Pour sa première exposition solo au Moyen-Orient, le peintre norvégien Tor-Magnus Lundeby a choisi la galerie Carbon 12, située dans Al Serkal Avenue, petit dédale de rues d’Al Quoz en passe de devenir le lieu branchissime de l’art contemporain à Dubai.     Violet, turquoise, magenta, vert, cobalt. Dans le décor dépouillé et lumineux de Carbon 12, surgissent des toiles aux couleurs éclatantes. Eclaboussures bigarrées et féeriques pour peindre les villes de l’avenir, pour proposer un nouvel urbanisme à une Terre qui se détruit, inexorablement. « La Nature se meurt, mais j’ai confiance en l’être humain, explique l’artiste. Notre avancée technologique est si importante que nous avons les moyens de la recréer, de trouver des alternatives. L’anarchie doit dominer l’architecture du futur. Mais attention, pas l’anarchie destructrice au sens punk. Une anarchie positive qui permet de reconstruire.» De fait, malgré les formes futuristes et bariolées, plus proches de nénuphars ou de méduses psychédéliques que de traditionnels plans d’urbanisme, l’ensemble invite à la sérénité et à l’espoir. « Bien sûr qu’il ya de l’espoir ! Il faut en finir avec le règne du gris, du minimalisme et recréer la nature à travers les couleurs et la matière naturelle. Je ne me pose pas en donneur de leçons, je propose des paysages pour l’avenir, l’ère post-Nature en quelque sorte. »L’avenir selon Tor-Magnus Lundeby est donc joyeux, apaisant et plus proche de la nature. Pourvu qu’il ait raison !Charmant et d’une grande sensibilité, l’artiste s’est plié avec gentillesse à mon jeu de questions: Portrait chinois d’un peintre norvégien vivant en Finlande.Si vous étiez…Une couleur : « Deux couleurs plutôt. D’abord, le vert tendre, la couleur du printemps, du commencement. Ce vert des jeunes pousses avant qu’elles ne grandissent et qu’elles ne meurent en orange et en jaune. Vous retrouvez beaucoup cette couleur dans mon travail. La deuxième couleur serait le turquoise. Une couleur absente des paysages nordiques. Notre bleu est plus dur, plus sombre. J’aime le turquoise du Pacifique, de ces pays encore préservés. »Une peinture : « Toute l’œuvre de l’Ecossais Richard Wright. Travaillant essentiellement la peinture et les feuilles d’or à même les murs des galeries où il expose, ses tableaux survivent seulement le temps d’une exposition. A moins qu’on ne lui passe une commande, son travail disparait. Il y a quelque chose de très intense dans le côté éphémère de ses œuvres. Placées souvent à des endroits inattendus dans la galerie, ces peintures sont un ensemble de motifs complexes inspirés de sources aussi variées que la peinture médiévale, le graphisme ou la typographie.»Une sculpture : « Une de mes propres tours, qui sont là d’ailleurs, au milieu des toiles. Je fais en sorte à chaque fois qu’elles ne soient pas parfaites. J’imagine que c’est ma façon de communiquer avec les autres : les rendre plus accessibles pour initier le dialogue, pour les rendre plus sympathiques presque.»Un parfum : «  Calvin Klein. N’importe lequel. Tous.»Une ville : « Une ville ayant un accès direct sur la mer ou  l’océan. Pas simplement un lac, une rivière, j’ai besoin qu’il y ait un port, une vraie ouverture vers l’extérieur.» Un architecte : « Plusieurs. Ceux à l’origine des 300 îles artificielles du projet The World à Dubai. Artistes qui jouent avec les formes des côtes. Artistes qui crée le paysage même : The World ajoute plus de 200 kilomètres de côtes à Dubai, qui n’en compte que 67. Et puis, d’un point de vue personnel, le projet me rappelle un de mes tableaux, prémonitoire j’imagine. Réalisé aux feutres en 1998, il s’appelle Monstropolis, c’est un patchwork multicolore où chaque forme représente un pays.»Une saison : « L’automne, sans hésiter, même si je suis très sensible aux couleurs du printemps. L’automne, si émouvant.»Une chanson : « Les chansons du duo français Air, celles de leur premier album Moon Safari et celles du dernier Love 2. Love 2 marque un retour aux sources, à la formule musicale de leurs débuts: un mélange d'ambiances aériennes avec influences des sixties et de l'afro-beat. »Un mot : « Un mot pour décrire ce moment si précieux où, après une quête, après avoir cherché quelque chose, on trouve, on obtient une réponse. Ce moment où le résultat est là. J’imagine que le mot idéal serait « Yes ! ». Tout simplement.»GALERIE CARBON 12                   Al Serkal Avenue, Warehouse D37  AL QUOZ         Ouvert du samedi au jeudi de 12h à 19h050 464 43 92                                                            www.carbon12dubai.com
D'origine irakienne, Yassin Alsalman alias The Narcicyst, est né aux Emirats et a grandi au Canada. Il fut leader du groupe de hip hop "Euphrates" mais fait à present une carrière solo. Rappant à la fois en anglais et en arabe, ses paroles sont politiquement chargées. Il a notamment partagé la scène avec des artistes tels que DJ Vadim, Kayne West etc… Diplômé en sciences politiques et en communication, il est aussi un activiste de la paix entre Arabes et Juifs. Rencontre avec ce poète engagé…   1/ Quelles sont les influences de votre musique ? L'influence sur ma musique varie de Beethoven aux actualités quotidiennes locales. Tout et rien peut influencer ma musique spontanément ou après un certain temps. Il n'y a pas qu'UNE chose qui inspire ma musique. Je dirais que le fil conducteur dans la plupart de ma musique est d'avoir très envie d'être chez moi.2/ Vos paroles sont très engagées, pensez-vous que le rap et les arts en général doivent faire passer un message ? Pensez-vous que vous avez un rôle à jouer dans la société ? Je pense que tous les genres de musique peuvent jouer un rôle dans la société. Si vous allez à un concert qui accueille 25000 personnes et que le chanteur dit "faites du bruit" et que tout le monde le fait, c'est ça le pouvoir. La musique peut faire bouger les gens plus que les politiciens ; elle peut vous rendre triste, colérique, engage. La musique est d'une importance énorme pour les être humains. 3/ Originaire d'Irak, né aux EAU, résidant au Canada, où vous sentez-vous le mieux ?Je me sens chez moi où l'amour et la haine sont présents. Il n'y a pas de "chez moi" seulement une appartenance et une famille. Merci à Yassim d'avoir gentiment répondu à nos questions et ne manquez pas ses performances à Dubai !24 novembre : Madinat Jumeirah, Rooftop 
25 novembre: The Fridge Dubai 5 décembre : Transmusicales de Rennes, France 
9 décembre : première de "City of Life", Dubai International Film FestivalSite Web : http://www.myspace.com/euphrates
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Narcicyst
http://www.narcy.net
