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Rencontre avec Jérôme Ferrari

Écrit par  Laetitia Araujo 11 FEV 2013



Après le Goncourt et entre deux cours, Jérôme Ferrari répond à quelques questions. Portrait !


Il aime :
-    La littérature
-    Le cinéma
-    Le voyage   

Il n’aime pas :
-    La compétition
-    La pub
-    La chaleur excessive


Racontez-nous votre parcours, pourquoi Abu Dhabi ? Pourquoi aujourd’hui ?

C’est mon deuxième poste à l’étranger. J’ai surtout enseigné en Corse, sauf de 2003 à 2007 où j’ai travaillé à Alger. J’avais envie de bouger et de préférence dans un pays du Monde Arabe qui m’était inconnu. C’est chose faite depuis septembre 2012.

Nous nous sommes rencontrés alors que vous étiez dans la première sélection du Goncourt ; aujourd’hui les choses ont changé, non ?
Et bien, le prix a eu essentiellement des conséquences concrètes sur mon quotidien, sur mon agenda surtout ! J’ai quelques obligations et un rythme à tenir. Sinon, c’est sûr que ça m’a ouvert, et ça continue de m’ouvrir, de nouvelles perspectives, de nouvelles possibilités. Pour l’instant, mon désir c’est de continuer comme avant.

Vous enchaînez les dédicaces et événements depuis quelque temps maintenant…

C’est vrai que je bouge pas mal. En France, où je suis rentré pendant la Toussaint et plus tard, après le Goncourt, en décembre seulement. J’y retourne normalement en février.
J’ai aussi fait le tour des Emirats et de la région : Abu Dhabi et Dubai bien sûr, Doha, Koweït, Riyad… et d’autres déplacements sont déjà prévus prochainement.
Je suis surpris maintenant par le monde qui se déplace à chaque fois ; ce n’est plus possible de bouquiner comme je le faisais avant à ces occasions.

… Et y a-t-il une rencontre qui vous a particulièrement marqué ?

Oui, je me souviens d’une rencontre-dédicace autour du Sermon, à la Fnac rue de Rennes (Paris), c’était en décembre dernier. Un lecteur m’a pris pour Patrick Deville : il avait apporté Peste et Choléra pour que je lui signe, persuadé que c’était moi. Quand je lui ai expliqué la méprise et qu’il a enfin saisi, il était vraiment deçu et m’a dit : ‘C’est dommage, j’aurais tellement voulu vous rencontrer’ !

Votre dernier roman a été consacré, vous allez certainement bientôt commencer le prochain, comment abordez-vous cet état, ce passage, surtout après le Goncourt ?

Oui oui bien sûr, j’y réfléchis.
Je vais faire comme d’habitude entre deux romans et suivre mon schéma intérieur habituel : la réflexion d’abord et quelques lectures, puis viendra l’écriture… l’idée reste d’apporter quelque chose de nouveau.

Vous êtes aussi et surtout prof de philo. J’ai pu lire que ça a été d’ailleurs une révélation… c’était comment les cours de philo pour Jérôme Ferrari adolescent ? Et aujourd’hui pour Jérôme Ferrari prof ?

C’était dans les années 1980, j’en garde de très bons souvenirs, une belle ambiance de confiance dans la classe. A cette époque post-68 la hiérarchie entre ce qui était important ou pas était posée, la discipline était relâchée mais formelle : on tutoyait les profs, sans pour autant leur mettre des tapes dans le dos (rires) !
Ma prof y était vraiment pour beaucoup, elle a joué un rôle important. J’essaie à mon tour de reproduire un peu mon expérience, malgré les évolutions sociologiques.

Le Sermon sur la chute de Rome s’articule autour de l’idée de ‘monde’, environnant ou intérieur, vécu ou imaginé, qui dans tous les cas naît, évolue et finit. Quittons donc, l’espace de deux questions, ‘notre’ monde :
Si la fin du monde arrivait et que vous aviez pour mission de sauver UN livre pour le monde suivant, ce serait ?

Le Monde comme Volonté et comme Représentation (A. Schopenhauer).

Pourquoi ?

Pour dire au monde d’après qu’il est en fait sensiblement identique au monde d’avant (rires) !

Si vous aviez la possibilité de passer dans ‘l’autre monde’ rencontrer un écrivain ou philosophe disparu, ce serait ?... ça se passerait dans un bar bien sûr !

… Si ça pouvait être vrai !... C’est l’idée que je me fais du paradis en plus ! C’est difficile, la liste est longue. Allez, ce serait Hérodote, pour lui poser quelques questions.

Et vos résolutions pour 2013 ?
Survivre.

Vos lectures du moment ?

Jean Echenoz, Werner Heisenberg… et un livre pour m’aider à arrêter de fumer.

Je finis avec ma question habituelle : pour vous Abu Dhabi, c'est...?
… c’est un endroit plus compliqué et surtout plus intéressant qu’il n’en a l’air !

Un grand merci à Jérôme Ferrari pour sa disponibilité et sa gentillesse !

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Si vous souhaitez lire Le Sermon sur la chute de Rome, ou encore Où j'ai laissé mon âme, de J.Ferrari, ces romans sont disponibles à l’emprunt et en vente à l’Alliance Française d’Abu Dhabi (Choithram Building, corner 26th/7th, plus d’infos sur http://www.af-aboudabi.net) et à Dubai chez Culture Co. (http://www.culturecodubai.net/)

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’actualité de Jérôme Ferrari, consultez le site http://actes-sud.fr.

Dernière modification le samedi, 28 novembre 2015 12:11