Lectures d'été

JUIL 16, 2019
Voici venu le temps de l’insouciance, temps du farniente au bord de l’eau et des lectures dans le jardin. Des romans pour s’évader, pour se retrouver et frissonner un peu aussi… Des romans qui accompagneront, souhaitons- le, le plus beau des étés.
 
MON ROMAN « COUP DE CŒUR »
Roselyne Bachelot a quitté depuis quelques années la vie politique pour se consacrer à des activités de chroniqueuse à la radio et à la télévision. Elle poursuit sa carrière d’écrivain avec un roman consacré à sa grand-mère bretonne qui remporte déjà un franc succès. 
 
1. Corentine de Roselyne Bachelot
 

« Aussi brutalement que le hurlement avait jailli de sa poitrine, il s’arrêta. La fillette ne se retourna pas vers sa mère, repoussa sa main qui voulait la bénir, prit ses hardes des mains du marchand de chevaux pour lui signifier qu’elle était capable de mener sa vie par elle-même et alla, digne, s’asseoir sur le banc de la carriole. L’homme monta prestement, fit claquer son fouet et tous deux partirent sans un regard pour la masure.
A sept ans, Corentine était devenue adulte. »

 

L’ex-ministre rend un bel hommage à son aïeule, louée dans une famille bourgeoise alors qu’elle n’a que sept ans. C’est le commencement d’une longue vie de labeur au début d’un vingtième siècle qui divisait le monde en deux parties bien distinctes : les maîtres et les domestiques. L’auteur confie avoir romancé la vie de Corentine qui n’était pas encline aux épanchements mais la trame de cette vie du fin fond de la bretagne aux beaux quartiers parisiens est cependant bien réelle . « Servante bafouée », elle apprend vite et se promet d’utiliser les connaissances acquises dans les maisons qu’elle sert dans une vie meilleure. Veuve de guerre avec un enfant en bas-âge, il lui faudra cependant courage et ténacité pour accomplir son destin de femme libre et forte.
 
 
S’ÉVADER ET SE RETROUVER
2. J’ai dû rêver trop fort de Michel Bussi
Chaque nouveau roman de Michel Bussi est attendu par les amateurs de polar et encore une fois j’ai été captivée par ce maître du suspense qui mêle subtilement rebondissements et émotions, angoisse et humour. J’ai dû rêver trop fort ne vous décevra pas et vous offrira un beau voyage en compagnie de l’hirondelle… de Paris à Montréal, à Los Angeles, Lisbonne et Jakarta avec en musique de fond les standards des Cure et des Doors.
 

« -Quand ils ont vogué plus de cinq mille milles, ils se tatouent une hirondelle. Elle est le symbole de leur liberté. Je vais me tatouer une hirondelle (…) »

 
 
Olivier ne comprend pas pourquoi Nathy s’accroche à son métier d’hôtesse de l’air qui la contraint à s’éloigner de lui, de leurs enfants et petit-enfants  plusieurs fois par mois… ou peut-être… pense-t-il trop bien le comprendre.
Nathy a besoin de cette vie loin de leur cocon de bois , loin de la menuiserie, loin des sautes d’humeur de Margot et  des impératifs de Laura , débordée dans sa vie active de maman de jumeaux en bas âge. Elle est toute à eux lorsqu’elle ne vole pas mais elle savoure sa liberté quand elle saisit sa valise.
Et cette liberté revendiquée prend un goût particulier quand elle découvre son planning mensuel, le goût de secrets qui remontent à 20 ans, le goût de la nostalgie d’un amour passé. 
Michel Bussi nous dévoile peu à peu à travers d’habiles allers-retours entre le passé et le présent la face cachée de la jolie hôtesse et le message de l’hirondelle tatouée sur son épaule.
 
 
3. Cupidon a des ailes en carton de Raphaëlle Giordano
Chaque nouveau roman de Raphaëlle Giordano est attendu par les amateurs de romans « feel good ». Après la routinologie et la burnerie, l’auteur invente le nouveau concept de l’amourability. Nul doute que cette lecture permettra à bon nombre d’entre vous de réfléchir sur leur propre expérience.
 

« Cette sculpture est exactement à l’image de ce que je ressens en ce moment, de mon rapport à l’existence : un constant paradoxe entre l’envie de stabilité et le besoin de mouvement. La stabilité qui rassure, mais aussi la stabilité qui fige, qui me fait peur dans ce qu’elle peut avoir d’ankylosant. Le mouvement, lui, qui entraîne une dynamique, parfois positive quand elle me pousse à sortir de ma zone de confort, encourage l’audace qui sème les germes du succès et pousse au dépassement de soi, parfois négative lorsqu’elle empêche de se poser et nous maintient dans l’agitation, la dispersion. »

Meredith aime Antoine et Antoine aime Meredith, Cupidon a rempli sa mission et une longue vie aux accents de conte de fées attend les deux amoureux. Mais à la veille de cette vie à deux, Meredith décide de prendre 6 mois et 1 jour pour mettre cet amour à l’épreuve et le rendre plus fort. Pari dangereux qui pourrait lui coûter son bonheur mais expérience essentielle pour lui donner la dimension qu’il mérite.

Comme les deux premiers romans de l’auteur, Cupidon a des ailes en carton se veut plus qu’un simple roman. Comme dans un manuel de développement personnel, Raphaëlle Giordano guide son lecteur à la rencontre de lui-même avant de pouvoir rencontrer l’autre. « Le Love Organizer » de la fin vous permettra de revivre l’expérience de l’héroïne par le biais d’une exploration en 5 étapes. De petits exercices sont proposés jusqu’à la célébration des objectifs atteints.
 
 
FRISSONNER AUSSI…
4. Personne n’a peur des gens qui sourient de Véronique Ovaldé
Ça commence comme un thriller, on sent tout au long de la lecture un malaise grandissant et un besoin irrépressible de connaitre la vérité. Véronique Ovaldé utilise une langue simple et juste qui fait mouche et nous plonge dans l’âme torturée d’une mère louve.
 

 « Pendant des années, Gloria avait senti sa colère devenir un béton assez dur pour que quiconque s’y brisât les phalanges en y cognant les poings. Cette colère pouvait s’adresser à tout un tas de choses ou de gens, un serveur dans un restaurant, un type qui faisait chier son chien devant le portail de l’école, la basket gauche de Stella impossible à retrouver avant le cours d’éducation physique, la robe qui avait déteint sur tout le reste de la lessive, les talibans, l’individualisme forcené, ou l’impossibilité des vieux grecs à prendre leur retraite. Sa haine était farouche, imprévue, éternelle. »

Gloria ferme la porte de son appartement méditerranéen et fuit avec ses filles. Elle se réfugie dans une maison isolée près d’un bourg Alsacien. Gloria a peur et elle veut protéger ses enfants. Mais sont-elles en sécurité dans la forêt de Kayserheim, loin de Giovannangeli et de Santini, les deux hommes qui l’ont protégée à la disparition de son père puis de Samuel, le père de Loulou et Stella ? 
On remonte alors le fil du temps pour comprendre le terrible combat de cette mère hors-norme prête à tout pour mettre ses petites à l’abri. 
 
 
5. Deux sœurs de David Foenkinos
Au départ, un titre engageant, une promesse de beaux sentiments et à l’arrivée, une histoire palpitante, une intrigue dérangeante et une chute déconcertante. Autant d’ingrédients qui font de ce roman, une lecture bien distrayante. 
 

« Quelques jours plus tard, elle apprit que sa remplaçante avait commencé l’étude d’un nouveau roman, sans même finir l’Education Sentimentale. Flaubert mourrait dans l’inachèvement. »

L’une est quittée, l’autre la recueille. Elles sont sœurs mais si différentes…
Mathilde est professeur de lettres au lycée, appréciée tant par sa hiérarchie que par ses élèves ; elle vit avec Etienne qu’elle aime passionnément , elle est heureuse.  Jusqu’à ce matin où il lui a dit froidement qu’il quittait l’appartement et que tout s’effondre autour d’elle et en elle.
Elle finit par accepter l’offre d’Agathe de venir vivre dans son petit appartement avec son mari Frédéric et sa fille Lili. Mathilde retrouve chez sa sœur un cocon familial propice à sa reconstruction. 
Mais accueillir une adulte désespérée se révélera beaucoup plus difficile qu’Agathe ne l’avait imaginé et rien ne se déroulera comme elle l’aurait voulu.
Le roman prend peu à peu des accents de thriller qui nous emmène loin  du récit de vie ordinaire du début.
 
 
Bonne lecture !
 
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« Y’a d’la joie… » ! Ce matin, j’ai vu la première hirondelle et me suis prise à fredonner la joyeuse ritournelle de Charles Trénet . Je me suis dit aussi qu’il était temps de prendre la plume pour vous présenter mes lectures du printemps… 
 
Mon roman « coup de cœur »
Ouvrir un roman d’E-E Schmitt, c’est la promesse d’un voyage en poésie. Si vous avez aimé Oscar et la dame en rose et Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, vous vous plongerez avec plaisir dans son dernier récit.
 
1. Félix et la source invisible de E-E Schmitt
 

« Maman pointait le doigt vers un baobab colossal, massif, ventru, aussi large que haut, si puissant qu’on avait l’impression qu’il avait été posé sur cette terre rousse plusieurs millénaires avant par des titans. » 

 

Félix vit depuis sa naissance à Belleville où sa mère, figure pittoresque du quartier tient un bistrot à son image. Fatou est une maîtresse femme qui n’a jamais eu besoin d’homme. Félix, aux dires de sa mère, est le fils du Saint-Esprit et elle l’a élevé seule , attentive à faire coïncider son destin avec le sens étymologique du prénom qu’elle lui a donné. Félix, c’est son « chef d’œuvre » !
Mais un jour, Fatou cède la place à son ombre, elle a perdu toute sa joie de vivre et même Félix ne parvient plus à lui arracher un sourire. Désespéré, il décide de tout tenter pour la sauver quitte à remonter aux sources du mal. 
 
 
Des romans « de la vie parisienne »
 
2.Première Dame de Caroline Lunoir 
 

« Je pense que Paul va gagner et j’ai de la peine pour toi. La présidence, c’est une dope dont on ne se sèvre pas. »

« J-89 (Mardi 22 janvier). C’était l’aube et j’ai pris la route pour C. Je me suis saoulée de bitume avec La Callas qui pleurait la douleur de Violetta, plein l’habitacle. Dehors, le monde était figé par le givre, comme mon cœur glacé. »

 
Un premier roman prometteur qui dresse le portrait de celle que l’on appelle aujourd’hui la première dame. L’épouse du chef de l’état n’a pas de rôle précis mais elle est en première ligne. Caroline Lunoir s’intéresse à Marie, chroniqueuse de la campagne présidentielle de son mari. 
Sous les ors de la république, une potentielle première dame s’efforce de « tenir ».
Il y a du Valérie Trierweiler, du Cécilia Sarkozy, du Bernadette Chirac aussi derrière cette femme qui accompagne son candidat de mari jusqu’à l’ultime marche du podium. On vit la campagne de l’intérieur au fil du journal de la narratrice qui y couche ses espoirs, ses craintes, ses désillusions et ses colères.
Mais il y a aussi toutes les femmes qui ne seront jamais premières dames et qui cependant mènent les mêmes combats pour rester elles-mêmes avant d’être les épouses de leurs maris ou les mères de leurs enfants.
L’écriture est simple et vraie, l’histoire est familière mais le point de vue est nouveau et on adhère !
 
