Portfolio Gallery propose une exposition au titre mystérieux « Abstraction du réel » pour débuter l’année 2010. Après des expositions très engagées et figuratives, Arnaud Humbert, jeune photographe français de 36 ans, nous propose une exposition haute en couleurs autour du thème de la nature. Rencontre avec un photographe de l’extrême…

 

Quel est votre parcours ?
J’ai une formation scientifique, technique et commerciale. J’ai un MBA en environnement industriel et pétrolier international. J’ai effectué mes premiers pas de professionnel lors de voyages professionnels et touristiques. En effet, j’ai trouvé des sujets intéressants qui ont affirmé mon goût pour la photo. Je fais de la photo depuis 15 ans et j’ai une identité, un œil. Mon style part de ce qui se révèle à moi.
Pour des raisons personnelles, c’est à Dubai que j’ai pris la décision d’initier une activité professionnelle, de faire de la vente de tirages en ligne, de rédiger des articles, de réaliser un livre et de mettre en place un événement réunissant la photo, la musique et l’illusion. Mais mon but ultime reste les expositions. J’aime être confronté à la critique. Je veux que la photo procure une émotion.


Pourquoi une exposition sur le thème de l’abstraction du réel ? Quel est le point de départ ?
Ce n’est pas une photo du figuratif, c’est une réalité prise en photo. J’aime créer la suggestion d’une atmosphère et d’un état d’esprit. Ce projet de photos a été monté en lien avec Emmanuel Catteau le directeur de la galerie. A travers cette exposition, je voulais traduire la façon que j’ai d’appréhender la photo, transfigurer des clichés de paysage. La dimension picturale sert à suggérer une émotion. Le format carré a été privilégié, ainsi  ce sont des fenêtres ouvertes sur le monde de l’abstrait.

La problématique « green » a été soulevée car elle est liée à l’urbain.  L’exposition monter la nature du monde entier sous une forme artistique. Les paysages sont dans des environnements assez extrêmes.


Selon vous, quel est le maître de l’abstraction en photographie ?

Mes sources d’inspiration cinématographiques sont David Lynch et Gus Van San. En peinture, Miro et Kandinsky. En photo, les maîtres de la suggestion sont Kenna Michael, Raymond Depardon et Edward Burtynsky - cela rejoint l’exposition que je devais faire initialement, esthétiquement et picturalement…


Quels sont vos thèmes de prédilection en terme de matière photographique ?

Une philosophie de l’instinct et de l’envie. A ce jour, j’ai effectué plus de projets personnels que « corporate »…
D’une part, j’aime l’humain dans ce qu’il a de plus fort, d’extrême et d’exacerbé. Ainsi, apparaît une force mentale, spirituelle… Par exemple, le milieu pétrolier en Afrique de l’Ouest, l’équipage de la Jeanne d’Arc.
D’autre part, j’aime le côte « fine arts » plus personnel, à savoir l’émotion pure. Dessiner la lumière et la couleur, faire une photo décalée entre le figuratif et l’abstractif. Ce sont par exemple, les endroits urbains, les cités, les réseaux de transport… Le vide m’inspire.

Je peux définir deux axes :
-    la photo couleur qui permet la suggestion, la conceptualisation et la vision abstraite
-    la photo noir et blanc qui expose une réalité humaine, un reportage

J’ai du mal à faire un reportage en couleurs car c’est un support brut. Mon engagement personnel me pousse à être dans les mêmes conditions extrêmes que les personnes que je photographie.

Pour moi, il serait inconcevable de prendre pour sujet les amoureux de Doisneau par exemple, c’est trop cliché, trop parfait…


Vos projets

Augmenter ma visibilité donc des projets d’exposition. Etablir des contacts au Moyen-Orient.
Je travaille sur un projet de livre en noir et blanc sur des reportages humains (2nd semestre 2010), un site web ayant une activité commerciale à savoir la vente de tirages en série limitée, un portfolio et une e-boutique, enfin travailler sur le « corporate » pour développer une photo commerciale.


Merci à Arnaud Humbert pour sa gentillesse et sa passion.