Nadia Sallustio rayonne sous le puits de lumière de l’atelier du Centre d’Art du Mall of Emirates…La pièce dégage une atmosphère de travail comme en témoigne les taches de peintures des divers ateliers qui s’y succèdent. Nadia est diplômée des Beaux Arts de Tournai en Belgique et propose à Dubaï un atelier de recherche picturale/peinture depuis octobre 2009. Après délibération du jury, Nadia a reçu pour la fin de sa dernière année aux Beaux Arts, la bourse Horlay Dapsens, deux artistes seulement la reçoivent par an.     Portrait de Nadia SallustioDe son portrait « classique », un joli visage encadré d’une coupe de cheveux fluide et l’allure droite et fine de ses femmes qui ont touchées des années à la danse classique, se dégage un sourire fort et une vraie présence dont on peut sentir la joie nécessaire à la création quand son rire éclate dans le studio. Nadia est comme dans son travail, toute en transparence et en force.Dans ses œuvres, la mixité des techniques la révèle : le pastel gras, le pastel sec pour sa légèreté et sa transparence. Le blanc est une couleur majeur dans son travaille comme un guide, pour la lumière et pour souligner une ligne, une forme. Le blanc est un symbole au même titre que le rouge et le noir. Le blanc du pastel sec se confronte à l’acrylique onctueux et épais. De cette interaction des deux matières naît une structure du tableau, son espace se délimite. Une monde formel et un monde informel agités par le sens du hasard où l’artiste se laisse porter par la matière comme le marc du café prend la forme qu’il a choisit au fond de la tasse. Nadia possède son propre alphabet des formes, elles sont ludiques. Quand son poignet tourne, de sa gestuelle les courbes apparaissent et se retrouvent dans ses œuvres comment un récipient qui attend quelque chose. Une féminité dans ses tableaux vient peut-être de son année de stylisme à s’essayer aux patrons de haute couture… émotion retrouvée, septembre 2009 – technique mixte sur toileNadia aime le papier c’est sa matière, la toile l’effraie, la laisse devant une page blanche alors le crépon vient s’y coller pour l’habiller ici de bleu.Vague à l’âme, avril 2009 – encre de Chine sur papierCoup de cœur de Dubaï Madame pour un dessin de graphisme qui nous renvoie tous à nos premiers essais.On aimerait un jour découvrir les photos de Nadia sur son travail de transparence savon et de zinc gravé au sucre… Peut-être l’occasion d’un nouvelle rencontre avec Dubaï Madame. Une artiste belge et italienne à suivre à Dubaï…Dans le cadre de ses ateliers, Nadia n’impose pas un travail. Le nom de l’atelier parle de lui même « atelier de recherche picturale ». Il est un cheminement vers l’expression de soi vers la découverte de nouvelles techniques. La mixité des supports révèlera à l’élève sa propre écriture, son émotion dessinée sur la toile, sur le papier, le bois, le zinc ou encore la cire. C’est un atelier pluridisciplinaire, une initiation vers une pluralité de techniques et de supports.Adultes les mercredi matins de 9h à 12hTarif : 1500 dhs les 8 semaines d’atelier au studio art forum premier étage du Ductac Centre d’Art du Mall of Emirates.Enfants de 5 à 9 ans tous les mardi de 15h30 à 16h30 Tarif : 500 dirhams les 10 cours au studio 13 du premier étage de Ductac Centre d’Art du Mall of Emirates.Les Ateliers « workshops » se répètent tout au long de l’année et sont en français.NADIA nous livre ses cinq adresses à DUBAÏ :Galerie B21 – Al QuozLes Galeries de Bastakia et la galerie XVALe DIFC pour ses restaus, ses galeries…Teacher shop supplies - Jumeirah beach center - beach road jumeirah 1Restaurant Bice - du Hilton de JumeirahTel : 050 887 9214 Email : emailProtector.addCloakedMailto("ep_b42a55bd", 1);Site web : www.ductac.org (onglets Workshops / Arts / Adults / and more)
Pour la première exposition au sein de son nouvel espace à Al Quoz, Carbon 12 accueille Gil Hector Cortesao, un artiste portugais singulier, auteur de peintures sous plexiglas où le temps semble s’être arrêté.   1/ Après plusieurs expositions en Europe (Portugal, Luxembourg et France) c’est votre première exposition au Moyen-Orient, pourquoi ce choix ? Comment avez-vous été sélectionné par Carbon 12 ?C’est en effet ma première exposition au Moyen-Orient. Le galeriste de Carbon 12, Kourosh Nouri, a vu et aimé une exposition que j’ai faite à Paris (“Remote Viewer”, Galerie Suzanne Tarasiève), et m’a invité à préparer une exposition pour son nouvel espace à Dubai. J’ai pensé que ça pourrait être un contexte très intéressant pour montrer mon travail, parce que ma peinture met en exergue les qualités, les atmosphères et les suggestions associés à différents types d’espaces et aussi revisite les utopies et contre-utopies modernistes et architectoniques. Dubai bien sûr, avec tous ces projets de construction futuristes est le l’endroit parfait pour exposer ce genre de travail. J’étais aussi très curieux de la réception que j’aurais d’une culture différente.2/ Comment percevez-vous le public dans le Golf ? Pensez-vous que la réception de votre travail sera différente ?Je sens que le public est très spécial dans le Golf parce que c’est très cosmopolite avec des gens ne venant pas seulement de la région, mais aussi de nombreux endroits du monde. Durant le vernissage, j’ai senti qu’il y avait un véritable intérêt et enthousiasme par rapport à mon travail en particulier et pour l’art contemporain en général.3/ Vous avez l’habitude de travailler avec la technique de l’huile sous plexiglas, ce qui semble emprisonner la scène dans un cadre comme le temps dans l’éternité. Quel est votre objectif ? Quelle est votre inspiration ?Même avant de commencer à utiliser le plexiglas, j’ai toujours été fasciné par la transparence, par l’idée d’avoir deux (ou plus) images occupant le même espace. Le plexiglas crée aussi une distance presque subliminale, et depuis que je me concentre sur les paysages et les intérieurs, la distance et l’illusion sont très importants pour moi. Bien sûr, le plexiglas est aussi un miroir de qualité et les reflets projetés sur la surface de verre sont importants pour la perception du travail. 4/ Vos peintures ressemblent à des photographies, souhaitez-vous reproduire la réalité ou recréer un autre univers à travers votre propre vision ?Même si j’utilise des photographies comme support comme un point de commencement pour la création picturale, je ne suis pas intéressé par le réalisme, je suis plus intéressé par les rêves, les hallucinations, les visions, les utopies et les souvenirs. Donc, même s’il reste un degré de réalisme qui vient des sources photographiques que j’utilise, il y a aussi quelque chose qui peut être presque l’opposé du réalisme et où les traces de corps sont présents (graisse de cuisson, coups de pinceau gestuels, tâches, éclaboussures…). Aussi, le plexiglas sur lequel je peins crée comme une dimension onirique parce que cela semble enlever la densité matérielle de la peinture à l’huile.5/ Finalement, comment définiriez-vous votre style ? Que diriez-vous au public afin de venir voir votre exposition ?Les définitions ne sont pas vraiment importantes pour moi, je laisse cela aux critiques et aux historiens ! Je crois aussi que mon travail doit parler pour moi et atteindre le public et si mes peintures conservent l’intensité que j’essaie toujours de donner, tous les mots que je pourrais dire pour inciter les gens seraient superflus !“Memories from the future” par Gil Heitor CortesaoDates: 15 octobre au 26 novembre 2009Lieu : Carbon 12, Al Quoz 1 – Street 8, Al Serkal Avenue – Warehouse D37Site web : http://carbon12dubai.com/
En trente ans de carrière, Annie Leibovitz s’est fait maître dans l’art de photographier les célébrités. John Lennon, Demi Moore, Brad Pitt, Barack Obama… Elle a réalisé les plus beaux portraits des célébrités de notre époque. De son vrai prénom Anna-Lou, Annie Leibovitz est née le 2 octobre 1948 dans le Connecticut aux Etats-Unis. Elle est spécialisée dans les portraits de célébrités. Son style est caractérisé par la mise en valeur du glamour de ses modèles (qui sont généralement des vedettes du cinéma, de la musique ou de la politique) et leur ostensible esthétisation.Elle se fait un nom dans le milieu très masculin des photographes de célébrités dans les années 70, en travaillant pour le magazine Rolling Stone. A ses débuts, Annie Leibovitz ne connaît rien à la photographie. Mais, travailleuse et ambitieuse, elle se révèle très talentueuse. Elle devient même la photographe officielle du magazine et en fait 142 couvertures. Le 8 décembre 1980, elle immortalise le chanteur John Lennon le matin de sa mort. Sa couverture du Beatles nu, embrassant Yoko Ono habillée, fait le tour du monde.