 
3. Kiosque de Jean Rouaud
 

« Ces déferlantes de vies dont chacune avait de quoi nourrir un ou plusieurs romans, qui toutes étaient des leçons et permettaient de placer sa petite histoire sur la grande scène du monde en relativisant son chagrin à l’aune de drames infiniment plus grands (…) »

 
Un livre qui tient plus du témoignage que du roman dans lequel Jean Rouaud décrit une société qui n’existe plus et nous alerte sur l’urgence de protéger ces monuments parisiens que sont les kiosques à journaux. 
 
Dans les années quatre-vingt, rue de Flandre dans le dix-neuvième arrondissement, il y avait un kiosque et dans ce kiosque, pendant sept ans il y avait un écrivain qui , un jour, serait le lauréat du prix Goncourt avec son roman, Les Champs d’Honneur (1990).
Aujourd’hui, il fait la chronique de ces années d’apprentissage au contact des gens de la rue dont il fait des portraits sensibles, attachants et hauts en couleurs. Immigrés de partout, passionnés de courses hippiques ou de patrons Burda, lecteurs attitrés de leurs journaux, artistes ratés,  tous constituent le petit monde du kiosque et participent au charme pittoresque du quartier.
L’actualité nourrit les conversations des habitués qui, sans se connaitre ont pourtant l’habitude de se croiser et échangent dans cet espace cosmopolite. D’horizons divers, ils partagent une étape quotidienne, essentielle pour certains d’entre eux. 
L’auteur mêle avec poésie portraits, conversations et introspection et le lecteur retrouve l’atmosphère des débats presque oubliés de ces années-là.
 
 
Des romans « de la mémoire »
 
4. Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux de Martha Hall Kelly 
 

 « - Mais c’est naturel après tout, Père adorait le fait qu’un lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux.

Caroline tendit la main et repoussa les cheveux tombés sur mon front avec douceur. Combien de fois ma mère avait-elle eu exactement le même geste ?

- C’est un miracle, toute cette beauté qui émerge après tant d’épreuves, vous ne trouvez pas ? »
Tous les personnages sont inspirés de personnes réelles à une exception près et la précision du propos rend ce premier roman captivant. Il a fallu trois ans à Martha Hall Kelly pour écrire l’histoire des « lapins » de Ravensbrück, cobayes des médecins SS.
On ne parvient pas à se détacher de ce roman captivant.
Nous suivons les destins de Kasia Kuzmerick, jeune résistante polonaise, déportée avec sa mère et ses sœurs ; de Herta Oberheuser, allemande, étudiante en médecine enrôlée pour servir son pays à Ravensbrück et de Caroline Ferriday, actrice américaine, dévouée aux orphelins français, victimes de la guerre.
Chaque chapitre est consacré alternativement à chacune de ces  femmes des deux côtés  de l’océan et nous attendons le moment où leurs routes peut-être se croiseront ...
De New-York à Paris, de l’Allemagne à la Pologne, ces femmes nous montrent de quoi elles sont capables face aux désastres mais aussi aux miracles de la guerre. Elles nous rappellent comment la vie prend un sens nouveau et insoupçonné dans les moments les plus tragiques de nos histoires communes.
L’écriture prend alors un souffle épique pour exprimer les sentiments les plus forts.
 
 
5. Charlotte de David Foenkinos 
 

« La connivence immédiate avec quelqu’un. La sensation étrange d’être déjà venu dans un lieu.

J’avais tout cela avec l’œuvre de Charlotte.
Je connaissais ce que je découvrais. »
Charlotte Salomon est morte à Auschwitz le 10 octobre 1943 à 26 ans en  laissant derrière elle une œuvre picturale prometteuse.
David Foenkinos la découvre par hasard au détour d’une exposition qui l’a bouleversé. Il mène alors une longue recherche et nous livre non seulement l’ histoire de cette femme mais aussi l’ enquête passionnée qu’il a menée pour pouvoir nous l’offrir.
On le sent habité par cette héroïne qui occupait son esprit bien avant qu’il ne le réalise et couche son histoire sur le papier comme un long poème qu’elle lui aurait susurré à l’oreille. 
Son hommage empreint d’admiration, de respect et d’amour  ne peut laisser indifférent.
Charlotte grandit dans une famille aisée de la communauté juive berlinoise. On lui cache le suicide de sa mère alors qu’elle n’a que neuf ans. Elle vivra alors entre son père, médecin et sa belle-mère, la chanteuse lyrique, Paula de Lindberg dans une atmosphère de mensonges entretenus également par ses grands-parents. 
Touchée par les lois anti-juives, elle doit quitter l’Académie des Arts où son talent est remarqué . Il lui faut pourtant fuir son pays et rejoindre ses grands-parents en France où elle sera confrontée  à la sombre vérité  familiale. 
Mariée et enceinte, elle sera dénoncée,  arrêtée et déportée.
Conçu comme un long poème en prose, ce texte qui tient de la biographie, du récit et de l’hommage réussit à nous communiquer la passion de l’auteur pour son héroïne et pour sa peinture.
 
 
Bonne lecture !
 
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Le sapin est décoré et brille de mille feux dans le salon, la dinde est commandée et me voilà occupée à écrire ma lettre annuelle au Père Noël… J’avais bien sûr imaginé des cadeaux sur-mesure pour chacun des membres de ma chère tribu, voire même, une fois n’est pas coutume, des cadeaux faits-maison, mais à la veille du jour J, ce sont des heures de bonheur que je décide de leur offrir. Je partage donc avec vous ma lettre au Père Noël, qui vous donnera peut-être quelques idées… 
 
Cher Père Noël,
Je rêve d’une montagne de livres au pied du sapin, de beaucoup d’amour et de tolérance, de grandes réunions de famille avec des rires d’enfants et des discussions à n’en plus finir. Je rêve de tablées d’amis et de rocks endiablés, de regards qui scintillent à la lueur des bougies. Je rêve aussi d’un bon livre, d’un chocolat chaud et d’un air de jazz sous un plaid au coin du feu…
 
1. Pour Papy, adepte des jeux télévisés : 
Un livre qui devrait lui plaire : Einstein, le sexe et moi de Olivier Liron, une romance télévisuelle comme il l’auteur définit lui-même son histoire.
Olivier Liron est autiste Asperger et il a gagné huit fois « Questions pour un champion », il a même été le plus jeune superchampion de l’histoire du jeu. Mais Olivier Liron est aussi un écrivain qui nous livre dans cette auto-fiction son combat pour trouver le bonheur.
Chaque partie du livre est une étape du jeu et un moment de sa vie. L’auteur nous entraîne dans les coulisses du plateau de l’émission, il nous associe à sa préparation et l’on vit l’expérience de l’intérieur. Au détour des questions de Julien Lepers, Olivier Liron nous entraîne surtout dans les méandres d’une existence rendue difficile à cause de cette différence invisible et l’on oublie le jeu pour épouser sa souffrance et accompagner sa libération.  On est séduit par le charme, l’humour, la gentillesse, mais aussi la ténacité et la profonde intelligence de cet être hors du commun.
 

« Je me suis rempli la tête d’informations pour peupler ma solitude. Pour oublier l’essentiel, pour dompter l’absence et le chagrin. Comme si apprendre des milliers d’informations sans queue ni tête, peupler la mémoire était un réflexe de survie. »

 

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2. Pour Mamie, amoureuse de Venise et de la Renaissance :

Concours pour le paradis de Clélia Renucci, qui l’emmènera dans le sillage de Tintoret et Véronèse. 
A la suite de l’incendie du palais des Doges, les deux peintres italiens se présentent avec quelques autres au concours dont le lauréat aura le privilège de peindre la toile principale de la salle du conseil : ‘Le Paradis’. Clélia Renucci dépeint avec brio l’atmosphère de la cité, les rivalités et les vicissitudes au sein de la Sérénissime. Elle parvient à nous rendre familiers et attachants les personnages de cette admirable fresque historique et artistique qui s’affrontent avec toutes les bassesses dont les hommes même les plus grands sont capables. On suit Véronèse et Tintoret dans leurs intimités sur fond de passions amoureuses et de drames familiaux et l’on suit leurs aventures sur plus de quinze années. 
 

 « Rien ne subsistait des fastes de la salle du Grand Conseil, ni les bancs des patriciens, ni la tribune sculptée dans un bois précieux, ni les dizaines de portraits des doges répartis en frise en dessous du plafond aux cadres dorés à l’or fin. De l’immense fresque représentant le Paradis, ils distinguèrent à peine quelques fragments. Les splendeurs de la République avaient été réduites en cendre. Véronèse prit son frère par le bras, il fallait se résigner. Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. »

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3. Pour ma sœur, coach de vie : 
A vif, journal d’une maman pas comme les autres d’Ioulia S. Condroyer. Le journal de la résilience d’une maman qui apprend à vivre non pas sans son bébé, mais avec lui, autrement. 
Ioulia donne à Simon une deuxième vie en le présentant au monde à travers ses mots. Son écriture est comme elle, droite, franche et sensible ; elle nous fait partager une année douloureuse sans jamais la rendre pesante. Sans pathos, mais avec une entière sincérité, elle raconte son expérience de « mamange » (mamans qui ont perdu un bébé), son incompréhension, sa colère, puis son apaisement. Ce récit est lumineux et nous ouvre le cœur et l’esprit… Une lecture qui, à l’instar d’Ioula, nous rend plus fortes !
 

« En même temps que je lève les yeux de mon journal, je vois une petite fumée qui ondule au-dessus du photophore de Simon. La bougie vient de s’éteindre. Je sais bien qu’elle s’est éteinte toute seule. Pourtant, j’aime imaginer que c’est mon petit amour qui a soufflé dessus avec pour seul vœu, celui de me faire revenir à la vie. Il est vrai que mon cœur est encore dans le noir. Mais je ne dois jamais oublier qu’il y a de la lumière autour de moi, car à présent le jour est au zénith, et dehors, le soleil brille. » 

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4. Pour mon frère, en pleine réalisation d’un arbre généalogique : 
En nous beaucoup d’hommes respirent de Marie-Aude Murail. Source d’inspiration peut-être pour écrire le roman familial.
On entre avec bonheur dans l’album photos de Marie-Aude Murail. Il y a Cécile et Raoul, Marie-Thérèse et Gérard, et il y a Pierre et Marie-Aude… A travers trois générations, trois histoires d’amour, elle nous fait traverser les événements majeurs de notre histoire récente depuis la première guerre mondiale jusqu’à l’entrée dans le vingt-et-unième siècle. On tourne les pages de ses souvenirs sans se lasser tant ils ressemblent aux nôtres, les clichés en sépia, en noir et blanc et aux couleurs vintages de toutes les familles françaises… Une promenade en terres connues pleine de charmes.
 

« Maman tenait un autre registre, celui de notre enfance, dans un gros livre de comptes reconverti en album de photos. Elle avait coutume de dire que c’était la seule chose qu’elle emporterait en cas d’incendie. A sa mort, j’ai repris l’album qui m’était consacré, il y en avait un par enfant. Sur les photos, ce ne sont que fêtes, baptêmes, mariages, tablées souriantes, jeux, vacances et déguisements. Il n’y a que Facebook qui puisse rivaliser. »

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5. Pour mon mari, fan de Nino Ferrer, et en souvenir d’un week-end à Lisbonne : 
Chanson de la ville silencieuse d’Olivier Adam, un roman comme une ballade, où l’on suit une fille en quête de son père chanteur disparu. 
Comment trouver la lumière quand on a toujours vécu dans l’ombre ? Comment accepter la disparition d’un père qui même s’il était souvent absent remplissait la vie de sa fille quand elle le retrouvait ? 
Rock star devenue ermite, ce père est parti sans laisser d’adresse une nuit…
Il lui faut partir à sa recherche dans le labyrinthe de l’Alfama où il a été aperçu, pour chercher dans sa mémoire les morceaux du puzzle qui la mettront sur la voie de la compréhension et de l’apaisement. Retrouver le père pour le « tuer » enfin et commencer à vivre ?
 