Vernissage lundi 7 jan janvier de 19h à 22h à Portfolio Gallery, Al Quoz – Al Serkal Avenue
Dates : 7 au 31 janvier 2010


Tel : 04 323 2395
Email :

En trente ans de carrière, Annie Leibovitz s’est fait maître dans l’art de photographier les célébrités. John Lennon, Demi Moore, Brad Pitt, Barack Obama… Elle a réalisé les plus beaux portraits des célébrités de notre époque.

De son vrai prénom Anna-Lou, Annie Leibovitz est née le 2 octobre 1948 dans le Connecticut aux Etats-Unis. Elle est spécialisée dans les portraits de célébrités. Son style est caractérisé par la mise en valeur du glamour de ses modèles (qui sont généralement des vedettes du cinéma, de la musique ou de la politique) et leur ostensible esthétisation.

Elle se fait un nom dans le milieu très masculin des photographes de célébrités dans les années 70, en travaillant pour le magazine Rolling Stone. A ses débuts, Annie Leibovitz ne connaît rien à la photographie. Mais, travailleuse et ambitieuse, elle se révèle très talentueuse. Elle devient même la photographe officielle du magazine et en fait 142 couvertures. Le 8 décembre 1980, elle immortalise le chanteur John Lennon le matin de sa mort. Sa couverture du Beatles nu, embrassant Yoko Ono habillée, fait le tour du monde.



Vanity Fair, Vogue,… Les plus grands magazines sollicitent Annie Leibovitz pour réaliser des portraits de stars. Depuis le début de sa carrière il y a trente ans, Annie Leibovitz photographie les plus grandes stars de la chanson, du cinéma, du sport et même du monde des affaires. Jim Carrey, Silverster Stallonne, Nicole Kidman… La plupart des célébrités de la fin du XXème siècle et du début du XXIème siècle sont passées devant l’objectif de la photographe. On se rappelle notamment de sa photographie impudique de Demi Moore, enceinte et nue, de Whoopie Goldberg se prélassant dans un bain de lait, des play-boys Mick Jagger et Brad Pitt assis sur des draps blancs et rouges, ou de Nicole Kidman ressemblant à une sirène pailletée. 



Son œil affuté capte même les hommes politiques. Photographie de Bill Clinton la fesse posée sur son bureau de la Maison Blanche, cliché de Barack Obama, de Colin Powell en uniforme, et même photographie de la Reine d’Angleterre… Annie Leibovitz sait approcher et immortaliser les plus grands.


Photographies d'artistes ou de politiciens, Annie Leibovitz aime à transformer ses sujets. Elle n'hésite pas à les faire poser dans des milieux ou poses inattendues ou insolites.



Il faut dire qu'en plus d'être l'une des rares femmes à s'être imposée dans le monde de la photographie, Annie Leibovitz est considérée comme l'une des meilleurs photographes au monde. Plus qu'une simple photographe, elle est une conteuse d'histoire. Feu, eau, animaux... Ses séances photos sont majestueuses, leurs factures s'élevant d'ailleurs à plusieurs centaines de milliers d'euros. Elle est d'ailleurs la "photographe la plus chère au monde".




Discrète, la photographe préfère faire parler de son travail plutôt que de sa vie privée. Pourtant, elle n’hésite pas à exposer des fragments de son histoire personnelle au côté de ses plus grands clichés des quinze dernières années lors de son exposition « A Photographer’s Life, 1990-2005 », à la maison européenne de la photographie de Paris en 2005. 



Moments de joie, images de sa première grossesse et de la naissance de ses trois filles, mais aussi moments de désespoir, la maladie et le décès de sa compagne de vingt-cinq ans Susan Sontag, Annie Leibovitz livre son histoire personnelle en images, en la mélangeant à quelque 200 clichés de stars pris entre 1990 et 2005. Une exposition mi- autobiographique, mi-restrospective professionnelle, en hommage à sa défunte compagne qui trouvait qu’elle ne prenait pas assez de photos personnelles.

En septembre 2009, Annie Leibovitz se trouve dans une mauvaise posture. Piètre gestionnaire, elle est aussi une très grande dépensière. Accumulation de propriétés et séances photos majestueuses, la conteuse d'histoire multiplie les dépenses... A tel point qu'elle est sur le point de perdre l'intégralité de ses droits d'auteur et de faire faillite, devant plus de 24 millions de dollars au fonds Art Capital Group...

