Lectures des beaux jours !

Écrit par  Frédérique VANANDREWELT-GRADISNIK 09 SEPT 2018
C’est la fin de l’été et les beaux jours reviennent à Dubai, le moment pour moi de partager avec vous ma moisson estivale. Les romans que je vous propose avant de nous plonger dans les nouveautés de la rentrée vous feront sourire, exciteront votre curiosité et vous émouvront aussi.
 
Deux valeurs sûres et incontournables pour les amateurs : Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi et Sang famille de Michel Bussi. Ces romans que l’on achète les yeux fermés…
 
1. Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi
 

 

« Voir mes filles grandir. Je sais que c’est bête, on n’y peut rien, mais, à chaque fois que je repense à elles petites, j’ai envie de pleurer. C’est passé si vite… » 

Quatrième roman de Virginie Grimaldi, Il est grand temps de rallumer les étoiles est d’ores et déjà un best-seller comme les trois premiers. Cette amoureuse des livres et de l’écriture écrivait ses histoires sur de petits carnets qu’elle réservait à la famille et aux amis jusqu’à ce qu’une lectrice de son blog l’incite à participer à un concours organisé par une maison d’édition… Le premier jour du reste de ma vie est paru en 2015 et a fait de son auteur un écrivain confirmé pour son plus grand bonheur et pour le nôtre !

Une mère et ses deux filles s’embarquent pour une folle virée au nord de l’Europe en camping-car sans un sou. La mère va mal, criblée de dettes, elle perd son emploi de serveuse et ne sait plus comment faire face au mal-être de ses filles ; l’aînée va mal, consciente des difficultés de sa mère, elle décide de renoncer aux études pour la soulager et confie aux lecteurs de son blog tout son désespoir ; la cadette va mal et reporte toute l’affection qui lui fait défaut sur Mathias, son rat clandestin et Marcel, son journal intime.
Au fil des chapitres, le lecteur a 37 ans puis 17, puis 12 ; il ressent la solitude d’une femme dont le mari immature a déserté le foyer, d’une mère qui ne parvient plus à communiquer avec ses filles adolescentes ; celle de deux jeunes filles perturbées par les turbulences familiales à des périodes déterminantes de leurs existences. La succession des points de vue et des modes de narration favorisent la projection et rendent la lecture de ce roman attractive.
 
Virginie Grimaldi nous propose un road trip à travers la Scandinavie, le Danemark et la Suède, puis la Finlande et la Norvège jusqu’au Cap Nord où Anna, Chloé et Lily après deux mois et quatre mille kilomètres de route accomplissent la mission fondatrice de leur périple. Un geste qui scellera leurs retrouvailles et fera d’elles une famille réunie.
Une fois de plus, l’auteur parvient à nous toucher avec cette aventure familiale pleine de surprises et de rebondissements. Embarquez sans plus tarder avec ce trio attachant, vous aurez juste envie de prendre le volant d’un camping-car dès la dernière page tournée et de parcourir, pourquoi pas, le nord de l’Europe que Virginie Grimaldi décrit avec un réel enthousiasme !
 
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2.Sang famille de Michel Bussi 
 

 

« Je fermai les yeux. Je les rouvris. J’étais bien. Le bruit des vagues. La mer, immense. L’horizon, au loin, vira au rouge. La mer s’embrasa. Le soleil se levait, déjà. J’avais sans doute dormi, un peu. Un nouveau jour, une nouvelle vie. »

 
Autre incontournable de l’été, le dernier Bussi, Sang famille … un grand cru qui ravira les amateurs et les autres. Professeur de géographie, l’auteur a enchainé les succès au rythme d’un roman par an ces 7 dernières années. Ce livre est une réédition de l’un de ses premiers romans parus en 2009 et épuisé depuis. Retravaillé pour l’occasion, il ne vous décevra pas. Tous les ingrédients qui garantissent un bon polar sont en effet de nouveau réunis pour nous tenir en haleine et nous égarer sur de fausses pistes avant de nous donner les clés d’une énigme diaboliquement élaborée. 
 