« De nouveau je me perds. A la tombée du soir, je suis revenue rôder aux abords de la Praça das Flores. N’y ai croisé aucun fantôme. Il est tard. Les tramways se sont tus. Dans l’air flotte encore un parfum d’ail et de poisson grillé. Des restaurants aux salles carrelées, coffrées de bois sombre, s’élèvent des fados déchirants. »
 

 

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6. Pour ma grande fille lycéenne : 
La vraie vie d’Adeline Dieudonné, un premier roman percutant aux accents de thriller qui se lit d’une seule traite.
Un roman âpre et violent qui nous fait entrer dans la tête et dans le corps de celle qui raconte son histoire. 
Elle vit dans un lotissement banal, dans une famille où la violence est tristement ordinaire et elle entend de plus en plus souvent le rire de l’hyène. La bête habite son père et les menace, elle, sa mère et son petit frère, alors elle n’a pas d’autre solution que de la vaincre.
Une héroïne époustouflante, qui voudrait être Marie Curie et qui nous emporte dans son élan vital loin de toute sensiblerie.
« Je pensais beaucoup à Marie Curie. Elle m’accompagnait. Elle était toujours là, dans ma tête, et on se parlait. J’imaginais son regard sur moi en permanence, bienveillant, maternel. J’avais fini par me persuader que, depuis le royaume des morts, elle avait décidé de devenir une sorte de marraine pour moi. Elle adhérait à ma cause. »
 

 « Je pensais beaucoup à Marie Curie. Elle m’accompagnait. Elle était toujours là, dans ma tête, et on se parlait. J’imaginais son regard sur moi en permanence, bienveillant, maternel. J’avais fini par me persuader que, depuis le royaume des morts, elle avait décidé de devenir une sorte de marraine pour moi. Elle adhérait à ma cause. »

 

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7. Et pour son frère, qui rêve de voyager au Japon : 
Ueno Park d’Antoine Dolé qui nous livre huit nouvelles, huit portraits d’adolescents à la dérive confrontés à leurs solitudes. Une peinture poétique du Japon actuel...
Huit adolescents, qui ne se connaissent pas mais qui partagent le même goût pour l’anticonformisme, vont partager l’expérience de Hanani : la fête de la floraison des cerisiers dans le ‘Ueno Park’ en plein cœur de Tokyo. Huit histoires, huit voix et une multitude d’émotions qui nous submergent. Tous sont en rupture avec les codes traditionnels d’une société rigide où prévaut l’uniformité, tous vont prendre une décision face à l’éclosion éphémère des fleurs de cerisiers.
 
« A la sortie de la gare, Ueno Park n'est qu'à quelques minutes. Un cerisier immense accueille les visiteurs. Un éclatement de douceur contre le paysage de béton froid. Vu d'ici, Tokyo n'est plus cette capitale immense qui mâche les corps et les recrache. »
 
 

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J'en profite pour vous présenter tous mes vœux de bonheur et de félicité !
 
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C’est la fin de l’été et les beaux jours reviennent à Dubai, le moment pour moi de partager avec vous ma moisson estivale. Les romans que je vous propose avant de nous plonger dans les nouveautés de la rentrée vous feront sourire, exciteront votre curiosité et vous émouvront aussi.
 
Deux valeurs sûres et incontournables pour les amateurs : Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi et Sang famille de Michel Bussi. Ces romans que l’on achète les yeux fermés…
 
1. Il est grand temps de rallumer les étoiles de Virginie Grimaldi
 

 

« Voir mes filles grandir. Je sais que c’est bête, on n’y peut rien, mais, à chaque fois que je repense à elles petites, j’ai envie de pleurer. C’est passé si vite… » 

Quatrième roman de Virginie Grimaldi, Il est grand temps de rallumer les étoiles est d’ores et déjà un best-seller comme les trois premiers. Cette amoureuse des livres et de l’écriture écrivait ses histoires sur de petits carnets qu’elle réservait à la famille et aux amis jusqu’à ce qu’une lectrice de son blog l’incite à participer à un concours organisé par une maison d’édition… Le premier jour du reste de ma vie est paru en 2015 et a fait de son auteur un écrivain confirmé pour son plus grand bonheur et pour le nôtre !

Une mère et ses deux filles s’embarquent pour une folle virée au nord de l’Europe en camping-car sans un sou. La mère va mal, criblée de dettes, elle perd son emploi de serveuse et ne sait plus comment faire face au mal-être de ses filles ; l’aînée va mal, consciente des difficultés de sa mère, elle décide de renoncer aux études pour la soulager et confie aux lecteurs de son blog tout son désespoir ; la cadette va mal et reporte toute l’affection qui lui fait défaut sur Mathias, son rat clandestin et Marcel, son journal intime.
Au fil des chapitres, le lecteur a 37 ans puis 17, puis 12 ; il ressent la solitude d’une femme dont le mari immature a déserté le foyer, d’une mère qui ne parvient plus à communiquer avec ses filles adolescentes ; celle de deux jeunes filles perturbées par les turbulences familiales à des périodes déterminantes de leurs existences. La succession des points de vue et des modes de narration favorisent la projection et rendent la lecture de ce roman attractive.
 
Virginie Grimaldi nous propose un road trip à travers la Scandinavie, le Danemark et la Suède, puis la Finlande et la Norvège jusqu’au Cap Nord où Anna, Chloé et Lily après deux mois et quatre mille kilomètres de route accomplissent la mission fondatrice de leur périple. Un geste qui scellera leurs retrouvailles et fera d’elles une famille réunie.
Une fois de plus, l’auteur parvient à nous toucher avec cette aventure familiale pleine de surprises et de rebondissements. Embarquez sans plus tarder avec ce trio attachant, vous aurez juste envie de prendre le volant d’un camping-car dès la dernière page tournée et de parcourir, pourquoi pas, le nord de l’Europe que Virginie Grimaldi décrit avec un réel enthousiasme !
 
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2.Sang famille de Michel Bussi 
 

 

« Je fermai les yeux. Je les rouvris. J’étais bien. Le bruit des vagues. La mer, immense. L’horizon, au loin, vira au rouge. La mer s’embrasa. Le soleil se levait, déjà. J’avais sans doute dormi, un peu. Un nouveau jour, une nouvelle vie. »

 
Autre incontournable de l’été, le dernier Bussi, Sang famille … un grand cru qui ravira les amateurs et les autres. Professeur de géographie, l’auteur a enchainé les succès au rythme d’un roman par an ces 7 dernières années. Ce livre est une réédition de l’un de ses premiers romans parus en 2009 et épuisé depuis. Retravaillé pour l’occasion, il ne vous décevra pas. Tous les ingrédients qui garantissent un bon polar sont en effet de nouveau réunis pour nous tenir en haleine et nous égarer sur de fausses pistes avant de nous donner les clés d’une énigme diaboliquement élaborée. 
 
Au large de Granville, nous suivons Colin Rémy sur l’île de Mornesey dans les ruines de l’abbaye Saint-Antoine. Ne la cherchez pas sur une carte, elle n’y est pas répertoriée, elle n’existe pas…et pourtant, Michel Bussi en fait un théâtre plus que réaliste de son intrigue. On découvre le port de Saint-Argan et on séjourne au Grand-Cormoran avant de partir en randonnée dans la Crique-aux-Mauves ou l’Anse de Rubis, on suit son actualité et on découvre son passé dans les pages de l’Ilien, le journal local. On la situe dans les îles anglo-normandes mais elle pourrait être n’importe où... C’est l’île au trésor, l’île mystérieuse des romans d’aventure de la bibliothèque verte.
 
C’est l’histoire d’un adolescent qui retourne dans son enfance et devient prisonnier d’un huis-clos insulaire. Comme le laisse entendre le titre à clé, à l’instar du Rémi sans famille d’Hector Malot, le héros est orphelin. Ses parents ont disparu sur cette île où il a vécu enfant et où il revient pour percer le mystère de leur disparition. Convaincu d’avoir aperçu son père au volant d’une camionnette dès son arrivée sur l’île, il mène l’enquête et finit par se perdre dans ses souvenirs et par se jeter dans la gueule du loup. 
Simon Casanova, jeune stagiaire à la mairie de Saint-Argan va lui aussi jouer les détectives à l’occasion de l’évasion de deux détenus de la prison de cette même île aussi surnommée l’île des brigands, il entraine dans l’aventure la séduisante secrétaire de mairie. Les personnages se croisent et leurs routes finissent par se rejoindre et se confondre jusqu’à les mener au bout de leurs quêtes respectives. 
 
Ce roman « d’initiation solaire et ludique » comme le qualifie Michel Bussi est de son propre aveu le plus personnel. On y sent l’influence des lectures de jeunesse, un parfum de Club des cinq et d’Alice flotte entre les pages et c’est vrai qu’il a la tonalité particulière des premiers romans, une fraicheur qui fait mouche avec l’art consommé du suspense de son auteur.
 
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Deux coups de cœur, Le Secret d’Adèle de Valérie Trierweiller que j’ai acheté à la sortie de l’atelier des lumières qui lui consacrait une expo cet été et Dos au mur de Nicolas Rey que mon fils a glissé dans mon sac de plage après l’avoir dévoré.  
 
3. Le Secret d’Adèle de Valérie Trierweiller
 

« Puisque c’est avec cette robe qu’elle est immortalisée, c’est elle qu’elle portera dans son cercueil. Celle avec laquelle elle sera emportée par les flammes. Elles brûleront ensemble, comme elle a brûlé pour Klimt. Cette perspective lui procure un ravissement funèbre. »

 

Valérie Trierweiler, journaliste propulsée sur le devant de la scène lors de son séjour élyséen confirme son talent d’écriture avec un nouveau livre, Le secret d’Adèle. Elle se penche pour son premier roman, cette fois encore sur une histoire d’amour, mais plus confidentielle que la précédente… Il s’agit de la relation passionnée entre le peintre du « Baiser », Gustav Klimt et son modèle, Adèle Bloch-Bauer dans la Vienne du début du XXème siècle.

Adèle est une jeune femme très belle mariée à un riche industriel de dix-sept ans son aîné, mécène de Klimt. Le mari commande un portrait de sa jeune épouse au peintre et inconscient, la pousse dans les bras du maître. Au fil des poses, la belle désœuvrée succombe au charme de l’artiste mais elle n’est pas la seule à jouir de ses faveurs et elle connaitra autant les affres de la jalousie que les transports de la passion.
 
