De la fraise au polo, il n’y a qu’un pas… de cheval…

Écrit par  Valerie Amy 05 DEC 2012



David Rozé, dentiste le jour, sur les cours le reste du temps, rencontre avec ce Frenchy du polo !

Quand est née votre passion du cheval ?

Tout petit déjà nous avions des chevaux et poneys en Bretagne, toute la famille montait à la campagne.

De 3 ans à 8 ans, mes loisirs consistaient à monter mon poney Black. J’étais assez casse-cou, je n’avais pas peur et j’ai appris avec mes parents de façon instinctive, sans aller dans un club pour prendre des leçons. Nous avons malheureusement vendu les chevaux et je ne suis pas remonté avant mes 20 ans.
A ce moment, je rencontre ma future femme Agnès qui comme moi aime les chevaux sans être passée par la case club /enseignement et nous montons en balade dès que nous en avons l’opportunité, en vacances surtout.

Mon beau-père est aussi fan d’équitation et c’est vraiment une passion familiale que nous partageons.  J’ai un très beau souvenir de balade en Pologne avec mon beau-père (d'origine polonaise) où nous sommes dans 30 cm de neige, perdus au milieu de la forêt, presque seuls au monde et nous allons croiser des troupeaux de bisons… C’est un moment magique où l'on est soi-même et, proche de l'animal, où l'on ressent sa respiration, ses mouvements infimes… où l'animal souffle, respire, vie : on retient le sien de souffle !

J’ai toujours gardé cette relation affective avec les chevaux : j'aime les monter mais j'aime aussi cette complicité tactile avec l’animal, à qui on parle, qu’on brosse.
Je trouve que c’est un animal noble, beau, élégant. Je partage les grandes valeurs de l’équitation, le respect de l’animal, l'idée de faire passer son bien avant le nôtre, la rigueur que l’on doit avoir quand on est en contact avec les chevaux car les accidents arrivent vite si l'on n'est pas attentif aux détails et à la sécurité.

Comment en êtes-vous venu à pratiquer le polo ?
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En 2003, ma femme Agnès, enceinte de 7 mois, nos deux enfants et moi arrivons à Dubaï pour une nouvelle aventure.
Nous rentrons dans un grand cabinet dentaire. Elle, spécialisée en pédiatrie, et moi qui viens de terminer mon internat, mon DEA et mon D.U. (Diplôme Universitaire) en implantologie.

Très vite, comme pour beaucoup de personnes à Dubai, nous ressentons le besoin de grands espaces verts et je cherche à pratiquer l’équitation. Je vais faire régulièrement des promenades dans le désert mais il manque une dimension « verte » et surtout la ville s’étend et restreint de plus en plus les possibilités de belles balades pas trop loin de Dubai…

Enfin il me manque le challenge, le défi.  Je fais un peu de tennis mais cela ne me convient pas totalement.
Début 2008, je prends un cours de polo à l’Académie de polo d’Arabian Ranches et là tout de suite je suis emballé.

J’aimais le polo, mes cousins en ont monté un club en Bretagne, j’aime regarder les matchs mais pensais cela inaccessible : un sport d’élite qui demanderait des moyens financiers considérables et dont l’apprentissage est long et qu’il faut avoir commencé jeune !
J’avais vu  jouer un Français, Cyril Mothe, quelques temps auparavant, et lui avais parlé. Cela m’avait vraiment donné envie de pratiquer ce sport. Il m’a rassuré quant aux coûts et surtout, ici, la saison est très longue et il y a beaucoup de chevaux à des prix accessibles.

Premiers souvenirs de polo ?

Ma progression est laborieuse au début. Il faut tout désapprendre et réapprendre et, même si je n’avais jamais appris dans les règles, et que Steve (l’instructeur de polo) au début me traitait de cow boy, il faut énormément travailler les gestes et le positionnement, et tout est très technique. Mais dès que les bases sont acquises, on peut participer aux premiers matchs  ce qu’on appelle ici des « instructionnals » , et là c’est encore plus fort : j’y trouve mon goût pour la compétition, la performance, le sport d’équipe, l’excellence même. Et tout cela dans un seul sport. Je m’y mets à fond. Je sentais que j’étais assez doué grâce à mes années d’enfance à cru sur mon poney, je n’ai pas peur de tomber, j’ai une bonne assiette et je m’amuse beaucoup, je joue à proprement parler.

