Mouhyeddine Sahri, expert-comptable, commissaire aux comptes et fiscaliste aux Émirats
- EMPLOI - VIE PRO À DUBAI
La rédaction- 23 février 2026
- 17 minutes read


Expert-comptable, commissaire aux comptes et fiscaliste aux Émirats, Mouhyeddine Sahri accompagne depuis plusieurs années les entrepreneurs francophones dans la structuration et le développement de leur activité aux Émirats. Installé à Dubai depuis 2020, il a d’abord évolué au sein de grands groupes internationaux avant de créer son propre cabinet Istichara Consulting pour mettre son expertise au service des dirigeants et indépendants qui souhaitent s’implanter sereinement aux UAE. Entre rigueur européenne et agilité du marché émirien, il partage avec nous sa vision, ses conseils et les clés pour entreprendre aux Émirats sans mauvaises surprises.
Mouhyeddine Sahri, depuis combien de temps à Dubai et en tant qu’expert-comptable ?
Je suis installé à Dubai depuis 2020, en plein Covid. À ce moment-là, la ville se vidait littéralement. Beaucoup partaient. Moi, j’arrivais.
Avant cela, j’ai passé près de cinq ans chez PwC en France, où j’ai travaillé sur des groupes structurés et des environnements exigeants. Cette expérience m’a donné une base technique solide, mais surtout une vision stratégique de la manière dont les grandes entreprises s’organisent, anticipent et sécurisent leurs décisions.
En arrivant aux Émirats, j’ai poursuivi chez PwC Dubai, ce qui m’a permis de comprendre en profondeur la législation locale, les spécificités réglementaires et la culture business de la région.
À cette période, j’occupais un rôle de contrôleur financier lors d’une mission au sein d’un groupe du CAC 40, avec une mission très opérationnelle : optimiser, rationaliser, couper ce qui devait l’être. Un vrai cost killer. Cette période a été mentalement exigeante, mais extrêmement formatrice.
Et puis, assez naturellement, des entrepreneurs à Dubai ont commencé à me solliciter. Ils avaient besoin de structuration, de clarté, de protection. C’est ainsi que je me suis progressivement orienté vers l’accompagnement stratégique, jusqu’à exercer pleinement en tant qu’expert-comptable et conseiller fiscal depuis 2021.
L’ouverture du cabinet Istichara Consulting s’est faite comme une évidence : mettre au service des entrepreneurs internationaux une expertise à la fois technique, structurée et parfaitement alignée avec la réglementation locale.
Aujourd’hui, j’accompagne des dirigeants avec une approche beaucoup plus proactive et surtout plus satisfaisante : construire plutôt que réparer.
Mouhyeddine Sahri, présentez-nous Istichara Consulting :
J’accompagne des entrepreneurs et dirigeants internationaux qui souhaitent s’implanter et développer leur business aux Émirats.
Concrètement, j’aide mes clients à s’installer, structurer et évoluer ici en toute sécurité.
L’objectif est simple : un cadre clair, zéro mauvaise surprise, zéro pénalité, et des décisions prises sereinement.
Notre clientèle reflète parfaitement le marché de Dubai :
• des entrepreneurs qui lancent leur activité,
• des filiales de sociétés françaises,
• des PME locales en croissance,
• des freelances et infopreneurs,
• des dirigeants de groupes internationaux qui s’implantent aux Émirats.
Beaucoup ont déjà une activité en France ou en Europe, et doivent adapter leur schéma juridique et fiscal à leur nouvelle vie aux Émirats.
Notre socle, c’est une double expertise France / UAE. Nous comprenons les enjeux des deux côtés, ce qui est essentiel pour une clientèle majoritairement francophone, souvent présente sur plusieurs juridictions.
Au final, notre mission est simple : permettre à nos clients de développer leur activité à Dubai de manière structurée, conforme et stress free.
Quel a été votre parcours avant d’exercer en tant qu’expert comptable à Dubai ?
Avant d’exercer ici, j’ai débuté ma carrière chez PwC en France, où j’ai travaillé pendant plusieurs années sur des comptes de grands groupes. Cette expérience m’a permis de comprendre en profondeur les schémas organisationnels des grandes entreprises, leur discipline financière et leur manière d’anticiper les risques.
Puis l’opportunité s’est présentée de rejoindre PwC à Dubai. Ce passage a été déterminant. Il m’a permis de comprendre de l’intérieur la réglementation locale, la culture business des Émirats et les spécificités fiscales de la région.
Cette transition France-Dubai m’a donné une double lecture : la rigueur européenne et l’agilité du marché émirien.
Diplômé d’expertise-comptable et de commissariat aux comptes en France, j’ai naturellement évolué vers l’accompagnement d’entrepreneurs internationaux qui avaient besoin de cette vision croisée pour structurer leur implantation aux Émirats.
Pourquoi avoir choisi ce domaine, souvent perçu comme complexe ?
La fiscalité et la comptabilité sont anxiogènes quand on ne les connaît pas. Moi, je les vois comme un jeu d’échecs.
Il existe toujours plusieurs stratégies possibles. Le but, c’est de choisir la bonne, au bon moment, pour éviter l’échec et mat. C’est précisément ce qui me stimule au quotidien.
Quelles sont les problématiques les plus fréquentes de vos clients à Dubai ?
Trois grandes questions reviennent systématiquement :
• Est-ce que je risque un contrôle fiscal en faisant ça ?
• Suis-je vraiment en règle ?
• Comment puis-je réduire mon risque ?
Et j’ajouterais une quatrième, tout aussi importante : Comment puis-je optimiser ma structure et ma fiscalité intelligemment ?