Cette biographie romancée est le fruit d’un travail de documentation sérieux et précis qui permet à l’auteur de faire vivre sous nos yeux les deux protagonistes au cœur de leur époque. Au détour d’une page, on croise Sweig, Strauss, Malher ou Freud dans le salon d’Adèle et on est témoin du dénuement des populations réfugiées dans la capitale autrichienne. Les Trois essais sur la théorie sexuelle de Freud et l’affaire Dreyfus occupent les conversations mondaines mais Valérie Trierweiler ne s’y attarde pas, c’est sur la relation entre le peintre et son modèle qu’elle a choisi de se concentrer. Cette relation sera éphémère, Adèle devra en faire le deuil comme elle a aussi dû faire celui de ses enfants mort-nés. Elle restera la muse de Gustav Klimt à jamais figée dans sa robe d’or et d’émaux dans l’un des tableaux les plus célèbres au monde.
 
On souffre avec Adèle, on sait les pensées qui habitent ce regard triste et mélancolique, on devine la force et la volonté de cette femme qui surmonte les préjugés, enfreint les règles et les conventions par amour. On aime simplement voir vivre la dame du tableau…
 
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4. Dos au mur de Nicolas Rey
 

 « Joséphine, je ne veux rien gâcher avec elle. Je veux que tout soit toujours parfait. J’aimerais trouver des trucs qui la comblent de bonheur. J’aimerais l’aider dans les moments difficiles et panser ses plaies lorsqu’elle s’égratigne les genoux. Je veux la savoir heureuse du soir au matin et du matin jusqu’au soir. J’aurais aimé être son amour d’enfance, celui qu’on n’oublie jamais totalement. J’aurais aimé être sa passion adolescente, celle qui vous marque à tout jamais. J’aurais aimé être le père de son enfant. Mais je n’arrive que maintenant. Avec ma gueule de type de quarante-quatre ans ravagée par l’existence. »

Personnalité en vue depuis les années 90, Nicolas Rey a mené de front sa carrière d’écrivain, celles de chroniqueur radio et TV sur France-inter et Canal plus aux côtés de Pascale Clark entre autres, et celle de critique littéraire dans VSD. Le surdoué parrainé par Franz-Olivier Giesbert a d’autres cordes à son arc, il décroche le prix de Flore en 2000 pour Mémoire courte et reçoit en 2015 le César du meilleur court-métrage pour La femme de Rio co-écrit avec Emma Luchini. Tout semble réussir à ce jeune homme à la beauté romantique et impertinente, et pourtant…
 
Il révèle dans son dernier livre aux accents autobiographiques les mensonges qui ont jalonné son existence depuis la falsification des bulletins au lycée jusqu’au plagiat qui l’a plongé dans un gouffre financier et moral. Alcool, cocaïne et médicaments l’ont accompagné tout au long de son parcours dans les méandres des milieux culturels parisiens et ont précipité sa chute.
C’est l’amour pour Hippolyte son fils et pour Joséphine, la femme de sa vie qui l’a poussé à tout arrêter, les stupéfiants d’abord mais aussi le mensonge. Dos au mur est le récit de ce parcours douloureux.
 
Nicolas Rey nous dit tout, révèle petites et grandes faiblesses et nous touche au cœur. On a envie de devenir son ami, de lui remonter le moral et de l’encourager. On a envie de l’écouter parler de la trahison de celui qui lui a donné quelques pages pour terminer son dernier recueil de nouvelles avant de porter plainte contre lui pour plagiat. On a envie d’être le confident de son chagrin d’amour et de l’aider à retrouver sa Joséphine. Les plus belles pages lui sont consacrées, il la regarde, la décrit et elle devient l’essence même de l’écriture...
 
S’il était mort jeune comme le lui prédisait son médecin, il serait à coup sûr devenu un écrivain culte, de ceux à qui l’on pardonne tous les excès. Mais Nicolas Rey a décidé de vivre et d’écrire et c’est tant mieux pour nous car la vérité lui va bien et son roman se lit d’une seule traite, on ne peut que lui souhaiter de poursuivre sa route avec beaucoup de succès et beaucoup d’amour. 
 
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Deux romans jeunesse enfin, deux histoires d’amour qui feront battre le cœur de vos adolescents : La première fois que j’ai été deux de Bertrand Jullien-Nogarède et J’embrasse pas de Richard Couaillet. A lire et à glisser dans leur poche !
 
5. La première fois que j’ai été deux de Bertrand Jullien-Nogarède 
 

« Je hais l’adolescence ! Ce foutu bourbier où rien n’est jamais fini et où pourtant rien n’a encore commencé ! Je hais l’adolescence parce que les fééries de l’enfance se sont effacées, remplacées par la cruauté du monde mais surtout parce qu’on tombe amoureux et qu’on ne s’en relève pas. »

J’ai découvert Bertrand Jullien-Nogarède sur les réseaux sociaux et je ne l’ai pas regretté ! La première fois que j’ai été deux est le roman d’un musicien. Dans une autre vie, il était bassiste dans un groupe de rock à Montréal, il vit aujourd’hui dans le sud de la France et communique très volontiers avec ses lecteurs. On lit l’histoire et on entend les accords de Phil Collins et Peter Gabriel en musique de fond, c’est ce qui donne sans nul doute un ton particulier au roman.
 
Karen est une élève de Terminale L comme tant d’autres et comme tant d’autres, elle tombe amoureuse d’un garçon de sa classe sauf que ce garçon-là n’est pas comme les autres. D’abord, Tom est anglais ensuite, il est musicien, enfin il emporte Karen dans un autre monde sur son scooter. Avec lui, elle fait l’expérience de l’amour, ensemble ils franchissent les frontières de l’adolescence pour s’aventurer dans le monde des adultes. Karen fait l’expérience de la séparation quand Tom puis Mélanie, sa meilleure amie la quittent. Elle passe du plus grand bonheur à la plus profonde tristesse, du désespoir total à la foi en un avenir qui reste à écrire.
 
Roman sur l’adolescence, roman sur l’amour, roman sur la vie simplement, La première fois que j’ai été deux se lit comme un journal intime qui explore toute la palette des sentiments exacerbés par la jeunesse du couple central. Roman nostalgie pour nous, roman miroir pour nos ados, c’est un livre à partager en famille.
 
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6. J’embrasse pas de Richard Couaillet
 

« Et petit à petit, on s’est mis à jouer, à feinter, j’ai tenté, raté, réussi, je l’ai surpris, il m’a mystifiée, je me suis dérobée, il a fait ses parades, j’ai riposté, on a glissé l’un vers l’autre, fer contre fer, on s’est un peu bousculés, on a ri, de moi surtout, de lui aussi une fois ou deux. Et tout ça, sans un mot ou presque. » 

 
Les ados, Richard Couaillet les connait bien, il les côtoie chaque jour dans le lycée où il est professeur de français et ils sont les héros de ses romans, Angélique boxe, A contre-courants et J’embrasse pas. On lui doit aussi Angèle ma Babayaga de Kerménéven, Un papillon d’hiver et Un Max d'amour monstre, textes savoureux pour les petits. S’il maitrise le monde de l’adolescence, Richard Couaillet maitrise aussi celui de l’escrime et c’est en connaisseur qu’il met le langage et les codes de ce sport au service de l’échange amoureux dans son très beau nouveau roman.
 
On fait la connaissance de Sarah, collégienne type, adolescente un brin rebelle, prise en sandwich entre deux frères Ewen la tronche qui réussit tout et Lancelot, bébé baveur en quête constante de bisous. Or les bisous, Sarah n’aime pas ça et même, ça la dégoûte…Enfin, jusqu’à l’arrivée de Harry, le nouvel élève de 4ème, made in USA, qui fait craquer ou plutôt « crasher » toutes les filles. 
 
On s’attache très vite à cette petite Sarah, l’auteur nous fait entrer dans la peau atypique de son personnage et nous entraine dans le cercle d’escrime de son frère où elle prépare un combat déterminant qui se mue sous une plume sensible en métaphore amoureuse.
Une autre lecture à partager avec vos ados qui se mettront peut-être à la recherche d’une salle d’armes à Dubai… J’ai vérifié, c’est possible !
 
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Bonne lecture !
 
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  Petites annonces
 
 
Je vous propose ce mois-ci d’emporter dans vos valises la magie du Moyen-Orient. Hanan El- Cheikh, Khaled Hosseini, Naguib Mahfouz et Elif Shafak pimenteront vos siestes sur la plage ou sous les arbres du jardin ; les parfums et les airs orientaux viendront se mêler aux rythmes des vagues et aux rires des enfants. Ces lectures vous transporteront de Beyrouth à Kaboul, du Caire à Istanbul. 
J’ai passé des heures passionnantes, enchantées mais aussi douloureuses en compagnie des personnages de tous ces romans dont je découvrais les auteurs. Ils ont en commun de nous montrer leurs pays respectifs de l’intérieur à travers leurs histoires, leurs traditions et de nous en montrer parfois les facettes les plus sombres mais aussi les lumières les plus resplendissantes. Je vous souhaite à vous aussi un bon séjour au « pays des histoires ».
 
TOUTE UNE HISTOIRE, Hanan El-Cheikh
« En écrivant, j’ai appris à aimer ma mère »
 
 
À propos de l’auteur…
Née en 1945 dans une famille chiite du Sud-Liban, Hanan El- Cheikh fait ses études au Caire avant de devenir journaliste pour le quotidien libanais An-Nahar puis le magazine Al-Hasna. Femme de caractère, elle n’hésite pas à braver les interdits imposés par une société conservatrice. C’est ainsi qu’elle épouse à 23 ans un chrétien grec-orthodoxe sans le consentement de sa famille  et quitte le Liban pour Londres après avoir voyagé dans plusieurs pays du Golfe.
Elle aborde dans ses romans de nombreux sujets tabous dans la culture arabe et puise dans sa propre expérience pour évoquer les difficultés de vivre entre deux cultures. Si c’est L’Histoire de Zarha, (roman publié à titre d’auteur) qui l’a rendue célèbre en 1980, c’est avec Toute une histoire qu’elle a obtenu le Prix du roman arabe en 2010.
En 2001, la célèbre auteur libanaise compose cette ode à sa mère qui lui demandait depuis de nombreuses années d’écrire l’histoire de sa vie. Elle avait jusque là obstinément refusé de répondre à l’injonction de celle qu’elle considérait davantage comme « une amie fantasque et désordonnée » que comme une mère : " Je n'avais pas envie de revenir sur le passé. Et puis, surtout, je craignais qu'elle ne cherche à m'apitoyer et ainsi qu'elle ne tente de se rendre innocente à mes yeux." 
 
L’histoire
Hanan El-Cheikh consigne dans cette biographie, l’histoire d’une petite fille analphabète victime des traditions qui la conduisent dans le lit de son beau-frère veuf alors qu’elle n’a que 14 ans et lui a été promise trois ans plus tôt. Inconsciente du sort qui lui a été réservé, Kamleh, placée en apprentissage chez une couturière, tombe amoureuse de Mohamed. Le jeune couple, friand des films égyptiens vus en cachette et bercé par les airs romantiques à la mode fait des serments  qui seront vite contrariés par le funeste destin de la jeune fille.  Kamleh obtiendra le divorce et tentera de vivre son histoire d’amour dans le Liban des années 40 à aujourd’hui non sans renoncements et sans souffrances.
Hanan El-Cheikh se glisse dans la peau de cette petite fille joyeuse, audacieuse et vive, avide d’amour et de liberté et nous fait partager avec un réalisme frappant son intimité jusqu’à la fin d’une vie édifiante. Elle nous permet ainsi d’être les témoins privilégiés de l’histoire d’amour réécrite par une fille pour sa mère, miroir de leurs propres sentiments. 
 