Au large de Granville, nous suivons Colin Rémy sur l’île de Mornesey dans les ruines de l’abbaye Saint-Antoine. Ne la cherchez pas sur une carte, elle n’y est pas répertoriée, elle n’existe pas…et pourtant, Michel Bussi en fait un théâtre plus que réaliste de son intrigue. On découvre le port de Saint-Argan et on séjourne au Grand-Cormoran avant de partir en randonnée dans la Crique-aux-Mauves ou l’Anse de Rubis, on suit son actualité et on découvre son passé dans les pages de l’Ilien, le journal local. On la situe dans les îles anglo-normandes mais elle pourrait être n’importe où... C’est l’île au trésor, l’île mystérieuse des romans d’aventure de la bibliothèque verte.
 
C’est l’histoire d’un adolescent qui retourne dans son enfance et devient prisonnier d’un huis-clos insulaire. Comme le laisse entendre le titre à clé, à l’instar du Rémi sans famille d’Hector Malot, le héros est orphelin. Ses parents ont disparu sur cette île où il a vécu enfant et où il revient pour percer le mystère de leur disparition. Convaincu d’avoir aperçu son père au volant d’une camionnette dès son arrivée sur l’île, il mène l’enquête et finit par se perdre dans ses souvenirs et par se jeter dans la gueule du loup. 
Simon Casanova, jeune stagiaire à la mairie de Saint-Argan va lui aussi jouer les détectives à l’occasion de l’évasion de deux détenus de la prison de cette même île aussi surnommée l’île des brigands, il entraine dans l’aventure la séduisante secrétaire de mairie. Les personnages se croisent et leurs routes finissent par se rejoindre et se confondre jusqu’à les mener au bout de leurs quêtes respectives. 
 
Ce roman « d’initiation solaire et ludique » comme le qualifie Michel Bussi est de son propre aveu le plus personnel. On y sent l’influence des lectures de jeunesse, un parfum de Club des cinq et d’Alice flotte entre les pages et c’est vrai qu’il a la tonalité particulière des premiers romans, une fraicheur qui fait mouche avec l’art consommé du suspense de son auteur.
 
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Deux coups de cœur, Le Secret d’Adèle de Valérie Trierweiller que j’ai acheté à la sortie de l’atelier des lumières qui lui consacrait une expo cet été et Dos au mur de Nicolas Rey que mon fils a glissé dans mon sac de plage après l’avoir dévoré.  
 
3. Le Secret d’Adèle de Valérie Trierweiller
 

« Puisque c’est avec cette robe qu’elle est immortalisée, c’est elle qu’elle portera dans son cercueil. Celle avec laquelle elle sera emportée par les flammes. Elles brûleront ensemble, comme elle a brûlé pour Klimt. Cette perspective lui procure un ravissement funèbre. »

 

Valérie Trierweiler, journaliste propulsée sur le devant de la scène lors de son séjour élyséen confirme son talent d’écriture avec un nouveau livre, Le secret d’Adèle. Elle se penche pour son premier roman, cette fois encore sur une histoire d’amour, mais plus confidentielle que la précédente… Il s’agit de la relation passionnée entre le peintre du « Baiser », Gustav Klimt et son modèle, Adèle Bloch-Bauer dans la Vienne du début du XXème siècle.

Adèle est une jeune femme très belle mariée à un riche industriel de dix-sept ans son aîné, mécène de Klimt. Le mari commande un portrait de sa jeune épouse au peintre et inconscient, la pousse dans les bras du maître. Au fil des poses, la belle désœuvrée succombe au charme de l’artiste mais elle n’est pas la seule à jouir de ses faveurs et elle connaitra autant les affres de la jalousie que les transports de la passion.
 