Deux tendances cohabitent dans l'œuvre d'Annie Leibovitz :
L'une – la plus connue – répond d'un travail de commande pour des magazines (Rolling Stone, Vanity Fair, Vogue) ou des marques (Louis Vuitton, Lavazza). Ces photographies sont généralement très travaillées, tant au moment de la prise de vue qu'en post-production. La photographe s'entoure ainsi d'une équipe conséquente (d'éclairagistes, d'accessoiristes et de stylistes) qui lui permettent d'obtenir des images que l'on pourrait qualifier de « léchées ». Le cadrage est généralement d'une facture classique, la scénographie est d'inspiration théâtrale et la position des corps (surtout dans ses compositions de groupe, en plan large) pourrait être rapprochée des canons baroques. L'historien Jürgen Trimborn associe d'ailleurs les portraits de la photographe pris lors des Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996 à l'esthétique de la cinéaste Leni Riefenstahl, sur laquelle avait écrit Susan Sontag. Les deux artistes partagent un même goût pour la l'héroïsation presque systématique de leurs modèles et l'usage d'un éclairage contrasté. Le glamour est la sensation visée par la photographie, qui passe par l'érotisation des corps, même lorsque celui-ci ne s'y prête pas a priori : c'est notamment le cas du cliché de Demi Moore, nue et enceinte, qui fit scandale aux États-Unis lors de sa parution. De la même façon, le portrait de Clint Eastwood, où le modèle est représenté ligoté par une corde, ne met pas à mal l'image de l'acteur américain : sa position – l'érection de son corps, raide et piqué dans la terre –, la légère contre-plongée de l'objectif ainsi que l'éclairage nimbé et crépusculaire lui confère une aura paradoxale.

L'autre veine, plus secrète, répond d'une pratique de la photographie plus spontanée, ou plus instinctive, qui met en scène sa vie intime (comme sa relation avec l'écrivain Susan Sontag), et qui s'étend jusqu'au photojournalisme comme l'atteste son reportage à Sarajevo, au début des années 1990[]. Tout en reconnaissant son talent, l'hebdomadaire Télérama écrivait à son sujet : « La photographe a l'habileté de sortir de ses boîtiers une image très consensuelle, faussement choquante, quasi religieuse, presque puritaine, n'outrepassant jamais la juste mesure. Elle s'inspire de codes anciens — le flou du pictorialisme des débuts de la photographie, les contre-plongées du constructivisme russe. »


Arnaud HUMBERT

Photographe

Email :
Web Site : www.arnaudhumbert.com

Photographe de renommée internationale, Wahb Mabkhout a un impressionnant portfolio de clients dans le secteur de la mode (Dolce et Gabbana), des célébrités (Madonna) et des entreprises (Etisalat) et ses photos sont présentes dans de célèbres magazines telles que Cosmopolitan, GQ, Maxim, FHM, Esquire mag…

Originaire du Maroc, Wahb se définit comme " fou, honnête et lui-même ", à l'image de l'unique exposition qu'il donnera à Dubai, à Portfolio Gallery : " Me, myself and Wahb ". Cette série d'auto-portraits annonce la publication d'un livre intitulé " Wahb, Body, Heart and Soul ". dubai madame a voulu en savoir plus sur les motivations de cet artiste talentueux et audacieux. Le Cindy Sherman au masculin…

Quel est votre parcours ?
Dès l'âge de 13 ans, je souhaitais déjà devenir metteur en scène. Mes parents m'avaient acheté une camera et j'adorais filmer ! Mon père me poussait à devenir médecin, mais je savais que je ne voulais pas faire cela. J'ai donc quitté le Maroc à 18 ans pour la France, où j'ai résidé quelques années. Puis, je suis ensuite parti pour Milan en Italie, où les gens que j'ai rencontré ont commencé à me dire que je devrais être mannequin. Les mentalités étaient totalement différentes de ce que j'avais pu connaître en France.
J'ai tout d'abord débuté auprès d'un créateur de mode en étant son assistant et je me suis trouvé un goût pour l'achat de tissus en me rendant compte que j'avais un œil averti pour dénicher les tendances. Ainsi, j'ai fait une école de stylisme pendant quatre ans, puis ai enchaîné le mannequinat. Je voulais continuer à être styliste en indépendant mais mon travail de mannequin me prenait la majeure partie de mon temps. Dès que j'ai commencé à travailler avec des photographes, j'ai été attiré par ce métier. La photographie était vraiment une passion cachée ! Mon parcours est au final le contraire de mes aspirations.