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MILLE SOLEILS SPLENDIDES, Khaled Hosseini
« Nul ne pourrait compter les lunes qui luisent sur ses toits
Ni les mille soleils splendides qui se cachent derrière ses murs. »
 
 
À propos de l’auteur…
Khaled Hosseini est né en 1965 à Kaboul et a vécu en Iran, en France et aux Etats-Unis au gré des affectations de son père diplomate, avant d’y obtenir le droit d’asile. Docteur en médecine, il exerce en Californie et écrit en parallèle. Son premier roman Les Cerfs-volants de Kaboul a été salué par la critique en 2003 et Mille soleils splendides, paru en 2007 a confirmé le succès de l’auteur dans le monde entier. Ainsi résonne l’écho infini des montagnes a reçu le même accueil sept ans plus tard. Les trois romans ont pour toile de fond  les déchirures d’un pays détruit par cinquante ans de conflits, l’Afghanistan, auquel Khaled Hosseini fait une déclaration d’amour toujours renouvelée. Il travaille pour l’UNHCR (agence des nations unies pour les réfugiés).
 
L’histoire
C’est cinquante ans de l’histoire de son pays d’origine que raconte avec talent Khaled Hosseini à travers le destin de Mariam et Laila, deux femmes mariées de force à Rachid à vingt ans d’intervalle, engluées dans les traditions et malmenées par une société chaotique dans un pays dévasté.                     
La première est une harami, elle vit avec Nana, sa mère, et reçoit avec bonheur les visites de son père dont elle comprend rapidement qu’il ne souhaite pas lui faire partager la vie de sa famille officielle. Ainsi, après la mort de Nana, il ne s’opposera pas au mariage arrangé par ses femmes et laissera partir Mariam avec un homme de trente ans son ainé. Incapable de lui donner un enfant, elle subira de plus en plus de violences et d’humiliations. 
La seconde, Laila partage son temps entre l’école et son ami Tariq. Le temps passe et leur amitié évolue sur fond de guerre civile. Orpheline suite à un raid qui détruit sa maison  et convaincue de la mort de son ami, Laila se résigne à épouser Rachid qui l’a recueillie. Elle est en effet enceinte de Tariq et  met au monde une petite fille, Aziza,  sans que son mari  se doute qu’elle n’est pas de lui. Ils ont ensuite un fils, Zalmai vénéré par Rachid qui désespérait de ne pas avoir de garçon.
C’est d’abord sur le mode de l’opposition et de la rivalité que vont se confronter les deux femmes avant de s’unir contre leur tyran commun. Rachid est un homme rustre et brutal qui réagit à chaque contrariété en rouant de coups les deux malheureuses qui vivent sous son toit. La situation ne fera qu’empirer quand il sera confronté aux difficultés financières. Les deux femmes tenteront alors de lui échapper et leurs destins seront liés à jamais sous le signe d’une solidarité à toute épreuve.
 
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L’IMPASSE DES DEUX PALAIS, Naguib Mahfouz
« Le Zola du Nil »
 
 
À propos de l’auteur…
Considéré comme le grand modernisateur du roman arabe, Naguib Mahfouz est né en 1911 et mort en 2006 dans la ville qui l’a fasciné toute sa vie et dont il a fait le cœur de son œuvre : Le Caire. C’est dans le vieux quartier populaire de Gamaleyya, dans l’ombre protectrice  de la mosquée Al Husseiny et dans le joyeux désordre de ses rues animées que l’auteur a puisé l’inspiration pour écrire la célèbre trilogie du Caire dont chaque roman porte le nom de l’une d’entre elles  : Impasse des deux palais (Bayn al-Qasrayn) , Le palais du désir (Qsar al-Shawq) et Le jardin du passé (Al-Sokkariyya). L’auteur y raconte l’histoire d’une famille à travers la première moitié du XXème siècle, livrant ainsi une peinture réaliste de l’histoire de son pays, de la première guerre mondiale jusqu’au renversement du roi Farouk. 
 
L’histoire

Le premier tome se déroule de 1917 à  1919 , période de lutte contre l’établissement du protectorat anglais. Dans la maison d’Ahmed Abd El-Gawwad, marchant aisé et charismatique, vivent sa seconde épouse,  Amina et ses quatre enfants ; Fahmi étudiant en droit et Kamal, le petit dernier ;  Khadiga à la langue venimeuse et la douce et belle Aïsha  ses filles ainsi que Yasine, amateur d’alcool et de femmes issu de son premier mariage avec Hanniyya, répudiée. Naguib Mahfouz s’attarde sur le quotidien de femmes et enfants soumis à l’autorité du chef de famille, ponctué par les préparations des mariages, bouleversé par les changements de société. Petite histoire et grande Histoire se confondent dans un roman passionnant dont on tourne la dernière page en attendant avec impatience d’ouvrir le tome suivant.
La précision des descriptions et la richesse des évocations ont valu à Naguib Mahfouz d’être comparé à  Emile Zola avec qui il partage aussi une écriture prolifique et un engagement dans la vie politique de son pays. Premier écrivain arabe à recevoir le prix Nobel de littérature en 1988, il reçoit un hommage unanime au moment de son décès.
 « Comme Balzac et Zola, comme Tolstoï et Faulkner, Mahfouz a été le témoin de son époque, témoin à l'écoute de son peuple, celui qu'il côtoyait quotidiennement dans sa rue, dans son café. » Il a également salué en Naguib Mahfouz un écrivain « visionnaire et courageux », dont l’œuvre « fait honneur non seulement aux lettres arabes, mais à la littérature universelle. » Tahar Ben Jelloub
 
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TROIS FILLES D’EVE, Elif Shafak
 
 
À propos de l’auteur

Elif Shafak est très populaire en Turquie, elle écrit ses romans aussi bien en turc, sa langue maternelle qu’en anglais. Née en France, elle a passé son adolescence à Madrid puis à Amman, elle est diplômée de l’université d’Ankara et se partage aujourd’hui entre Londres et Istanbul. Féministe engagée, imprégnée par le soufisme et la culture ottomane, elle porte un regard critique sur la société turque patriarcale et machiste. Multiculturalisme et cosmopolitisme constituent le quotidien  de cette femme élevée par une mère divorcée, éduquée, laïque et moderne sous le regard d’une grand-mère traditionnelle qui lisait l’avenir dans le marc de café. C’est cette dualité qui constitue les fondements de son œuvre.
Ainsi, le personnage principal de Trois filles d’Eve  est confronté dès son plus jeune âge à  l’opposition  entre un père laïc et rationnel et une mère conservatrice et très pieuse. Et c’est cette contradiction spirituelle qui constituera le fil rouge d’un récit dans lequel trois étudiantes participent au cours de théologie d’un brillant professeur qui les pousse au questionnement. 
 
L’histoire
Istanbul, 2016. Peri est agressée alors qu’elle se rend à un dîner en compagnie de sa fille. Une vieille photo échappée du sac qui lui a été dérobé la plonge dans le passé. Alors que les convives discutent de l’état du monde et de la place de la Turquie tiraillée entre l’attrait pour l’occident et la fidélité aux valeurs orientales, elle laisse ses pensées vagabonder vers les fantômes du cliché. Les années 80 à Istanbul d’abord puis les années 90 au collège et au lycée, son départ à l’université d’oxford en 2000 enfin.
 Les va-et-vient narratifs entre présent et passé permettent d’éclairer la vie bourgeoise de Peri auprès de son riche mari promoteur, en révélant les failles et les faiblesses, les espoirs et les regrets d’une femme moderne à l’étroit dans les manifestations mondaines stambouliotes. Elle retrouve par la pensée ses colocataires de l’université, Mona, musulmane pratiquante et féministe et Sirin, émancipée et athée, elle  replonge dans leurs débats et s’interroge sur le chemin qu’elle a elle-même suivie depuis.
Trois filles d’Eve est une histoire d’amitié et une histoire de passion à  l’image de la relation de l’auteur avec un pays qui oscille entre tradition et modernité.
 
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  Petites annonces
Le printemps célèbre la renaissance, l'éclosion de la nature et  évoque métaphoriquement la fécondité. En cette saison, ce sont donc les femmes écrivains que j'ai eu envie de mettre à l'honneur. Nous en connaissons d'illustres dans l'histoire de la littérature et nous en découvrons à chaque rentrée qui nous prouvent s'il en était besoin que le talent n'est pas une question de genre. 
 
J'ai l'embarras du choix cette année encore et la sélection des textes que je vais vous présenter aujourd'hui est moins dictée par mes préférences que par l'obligation de faire un tri. C'est ainsi que j'ai mis de côté en dépit du plaisir que j'ai éprouvé à les lire les derniers textes de Sybille Grimbert (La Horde), Saphia Azzedine (La Mère), Claudie Gallay (La Beauté des Jours), Marie Darrieussecq (Notre vie dans les Forêts), Alice Zeniter (L'Art de perdre), Eva Ionesco (Innocence), Colombe Schneck (Les Guerres de mon père) ou Sophie Fontanel (Une Apparition). 
Il y a celles que j'attendais : Catherine Pancoll avec Trois Baisers et Delphine de Vigan avec Les Loyautés et celles que je n'attendais pas : Laetitia Colombani avec La Tresse et Isabelle Carré avec Les Rêveurs. Les premières ne m'ont pas déçue, surtout Delphine de Vigan ; les suivantes m'ont enchantée surtout Isabelle Carré.
 
  • Les Attendues…
Elles partagent la même blondeur, le même dynamisme, Delphine de Vigan a été directrice d'études dans un institut de sondage et Katherine Pancol, prof de lettres puis journaliste, elles ont aussi en commun la production de Best-Sellers. Leurs grands succès : " D'après une histoire vraie " et " Les Yeux jaunes des crocodiles " ont été adaptés au cinéma par Olivier Assayas et par Cécile Telerman. Elles suscitent le même engouement auprès du public et de longues queues se forment devant leurs tables respectives dans les différents salons. Les sorties de leurs nouveaux romans sont attendues et les ventes s'envolent très vite, deux femmes bien dans leur époque, plébiscitées par les lecteurs depuis plusieurs années…
 
Les Loyautés de Delphine de Vigan
 
 
Delphine de Vigan nous plonge dans les méandres d'un tragique quotidien. Comment ne pas se retrouver dans l'hypersensibilité d'une prof de collège d'autant plus concernée par les difficultés de ses élèves qu'elles la replongent dans un passé douloureux… Comment ne pas avoir le cœur serré face à deux gamins qui noient leur mal- être dans l'alcool cachés sous un escalier de leur collège dans l'indifférence générale. L'auteur manie la plume comme un scalpel et dissèque le cœur de ses personnages avec un souci de vérité et d'humanité implacables. A travers Théo et Mathis, c'est la vie en alternance des enfants de parents divorcés, c'est la vie en souffrance par procuration des enfants de parents au chômage qui servent de toile de fond à cette histoire d'amitié, d'amour, de loyautés enfin. La loyauté, qualité ou non- sens quand il s'agit de sauver un enfant blessé ? Trahir la confiance de l'autre, est-ce le trahir quand il s'agit de le sauver ?
L'auteur fait alterner les points de vue des quatre personnages principaux : les deux enfants, la professeur et la mère de Mathis et ce faisant, elle nous entraine dans la logique de chacun et met à jour les liens qui les relient, les retiennent voire même les emprisonnent. Après Rien ne s'oppose à la nuit et D'après une histoire vraie, Delphine de Vigan livre un texte fort et dérangeant qui ne peut que nous interpeller.
 