Cette biographie romancée est le fruit d’un travail de documentation sérieux et précis qui permet à l’auteur de faire vivre sous nos yeux les deux protagonistes au cœur de leur époque. Au détour d’une page, on croise Sweig, Strauss, Malher ou Freud dans le salon d’Adèle et on est témoin du dénuement des populations réfugiées dans la capitale autrichienne. Les Trois essais sur la théorie sexuelle de Freud et l’affaire Dreyfus occupent les conversations mondaines mais Valérie Trierweiler ne s’y attarde pas, c’est sur la relation entre le peintre et son modèle qu’elle a choisi de se concentrer. Cette relation sera éphémère, Adèle devra en faire le deuil comme elle a aussi dû faire celui de ses enfants mort-nés. Elle restera la muse de Gustav Klimt à jamais figée dans sa robe d’or et d’émaux dans l’un des tableaux les plus célèbres au monde.
 
On souffre avec Adèle, on sait les pensées qui habitent ce regard triste et mélancolique, on devine la force et la volonté de cette femme qui surmonte les préjugés, enfreint les règles et les conventions par amour. On aime simplement voir vivre la dame du tableau…
 
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4. Dos au mur de Nicolas Rey
 

 « Joséphine, je ne veux rien gâcher avec elle. Je veux que tout soit toujours parfait. J’aimerais trouver des trucs qui la comblent de bonheur. J’aimerais l’aider dans les moments difficiles et panser ses plaies lorsqu’elle s’égratigne les genoux. Je veux la savoir heureuse du soir au matin et du matin jusqu’au soir. J’aurais aimé être son amour d’enfance, celui qu’on n’oublie jamais totalement. J’aurais aimé être sa passion adolescente, celle qui vous marque à tout jamais. J’aurais aimé être le père de son enfant. Mais je n’arrive que maintenant. Avec ma gueule de type de quarante-quatre ans ravagée par l’existence. »

Personnalité en vue depuis les années 90, Nicolas Rey a mené de front sa carrière d’écrivain, celles de chroniqueur radio et TV sur France-inter et Canal plus aux côtés de Pascale Clark entre autres, et celle de critique littéraire dans VSD. Le surdoué parrainé par Franz-Olivier Giesbert a d’autres cordes à son arc, il décroche le prix de Flore en 2000 pour Mémoire courte et reçoit en 2015 le César du meilleur court-métrage pour La femme de Rio co-écrit avec Emma Luchini. Tout semble réussir à ce jeune homme à la beauté romantique et impertinente, et pourtant…
 
Il révèle dans son dernier livre aux accents autobiographiques les mensonges qui ont jalonné son existence depuis la falsification des bulletins au lycée jusqu’au plagiat qui l’a plongé dans un gouffre financier et moral. Alcool, cocaïne et médicaments l’ont accompagné tout au long de son parcours dans les méandres des milieux culturels parisiens et ont précipité sa chute.
C’est l’amour pour Hippolyte son fils et pour Joséphine, la femme de sa vie qui l’a poussé à tout arrêter, les stupéfiants d’abord mais aussi le mensonge. Dos au mur est le récit de ce parcours douloureux.
 
Nicolas Rey nous dit tout, révèle petites et grandes faiblesses et nous touche au cœur. On a envie de devenir son ami, de lui remonter le moral et de l’encourager. On a envie de l’écouter parler de la trahison de celui qui lui a donné quelques pages pour terminer son dernier recueil de nouvelles avant de porter plainte contre lui pour plagiat. On a envie d’être le confident de son chagrin d’amour et de l’aider à retrouver sa Joséphine. Les plus belles pages lui sont consacrées, il la regarde, la décrit et elle devient l’essence même de l’écriture...
 
S’il était mort jeune comme le lui prédisait son médecin, il serait à coup sûr devenu un écrivain culte, de ceux à qui l’on pardonne tous les excès. Mais Nicolas Rey a décidé de vivre et d’écrire et c’est tant mieux pour nous car la vérité lui va bien et son roman se lit d’une seule traite, on ne peut que lui souhaiter de poursuivre sa route avec beaucoup de succès et beaucoup d’amour. 
 
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Deux romans jeunesse enfin, deux histoires d’amour qui feront battre le cœur de vos adolescents : La première fois que j’ai été deux de Bertrand Jullien-Nogarède et J’embrasse pas de Richard Couaillet. A lire et à glisser dans leur poche !
 