Vanity Fair, Vogue,… Les plus grands magazines sollicitent Annie Leibovitz pour réaliser des portraits de stars. Depuis le début de sa carrière il y a trente ans, Annie Leibovitz photographie les plus grandes stars de la chanson, du cinéma, du sport et même du monde des affaires. Jim Carrey, Silverster Stallonne, Nicole Kidman… La plupart des célébrités de la fin du XXème siècle et du début du XXIème siècle sont passées devant l’objectif de la photographe. On se rappelle notamment de sa photographie impudique de Demi Moore, enceinte et nue, de Whoopie Goldberg se prélassant dans un bain de lait, des play-boys Mick Jagger et Brad Pitt assis sur des draps blancs et rouges, ou de Nicole Kidman ressemblant à une sirène pailletée. 

Son œil affuté capte même les hommes politiques. Photographie de Bill Clinton la fesse posée sur son bureau de la Maison Blanche, cliché de Barack Obama, de Colin Powell en uniforme, et même photographie de la Reine d’Angleterre… Annie Leibovitz sait approcher et immortaliser les plus grands. Photographies d'artistes ou de politiciens, Annie Leibovitz aime à transformer ses sujets. Elle n'hésite pas à les faire poser dans des milieux ou poses inattendues ou insolites.

Il faut dire qu'en plus d'être l'une des rares femmes à s'être imposée dans le monde de la photographie, Annie Leibovitz est considérée comme l'une des meilleurs photographes au monde. Plus qu'une simple photographe, elle est une conteuse d'histoire. Feu, eau, animaux... Ses séances photos sont majestueuses, leurs factures s'élevant d'ailleurs à plusieurs centaines de milliers d'euros. Elle est d'ailleurs la "photographe la plus chère au monde".


Discrète, la photographe préfère faire parler de son travail plutôt que de sa vie privée. Pourtant, elle n’hésite pas à exposer des fragments de son histoire personnelle au côté de ses plus grands clichés des quinze dernières années lors de son exposition « A Photographer’s Life, 1990-2005 », à la maison européenne de la photographie de Paris en 2005. 

Moments de joie, images de sa première grossesse et de la naissance de ses trois filles, mais aussi moments de désespoir, la maladie et le décès de sa compagne de vingt-cinq ans Susan Sontag, Annie Leibovitz livre son histoire personnelle en images, en la mélangeant à quelque 200 clichés de stars pris entre 1990 et 2005. Une exposition mi- autobiographique, mi-restrospective professionnelle, en hommage à sa défunte compagne qui trouvait qu’elle ne prenait pas assez de photos personnelles.

En septembre 2009, Annie Leibovitz se trouve dans une mauvaise posture. Piètre gestionnaire, elle est aussi une très grande dépensière. Accumulation de propriétés et séances photos majestueuses, la conteuse d'histoire multiplie les dépenses... A tel point qu'elle est sur le point de perdre l'intégralité de ses droits d'auteur et de faire faillite, devant plus de 24 millions de dollars au fonds Art Capital Group...Deux tendances cohabitent dans l'œuvre d'Annie Leibovitz :L'une – la plus connue – répond d'un travail de commande pour des magazines (Rolling Stone, Vanity Fair, Vogue) ou des marques (Louis Vuitton, Lavazza). Ces photographies sont généralement très travaillées, tant au moment de la prise de vue qu'en post-production. La photographe s'entoure ainsi d'une équipe conséquente (d'éclairagistes, d'accessoiristes et de stylistes) qui lui permettent d'obtenir des images que l'on pourrait qualifier de « léchées ». Le cadrage est généralement d'une facture classique, la scénographie est d'inspiration théâtrale et la position des corps (surtout dans ses compositions de groupe, en plan large) pourrait être rapprochée des canons baroques. L'historien Jürgen Trimborn associe d'ailleurs les portraits de la photographe pris lors des Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996 à l'esthétique de la cinéaste Leni Riefenstahl, sur laquelle avait écrit Susan Sontag. Les deux artistes partagent un même goût pour la l'héroïsation presque systématique de leurs modèles et l'usage d'un éclairage contrasté. Le glamour est la sensation visée par la photographie, qui passe par l'érotisation des corps, même lorsque celui-ci ne s'y prête pas a priori : c'est notamment le cas du cliché de Demi Moore, nue et enceinte, qui fit scandale aux États-Unis lors de sa parution. De la même façon, le portrait de Clint Eastwood, où le modèle est représenté ligoté par une corde, ne met pas à mal l'image de l'acteur américain : sa position – l'érection de son corps, raide et piqué dans la terre –, la légère contre-plongée de l'objectif ainsi que l'éclairage nimbé et crépusculaire lui confère une aura paradoxale.L'autre veine, plus secrète, répond d'une pratique de la photographie plus spontanée, ou plus instinctive, qui met en scène sa vie intime (comme sa relation avec l'écrivain Susan Sontag), et qui s'étend jusqu'au photojournalisme comme l'atteste son reportage à Sarajevo, au début des années 1990[]. Tout en reconnaissant son talent, l'hebdomadaire Télérama écrivait à son sujet : « La photographe a l'habileté de sortir de ses boîtiers une image très consensuelle, faussement choquante, quasi religieuse, presque puritaine, n'outrepassant jamais la juste mesure. Elle s'inspire de codes anciens — le flou du pictorialisme des débuts de la photographie, les contre-plongées du constructivisme russe. »Arnaud HUMBERT
Photographe
Email : emailProtector.addCloakedMailto("ep_bf54e019", 1); Web Site : www.arnaudhumbert.com
Il n’est pas toujours facile de trouver une ligne commune parmi les expositions qui se déroulent en ville pendant une même période, ni nécessaire à bien voir. Et pourtant, parfois on est franchement étonné par la surprenante homogénéité des thèmes ou des approches  tandis que d’autres fois  on est tout simplement en train de monter – comme des perles sur un filet – une série variée de représentations de notre présent...Ce n’est pas des maths bien évidemment, mais à la preuve du neuf on finit par se retrouver presque toujours dans les mêmes coins et par les conseiller conséquemment. Comme il faut suivre un critère dans la présentation, on va respecter la consigne chronologique et commencer donc avec The Third Line, tout en s’agissant du seul show inauguré au cours du mois de Ramadan et qui va se terminer début octobre. The Moment of Alignment est la deuxième exposition dédiée par cette galerie de Dubaï à Rana Begum, artiste née au Bangladesh mais depuis très longtemps installée à Londres. Voici présentés six travaux nouveaux, en grande échelle sur support d’aluminium teint, parallèlement à une sélection de paperworks et de pièces tridimensionnelles de plus petite taille. Par rapport au show précédent, Rana Begum a évolué dans sa recherche sur la couleur, sur sa tension avec le support et sur la symétrie qui peut dériver de la répétition du geste.  