Depuis 2014, la Dubai Culture & Arts Authority a lancé la « Dubai Art Season » pour faire de Dubai une ville incontournable dans le monde de l’art et de la création, et ce, en préparation de l’Expo universelle de 2020. Durant cette « saison artistique » (en mars et avril), Dubai accueille de nombreux événements artistiques dans toute la ville.
Art Dubai est l’événement central de la Dubai Art Season. Cette année, la 13ème édition de cet événement aura lieu du 20 au 23 mars à Madinat Jumeirah : des œuvres de plus de 500 artistes modernes et contemporains seront présentées par 91 galeries en provenance de 41 pays. Nous vous présentons ici un mini guide de cette édition 2019.
 
ART DUBAI : LES QUATRE SECTIONS DE LA FOIRE
Cette année, le salon sera organisé autour de quatre grandes sections : 
1. L’art contemporain
Dans cette section, répartie sur deux halls, vous découvrirez 59 galeries de 34 pays différents. De nouveaux exposants seront présents cette année, comme Sprüth Magers (Berlin/Londres/Los Angeles), ANDERSEN's (Copenhague), Galerie MAM (Douala) et Akar Prakar (Calcutta/New Delhi). Vous retrouverez également de nombreuses galeries d'Europe et d'Asie qui ont déjà participé les années précédentes, telles Victoria Miro (Londres/Venise) ou Ota Fine Arts (Shanghai/Singapour /Tokyo)...
Sanaa Gateja - Homely - 2018 - Courtesy: Galerie MAM
 
2. L’art moderne 
Dans cette section, 11 galeries exposeront des œuvres des maîtres du XXe siècle en provenance du Moyen-Orient, d’Asie du Sud et d’Afrique. À noter la présence, pour la première fois cette année, de Dhoomimal Gallery (New Delhi), la plus ancienne galerie d’Inde. Cette section constitue l'ABC de tout ce que vous découvrirez dans les salles des galeries contemporaines. 
Anjolie Ela Menon - Ruku 2 - DHOOMIMAL
 
3. La nouvelle section Bawwaba
Sous la houlette de la commissaire franco-camerounaise Élise Atangana, Bawwaba est une nouvelle section présentant les travaux d’artistes du Moyen-Orient, d’Afrique, d’Asie Centrale et du Sud et d’Amérique latine qui se sont interrogés sur la notion de ‘Grand Sud’. Tirant son nom du mot arabe « passerelle », Bawwaba propose 10 œuvres solo d'artistes, abordant des thèmes tels que la migration mondiale, les structures socio-économiques et l’identité.
L'édition inaugurale présente des œuvres créées en 2018 ou conçues spécifiquement pour le salon et est accompagnée d'un programme de conférences.
Hamra Abbas - Everyday Waterfalls 1 - 2019 - Courtesy: ARTIST 
 
4. Les résidents
Cette section met l’accent cette année sur l’Amérique latine : elle est co-organisée par Fernanda Brenner, directrice artistique de l’espace culturel ‘Pivô’ à São Paulo, et Munira Al Sayegh, basée à Abu Dhabi. 
C’est dans le cadre d’un programme d’immersion dans la vie et la culture des EAU, durant 4 à 8 semaines, que douze artistes présentés dans les plus grandes galeries d’Amérique latine ont créé des œuvres d’art pour le salon.
Luciana Lamothe - Ensayos de abertura - 2018 - Courtesy: Ruth Benzacar Galeria de Arte
 
ART DUBAI : LES EXPOSITIONS 
 
UAE NOW est un nouveau point d’intérêt du salon. Cette exposition présente les travaux de collectifs d’artistes locaux organisés en plates-formes indépendantes. UAE NOW souligne l’influence de ces organisations et leur place dans le paysage artistique local en pleine évolution. Les plates-formes participantes incluent Bait 15, le collectif Banat, Jaffat el Aqlam, le PAC (Public Art Collective) et Daftar Asfar.
Bait 15 Exhibition Space UAE now
 
CAMPUS ART DUBAI GROUP SHOW : « Mirror Mirror on the Wall: Contemporary Art in the City »
Campus Art Dubai est un programme de formation intensif d’une durée de six mois offrant aux artistes émiriens ou basés dans les Emirats la possibilité de développer leurs techniques sous la tutelle de mentors de renommée mondiale. Leurs travaux sont ensuite présentés pendant la semaine de l’Art. Les artistes sélectionnés cette année sont : Dima Srouji, Augustine Paredes, Jumairy et Mohamed Khalid.
 
ART DUBAI : LES CONFERENCES, VISITES, ATELIERS ET SPECTACLES
 
GLOBAL ART FORUM : « School is a factory »  
Le Global Art Forum, reconnu comme étant la principale plateforme internationale traitant du débat sur l’art et la culture du Moyen-Orient et de l’Asie, sera tenu par une cinquantaine de conférenciers internationaux sur le thème de l’éducation et ses challenges actuels.
Le Global Art Forum aura lieu du 20 au 21 mars de 16h à 20h. 
Lieu : Art Dubai Talks (Mina A’Salam). 
Entrée libre 
Global Art Forum 12 - I AM NOT A ROBOT - Courtesy of Photo Solutions
 
 
SHEIKHA MANAL LITTLE ARTISTS
Le programme Sheikha Manal Little Artists Program, destiné aux enfants de 5 à 17 ans, revient pour sa septième édition. Il vise à encourager les jeunes à s'intéresser à l’art au sens large. Le thème de cette année est « Creating New Worlds » et est dirigé par l’artiste américaine Sally Curcio (www.sallycurcio.com). Des ateliers sont proposés aux enfants qui sont invités à créer leurs propres paysages urbains en utilisant des matériaux recyclés. Des visites du salon sont également organisées par tranche d’âge : 5-7 ans, 8-12 ans et 13-18 ans pour faire découvrir au plus grand nombre les pièces maîtresses de la foire.
Les places étant limitées, inscrivez vos têtes blondes au plus vite !
Sally Curcio - Bottle Caps Full Spectrum - Bottle caps on painted panel - 2007
 
