L’anorexie mentale : proches de malades, un lieu d’entraide à Dubai.

Écrit par  Marianne Tafani 05 JUIN 2018
L’anorexie mentale a connu un regain d’intérêt dans l’hexagone lorsque l’Assemblée Nationale a créé, en 2015, un « délit d’incitation à la maigreur excessive », ciblant principalement les sites « pro-ana », sites internet encourageant l’anorexie.
Cette maladie reste pourtant mal connue et parfois stigmatisée, rendant la prise en charge difficile pour les malades, et laissant l’entourage isolé et impuissant. A Dubai, les initiatives concernant la santé mentale, telles que The LightHouse Arabia, restent peu nombreuses, et aucune ne traitait jusqu’à présent d’anorexie mentale. 
 
C’est pour remédier à cet écueil et permettre aux proches d’être soutenus que Katja Geiser, installée depuis trois ans à Dubai et dont la soeur combat la maladie depuis plus de 20 ans, a souhaité créer un groupe d’entraide. Nous souhaitions vous faire découvrir sa démarche. 
 
La démarche 
 
Katja et sa famille constatent assez tôt que sa jeune soeur maigrit fortement. Ils imputent initialement sa perte de poids à une pratique sportive importante. « La maladie est sournoise », nous confie ainsi Katja. Ce n’est qu’au fil des années que le trouble s’insinue dans chacun des moments passés en famille, laissant Katja et ses parents désemparés. « Il m’a fallu du temps pour réaliser que le trouble de ma soeur était une vraie maladie. Et si je sais que son parcours est semé d’embûches et sa souffrance réelle, je sais aussi que le sentiment d’impuissance que nous, les proches, ressentons, génère aussi un besoin de soutien » explique t-elle.
 
Peu après son arrivée à Dubai, Katja prend la mesure de l’impact que la maladie a eu sur sa propre vie et cherche un groupe au sein duquel s’exprimer. Apprenant qu’il n’en existe pas aux Emirats, elle décide de se mettre en quête d’un centre partenaire et de créer le premier groupe d’entraide dédié aux proches de personnes souffrant d’anorexie mentale.
 
« Etre compris avant tout »
 
L’objectif du groupe d’entraide, c’est avant tout de proposer un temps et un lieu d’échanges pour que les familles sortent de l’incompréhension et des remarques banales ou blessantes : « Vous n’avez qu’à la/le forcer à manger », « Vous n’avez qu’à la/le faire hospitaliser ». Entourés de famille vivant le même combat, les proches n’ont plus besoin de s’expliquer. Ils trouvent une oreille attentive tout en évoquant des sujets importants :
 
- Comment différencier la maigreur d’une l’anorexie mentale,
- Pourquoi « ne pas attendre » pour tenter d’aider la personne malade, 
- Comment formuler le terme d’ « anorexique » peut être libérateur dans le parcours des proches,
- Combien il est nécessaire de trouver le juste équilibre entre continuer à partager avec la personne souffrant du trouble et se préserver ; quels outils utiliser en ce sens.
 
Un lieu propice à l’accompagnement
 
Les rencontres se déroulent au German Neuroscience Centre, un centre spécialisé en psychologie, psychiatrie et neurologie qui met une salle à disposition, de façon à garantir la confidentialité des échanges. La présence de psychologues et psychiatres dans le centre permet néanmoins aussi de s’informer, le cas échéant, sur les options de traitement ou d’accompagnement. 
 
Les prochaines rencontres 
 
Celles-ci auront lieu de 19h à 20h au German Neuroscience Center les :
- 18 juin
- 10 septembre
- 8 octobre
- 5 novembre 
- 3 décembre
 
Parce qu’elle a conscience qu’il n’est pas toujours aisé de s’exprimer en petit groupe sur un sujet aussi intime, Katja Geiser propose à toute personne qui souhaiterait rejoindre le groupe mais ne se sent pas encore prête de prendre contact avec elle, directement, par le bias de son adresse e-mail :

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Dernière modification le mardi, 05 juin 2018 04:07
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