" Ce sont les liens invisibles qui nous attachent aux autres - aux morts comme aux vivants-, ce sont des promesses que nous avons murmurées et dont nous ignorons l'écho, des fidélités silencieuses, ce sont des contrats passés le plus souvent avec nous-mêmes, des mots d'ordre admis sans les avoir entendus, des dettes que nous abritons dans les replis de nos mémoires."
 
Trois Baisers de Katherine Pancol
 
 
Septième tome de la saga des Joséphine, Hortense, Stella… personnages récurrents depuis Les yeux jaunes des crocodiles, Trois Baisers nous emporte de nouveau dans leurs vies pleines de rebondissements. Et c'est avec plaisir que nous les suivons, heureux de les retrouver comme les membres d'une famille éloignée ou les protagonistes d'une série quotidienne à la télé. Nul besoin toutefois d'avoir lu ou de se souvenir des opus précédents pour lire celui-ci. On adhère rapidement aux tranches de vies de femmes sur trois générations aux prises avec leurs difficultés quotidiennes même si elles sont parfois rocambolesques ou plutôt parce qu'elles le sont. Car c'est la marque de fabrique de l'auteur qui introduit au fil des volumes des êtres dignes parfois d'univers parallèles. Ainsi, Junior, enfant très précoce ou Dakota, collégienne mystérieuse et fascinante. On sent au fil des pages l'attachement de Katherine Pancol pour ses personnages et on lui sait gré de ne pas les prendre au sérieux, on entre dans le roman comme dans un jeu et on se laisse prendre, curieux de savoir qui gagnera la partie engagée. Qui embrasse qui ? C'est ce qu'il vous reste à découvrir… 
 
" Le baiser est signature de Dieu, empreinte et promesse d'amour. Il nourrit, il répare. Il se dépose sur la bouche, le nez, les joues et autres organes que nous refusons de nommer, y laisse un film protecteur. Il soigne les humeurs, restaure la rate, le foie, le poumon, panse et éclaire l'âme, tourne le cœur vers un grand lac d'espoir. De la boue la plus noire, il fait jaillir la flamme. Ne ris pas du baiser ou tu seras DAMNE. Jeté dans les feux de l'Enfer. Reçois Trois Baisers d'amour vrai, et tu seras sauvé. "
 
  • Les Inattendues…
Elles partagent la même fraîcheur, le même enthousiasme et surtout le même goût pour le 7ème art. Laetitia Colombani est une réalisatrice et une scénariste mais elle est aussi actrice comme Isabelle Carré qu'elle a dirigée dans son premier long métrage : " A la folie …pas du tout ". Et elles font toutes les deux une entrée remarquée avec leurs premiers romans, salués par la critique et très appréciés par le public. 
Deux femmes promises à un bel avenir dans le monde des lettres… 
 
 
La Tresse de Laetitia Colombani
 
 
" Aux femmes courageuses "
Smita, Giulia et Sarah vivent sur trois continents différents. Elles n'ont apparemment rien en commun. Et pourtant entre l'Indienne Intouchable, misérable " scavenger " ; la jeune ouvrière Palermitaine, héritière de l'atelier familial ; et la brillante avocate de Montréal, un lien vital se tresse petit à petit au fil des pages. L'écriture de Laetitia Colombani est nette et précise comme la volonté de ses trois personnages, bouleversants d'humanité. La force de l'écrivain est de nous rendre aussi familières les trois héroïnes, de nous permettre de plonger dans leurs trois existences avec la même aisance simplement parce que malgré toutes leurs différences, elles ont un point commun : ce sont des femmes, filles, mères et/ou amantes (tout comme nous) qui se battent pour rendre la vie meilleure. 
J'ai lu ce beau roman en une journée sans pouvoir m'en détacher. Un premier roman… une vraie réussite. Je ne doute pas que la dernière page tournée, vous n'attendiez avec impatience le suivant ! 
 
" Sarah avait ainsi construit un mur parfaitement hermétique entre sa vie professionnelle et sa vie familiale, chacune suivant son cours, telles deux droites parallèles qui ne se rencontrent pas. C'était un mur fragile, précaire, qui se fissurait parfois, et s'effondrerait peut-être un jour. Qu'importe. Elle se plaisait à penser que ses enfants seraient fiers de ce qu'elle avait construit, et de ce qu'elle était. "
 
Les Rêveurs d'Isabelle Carré
 
 
Actrice reconnue et célébrée dès 2003 aux Césars pour son premier rôle dans Se souvenir des belles choses, Isabelle Carré compte de nombreux autres succès dans sa filmographie comme Les Enfants du marais, Entre ses mains ou Les Emotifs Anonymes. Elle s'est également distinguée aux Molières à plusieurs reprises et est saluée par l'ensemble des journalistes qui comme elle le dit elle-même avec malice lui attribuent systématiquement deux adjectifs : " discrète et lumineuse ". Elle revient donc sur le devant de la scène pour un premier roman aux accents autobiographiques intitulé Les Rêveurs, et c'est en pleine lumière qu'elle décide d'exposer " La partie émergée de l'iceberg ". On comprend à la lire ce qui nourrit son jeu dramatique et d'où vient cette intime conjugaison entre la fragilité et la détermination qui l'animent.
Isabelle Carré ne démérite pas en évoquant ses souvenirs d'enfant, d'adolescente et de jeune adulte. On retrouve avec une certaine nostalgie l'atmosphère libertaire des années 70 et elle aborde avec gravité mais sans emphase des sujets tabous dans la plupart des familles : le coming-out du père, la dépression de la mère et ses propres fragilités d'enfant perdue dans un monde d'adultes indéchiffrable. La narratrice grandit, analyse, comprend, pardonne, admire aussi… elle se construit au gré des événements familiaux et nous fait partager des rêves plus ou moins imaginés, plus ou moins vécus. C'est une femme forte et riche de toutes ses expériences qui émerge du récit une fois le livre fermé, une femme qu'il nous semble alors avoir rencontrée en chair et en os, là, dans l'intimité de notre salon, presque une amie. 
 
" On prend vite l'habitude de ne compter que sur soi-même. C'est littéralement devenu sa méthode pour s'endormir, elle compte sur ses doigts : " le pouce c'est ton père, le majeur ta mère, et sur les autres ton frère et tes sœurs. " Aussi longtemps que nécessaire, comme des petites marionnettes, elle les fait vivre dans ses mains. " 
 
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S’ils sont perçus comme des jeux par l’enfant, ils n’en demeurent pas moins de formidables outils simples et ludiques d’apprentissage. Les loisirs créatifs regorgent d’inventivité pour s’éveiller, développer sa créativité et son imaginaire, tout en mettant sa patience à l’épreuve. Ainsi, nous vous donnons quelques idées d’activités à acheter sur Dubai et partager sans modération, avec vos enfants ! Nous avons fait notre sélection chez Culture & Co.

1. Le décopatch 
Le décopatch est un papier fin, légèrement transparent, uni ou à motif, qui permet de décorer ou de redonner vie à de nombreux objets (lampe, objet déco, vase etc.) à l’aide d’une colle spéciale. Cette activité est facile et accessible à tous pour des résultats impressionnants. Pour l’anecdote, cette technique vient de… Lyon !
 
2. La création de masques
Créer son masque de carnaval avec des plumes, des paillettes, ou encore de la peinture devient… un jeu d’enfant ! Accessoire pour compléter un déguisement d’anniversaire ou simple objet déco, le masque offre mille possibilités.
 
 
3. La mosaïque 
L’activité de mosaïque va permettre à l’enfant d’exercer ses capacités de concentration et de précision sur le support de son choix. Vous pouvez commencer par une petite surface, et augmenter le niveau de difficulté selon l’âge ! 
Où trouver le matériel ? Mosaïques en papier, en caoutchouc ou en résine selon l’âge de l'enfant. 
 
4. La pâte polymère ou FIMO 
C'est une sorte de pâte à modeler, à la consistance moins élastique, donc un peu plus difficile à travailler que la pâte à modeler classique. Celle-ci se cuit afin d’immortaliser les œuvres d'art réalisées par vos enfants !  Les pré-ados en sont mordus. 
 
 
5. Le scrapbooking 
Apprenez à vos enfants à mettre en scène leurs souvenirs, à écrire leur journal et à animer leurs photos dans un livre créatif.
 
6. La création de bijoux 
Tresser des bracelets, faire des colliers en perles, monter des boucles d'oreilles, sont des activités qui permettront à vos princesses de créer de vrais accessoires de mode, tout en s’amusant. Une super idée d’atelier pour un anniversaire girly !
 
 
7. La peinture 
Un grand classique, indémodable. Proposant un choix varié de supports (peindre une toile, un objet en bois ou même un petit meuble), la peinture sous toutes ses formes offre de véritables moments de détente pour petits et grands.
 
8. La calligraphie
L'art ancestral de l’écriture a fasciné toutes les civilisations. Aujourd’hui, celle-ci s’expérimente par les plus jeunes pour développer leur poésie lors d’un moment de calme et de minutie.
 
Bonnes créations !
 
Culture & Co
Al Nasr Plaza street 10 Oud Metha
Contact : +971 4 357 3603
Horaires d'ouverture : du dimanche au jeudi de 8h00 à 18h00, le samedi de 10h00 à 18h00.
Fermé le vendredi.

 
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  Petites annonces
 
Comment choisir parmi les 581 romans parus cet automne ? Au feeling comme toujours, à cause du nom de l’auteur, du titre ou de la première de couverture… J’essaie de ne pas lire les critiques, histoire de poser un regard neuf sur les textes que j’ai choisi de vous présenter.
Quelle meilleure occasion que les fêtes de fin d’année (et donc d’un retour au pays) pour se faire offrir l’un ou plusieurs de ces ouvrages ? Aucune excuse pour ne pas bouquiner cet hiver sur la plage !
 
Amélie Nothomb et Philippe Besson font partie des élèves réguliers et attendus de la rentrée, on mise sur le cru 2017. Véronique Olmi et Chantal Thomas moins prolifiques peut-être n’en restent pas moins des éléments moteurs de la classe littéraire.
Tous ont été, à plusieurs reprises récompensées. Amélie Nothomb a reçu entre autres le Grand prix du roman de l’Académie Française pour Stupeur et Tremblements en 1999, Philippe Besson, celui de La Maison de la Presse en mai dernier pour Arrête avec tes Mensonges. Véronique Olmi est lauréate du prix du roman Fnac 2017 avec Bakhita et Chantal Thomas a reçu en 2014, le Grand Prix de la Société des gens de lettres pour l’ensemble de son œuvre.  
 
Frappe-toi le cœur, Amélie Nothomb
Frappe-toi le coeur
C’est le titre du dernier roman d’Amélie Nothomb « Frappe toi le cœur » qui a attiré mon attention… la suite de la citation d’Alfred de Musset m’est venue à l’esprit « (…) c’est là qu’est le génie. C’est là qu’est la pitié, la souffrance et l’amour. » Intriguée, j’ai cédé à la tentation et dois avouer que cette fois encore, elle m’a menée par le bout du cœur ! 
 