La progression dans son étude, les étapes de son apprentissage sont «documentées» dans cette exposition dans laquelle à côté des pièces «monumentales» figurent également ceux qui, à la lumière des derniers résultats, apparaissent comme les dessins préparatoires et les maquettes préliminaires d’un travail plus ambitieux.   Il suffit de traverser la route pour visiter le deuxième show de notre choix pour ce mois, «Rostam in the Dead of Winter», de l’artiste iranien Fereydoun Ave, proposé par la galerie B21. Cette collection de travaux réalisés en  techniques multiples est axé sur le portrait du héros de wrestling préislamique Rostam, un personnage décrit par le poète Perse Ferdowsi  dans son poème épique Shahnameh (Le livre de Rois).  Ave, qui avait déjà dédiée une série de travaux à ce personnage mythologique («Rostam in Late Summer»), a ici optée pour une page plus sombre de cette même épopée. Cette série de Ave peut bien être regardée comme une métaphore, qui viserait apparemment à la tourmentée réalité politique de son Pays à travers une lentille historique unique, des créatures mythologique anciennes qui peuvent nous aider dans l’interprétation du présent, tout en nous offrant encore une chance d’espoir pour l’avenir.La dernière exposition signalée, «Unspoken Marks, Unspoken Words», se tient jusqu’au prochain 22 octobre auprès de XVA gallery, un coin vraiment charmant et à connaître, même si pas sous prétexte de découverte culturelle.  Réalisée par une artiste américaine installée à Dubaï, Nelda Gilliam, cette série de travaux se distingue par l’intimisme de la dimension explorée et malgré qu’il ne soit pas un corpus complètement persuasif, le charme qui en émane vaut bien une visite aux lieux…The Third Line – Al Quoz ind. – tel 04 341 1367  – www.thethirdline.com (l’exposition continue jusqu’au 1er  octobre prochain)B21 – Al Quoz ind. – tel. 04. 3403965  – www.b21gallery.com (l’exposition continue jusqu’au 22 octobre prochain)XVA Gallery – Basatakiya, Bur Dubai – tel 04 353 5383 -  www.xvagallery.com (l’exposition continue jusqu’au 22 octobre prochain)
Photo Dwayne Brow Je suis tombée en amour avec cet artiste par hasard. Un soir de printemps à Montréal. C’était en 2004, lors de la dernière représentation d’Incendies. Il quittait la direction du célèbre Théâtre de Quat’Sous. La pièce durait 4h - presque aussi longue que la Trilogie des dragons de Robert Lepage - mais le temps s’est arrêté. Je ne voudrais pas tomber dans des lieux communs, mais cette pièce m’a définitivement marquée. Mon regard sur le théâtre contemporain a été bouleversé. C’était pour moi le nouveau Shakespeare, un poète discret qui a imposé un souffle nouveau au théâtre épique contemporain. Ainsi, j’ai découvert Wajdi Mouawad. Son nom vous dit peut-être quelque chose car il était l’artiste associé au Festival d’Avignon pour la saison 2009. C’est un homme de théâtre, à la fois metteur en scène, auteur et comédien. D’origine libanaise, il a quitté son pays natal à l’âge de huit ans pour la France puis a émigré au Québec en 1983. A l’âge de vingt ans, il a écrit sa première pièce, une dizaine d’autres ont suivi et parcouru le monde. Depuis 2008, Wajdi Mouawad dirige le Théâtre Français du Centre national des Arts d’Ottawa. Il vient de recevoir le prix du théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre.Avec Ciels (2009), Wajdi Mouawad, termine son cycle « le sang des promesses », inauguré par Littoral (1999), suivi d’Incendies (2003) et de Forêts (2006). Un cycle sur la transmission et l’héritage où il dépeint un monde en quête d’identité et de sens. Incendies « Je t’ai cherchéLà-bas, ici, n’importe où. Je t’ai cherché sous la pluie,Je t’ai cherché au soleil(…) Je t’ai cherché au sudAu nord,À l’estÀ l’ouest,(…)Je t’ai cherché en regardant le ciel(…)Qu’y a-t-il de plus seul qu’un oiseau,Qu’un oiseau seul au milieu des tempêtesPortant aux confins du jour son étrange destin ? » On n’arrête pas le cours d’un fleuve, de même on ne résume pas le mouvement de la vie qui traverse Littoral, Incendies et Forêts. Le temps et le monde n’ont pas de frontières pour ce voyageur, aussi il nous emmène du Québec au Liban en passant par les Ardennes et la guerre 14-18 à la chute du mur de Berlin. À chaque fois, il s'agit de recomposer, une histoire familiale douloureuse et enfouie, et ainsi de se libérer d'un mal-être de vivre. Littoral« Ca fait un peu mal de rêver toujours. Ca rend fou, mais ce qu’il y a de plus douloureux dans le rêve, c’est qu’il n’existe pas ».Pour lui, il n’y a pas de salut sans vérité ni parole. Tous ses personnages lui ressemblent. Ils cherchent leur place dans le monde, et savent inconsciemment qu'ils ne pourront la trouver tant que leur histoire familiale ne sera pas éclaircie. Chacun se retrouve dans son humanité touchante et bouleversante.Aussi, je ne peux que vous recommander vivement de lire ou d’assister à ses pièces théâtrales.Enfin, je terminerai par une citation de Wajdi Mouawad qui me semble tout a fait juste :« Aller au théâtre, c'est prendre le risque d'être perturbé, inquiété, déplacé dans ses croyances ou ses convictions. C'est par transparence que l'on découvre des éléments de sa propre vie, et que l'on apprend sur soi ». Prenez le risque de le lire…
Dubai Madame s'est donné comme mission de mettre en lumière de jeunes artistes locaux prometteurs. Pour cette raison, après une recherche approfondie, nous avons découvert que les stars du moment produisent… de la musique métal ! Si si, vous avez bien entendu, les Emirats Arabes Unis ont en leur sein 4 jeunes musiciens talentueux qui remportent un triomphe dans tous les festivals internationaux dédiés à ce genre de musique si particulier. Pour en savoir un peu plus sur la folie " death metal ", nous sommes allés rencontrer NERVECELL et les questionner sur leur succès fulgurant. Les Membres du groupe :James : vocaliste/bassisteRami : guitare rythmique/acoustiqueBarney : guitariste principalLouis : batteur       Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous dire comment le groupe a été formé ?James: Je m'appelle James Khazaal, je joue de la basse et je suis également le chanteur du groupe. Originaire du Liban, je suis étudiant suis en maitrise spécialisée en e-business, et je fête mes 25 ans le 3 septembre!Rami: Je m'appelle Rami Mustafa, je suis lead guitariste du groupe Nervecell. J'ai 25 ans. Le groupe a été formé par Barney Ribeiro en 2000 à Dubaï. Nous nous sommes rencontrés à un concert organisé par mon université et dans lequel Nervecell jouait. A cette époque, j'étais ami avec James car nous étudiions