Le polo ne va plus vous quitter même pendant vos voyages ?

Je suis allé à Ispahan où on joue au dès le 9ème siècle.
La Place Naghsh-e Jahan à Ispahan est en fait un terrain de polo qui a été construit par le roi Abbas I au XVIIe siècle (le polo serait né en 2500 av. JC en Mésopotamie).
Je me rends aussi en Argentine. Un voyage aux sources du polo moderne puisque ce sport y est introduit 25 ans après sa découverte par les Anglais en Inde (pratiqués par les Maharadjas), six années après le premier match en Angleterre. L’Argentine va complètement s’approprier ce sport grâce à ses grands espaces, ses cavaliers (les gauchos), et surtout les petits chevaux argentins qui vont s’avérer être des montures parfaites pour ce sport. Ce voyage au sein de l’Académie de Polo va ancrer encore plus la passion en moi.
Je passe littéralement mon temps à cheval, pour les sessions d’entraînement mais aussi pour le travail du ranch. Je participe à toutes les « corvées » de rassemblement de bétails, me délecte des grandes balades dans la pampa, même si mon postérieur se rappelle à moi…
Je progresse énormément par imprégnation si on peut dire et aussi à Dubai grâce à un groom argentin qui me fait travailler à cru tous les matins de 5h à 6h…  en échange d'une nouvelle dentition.

L’étape suivante, l’achat de chevaux ?
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Oui, sachant qu’à Dubai on peut vraiment pratiquer sans avoir ses propres chevaux grâce à l’académie qui fournit tout le matériel. Pour 750dhs vous pouvez vous faire une idée de ce sport et vous y essayer avec Steve, lui aussi à cheval. Sensations et souvenirs garantis pendant 1h30, même pour des débutants.

En 2010, je saute le pas et achète mon premier cheval.  Sur les conseils de Steve, je choisis Corentino qui est grand pour un cheval de polo mais il est rapide, véloce, gentil, super costaud : jamais de boiteries et il est en plus très beau . Au club tout le monde connaît Corentino. C’est un cheval d’exception et tout le monde veut l’acheter. Au début je n’ai que deux chevaux : Tatu (acheté au club de désert Palm : ce cheval est plus trapu et encore plus gentil, je l’achète pour que mes enfants puissent aussi le monter) et Corentino.

Je double mes chukkas (périodes pendant le match) avec mes chevaux pendant un an et demi.

Début 2012, Cyril Mothe propose de me céder deux de ses chevaux dont Leila, qui est une jument excellente. Elle a une belle robe noire soyeuse, est racée. Elle est même trop forte pour moi,  donc les premiers temps sont difficiles. Il faut s’apprivoiser, il faut que le couple se forme…La deuxième jument s’appelle Camilla, une jument douce et assez sûre mais puissante. Au cours d'un match, c’est d’ailleurs avec elle que j’ai fait une assez lourde chute  ¬ une « séparation de corps » en langage d'équitation. Les sept autres chevaux du match me sont littéralement passés dessus... On se remet en question mais très vite, la passion reprend le dessus.

Une passion quelque peu entre parenthèse cependant avec l’ouverture de votre propre clinique ?

Oui. La clinique devrait ouvrir ces jours prochains et c’est un nouveau défi d’équipe car je ne suis pas tout seul : je m'occupe de la partie implantologie ; et suis associé à deux autres experts les Drs Eva et  Catarina (spécialisées dans la dentisterie cosmétique). Je suis tout aussi passionné par mon métier. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai fait de la recherche après mon diplôme. C’est cette passion qui prend le dessus en ce moment : toujours avide de nouvelles techniques, de l'envie d’améliorer les soins aux patients et de réduire au maximum les traumatismes. Dans notre clinique nous avons investi dans du matériel très « high tech » pour des procédures moins invasives, nous traitons à l’ozonothérapie et souhaitons apporter un confort de traitement jamais proposé à Dubai.