Qu'aimez-vous particulièrement dans votre métier de photographe ?
Comme beaucoup de jeunes gens, au début j'ai fantasmé sur les grands magazines. Finalement, je suis photographe depuis maintenant 15 ans, je me définirai comme anticonformiste. Je suis devenu un spécialiste des maillots de bain. J'aime ce créneau car d'une part je m'amuse et d'autre part c'est très rentable. Je suis totalement indépendant et ne dépend en aucun cas des clients. J'ai même créé ma ligne de maillots de bain et de lingerie ! Ca me permet de continuer en parallèle mon travail de photographe d'auteur, tout comme le fait par exemple David La Chapelle.

Pour cette exposition " Me, myself and Wahb ", pourquoi avoir choisi de vous mettre en scène comme sujet central ? C'est une prise de risque, n'avez-vous pas peur d'être jugé plus durement ?
Je n'ai pas peur. Je ne suis pas le premier et ne serai pas le dernier ! Le côté provoquant de mon exposition veut que les gens me critiquent. Il y a des photos très provocantes que j'ai dû retirer de l'exposition. Cette série d'auto-portraits est avant tout une critique du milieu de la mode… En effet, peu de mannequins connaissent réellement leur corps et la plupart d'entre elles ne savent pas bouger. Je me suis rendu compte qu'il y a vraiment une absence d'exploration et de créativité, de même qu'un manque d'excellence qui m'a particulièrement marqué…

Après avoir quitté le Maroc, puis résidé en France et en Italie, pourquoi le choix de Dubai ? Quels sont vos futurs projets ?
C'est un parcours paradoxal puisque j'ai dû passer par là pour comprendre qui j'étais et ce que j'avais. Quand tu te fais publier par " Photo Italia " tu doutes de tes capacités. Pour se lancer, il faut d'abord atteindre un certain niveau.
Après mon expérience européenne donc, je suis parti en Afrique du Sud pour me faire de l'argent et pour financer mes projets personnels de photographe d'auteur. Les buts financiers n'ont certes pas été atteints mais j'ai acquis une notoriété importante en étant basé à Captown à l'autre bout de la planète, loin du cœur de mon activité. Mon côté glamour en tant que photographe s'est accru et des agents londoniens sont même venus me démarcher ! A cette période, je réalise que ma photo et mon approche ont quelque chose d'atypique et d'original. Par exemple, j'ai couvert le FHM Espagne presque durant toute l'année dernière.
Je déteste le vulgaire. J'ai un regard particulier sur les femmes, mon regard est bienveillant et j'ai une relation assez fusionnelle pendant les photo shoots. Je sélectionne généralement des filles a l'air innocent, qui font très " girl-next-door " et je les transforme en déesse glamour et sexy !
Après 4 ans à Captown, j'ai décroché un contrat avec Wafi et autre gros client sur Dubai. Ils m'ont alors convaincu de venir à Dubai plutôt que de m'installer aux Etats-Unis. Je suis arrivée en 2005, j'ai créé ma société. Je pense avoir fait le tour de ce que je pouvais faire ici et ai donc décidé de m'installer à Los Angeles où beaucoup de gens du milieu m'attendent. J'ai déjà une agence avec laquelle je travaille. Mon carnet d'adresses et mon réseau feront le reste ! Je vais aussi travailler avec le monde du fitness (bodybuilding).

Enfin, après avoir collaboré avec les plus grands tels que Gisele Bundchen ou Kate Moss, qui rêvez-vous de photographier et pourquoi ?
Franchement, dans le milieu de la mode, personne… C'est plutôt les gens qui souhaitent travailler avec moi sans vouloir paraître présomptueux !
Sinon, en général, j'aimerais bien photographier Barack Obama. Il est le symbole de beaucoup d'espoir…

Un grand merci à Wahb  pour sa gentillesse et sa disponibilité
Merci à Rebia Naïm et Emmanuel Catteau de Portfolio Gallery qui ont rendu possible la rencontre

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