ensemble au même endroit. James a rejoint Nervecell le premier en tant que bassiste, puis je suis allé le voir à son premier concert en tant que membre du groupe. J'ai rencontré Barney et les autres membres du groupe et nous sommes tous devenus bons amis. Plus tard, j'ai pu faire partie du groupe en tant que lead guitariste et James à cette même période est devenu le chanteur tout en continuant à jouer de la basse. Depuis ce jour, Nervecell est principalement composé de nous trois. Nous avons eu beaucoup de changements au niveau du batteur mais maintenant nous avons enfin trouvé " chaussure à nos pieds " avec un batteur que nous avons rencontré lors d'une tournée en Australie. Il vit là-bas et il s'appelle Louis Rando. Depuis qu'il nous a rejoint, c'est la première fois que le groupe est aussi stable.Barney: Je m'appelle Barney Ribeiro, j'ai 26 ans, je suis né et ai grandi à Dubaï. Je fais partie du groupe depuis le tout début, c'est à dire depuis 2000.Pour les néophytes telle que moi, pourriez-vous définir ce qu'est le " death metal " ? Pourquoi ce choix de musique ? Quelles sont vos influences ?James: Mes influences sont principalement Cannibal Corpse et Deicide (Death metal bands) pour mes inspirations basses et vocales. Nervecell ne joue pas seulement du death metal, il y aussi d'autres éléments tels que de la mélodie, du trash, et des éléments hardcore. Cependant on peut quand même catégoriser le groupe comme death metal, qui représente la majorité de la musique que nous créons.Rami: le Death metal est une forme de métal extrême qui a ses origines dans le milieu des années 80, une dérive du thrash metal (le thrash est plus lourd que le heavy metal - les groupes Megadeth, Slayer, Metallica en font partie). Donc, le death metal est reconnaissable par le rythme de la batterie qui est extrêmement rapide la plupart du temps,  les mouvements de guitare sont également très rapides et souvent accordés dans des tons bas. Ce qu'il y a de plus unique dans le death metal et ce qui permet d'identifier un groupe death metal est la voix. Il n'y a que la voix qui peut dire si le groupe est réellement heavy metal ou pas ! La voix est d'un ton bas, un peu comme la voix du dessin animé avec " cookie-monster " ! Elle vient des trippes ! Le death metal a débuté aux Etats-Unis et en Europe avec deux scènes différentes. La plus connue d'entre elles est celle des Etats-Unis venant de Floride, avec des groups tels que Death, Deicide, Cannibal Corpse qui ont débuté le death metal là-bas. Ensuite, en Europe, il y a eu la scène death metal de Suède, avec les groupes Dismember, Entombed, Unleashed et bien d'autres.Les 4 membres de Nervecell sont fans de death metal, question de goût! On adore la musique, sa brutalité et des fois son côté mélodique. En fait ce que la majorité des gens ignorent c'est que c'est très technique ! En grandissant nous écoutions énormément de musique death metal, bien sûr aussi d'autres types de métal comme le heavy metal et le  thrash metal, qui toutes deux nous ont également beaucoup influencé à l'époque où nous apprenions à jouer nos instruments respectifs. On joue ce qu'on aime le plus et ce qu'on ressent. Le style de Nervecell est un mixte de death metal et thrash metal. Mes influences personnelles sont Cannibal Corpse, Death, Deicide, Slayer, Sepultura, Pantera, Suffocation et bien d'autres.Tous originaires des EAU, vous sentez-vous en quelque sorte ambassadeur d'une culture émirienne à l'étranger ?James: Je suis originaire du Liban mais j'ai toujours grandi dans le Golfe. Humblement, nous portons avec nous le nom des Emirats Arabes Unis tout en représentant également le Moyen-Orient lorsque nous voyageons et jouons sur des scènes à l'étranger. On apprécie le fait que nous donnons un exemple fort pour les groupes de notre région.Rami: Je suis de nationalité Jordanienne et d'origine Palestinienne. En effet, on sent que nous représentons non seulement Dubaï et les Emirats mais aussi le Moyen-Orient dans son ensemble. Heureusement pour nous, Nervecell est le premier et le seul groupe dans cette région qui réussit à s'imposer sur la scène internationale, en participant à d'énormes festivals en Europe, en ayant la possibilité de tourner dans d'autres endroits du monde tels que l'Australie, le Moyen-Orient… Oui comme vous le dites on se sent comme ambassadeurs pour ce style de musique auprès du monde entier et il est clair que c'est un super sentiment !!Barney: Je suis moitié Indien, moitié Portugais, je ne peux pas dire qu'on représente vraiment la culture musicale des Emirats Arabes Unis, cependant on a sans aucun doute imposé le pays sur la carte du heavy metal et avons participé à faire connaître Dubaï pour sa scène musicale aux personnes étrangères, pas seulement pour le Burj Al Arab et Palm Islands.Depuis l'an dernier, vous n'arrêtez pas de tourner et de participer aux plus grand festivals de métal du monde, comment vivez-vous cette nouvelle vie ? James: cette nouvelle vie a été dessinée comme un rêve, je crois que la raison pour laquelle Nervecell s'est formé est due au simple fait que nous sommes dévoués à 110% à notre musique et à 120% par notre envie de jouer en live. Les performances de Nervecell ont toujours été attractifs et suite à notre rêve et notre travail acharné qui a duré 9 ans, cela a pris forme cet été. Ce n'est que le début, jouer en live est ce que nous aimons le plus et nous continuerons à le faire. Rami: Honnêtement c'est un des meilleurs moments de ma vie. La musique est ma passion et en tant que groupe, nous accomplissons de grandes choses dans notre carrière, cependant nous avons une vie très occupée. Même avant d'avoir un contrat de management avec Center Stage Management (CSM) ou d'avoir signé avec un label (LifeForce Records) nous avons fait beaucoup de choses tout seuls! Pour que le groupe en arrive ici, ça nous a demandé à chacun beaucoup de sacrifices, beaucoup d'effort dans notre musique. Sans négliger le côté business du groupe, où nous avons réussi à construire quelque chose dont nous sommes tous fiers. Être en tournée ce n'est pas toujours facile, notamment sur le plan personnel, en plus ça demande beaucoup de préparation et un gros investissement financier. Nous nous y sommes habitués, c'est comme ça et nous voulons vivre cette vie et être heureux!Barney: ce que nous avons accompli est remarquable dans le contexte actuel : en effet,  Dubaï est une ville  commerciale et que nous jouons du métal… Comme vous le dites, jouer sur des grosses scènes en Europe, être signé par un label européen, avoir un management qui croit en nous fortement etc… c'est tout simplement incroyable !Toutes ces choses là sont arrivées petit à petit, et nous n'arrêtons