5. La première fois que j’ai été deux de Bertrand Jullien-Nogarède 
 

« Je hais l’adolescence ! Ce foutu bourbier où rien n’est jamais fini et où pourtant rien n’a encore commencé ! Je hais l’adolescence parce que les fééries de l’enfance se sont effacées, remplacées par la cruauté du monde mais surtout parce qu’on tombe amoureux et qu’on ne s’en relève pas. »

J’ai découvert Bertrand Jullien-Nogarède sur les réseaux sociaux et je ne l’ai pas regretté ! La première fois que j’ai été deux est le roman d’un musicien. Dans une autre vie, il était bassiste dans un groupe de rock à Montréal, il vit aujourd’hui dans le sud de la France et communique très volontiers avec ses lecteurs. On lit l’histoire et on entend les accords de Phil Collins et Peter Gabriel en musique de fond, c’est ce qui donne sans nul doute un ton particulier au roman.
 
Karen est une élève de Terminale L comme tant d’autres et comme tant d’autres, elle tombe amoureuse d’un garçon de sa classe sauf que ce garçon-là n’est pas comme les autres. D’abord, Tom est anglais ensuite, il est musicien, enfin il emporte Karen dans un autre monde sur son scooter. Avec lui, elle fait l’expérience de l’amour, ensemble ils franchissent les frontières de l’adolescence pour s’aventurer dans le monde des adultes. Karen fait l’expérience de la séparation quand Tom puis Mélanie, sa meilleure amie la quittent. Elle passe du plus grand bonheur à la plus profonde tristesse, du désespoir total à la foi en un avenir qui reste à écrire.
 
Roman sur l’adolescence, roman sur l’amour, roman sur la vie simplement, La première fois que j’ai été deux se lit comme un journal intime qui explore toute la palette des sentiments exacerbés par la jeunesse du couple central. Roman nostalgie pour nous, roman miroir pour nos ados, c’est un livre à partager en famille.
 
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6. J’embrasse pas de Richard Couaillet
 

« Et petit à petit, on s’est mis à jouer, à feinter, j’ai tenté, raté, réussi, je l’ai surpris, il m’a mystifiée, je me suis dérobée, il a fait ses parades, j’ai riposté, on a glissé l’un vers l’autre, fer contre fer, on s’est un peu bousculés, on a ri, de moi surtout, de lui aussi une fois ou deux. Et tout ça, sans un mot ou presque. » 

 
Les ados, Richard Couaillet les connait bien, il les côtoie chaque jour dans le lycée où il est professeur de français et ils sont les héros de ses romans, Angélique boxe, A contre-courants et J’embrasse pas. On lui doit aussi Angèle ma Babayaga de Kerménéven, Un papillon d’hiver et Un Max d'amour monstre, textes savoureux pour les petits. S’il maitrise le monde de l’adolescence, Richard Couaillet maitrise aussi celui de l’escrime et c’est en connaisseur qu’il met le langage et les codes de ce sport au service de l’échange amoureux dans son très beau nouveau roman.
 
On fait la connaissance de Sarah, collégienne type, adolescente un brin rebelle, prise en sandwich entre deux frères Ewen la tronche qui réussit tout et Lancelot, bébé baveur en quête constante de bisous. Or les bisous, Sarah n’aime pas ça et même, ça la dégoûte…Enfin, jusqu’à l’arrivée de Harry, le nouvel élève de 4ème, made in USA, qui fait craquer ou plutôt « crasher » toutes les filles. 
 
On s’attache très vite à cette petite Sarah, l’auteur nous fait entrer dans la peau atypique de son personnage et nous entraine dans le cercle d’escrime de son frère où elle prépare un combat déterminant qui se mue sous une plume sensible en métaphore amoureuse.
Une autre lecture à partager avec vos ados qui se mettront peut-être à la recherche d’une salle d’armes à Dubai… J’ai vérifié, c’est possible !
 
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Bonne lecture !
 
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Dernière modification le lundi, 10 septembre 2018 17:03
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