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MEET THE “FRENCH” DOCTORS : Dr Kayane Mheidly, Hématologue

Depuis combien de temps à Dubaï ?
Je suis à Dubai depuis janvier 2020 donc cela va bientôt faire 1 an et demi. 

D’où venez-vous ?
J’arrive de France où j’ai effectué l’ensemble de mes études de médecine. D’abord, à la Faculté de médecine de Lille 2 puis je suis partie en Bretagne pour ma spécialité en hématologie au CHU de Rennes.
Mais je suis née au Liban dans un petit village de la vallée de la Bekaa – Machghara – où j’ai suivi toute ma scolarité.

Quel est votre métier/spécialité ? En quoi consiste-t-il ? Quels sont domaines d’expertise ou de prédilection ?
Je suis hématologue, je m’occupe des maladies du sang qui peuvent être soit bénignes comme les anémies, la baisse des plaquettes ou d’autres cellules du sang, les anomalies de la coagulation et du saignement, soit malignes (cancer du sang) comme les leucémies et les lymphomes. 
Rennes est un centre de référence pour les lymphomes mais aussi pour les autres cancers du sang. Je faisais des greffes des cellules souches surtout de l’autogreffe.

J’ai aussi un diplôme interuniversitaire dans la thrombose et l’hémostase, et un autre dans les soins palliatifs, les soins de support et d’accompagnement de fin de vie. En parallèle, je suis impliquée dans la recherche clinique en tant que membre du groupe LYSA (Lymphoma Study Association, réseau français indépendant de recherche clinique sur le lymphome), de la Société Française d’Hématologie et de l’Association Européenne d’Hématologie (EHA). 

À partir de quel âge avez-vous eu envie de prendre cette voie et pour quelle raison ?
Très jeune ! Je viens d’une culture libanaise villageoise où les enfants sont poussés à faire des études supérieures universitaires… puis j’avais de très bonnes notes à l’école et j’aimais beaucoup la biologie.
Pourtant mon père est commerçant et ma mère ne travaille pas mais j’admirais les médecins avec leur blouse blanche et leur stéthoscope. Je voulais être comme eux ! Je jouais beaucoup au docteur et je me souviens que mes parents m’avaient acheté le sac de docteur avec le stéthoscope en plastique et le marteau à réflexes.

Après mon bac, j’ai présenté mon dossier au Centre culturel français de Zahlé à la Bekaa pour faire des études de médecine en France, j’ai été acceptée directement et j’ai quitté le Liban à l’âge de 18 ans. 

Où avez-vous étudié ?
Je suis arrivée à Lille, en septembre 2004, pour intégrer ma première année de médecine à la Faculté de médecine Henri Warembourg (Lille 2) que j’ai obtenue au bout d’un an. J’ai ensuite effectué mes 6 années d’études à Lille jusqu’aux épreuves classantes nationales (ECN). 

Grâce à mon classement, j’ai pu choisir ma spécialité en hématologie et la ville de Rennes. J’ai été interne dans le service du Pr Thierry Lamy de la Chapelle en hématologie clinique qui est un centre, de quatre étages, dédié entièrement à l’hématologie. Il comprend un laboratoire spécialisé où tous les examens particuliers et spécifiques sont réalisés (cytogénétique, biologie moléculaire, cyrtométrie en flux), un hôpital de jour-consultation, un hôpital conventionnel et un secteur stérile pour les patients très fragiles et en aplasie. 

J’ai également été trois ans Chef de clinique au CHU de Rennes où j’avais une activité mixte (clinique et universitaire).

Pourquoi avoir choisi Dubaï pour exercer ?
Pour retrouver un peu mes origines dans un pays multiculturel et surtout pour développer l’hématologie clinique à Dubai.

Quelles sont les challenges/difficultés/facilités pour exercer le métier de médecin à Dubaï ? 
Quand on vient de France, le défi est de se sentir surtout dépendant vis-à-vis des assurances de santé. L’accès aux soins n’est pas le même pour tous les patients car il dépend des conditions de chaque assurance. C’est très frustrant pour un médecin français parce que je veux pouvoir offrir la meilleure prise en charge à mes patients en demandant les examens nécessaires au diagnostic.

Le deuxième défi est le délai d’obtention des résultats des bilans demandés. Aux Emirats beaucoup d’examens (biologie moléculaire, cytogénétique par exemple) sont envoyés à l’étranger et les délais pour avoir les résultats peuvent être longs.

De plus en hématologie, il faut une collaboration étroite entre le laboratoire et le médecin clinicien pour aboutir à un diagnostic précis. Je suis donc en train de travailler à créer ce réseau de communication entre plusieurs spécialités. J’ai également la chance d’être toujours en contact avec mes collègues et professeurs en France avec qui je discute régulièrement des cas rares et compliqués. 

Est-ce plus simple ou plus compliqué qu’en France ?
On ne peut pas comparer, les deux systèmes de santé sont différents. La qualité de vie aux Emirats n’est également pas la même. J’adore l’expérience que je commence à Dubai, j’ai l’impression que je peux développer beaucoup de choses dans ma spécialité et avoir une autre carrière que celle en France… Mais le CHU me manque aussi, notamment travailler avec des grands noms de l’hématologie française et de rencontrer les personnes qui mettent en place les protocoles thérapeutiques des hémopathies. Mais depuis la COVID-19, nous avons plus facilement accès au Webinar et nous resterons en contact.

Dans votre spécialité, rencontrez-vous des pathologies plus spécifiques / plus courantes à Dubaï ?
Oui, je rencontre beaucoup plus d’anémie par carence martiale ou vitaminique et des cas de thalassémie. 
Mais il y a moins d’hémopathies malignes probablement parce que la population est jeune. Il n’y a pas beaucoup de test de dépistage et la plupart des gens sont des expatriés qui rentrent dans leur pays pour se faire traiter.

Quels sont les éléments les plus motivants de votre métier ?
Le contact humain et la relation médecin malade qui est singulière en hématologie. Les patients sont souvent jeunes et fatigués, les traitements sont longs et parfois lourds avec beaucoup d’effets secondaires ce qui rend unique la relation entre l’hématologue, le patient et sa famille.

Avec le recul, que referiez-vous différemment ?
L’hématologie clinique toujours, tout en essayant de rester un peu plus proche de ma famille surtout de ma fille qui est restée en France. 

Avec la crise du Covid-19, comment la clinique où vous exercez s’est-elle adaptée pour gérer la situation ? Comment fonctionne la télémédecine ? 
On s’est adapté très vite à la crise de la COVID-19 en mettant en place des protocoles pour protéger les patients et le personnel d’une éventuelle infection. Nous avons réduit la venue des patients a l’hôpital en créant des consultations en télémédecine. Nous avons suivi les recommandations du DHA pour les chirurgies électives et le fonctionnement des cliniques. 

Vos deux bonnes adresses à Dubai ?
– Burj Al Arab – Jumeirah 
Dubai Butterfly garden, jardin des papillons 

LE MOT DE LA FIN
Il ne faut pas hésiter à sortir de sa zone de confort, à saisir les opportunités. Nous ne gagnerons pas tout et pas tout le temps mais nous apprendrons de nos expériences et de nos rencontres. 

Consultation avec le Dr Kayane Mheidly : ICI
Clémenceau Medical Center (CMC), Dubai HealthCare City 2, 
Hématologue – Consultant Hematologist 
+971 50 855 2956 (WhatsApp)

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La rédaction

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