concret à ce que je construis.
Cela renforce ma responsabilité : transmettre quelque chose de solide, fidèle à nos valeurs, et tourné vers l’avenir.
Alexandre Bachir, avec le recul, que referiez-vous différemment ?
Avec le recul, j’aurais probablement osé plus tôt. Quand on porte une marque patrimoniale, on peut parfois trop vouloir sécuriser chaque étape. Or l’entrepreneuriat demande aussi de la confiance et de l’audace.
Dubai m’a appris qu’une croissance maîtrisée ne signifie pas une croissance lente, mais une croissance claire, structurée, et assumée.
Avez-vous bénéficié d’aides pour lancer Bachir Ice Cream Middle East ?
Je n’ai pas bénéficié d’aide financière. En revanche, j’ai énormément bénéficié de mon réseau et des connexions que j’ai construites à Dubai, ainsi que du soutien constant de ma femme et de mes enfants, qui a été essentiel.
Si vous aviez deux conseils à donner aux futurs entrepreneurs ?
1. À Dubai, tout va vite : il faut apprendre à exécuter avec rigueur, vite, et sans perdre en qualité. La constance fait la différence.
2. Investissez dans votre réseau dès le premier jour. À Dubai, la confiance et les bonnes connexions accélèrent tout, mais seulement si vous apportez de la valeur et si vous tenez vos engagements.
Alexandre Bachir, deux bons outils digitaux ?
• LinkedIn : pour construire une réputation, développer son réseau, et créer des opportunités business.
• ChatGPT : pour gagner en clarté et en efficacité au quotidien, synthétiser des idées, structurer une réflexion, et challenger certaines décisions.
Deux bons réseaux de networking à Dubai ?
• La CCI France UAE : très utile pour structurer ses débuts, rencontrer des entrepreneurs, et accélérer les premiers contacts.
• Les cercles business multi-culturels à Dubai (petits-déjeuners, événements sectoriels, communautés d’entrepreneurs) : c’est là que se construisent, dans la durée, les relations les plus solides et les opportunités les plus transversales.
Vos deux bonnes adresses à Dubai ?
• Bachir, Galeria Mall (Al Barsha) : parfait en fin de journée ou le week-end, surtout l’hiver, avec la terrasse face au parc.
• Kite Beach : un endroit simple et familial où j’aime revenir, pour marcher, faire du vélo, ou passer un moment avec les enfants. L’extension des pistes est vraiment magnifique.
Comment conciliez-vous vie de parents et d’entrepreneur ?
J’essaie de protéger un moment clé : le dîner, quand toute la famille se retrouve enfin après l’école et le travail. Pendant le Ramadan, ce temps devient encore plus précieux, avec une maison plus calme et souvent des proches qui viennent partager l’iftar.
Je suis passionné par ce que je fais, donc la frontière entre travail et vie personnelle est parfois floue, et je travaille aussi le week-end et tard le soir. Mais j’apprends à mieux me réguler, par exemple en laissant mon téléphone de côté pour certains moments simples, comme une marche avec ma fille.
Et je dois beaucoup à ma femme : elle a été un pilier dans toutes les décisions importantes, et elle a un regard extrêmement juste sur la qualité, l’image et les détails.
Alexandre Bachir, avez-vous des projets futurs ?
Nous avons ouvert au Qatar il y a six mois, et nous poursuivons aujourd’hui notre expansion dans le Golfe.
Nos prochaines étapes se concentrent sur le Koweït et l’Arabie Saoudite, avec une approche de croissance maîtrisée, fidèle à l’ADN de Bachir.
Et 2026 est une année particulière pour nous : Bachir célébrera ses 90 ans, un cap symbolique qui renforce encore notre responsabilité de transmission et d’excellence.
PETIT PORTRAIT INDISCRET
Plutôt matinal ou oiseau de nuit ? Plutôt matinal.
Plutôt café-croissant ou pti-dej healthy ? Plutôt healthy : un thé et un fruit (je ne bois pas de café).
Plutôt sport extrême ou méditation ? Plutôt sport : musculation, marche, et hiking en montagne.
Plutôt costard-cravate ou jeans-baskets ? Jeans-baskets (au grand désespoir de ma femme).
Plutôt week-end cocooning ou fiesta ? Cocooning.
Plutôt cigale ou fourmi ? Plutôt cigale.
LE MOT DE LA FIN
À la nouvelle génération d’entrepreneurs, je dirais ceci : construisez vite, mais construisez juste.
L’authenticité est un avantage immense, à condition de ne jamais la compromettre. Et dans une marque familiale, transmettre ne signifie pas répéter le passé, mais l’élever.
Pour nous, 2026 sera une année symbolique : Bachir fête ses 90 ans. Une preuve qu’une marque peut durer, à condition de rester fidèle à son essence, tout en avançant avec exigence.
Contacts d’Alexandre Bachir :
Instagram : @bachiruae
Linkedin : @alexandrebachir