« C’était donc cela, le sens, la raison d’être de toute vie : si l’on était là, si l’on tolérait tant d’épreuves, si l’on faisait l’effort de continuer à respirer, si l’on acceptait tant de fadeur, c’était pour connaître l’amour. »
L’auteur utilise un ressort de la tragédie bien connu, la jalousie. Or, il ne s’agit pas ici de la jalousie entre deux amants ou deux amis ; Marie envie Diane, son bébé, sa fille. Peut-être lui reproche t’elle d’avoir mis fin à son règne, celui de la plus belle fille de sa province, convoitée par tous les garçons, enviée par toutes les filles, idolâtrée par ses parents. Mère très jeune, trop jeune par inadvertance, mariée à un beau parti plus par orgueil que par amour, elle se voit voler la vedette par la petite Diane, victime innocente et trop vite consciente de son infortune. L’enfant à qui l’auteur prête sa voix excuse sa mère, lui trouve toutes les circonstances atténuantes jusqu’à ce qu’elle soit confrontée à la suprême injustice.
 
L’écriture est précise et aucune fioriture ne vient alourdir un texte d’une grande efficacité. Marie, au prénom évocateur tient à la fois de la marâtre des contes de fées et de la Madame Bovary de Flaubert mais c’est le point de vue de l’enfant qui est ici présenté et les conséquences du rejet maternel qui sont analysées.Amélie Nothomb nous fait vibrer face à des personnages réalistes dans leur cruauté, leur passivité ou leur souffrance finalement ordinaires.
 
Disponible également à Dubai, chez www.culturecodubai.com et en commande sur www.kezobi.com
 
Un personnage de roman, Philippe Besson

Un personnage de roman

Philippe Besson ne m’a jamais déçue, j’ai pourtant hésité devant un texte que je craignais plus proche du panégyrique que du roman malgré, ou peut-être à cause de son titre. Je n’ai cependant pu résister à l’envie de découvrir l’épopée présidentielle à travers le regard de l’auteur d’Un garçon d’Italie.
 
« Je me souviens qu’il a appelé son mouvement : En marche ! Et que cette injonction est tirée de Vol de nuit, le roman de Saint-Exupéry. »
 
L’histoire, on la connait, un jeune ministre s’affranchit de sa fonction et de son président le 30 août 2016 à l’aube des élections présidentielles ; contre toute attente, il franchit les obstacles et parvient au sommet de l’état. On ne peut pas être davantage dans la réalité…
Or Philippe Besson se targue d’écrire un roman et en effet, sous sa plume, Emmanuel M comme il le désigne a tout du héros romanesque. Soutenu par une femme d’exception à leurs yeux à tous les deux, il fait face aux adversités, surmonte les difficultés avec une détermination impressionnante. Ainsi, après de nombreuses péripéties, il remportera l’objet de sa quête. Sa campagne tient de l’épopée dont elle réunit tous les ingrédients et l’auteur nous fait petit à petit partager une fascination d’autant plus forte qu’elle est consciente.
 
On trouvera bien au détour d’un chapitre quelque anecdote, quelque propos privé, quelque détail des coulisses dont les lecteurs raffolent mais l’essentiel n’est pas là. C’est sur la nature de son travail que s’interroge l’auteur, sur cette subjectivité qui devient vite suspecte lorsque l’on s’intéresse à un personnage en vue. Et ce faisant, il nous livre un texte d’une grande sincérité où réalité et fiction s’entremêlent pour livrer une vision humaine et lucide non seulement de l’homme mais aussi du couple présidentiel. Nul besoin donc d’adhérer à la politique d’Emmanuel M pour apprécier ce journal de campagne qui nous introduit au cœur de la conquête et nous livre également la genèse de son écriture.
Finalement, Besson avoue avoir « abdiqué sa neutralité » face à un président dont le rêve était de devenir écrivain…
 
Disponible également à Dubai chez www.culturecodubai.com
 
Bakhita, Véronique Olmi
Bakhita
Bakhita, personnage éponyme du roman de Véronique Olmi pourrait être cette jeune-femme sur la couverture qui dégage à la fois une force inouïe et une douceur sans fin. C’est justement en découvrant son portrait lors de la visite de l’église dont elle est la patronne en Touraine que l’auteur a été subjuguée et a décidé de retracer l’extraordinaire parcours de cette femme exceptionnelle, morte le 8 février 1947 et canonisée par le pape Jean-Paul II en 2000.
 
« Elle garde en elle, comme un hommage l’enfance, la petite qu’elle fut. Cette enfant qui aurait dû mourir dans l’esclavage a survécu, cette enfant était et reste ce que personne jamais n’a réussi à lui prendre. »
 
Véronique Olmi raconte une histoire vraie, celle de  Bakhita née en 1869 à Olgossa, village du  Darfour dans une famille de onze enfants. Elle est enlevée par des négriers à l’âge de sept ans comme l’a été sa sœur aînée avant elle, arrachée à une vie heureuse au sein de sa tribu. Elle découvre l’horreur sur la longue route qui la conduit au marché des esclaves. Traumatisée par les mauvais traitements subis, elle oublie son nom et ses ravisseurs la nomment Bakhita, « la chanceuse ». Mais jamais elle n’oubliera  la chaleur et la musique de la voix de son père, ni l’odeur de mil, de sucre et de lait de sa mère Elle connait alors le triste sort des esclaves, vendue et revendue, elle passera de mains en mains, de tortionnaires en tortionnaires, elle connaitra toutes les violences avant d’être rachetée par le consul d’Italie à Khartoum en 1883.
Véronique Olmi nous transporte dans l’odyssée de Bakhita, de l’esclavage à la liberté dans une première partie puis de la liberté à la sainteté. Elle dresse le portrait d’une petite fille meurtrie qui puise dans l’amour originel la force de faire face à un destin tragique pour le muer en destin d’exception.  On comprend à l’issue de cette lecture que Véronique Olmi ait vécu deux ans par et pour Bakhita dont la force d’amour et de miséricorde nous accompagnera longtemps.
 
Disponible également à Dubai chez www.culturecodubai.com
 
Souvenirs de la marée basse, Chantal Thomas

Bakhita
 
Dernier clin d’œil aux vacances passées, la couverture de Chantal Thomas, Souvenirs de la marée basse, arbore une tente rayée bleu et blanc sur une plage de sable blond. D’abord séduite par la carte postale, j’ai aimé un récit profond, celui d’une relation mère-fille difficile, exigeante et formatrice en bordure d’océan.
 
« J’ai envie d’être déjà rentrée, déjà prise par une musique d’écriture, continuant de contempler le rideau de pluie et, à travers lui, bien au-delà, ma mère en train de nager, seule, inaccessible, touche minuscule dans l’immensité bleue, point quasi imperceptible, imperceptible en vérité, sauf au regard de ma mémoire »
 
Chantal Thomas nous entraîne de rivage en rivage tout au long de son roman. D’Arcachon à Villefranche-sur-Mer, du Cap Ferrat au Cap Ferret, c’est le goût de nager qui relie Chantal à Jackie, la fille à la mère. 
Jackie est un mystère pour Chantal, elle la raconte pourtant à travers ses rituels aquatiques, démonstrations d’indépendance, sources inépuisables de jouissance. Le livre s’ouvre sur le bain osé dans le Grand Canal à Versailles par Jackie adolescente et se poursuit avec son immersion quotidienne, enceinte, dans le lac de Paladru, « le lac bleu ». Peut-être que la complicité des deux nageuses nait à ce moment-là, précieux, partagé entre la mère et l’enfant à venir.
Chantal Thomas se raconte aussi au bord de l’océan qui l’apaise, la nourrit et la stimule. Elle fréquente les mêmes rivages que sa mère dont la silhouette sportive et élégante l’accompagne, elle égrène les souvenirs communs. On passe d’un chapitre à l’autre, des maillots de bain de Chantal « qui collent exactement à son corps » au bonnet de bain « à fleurs de marguerites » de Jackie ; vignettes tendres et graves pour peindre l’enfance.
 
Chaque chapitre est un fragment de la vie de l’auteur et de sa famille et la première partie se clôt avec le dernier été, celui d’avant la mort du père. On vogue alors vers « d’autres rivages », de Menton à Manhattan, mère et fille sont séparées par mer et océan mais s’envoient des cartes postales comme autant de baisers. Lorsqu’elles se retrouvent, c’est pour nager.
 
 
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  Petites annonces
 
Après l’avoir quittée en 2015, suite à la sortie de « My fantastic life in Dubai : The Oh-so True Story of Jumeirah Jane », un livre-album humoristique teinté d’autodérision, nous retrouvons aujourd’hui l’écrivain Kyra Dupont Troubetzkoy, dans un registre totalement différent. Livre consécration, mêlant l’histoire dans l’Histoire, « À L’Hermine blanche » est définitivement le roman qui ne vous lâchera pas cet automne. Puissant et touchant, cet ouvrage bouscule en interpellant l’enfant caché en chacun de nous, à la conquête de ses racines. Sortie le 6 octobre 2017, aux éditions Luce Wilquin.
 
La petite histoire dans la grande
 
Cette histoire, elle est là, « depuis toujours », nous explique Kyra. À portée de main « dans mes cartons remplis de photos, documents, lettres et coupures de journaux… » poursuit-elle ; et donc au bout de son stylo depuis janvier 2015, date à laquelle elle entamera sa rédaction. Mais celle-ci n’est que l’aboutissement d’un long travail de recherches, nourri par une enquête de fond et ponctué par deux voyages en Russie. « Je crois que je suis devenue écrivain pour écrire ce livre…  Je ne pouvais me dérober de cette histoire, » confie-t-elle.
 
L’histoire démarre à Megève, dans le chalet de « L’Hermine blanche », où l’on fait la connaissance d’un trio familial plein d’amour, au bonheur presque palpable. Tout s’effondre lorsque Sacha (5 ans) chute brusquement d’un balcon…

On prend alors part à l’aventure tragique d’une enfant que les circonstances de la vie frappent de plein fouet. On remonte l’histoire comme on remonte le temps, à travers les yeux de différents personnages : la maman, Sophie ; le grand-père, Alexandre ; Sacha alias Titi ; la granny, Narcisse etc. Chacun d’eux se répondent et permettent de comprendre la psychologie du suivant « J’ai effectué un énorme travail sur la structure, même si celle-ci s’est finalement imposée d’elle même. Je voulais que la forme serve le fond, pour me permettre d’explorer toute la profondeur et la sensibilité des personnages, et ainsi aller, à chaque fois un cran plus loin, » explique Kyra.
 
Mais ce livre parle avant tout d’amour et de résilience, au travers d’un drame familial, avec la guerre comme toile de fond ; dans une Russie déchirée entre les « Blancs », conservateurs d’une monarchie qui n’est plus, et les « Rouges », membres du parti Bolchevick. Le pays se déserte : l’exil est alors vécu comme un suicide, mort d’une culture que l’on ne cessera de (re)chercher partout et par tous les moyens. Kyra mêle alors sa plume de journaliste à celle de la romancière, pour dresser le portrait d’un pays aussi fascinant que mystérieux, au cœur d’une époque historique.

 
Un voyage initiatique… à la conquête de ses origines
 
Le personnage principal de Sacha va partir à la rencontre de son énigme et enfin accepter de percer les secrets de famille obscurs qui l’accompagne. « J’aime mettre en récit la vie de personnages traversant des situations très difficiles, mais faisant toujours preuve de résilience. Comme dans la vie, on peut subir et porter des choses lourdes, mais ensuite faire le choix de vivre dans la joie, avec beaucoup d’espoir, » conclut-elle. 
 