Y a-t-il des liens entre ces deux passions ?

Il faut un certain courage pour jouer au polo au même titre que pour monter sa clinique ou sa propre affaire à Dubai.
Dans les deux passions, l’équipe est au cœur du dispositif. Mais quand on sait ce à quoi on veut arriver et quand on a la passion d'atteindre cet objectif, cela se passe sans problème. Le polo est un sport qui exige concentration et énergie, il faut être habile à manier le maillet, il faut être à l’aise sur le cheval, et mettre en place une complicité avec lui. Le polo a énormément de règles très compliquées, notamment pour éviter les accidents (comme le rugby NDA).
Aujourd’hui,  je suis classé handicap -1 et il a fallu beaucoup de travail pour arriver à cela.

De la même façon,  pour être dentiste, pratiquer ce métier en expert et lancer une clinique, il faut avoir à cœur la satisfaction du patient, ce qui demande discipline, rigueur et minutie. Comme dans le polo, je dois obtenir la confiance de mon patient et de mes collègues pour avoir de bons résultats. On doit toujours chercher à s’améliorer, à augmenter ses performances, à aller de l’avant. Chaque docteur, dans son propre domaine d’expertise, doit faire en sorte que le patient, quand il vient au cabinet, fasse à proprement parler l'expérience du soulagement apporté par le traitement. Par exemple, les cinq sens seront pris en compte pendant le traitement pour améliorer le bien-être du patient (nous mettons à disposition musiques et vidéos par exemple), et ainsi diminuer son stress au maximum et viser un confort avec une communication optimale.

C’est plus facile à Dubai ?

A nous trois, nous réunissons 20 années d’expérience à Dubai. Nous sommes très bien référencés par les autres dentistes de Dubai, d'Abu Dhabi et même du Qatar qui nous envoient leurs patients pour nos soins spécialisés. La confiance entre professionnels et avec nos patients est très forte, notamment parce que l'on s'appuie sur des outils et des techniques de pointe, ce qui nous permet de donner des soins d'exception. Notre objectif est d’être disponibles pour nos patients, et dignes de confiance dans notre domaine d’expertise. Telle une équipe de polo, nous visons la 'CUP' ! Celle que nos patients, par leur fidélité, nous décerneront…

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« Mes adresses :

The Cobler au DIFC : l’expert en chaussure homme qui vend mais aussi répare, recoud, entretient  vos chaussures anglaises.

La Martina : La Marque liée au polo qui monte, qui monte… Disponible au MOE et au Dubai Mall

Ma musique : La musique classique (je joue du violon depuis mon plus jeune âge) et le site du Dubai Classical Music pour être toujours au courant des concerts classiques sur Dubai et les Émirats ¬  un Forum tenu par un Belge passionné et passionnant.

Pour se régaler, le Classique à Emirats Golf Club ou la Petite Maison (DIFC).

Une de mes plus grandes émotions : voir ma Femme courir le Dubai Marathon et avec enfants et amis, la suivre sur tout le parcours et l’encourager.

Une belle soirée, c’est celle que l’on partage avec ses amis, en famille, par exemple lors d'un simple pique-nique à la plage, à la tombée de la nuit avec un beau coucher de soleil comme décor... »


Pour découvrir le polo à Dubai :

Dubai Polo Academy  à Arabian Ranches  
Pour toutes informations Lizzy : 050 8879847 (francophone)
www.dubaipoloacademy.com

Lien YouTube: Essential Guide to Polo

Dr David Rozé et Associates
Jumeirah Beach Road
Um suqueim2, Dubai
Face à Dubai London Clinic Hospital
M : 050 575 0511
Tel : 043881313
Fax : 04 328 13 23
www.dradubai.ae
https://www.facebook.com/DrRozeDentalClinic


Dernière modification le samedi, 28 novembre 2015 12:11
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