Mon accompagnement repose sur ces piliers : sécuriser, structurer, réduire le risque… et optimiser de manière stratégique.
Optimiser ne veut pas dire prendre des risques inconsidérés. Cela signifie utiliser les règles existantes de façon intelligente et conforme.
C’est d’ailleurs la partie la plus satisfaisante de mon métier : trouver le bon équilibre entre sécurité et performance.
Quelles sont les erreurs classiques que vous observez ?
La plus courante : chercher le moins cher. Et au final, cela leur coûte presque toujours beaucoup plus cher.
La deuxième erreur, c’est d’agir d’abord… et de demander conseil ensuite.
Le “on verra plus tard” est rarement une bonne stratégie.
Ma règle avec mes clients est très simple : il n’y a pas de questions bêtes.
Dès que vous envisagez quelque chose qui sort de ce que nous avons prévu ou structuré, je dois être informé en amont.
Anticiper est presque toujours possible.
Rattraper une situation après coup, en revanche, est souvent plus complexe et plus coûteux.
Quelles sont les spécificités comptables/fiscales à connaître aux Émirats ?
Aujourd’hui, deux impôts sont en place aux Émirats : la TVA et la Corporate Tax.
À la différence de la France, la pression fiscale reste globalement plus faible. Le système est plus lisible, plus direct, moins chargé.
Mais attention : en cas de contrôle, les sanctions peuvent être très lourdes.
Les pénalités et majorations sont automatiques, cumulatives et parfois impressionnantes. Une seule erreur peut coûter bien plus cher que ce que l’on cherchait à économiser.
Bien qu’il y ait moins de pression fiscale au quotidien, l’exigence est forte en matière de conformité.
Respecter les règles, documenter correctement, structurer intelligemment, et tout se passe bien.
Mouhyeddine Sahri, qu’est-ce qui vous distingue dans votre manière d’accompagner vos clients ?
D’après mes clients, trois choses :
1. Une mémoire d’éléphant : j’ai la capacité de garder en tête beaucoup plus de paramètres que la moyenne et d’en tenir compte dans mes analyses.
2. La recherche d’innovations juridiques pour répondre à des problématiques nouvelles.
3. L’écoute et la capacité à rassurer.
Tous nos collaborateurs au sein du cabinet Istichara Consulting sont francophones et nous veillons à offrir un accompagnement personnalisé de qualité.
Quelle est la question que l’on vous pose le plus souvent ?
Comment puis-je réduire mon risque fiscal ?
Ma réponse est toujours la même : dites-moi ce que vous avez envie de faire avant de le faire. Après, c’est souvent trop tard.
Mouhyeddine Sahri, quels sont les défis et opportunités de votre métier aux Émirats ?
Le défi : s’adapter à un environnement réglementaire en plein déploiement.
Les règles évoluent vite.
L’opportunité : accompagner une nouvelle génération d’entrepreneurs globaux, mobiles, ambitieux, et surtout beaucoup plus exigeants.
Selon vous, est-il plus facile de gérer sa comptabilité ici ou en France ?
Objectivement : ici, si c’est bien fait.
Moins de couches, moins d’impôts, mais zéro tolérance pour l’approximation.
Si vous aviez deux conseils comptables ou fiscaux à donner ?
1. Anticipez : la fiscalité se pense avant, jamais après.
2. Documentez tout : ce qui n’est pas écrit n’existe pas.
Mouhyeddine Sahri, deux bons outils digitaux à recommander ?
• Odoo : Un ERP complet qui permet de structurer la facturation, la comptabilité, la gestion commerciale et les process internes. Idéal pour les PME et les structures en croissance qui veulent centraliser leurs données.
• Wafeq : Un outil très adapté au marché des Émirats, pensé pour la conformité locale (TVA, Corporate Tax) et la gestion comptable des entreprises installées aux UAE.
Ces outils permettent d’automatiser, de fiabiliser et surtout d’éviter les erreurs humaines qui peuvent coûter cher.
Deux bonnes adresses à Dubai ?
1. Le Bar des Prés de Cyril Lignac, pour un bon business lunch.
2. Ying Yang Massage, parfait après une semaine intense.
Mouhyeddine Sahri, des projets futurs ?
Oui. Mais ils sont encore top secret.
PETIT PORTRAIT INDISCRET
Plutôt matinal ou oiseau de nuit ? Matinal : j’adore avoir de l’avance. Me lever tôt me donne le temps de faire du sport et de traiter mes emails avant ma journée de rendez-vous.
Café-croissant ou petit-déj healthy ? Avocado toast, pour un cerveau bien alimenté.
Excel ou Google Sheets ? Google Sheets, parce que tout est sur Drive.
Costard-cravate ou jeans-baskets ? Costard-cravate. Pour travailler, c’est un must.
Week-end cocooning ou fiesta ? Cocooning.
Cigale ou fourmi ? Fourmi, par déformation professionnelle : anticipation et prudence.
LE MOT DE LA FIN :
À Dubai, le vrai sujet n’est pas de payer moins d’impôts, mais de faire les choses correctement dès le départ.
Les erreurs se paient vite, et souvent cher.
Si vous envisagez de créer, structurer ou développer votre activité aux Émirats arabes unis, le bon réflexe est d’en parler avant d’agir.
C’est toujours là que se joue la différence entre un projet sécurisé… et un risque inutile.
Les contacts de Mouhyeddine SAHRI, Istichara Consulting :
Mail : mouhyeddine@istichara-consulting.com
Tél : +971 54 793 4399
LinkedIn : @mouhyeddine-sahri