pas de repousser nos limites! Nous nous apprêtons justement à retourner en Europe pour une autre tournée en septembre/octobre, afin de promouvoir notre dernier album " Preaching Venom " donc c'est vraiment exactement ce que nous voulons faire. On est chanceux de pouvoir vivre notre rêve, nous sommes tellement reconnaissants pour tout ça!Quel est votre public ? Quelle a été votre meilleure expérience scénique à ce jour ?James: pour être honnête, c'est une question dont la réponse reste ouverte, car notre public compte toutes les tranches d'âges, de 12 à plus de 60 ans. En terme de musique, c'est difficile à dire car nous avons des fans de musique de tout genre qui viennent à nos concerts et qui achètent nos albums : death metal heads, thrashers, melodic, etc.Honnêtement il est difficile de dire quel concert nous avons aimé le plus, chaque concert a son petit truc et son ambiance, tous sont géniaux et on est vraiment reconnaissant.Rami: ma meilleure expérience live jusqu'à aujourd'hui, est d'avoir joué à " Wacken Open Air Festival " et " With Full Force Festival " cet été en Allemagne. " Wacken Festival " est tout simplement LE plus gros festival métal dans l'histoire, et " With Full Force " est le deuxième plus gros après Wacken!Nous avons aussi joué sur les scènes de " Rock am Ring Festival " et aussi " Rock im Park Festival " qui sont connus pour être les festivals de rock les plus " commerciaux " regroupant plus de 100,000 personnes en tout! Je n'arrive toujours pas à croire qu'un groupe de death metal comme nous ait réussi à jouer là bas ha! ha!, mais c'est pourtant la réalité! C'était fabuleux et nous nous sommes vraiment amusés. La raison pour laquelle j'ai préféré " Wacken " est que les gens sont devenus dingues, ils ont vraiment adoré notre concert ! Pleins de personnes chantaient nos chansons, ce qui nous a impressionné ! Et bien sûr le son était ÉNORME! À " With Full Force " nous avons partagé l'affiche et la scène avec des gros noms du métal comme Sepultura, Hatebreed, Dimmu Borgir, Down, Carcass et bien d'autres, donc ça aussi c'était énorme pour nous.Barney : je dirais que la majorité de nos fans ont entre 14 et 30 ans. Pour ce qui concerne la meilleure expérience live que j'ai vécu, comme Rami, c'est le " Wacken Festival " sans aucun doute ! C'est le lieu où il faut être si vous êtes un fan de heavy métal et pour nous, aller là-bas et jouer là-bas c'était un énorme pari pour la scène métal du Moyen-Orient !Qu'est-ce que vous a apporté ce succès au quotidien ?James: plus de responsabilités et plus de temps à consacrer au groupe. Ce qui est bien car ça signifie que l'on tourne davantage, on enregistre plus de musique, et on rencontre plus de personnes dans l'industrie de la musique. J'ai toujours voulu voyager dans le monde et il n'y a rien de mieux que le faire avec le groupe en jouant des concerts régulièrement.Rami: ça nous motive au quotidien. Le groupe nous a toujours bien occupé depuis ses débuts, nous nous sommes investis en avançant pas à pas tout seuls, que ce soit pour jouer en live ou enregistrer nos albums. Mais maintenant comme nous avons CSM en tant que manager et que nous avons signé avec un label, nous sommes à un autre niveau ! Ca a demandé à chaque membre du groupe beaucoup de temps et dévouement. Depuis que nous avons obtenu cette tournée, la signature avec le label, nous n'avons jamais été aussi occupé ! On essaie d'équilibrer notre vie quotidienne entre le groupe, nos familles, nos vies sociales, et autres responsabilités. Certains d'entre nous travaillent, d'autres étudient. C'est super de savoir que notre musique est acceptée en masse par le monde du métal et que ça nous occupe.Quels sont vos projets et vos ambitions ?James: mon ambition première est de continuer à jouer, se développer dans ce genre musical, et toujours continuer à montrer un exemple aux régions qui nous entourent en envoyant le message " rien n'est impossible, même le death metal ". Et enfin toujours rester soudé avec mes frères dans ce groupe et atteindre une maturité musicale.Rami: nous avons signé un contrat avec la maison de disque " Lifeforce Records " en août 2009 et c'est un grand accomplissement pour nous, nous recherchons à être signé par un bon label reconnu depuis un bon moment maintenant, afin de pouvoir distribuer notre album " Preaching Venom ", qui sort en Europe le 26 octobre 2009. Nous sommes vraiment impatients ! Il est déjà disponible dans tous les Virgin aux Emirats Arabes Unis.Ensuite nous avons la tournée de septembre/octobre en Europe, ce sont des scènes plus petites que les festivals de cet été, mais qui complètent notre tournée qui a débuté en juin 2009 et se terminera en octobre. Malgré le fait que nous sommes occupés en tournée, nous avons commencé à écrire des nouveaux titres ces derniers mois, rien de fini mais on s'échange des idées. Une fois de retour à Dubaï, nous nous concentrerons d'avantage sur la composition de notre prochain album.Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à de jeunes musiciens souhaitant faire carrière ?James: ce chemin demande beaucoup de patience de quelques années. Croire en soi et que ce que tu fais est la clef du succès. Il faut accepter la critique et travailler sur ses faiblesses. Ne pas abandonner et ne pas se laisser abattre. Soit métal, reste fort et que Dieu vous bénisse qui que vous soyez. Le plus important est de ne pas mettre de côté les cours, les devoirs, les études, sinon vos parents vous feront passer de sales quart d'heure, croyez en mon expérience,.. ha ha ha ha ! Ils voulaient cacher ma guitare et menaçaient de la casser !Rami: continuer à répéter dans le but de perfectionner ses performances musicales et son instrument. Rester original avec sa musique afin de sortir du lot. Si vous êtes un musicien jouant du métal, alors jouez-en avec passion et amour, et les choses se dérouleront d'elles mêmes !Barney: ne pas commencer en cherchant immédiatement le succès, si vous êtes sérieux, dévoué, intègre par rapport à votre musique, le succès finira par vous rattraper. Entrer dans un groupe pour les bonnes raisons et toujours se fixer des objectifs constructifs et atteignables. Jouez n'importe où sert à se construire une bande de fans, en tout cas c'est ce que nous avons fait. Et enfin, pratiquer son instrument au maximum, le maitriser davantage tous les jours, et s'amuser avec la musique que vous écrivez, il n'y a pas de limites dans la créativité !!Merci de nous avoir fait partager votre expérience musicale et prodigués vos conseils avisés. Nous ne manquerons  pas de suivre votre carrière ! Pour ceux qui souhaitent découvrir votre univers musical, le CD est disponible dans les Virgin des Emirats.  