On ne peut s’empêcher de venir interroger la part de « réalité » dans ce récit, véritable parallèle entre la vie personnelle de Kyra Dupont Troubetzkoy, portant le nom d’une famille princière de la noblesse russe, et la fiction de ce roman. « Bien sûr que cette histoire est empreinte de vécu, de mon histoire personnelle et familiale… mais au final, peu importe, » nous explique Kyra, maniant parfaitement l’art de la narration, avec un sens accru des détails. « J’ai fait d’un conte intime une fresque romanesque, pour ainsi la rendre accessible, universelle, » affirme t-elle.  
 
Et le pari est réussi, grâce à la plume incisive et juste de l’auteur qui vient nous piquer en plein cœur : les émotions sont vives, elles nous réveillent en nous bousculant, pour finir par nous pousser dans nos retranchements. Et si personne n’était épargné par le travail de mémoire ? Et si nous étions voués à affronter notre histoire, puisque nous en portons (coûte que coûte) l’héritage ? Comment accepter de posséder ce qui semble ne pas nous appartenir ? Tant de questions qui se révèlent tout au long du roman, dans une quête identitaire absolue, en proie à de nombreuses remises en question.

Kyra brode son histoire à mesure que Sacha chemine doucement vers elle même… et nous emporte avec elle dans le tourbillon des sentiments. On aime, on rit, on pleure, on a mal : tout ça à la fois. 

« À L’Hermine blanche » fait partie de ces livres que nous ne lâcherons pas avant d’en avoir consumé la dernière page, celui qu’on ne prêtera pas, celui qu’on gardera précieusement chez soi, comme un beau tableau ou un bijou précieux, « une guerre contre l’oubli » ; « un livre pour se rappeler à soi-même, pétri au chagrin, à l’abandon, à la colère, à la solitude, à l’incompréhension et à l’injustice, » écrit-elle.
 
Si vous ne la connaissez pas… 
… Kyra, en quelques mots.
 
Solaire et profondément optimiste, celle-ci aime déceler le relief en chacun, celui qu’on ne perçoit pas tout de suite, au premier regard.
 
Franco-suisse, d’origine russe, née en 1971, Kyra Dupont Troubetzkoy obtient un master de journaliste à Londres. Elle entamera par la suite une carrière de grand reporter couvrant l’actualité de nombreux pays, tout en collaborant pour divers médias français, américains et suisses. Elle quitte le journalisme en 2007 pour se consacrer à plein temps à l’écriture.
Passionnée de littérature et d’histoire, celle-ci revient cette année sur les bancs de l’université, pour suivre un master à distance en Lettres générales et comparées à La Sorbonne, Paris.
Kyra travaille déjà sur un autre roman qui mêlera fiction et mythologie, « un Œdipe des temps modernes », confie-t-elle. Patience…
« À L’Hermine blanche » est son 7ème ouvrage, dans lequel Kyra semble avoir trouvé sa voie.
 
Où se le procurer ?
 
Sur Dubai :
Disponible chez Comptoir 102
Bientôt disponible chez Culture & Co et Kezobi 
Séance de dédicaces chez Comptoir 102 le 08/11/17 à 11h et à l’Alliance Française le 27/11/17 matin.
 
 
En France, Belgique et Suisse :
Dans toutes les bonnes librairies ou sur amazon.fr.
 
Bibliographie
• Journal intime de 20 Parisiennes, Editions de Paris, 2002
• Logomania, ouvrage collectif, Editions de Paris et CCIF du Japon, 2002
• Petit essai assassin sur la vie conjugale, éditions Luce Wilquin, 2011
• Le hasard a tout prévu, éditions Luce Wilquin, 2013
• Perles des Emirats, Qui sont ces femmes derrière le voile ? Editions du Moment, 2014
• My Fantastic Life in Dubai, Morethanbooks, 2016
• À L’Hermine blanche, éditions Luce Wilquin, octobre 2017
 
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Chacun de ces livres nous invite au voyage : Récits de vie pour Sfar et Besson qui nous livrent une part inexplorée d’eux-mêmes ; récit d’anticipation régressif et ludique pour Disch et récits de voyage au féminin pour Moyes et Grimaldi. Sur les traces de ces différents auteurs, il me reste à vous souhaiter bonne route !
 
Comment tu parles de ton père, Joann Sfar (Albin Michel)


 
On connait Le chat du Rabbin, on connait moins son "maitre", le dessinateur, cinéaste et écrivain Joann Sfar. Son dernier écrit, autobiographique s'il en est, nous permet d'entrer dans l'intimité d'une période difficile, celle du deuil du père. Aujourd'hui orphelin, il se livre avec sincérité et pudeur.
En vacances en Crète avec ses deux enfants, fraîchement séparé de leur mère, Joann Sfar ne voit plus, comme si son corps voulait lui montrer quelque chose, peut-être la difficulté d'être père. 
Quelques semaines auparavant, à Villefranche-sur-Mer où il tourne un film, l'auteur revient sur les lieux de son enfance. André, son père est décédé trois semaines plus tôt. Il remplit alors le devoir de tout fils juif en rédigeant à travers ces lignes son oraison funèbre. Cet hommage lui permet aussi d'évoquer sa mère, disparue alors qu'il était un tout jeune enfant et son grand-père qui, un jour, a mis des mots sur une réalité difficile. C’est lui en effet qui a verbalisé la mort grimée par André en voyage pour protéger l’enfant. Joann Sfar raconte par petites touches toute une vie entre ses 3 ans et ses 40 ans, une vie bornée par deux disparitions, celle de sa mère puis celle de son père.  
On est tour à tour émus puis amusés face à un récit de vie qui retrace sans complaisance le travail de réminiscences, d'analyses et de résilience effectué par l'auteur. 
Vous lirez avec plaisir ce texte qui vous conduira peut-être vers l'exploration de vos propres chemins.
Disponible à Dubai sur l-e-shop de Culture&Co
 
Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson, (Julliard)


 
On ne présente plus Philippe Besson : romancier, scénariste, chroniqueur et familier des plateaux de télévision ; il est aussi et avant tout un homme sensible et fidèle au lycéen de 17 ans qu’il ressuscite sous nos yeux dans cet hymne à l’amour à jamais perdu. L’année du bac, à l’aube d’études qu’on lui prédit brillantes, il tombe amoureux de Thomas Andrieu, adolescent ténébreux et charmeur. Lui, fils de l’instituteur, bon élève au physique peu avantageux et l’autre, fils d’agriculteur, séduisant et sportif n’ont rien en commun si ce n’est cette attirance physique irrépressible qui va leur faire vivre un amour intense, brûlant et caché. C’est Thomas qui mène la danse et Philippe prend tout le bonheur qu’il peut d’une relation qu’il sait d’avance condamnée.
On retrouve à travers les lignes la force et l’absolu des liaisons adolescentes, Philippe Besson écrit avec ferveur mais aussi délicatesse les transports d’une relation tellement pure et évidente pour lui, tellement sulfureuse et interdite pour l’autre.
Des années plus tard, au hasard d’une rencontre, il perce le mystère de Thomas perdu de vue des années plus tôt à la faveur des vacances d’été. On s’aperçoit en le lisant que tous ses écrits conduisent vers cette rencontre, fondatrice de l’homme qu’il est aujourd’hui et clé de la cohérence de son œuvre. 
 
Le Prisonnier, Thomas Michael Disch


 
Ce titre vous rappelle peut-être quelque chose… Si je vous dis : « Bonjour chez vous », ou « je ne suis pas un numéro », peut-être pensez-vous à la série culte britannique diffusée en 1967 avec Patrick Mc Goohan dans le rôle principal. L’adaptation romanesque du feuilleton a été rééditée en février dernier aux éditions Mnémos. Le roman, postérieur à la série éponyme, nous replongeait dans le village de carton-pâte où numéro 6, mystérieux personnage dont on ne sait s’il est un espion en fuite ou un simple ressortissant britannique semble séquestré. Le village est cerné par d’énormes sphères prêtes à écraser ceux qui leur résistent. De tentative d’évasion en tentative d’évasion, le héros nous entraîne dans un monde fantastique, inquiétant et cauchemardesque. Tous les habitants portent un numéro et se comportent comme les figurants d’une énorme machination. Le prisonnier est un jeu qui séduira les amateurs d’univers étranges et loufoques. On retrouve les intonations absurdes de certains épisodes de « Chapeau melon et bottes de cuir » mais aussi l’atmosphère de The Truman Show. 
Pourquoi ne pas vous laisser tenter par un voyage onirique aux saveurs des seventies….
 
Les Fiancées du Pacifique, Jojo Moyes (Le Livre de Poche)


 
L’action se passe en 1946. Mariées à des soldats anglais pendant la guerre, 655 Australiennes embarquent sur le Victoria pour rejoindre leurs époux en Grande-Bretagne. Mais alors qu’elles s’attendaient à voyager à bord d’un bateau de croisière, c’est sur un navire de guerre qu’elles feront la longue traversée, au grand dam du commandant de bord, peu enclin à gérer cette colonie féminine au sein de son équipage.
On suit plus particulièrement le périple de quatre de ces femmes que le hasard a réunies dans la même cabine : Jean, jolie blonde de 16 ans, encore une enfant ; Maggie, enceinte de Joe qu’elle aime passionnément ; Avice, jeune-femme superficielle et hautaine et Frances, énigmatique et mystérieuse. Inquiètes de ce qui les attend en Angleterre, décontenancées par les conditions de vie à bord et encore tournées vers leurs passés, elles nouent peu à peu des liens particuliers entre confidences et dissimulations. Passage de l’adolescence à la vie adulte, accès à une nouvelle vie pleine de promesses ou fuite en avant … Jojo Moyes nous fait partager ces moments décisifs dans la vie de chacune d’entre elles. Elle s’est inspirée du témoignage de sa propre grand-mère pour nous faire découvrir le destin particulier de personnages attachants et émouvants.
Une aventure passionnante qui vous fera rire, sourire et même peut-être verser quelques larmes… à vivre au plus vite ! 
 
Le premier jour du reste de ma vie, Virginie Grimaldi (Le Livre de Poche)

 
Un premier roman léger et pétillant comme une coupe de champagne au bord de la piscine. Quelle femme n’a pas eu un jour envie de prendre la route en laissant derrière elle une vie quotidienne pleine de corvées ménagères, sacrifices conjugaux et autres obligations maternelles… Marie ne fait pas qu’y penser, elle part et découvre le plaisir de se faire plaisir. A 40 ans, négligée par son époux et culpabilisée par ses filles, elle embarque pour une croisière en solo et compte bien profiter d’elle-même. Le principe du voyage correspond à cette ambition puisqu’il s’adresse exclusivement aux célibataires fermement décidés à le rester ! Très vite, elle va faire la connaissance d’Anne, en crise conjugale elle aussi, et de Camille, croqueuse d’hommes assumée, bien décidée à laisser dans chaque port une conquête passagère. Trois mois pour faire le tour du monde et se découvrir ou se retrouver, trois mois de réflexion, de rires et de révélations à partager entre amies. Les escales se succèdent et Marie prend de l’assurance, son escapade se mue en voyage sans retour. Nous devenons rapidement intime avec ce trio et chaque lectrice s’identifiera à l’un de ses membres. Cette croisière qui a parfois des allures de « la croisière s’amuse » a aussi des accents de parcours initiatique. Virginie Grimaldi écrit un roman sans prétention qui fait du bien comme une soirée entre filles avec Goldmann en fond sonore.

Il vous fera passer un excellent moment d’évasion rempli d’émotions et vous donnera peut-être envie de prendre un peu le large.

Disponible à Dubai sur l-e-shop de Culture&Co

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