Une inversion dans le mouvement qui a conduit marchands et explorateurs en terre d’Orient, l’art des Pays moyen orientaux a envahi Venise dans l’édition actuelle de sa célèbre biennale d’art contemporain. Péninsule arabe, Egypte, Pakistan, Afghanistan, Syrie (malgré des glissements nationalistes difficilement justifiables par les curateurs italiens), Palestine sont parmi les Pays admis cette année à la Biennale vénitienne, rendez-vous du gotha artistique et désormais étape obligée pour un public croissant de professionnels et amateurs. Les Emirats Arabes Unis ont eu le privilège –sans doute dûment payé– de présenter deux projets: le Pavillon national, qui a été déjà brièvement introduit dans nos colonnes et sur lequel on reviendra donc pas dans le spécifique, mais que l’on considérera en tant que référence et élément de comparaison pour l’autre, la plateforme montée par ADACH, conçue par l’une des curatrices les plus renommées sur échelle internationale, Catherine David. Il faut préciser comme cette deuxième présence vénitienne figure parmi les événements collatéraux, ce qui n’implique pas un jugement de valeur mais plutôt un caractère pas strictement national (il s’agit là effectivement d’une exposition d’artistes de différente origine même si tous actifs ou impliqués dans des projets aux Emirats) et une liberté majeure au niveau de l’approche conceptuelle à la présentation. Il était inévitable que la première question que l’on se pose face à ces deux pavillons (évidemment le terme «Platform» adopté par ADACH est un pseudonyme pour ne pas heurter la sensibilité d’autrui) concerne l’effective nécessité de représenter dans deux théâtres d’une même ville le même spectacle...ou de nous offrir deux tranches d’un même gâteau, ce qui risque toujours de devenir indigeste. Il est légèrement décevant d’assister à une identité de perspective presque substantielle qui imprègne et sous-tend à ces deux expositions. La différence principale résidant en une certaine naïveté témoignée, malgré lui, par le pavillon national de Tirdad Zolghadr, ces deux présentations insistent également sur le démontage des clichés, les lieux communs qui ont «lancé» ce Pays du Golfe et qui commencent depuis quelques temps déjà à être aperçus comme limitatifs. Une certaine indulgence conversationnelle qui se manifeste dans les nombreuses interviews mises à la disposition du public (celles à l’apparence pas structurée avec Abdullah al-Saadi et Ahmed Mater au cœur de la Plateforme ADACH aussi bien que les confrontations hyper-structurées «montées» par Hannah Hurtzig pour le Pavillon national); l’exposition des grands projets urbanistiques respectivement conçus pour les villes de Dubaï et d’Abu Dhabi; les séquences d’images photographiques à l’apparence casuelle, qui explorent la dimension moins connue, si non cachée, de ces destinations du tourisme de riches… sont les aspects les plus évidents d’un programme également adressé même si pas ouvertement partagé. Les photos de Mohammed Kazem, comme le reportage de Waël Noureddine et les très médiatisées images de Lamya Gargash (celle-ci dans le Pavillon national) ont toutes en commun la latéralisation du regard, même si nourrie de perspectives suffisamment différentes pour en faire des artistes résolument caractérisés. La propension à l’immortalisation est d’autant plus présente dans le pavillon national, ce qui est d’ailleurs compréhensible, tandis que la plateforme ADACH nous voudrait participes d’une expérience alternative et, dans ce but, le public est introduit dans un tunnel qui commence par nous éblouir avec le langage de la publicité pour nous amener donc dans un voyage initiatique qui pulvérise la propreté des matériaux précieux le plus souvent exploités dans les pancartes publicitaires, tout en stigmatisant la société de consommation qui en est l’expression. On assiste donc, dans le cas de la plateforme ADACH à une dialectique des perspectives, qui a sa thèse dans l’image publicisée et publique, par conséquent la plus amplement répandue, qui ici accueille les visiteurs; et son antithèse dans le dénouement des «lieux autres», cachés dans un parcours sinueux et ombreux, qui ferait allusion aux aspects les moins connus de cette société glamoureuse et perpétuellement souriante dans les affiches promotionnelles. Pour connaître la synthèse il suffit de monter à l’étage, là où les travaux d’Abdullah al-Saadi, Mohammed Ahmed Ibrahim, Mohammed Kazem et Hassan Sharif trouvent place. Une sélection qui représente la preuve silencieuse et puissante de la cohérence, existentielle et créative, qui a marqué la vie de ces artistes, comme tous, produit de circonstances opposées aux résultats variables et imprévisibles. Une synthèse qui ne résume pas simplement les fondements sociologiques qui l’ont déterminé, mais qui s’approprie de ces mêmes fondements, pour les tordre, les manipuler, les mélanger, les avaler et les rendre transformées, à nouveau humanisées. Dans le jeu de miroirs qui a été créé, avec la transposition littérale d’une des chambres de The Flying House bourrée des «objets» de Hassan Sharif, on frôle la métaphore de l’identité et de la reconnaissance de soi dans son double. Pourvu que l’on connaisse l’original, bien évidemment.ADACH Platform for Visual Arts in Venice
Spazio Thetis,  Arsenale Novissimo 
Capannone 108 Accès: de l’Arsenal par Vaporetto, descendre à la station Bacini (lignes 41, 42, 51, 52) Du 7 Juin au15 Octobre 2009, 10h00 – 18h00 
fermé les mardis UAE National Pavillon 
It’s not you. It’s meArtiglierie, Arsenale Du 7 Juin au 22 Novembre 2009, 10h00 – 18h00 
fermé les lundis  
Habituellement, c’est avec leurs clichés que les grands photojournalistes ont l’habitude de faire la couverture des magazines ! Aujourd’hui c’est leur agence qui fait la une de la presse… En question, les redressements judiciaires et autres fusions-acquisitions dans le secteur. Retour sur ce qui a fait le passé glorieux de la photographie humaniste en général, et de la photographie de presse en particulier. La photographie de presse informe, rend compte d'un événement et fait sens du monde par l'image. A son apogée dans les années 1970-1980, elle est représentée par Henri Cartier-Bresson et Raymond Depardon. Ces photographes humanistes  ont laissé un héritage très fort et ont conditionné toute une façon de voir le monde. Les pères fondateurs de la photographie humanisteTout le monde a en tête les photographies emblématiques de la guerre au Vietnam, du républicain espagnol de Robert Capa fusillé net les bras en croix, en 1936. Sacré par le Picture Post comme « le plus grand photographe de presse du monde » pour son travail en Espagne, Capa deviendra une figure légendaire du reportage photographique. Il fondera par la suite avec Henri Cartier-Bresson, David Seymour et George Rodger, l'agence coopérative Magnum dont il sera le président. Fondée sur une tradition de photographie humaniste engagée, l'agence existe toujours aujourd'hui. Robert Capa mourra en reportage en Indochine, victime de l'explosion d'une mine en 1954. Celui qui disait « Si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez près » est mort de vouloir trop saisir l'instant. Quelques successeursD’autres noms se sont ajoutés à ces photoreporters mythiques. Des gens comme Raymond Depardon, James Nachtwey, Sebastião Salgado ou encore Stanley Greene sont ce que l'on appelle des « photographes engagés ». Exposés régulièrement, ces reporters sont aujourd'hui les dignes représentants de la photographie d'information actuelle. Raymond Depardon, fondateur de l'agence Gamma avec Caron, a notamment fait de superbes photos sur le Chili d'Allende pour lesquelles il a reçu le prix Robert Capa et mène une carrière de cinéaste en parallèle. Ramenés d'Afghanistan, de Bosnie, de Tchétchénie, du Rwanda, de Roumanie, du Kosovo, de Somalie, du Sud Soudan, de New York ou de Palestine, les photos de James Nachtwey jouent toutes d'une esthétique visuelle dramatisante. La démarche de Nachtwey est de témoigner de la douleur qu'il rencontre dans les pays en guerre et de la montrer afin que chacun en prenne conscience et ne soit pas indifférent aux souffrances que certains peuvent vivre. Les images de Salgado sont à part. Souvent critiqué pour le soin et l'esthétisme qu'il met pour photographier la misère humaine, il se distingue par ce désir de faire de « belles » photos. Autant dans leur contenu esthétique et informationnel que sémiologique. Stanley Greene, quant à lui, a photographié pendant 10 ans la guerre en Tchétchénie. Ces photos sont réunies dans le livre intitulé « Plaie à vif ». Toutes ces photographies sont le résultat d'un long travail sur l'image et du désir intense des photographes de témoigner et de rapporter ce qu'ils ont vu. Une éthique de l'engagementD'autres photographes, moins connus aujourd'hui, apparaissent sur la scène de l'information. Lizzie Sadin, Philip Blenkinsop, Eric Dexheimer, Jane Evelyn Atwood et Guillaume Herbaut entre autres, en font partie. A travers le regard de ces photographes, nous sont présentés des événements tragiques comme la violence qui est faite aux Hmongs, au Laos, qui depuis plus de 25 ans, abandonnés de tous, vivent cachés dans des conditions d'extrême pauvreté dans les forêts laotiennes. La condition des femmes (en prison et les violences conjugales), les banlieues, la guerre en Irak, les réfugiés climatiques, la Palestine, le Rwanda, ou Tchernobyl sont aussi largement traités par la photo d'actualité.Tous ces photographes travaillent dans des conditions économiques extrêmement difficiles mais n'en demeurent pas moins les témoins de l'Histoire et proposent avec leurs images les derniers tableaux. « Photographie et engagement, un pari nécessaire et utile pour parler du monde et l'aimer », disait Depardon.Aujourd’hui se pose la question de l’avenir du métier de photojournaliste avec la mondialisation des moyens de communication et leur concentration au sein de quelques grands groupes internationaux. L'âge d'or du photojournalisme se terminerait et pourtant, celui-ci n'a jamais été tant courtisé par le grand public, les médias, les festivals et les milieux culturels. Depuis plus de dix ans, les nouvelles technologies et l'apparition du numérique ont redéfini les pratiques de la profession. De profonds changements se sont opérés dans les domaines de la production, de la diffusion et de la consommation de la photographie d'information. Le photojournalisme est à la croisée des chemins, néanmoins, de jeunes agences telles que l'Agence VII, MYOP, L'Oeil Public ou Tendance floue continuent à l'inscrire dans l'histoire en lui faisant don d'un nouveau chapitre.Pour prolonger la découverteWar Photographer Réalisateur : Christian Frei Sortie en DVD : 2003 Un film sur le photographe américain James Nachtwey, sur ses motivations, ses peurs et son quotidien de grand reporter. Christian Frei, auteur, réalisateur et producteur suisse, part sur les traces du grand reporter dans les régions chaudes d'Indonésie, du Kosovo, de Palestine… Christian Frei utilise des micros caméras spéciales fixées sur l'appareil de James Nachtwey. Nous accompagnons un photographe célèbre dans sa quête de « l’instant de vérité ». Nous entendons sa respiration. Le spectateur devient le témoin immédiat de la recherche d'une image de guerre.http://www.war-photographer.com/La beauté à outrance : réflexions sur l’abus esthétiqueAuteur : Jean Galard Editeur : Actes Sud Parution : 02/11/2004 Parmi les images de violence, de ruine et de mort dont le photojournalisme est l'inlassable pourvoyeur, certaines sont belles. Quelques-unes semblent trop belles : on leur reproche d'utiliser la misère du monde au bénéfice de l'art, de tirer parti de la souffrance, de miser sur l'effet esthétique du malheur et sur la beauté du désastre. Les reporters, de leur côté, se disculpent en assurant qu'ils n'ont pas cherché à faire de l'art, qu'ils ont simplement voulu témoigner de ce qu'ils ont vu. Dans cette justification, comme dans cette critique, il se peut que les uns et les autres n'aient pas de l'art une idée très juste. Cet essai ravive des questions esthétiques qu'on pourrait croire éteintes, l'abstraction les ayant exténuées. Il les aborde en se référant à des aspects paradoxaux de l'art contemporain aussi bien qu'à des œuvres anciennes, au théâtre autant qu'au cinéma documentaire. Il choisit d'affronter des cas aigus, notamment celui de certaines photographies troublantes et controversées, qu'on trouve dérangeantes parce que leur beauté, sans doute, paraît elle-même déplacée.Arnaud HUMBERTPhotographeEmail : emailProtector.addCloakedMailto("ep_81c87030", 1);Website : http://www.arnaudhumbert.com  
Funeste été 2009. Deux des plus grandes figures des arts du spectacle tirent leur révérence. Le 30 juin dernier, Pina Bausch est partie brusquement à l’âge de 68 ans, tandis que Merce Cunnigham décédait le 27 juillet, alors qu’il venait de célébrer ses 90 ans. Tous deux ont été à l'origine d'une immense révolution, non seulement dans le milieu de la danse, mais aussi dans le monde du théâtre. À travers son regard tendre, la chorégraphe allemande de Wuppertal dépeignait l'être humain toujours vulnérable et torturé, en perpétuelle quête d'amour. Le chorégraphe new-yorkais, père de la danse postmoderne, a contribué au renouvellement de la pensée de la danse dans le monde. Il a définitivement changé notre regard sur le mouvement, l'espace et l'art. Pina Bausch, figure de proue de la danse allemande, n'hésitait pas à réduire le mouvement à sa plus simple expression pour mieux « inventer un langage pour ce qui ne pourrait pas être exprimé d'une autre manière ». La chorégraphe travaillait non pas sur des pas bien définis, mais par rapport à l’anatomie du corps de chacun et aux possibilités qui lui sont données. Elle interrogeait ses danseurs pendant tout le processus de création et creusait la vie de chacun pour les faire danser. Ses thèmes de prédilection étaient des dénonciations en bonne et due forme sur les codes de la séduction, la solitude dans le couple et la relation hommes-femmes. C'était finalement une vision très pessimiste qui s'exprimait par de petits gestes anodins répétés sans cesse jusqu'à devenir insupportables ou par l'accumulation de danseurs sur scène. Ses spectacles mêlaient la parole et le jeu d'acteur à la danse, c'est pourquoi Pina Baush a été très appréciée les gens de théâtre, peut-être avant ceux de la danse. On a parlé d'opéra, de ballet, puis de Tanztheater (danse-théâtre) vers 1975 pour qualifier son travail, qui deviendra sa marque de fabrique. Une autre marque de son style était la fluidité qu'elle développait sur le haut du corps, induisant de grands mouvements de bras et une souplesse du buste. Dans Café Müller, elle a travaillé sur son passé de jeune fille dans le café de ses parents en Allemagne. Elle reste imperturbable par rapport à ce qui se passe autour d'elle. Cette pièce est devenue célèbre grâce entre autres à un extrait dans le film de Pedro Almodovar « Parle avec elle » en 2001.   http://www.youtube.com Si Pina Bausch était la représentante de la danse allemande expressionniste, Merce Cunningham était sans conteste le géant de la « post modern dance » américaine.C’est avec Merce Cunnigham, un adepte de la danse « pure », qu’ont commencé à se poser les problèmes de la danse moderne. Rejetant la narration, faisant de ses chorégraphies des performances à la lisière des arts plastiques et utilisant l'improvisation pour mieux faire vivre le plateau, sa danse était une écriture dans l'espace, une musique visuelle dont chaque corps s'empare. Sa collaboration unique avec le compositeur avant-gardiste John Cage bouleversa les codes de la scène. Outre ses spectacles plus écrits, il aimait à présenter des « Event », sorte de performance unique improvisée et largement inspirée par le lieu, le moment et l'atmosphère dans laquelle elle était créée. Pourquoi cette utilisation du hasard dans ces œuvres ? C’était un moyen de se surprendre soi-même, d’aller au-delà de son propre ego, de sortir de ses habitudes. En 1948, il expérimentait des mouvements inconnus avec Untitled Solo. C'était une danse assez verticale plus de l'ordre de la figure que de l’énergie. L'intérêt créatif résidait dans le chemin qui menait d'une figure à l'autre. Véritable danse de l'intelligence demandant une grande disponibilité mentale, celle-ci permettait en outre au spectateur de voir ou d’entendre ce qu'il voulait. Enfin, Merce Cunningham a été l’un des premiers chorégraphes à s’approprier l’usage de la caméra pour filmer la danse, non comme un témoin de travail, mais comme un objet visuel en soi.http://www.youtube.com/watch?v=11Ev9uKlKNM&feature=related
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