The Healing Garden by Hiromi Tango - Flower Giving Ceremony - Art Dubai 2018 - Courtesy of Photo Solutions
 
MODERN SYMPOSIUM : « Cultural Hubs of Modernism » 
Il s’agit d’une série de présentations et discussions, animées par des experts, en lien avec la section moderne du salon. Cette année, les panels discuteront de l’influence de Bagdad, Beyrouth, Dakar et Lahore dans l’art produit au cours du 20e siècle. À noter que les discussions sur Beyrouth seront animées par Catherine David, directrice adjointe du Musée national d’art moderne de Paris.
Les présentations auront lieu le 22 mars à partir de 12h30.
 
SPECTACLES
Un premier spectacle de l’artiste Marlon Griffith, originaire de la Trinité-et-Tobago, s’inspirant à la fois des carnavals et du théâtre d’ombres africain, sera mis en scène spécifiquement pour Art Dubai : les spectateurs pourront se joindre aux 150 interprètes et participer au spectacle.
Le deuxième spectacle, présenté par l’artiste hongkongais Samson Young, est une réinterprétation de la danse du lion, danse traditionnelle chinoise pour apporter chance et fortune.
 
ART DUBAI à Madinat Jumeirah 
Dates : le mercredi 20 mars (Ladies Day Preview de 13h à 16h), le jeudi 21 mars de 16h à 21h30, dernière entrée à 21h), le vendredi 22 mars (de 12h à 21h30, dernière entrée à 21h) et le samedi 23 mars de 12h à 18h30, dernière entrée à 18h). 
Prix : à partir de 60 AED 
Offre promotionnelle pour les lecteurs de Dubaimadame.com : 50% sur le prix de l’entrée avec le code DUBAIMADAME50 en ligne jusqu'au 20 Mars.
Plus d’informations : www.artdubai.ae
 
 
DUBAI ART SEASON :  LES AUTRES ÉVÉNEMENTS À NE PAS MANQUER !
Mais au cours de cette Dubai Art Season, d’autres évènements à ne pas manquer sont organisés, parmi lesquels :
 
Dubai Art Week (du 18 au 23 mars 2019), en lien avec Art Dubai : DIFC Night et Alserkal Night le 18 mars. 
Lancement le 18 mars d’un nouvel espace à Alserkal : the Ishara Art Foundation, où seront exposées des œuvres d’Asie du Sud. Pour l’exposition inaugurale, la directrice artistique Nada Raza mettra en dialogue le travail de Shilpa Gupta avec celui de Zarina Hashmi, sur le sujet suivant : "Où est (et qu’est-ce que) notre maison?" www.ishara.org
Le Jameel Arts Centre, qui a ouvert ses portes en novembre dernier, présentera les travaux de quatre artistes : Hemali Bhuta (Inde) ; Farah Al Qasimi, l’artiste photographe émirien et Seher Shah en collaboration avec Randhir Singh.
SIKKA Art Fair : une foire d’art dédiée aux artistes des Émirats Arabes Unis dans le quartier de Al Fahidi (du 16 au 24 mars 2019)
L’Ecole Van Cleef & Arpels, du 28 mars au 13 avril, avec de nombreux ateliers et conférences. Retrouvez plus d'informations dans notre article.
World Art Dubai : une foire d’art abordable, avec des œuvres d’artistes régionaux et internationaux. Celle-ci se déroulera au Dubai World Trade Centre (du 3 au 6 avril 2019).
Biennale d’art contemporain de Sharjah (du 7 mars au 10 juin 2019)
…et des dizaines d’expositions supplémentaires aux quatre coins de la ville.
 
N’oubliez pas de vous inscrire à notre Newsletter du Jeudi pour recevoir toutes nos actus et suivez-nous sur Instagram ou Facebook !
 
  
 
« Les Vies de Raphaël Scorbiac nous emmènent sur une hauteur inconnue d'où regarder les hommes ; elles nous font quitter nos habituelles perceptions, pour nous imposer un recul, une vision plus généreuse et totalisante. Les personnages placés dans l'espace ne sont pas des êtres de sculptures uniques par leur solitude et leur pose, mais ils sont un tour des hommes, comme on ferait un tour du monde ; un homme et toute sa vie, une foule disséminée sur la terre à un instant saisi par le regard. Silhouettes en à-plats, bas-reliefs ou ronde-bosses, silhouettes posées là ou jeux de perspectives et de proportions ; un mélange des genres pour des vies encadrées ou hors-cadres, vivant de gestes, de fétiches, de rencontres et de parcours dans la Babel de la vie. Des vies statistiques, des vies poétiques. L'humanité vit son incroyable extension. Regardée depuis ailleurs, de plus loin, cette foule se fait silhouettes dessinées par la lumière ; une lumière qui condense la matière en masse ou la réduit à un trait filiforme. Les Vies déambulent dans un espace symbolique géométrisé ; le cercle et l'infini, le carré et l'intégrité, la ligne et l'horizon ; sans oublier les chemins de traverse, les ascensions fulgurantes, les inattendus de la vie. » B. Peran
 
Cortex, diam 60 x 56 x 40 cm, 
 
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
Mon nom est Raphaël Scorbiac, je suis Français, j’habite à Dubaï depuis trois ans et je suis artiste depuis 30 ans.
 
Pratiquez-vous votre art pour votre loisir ou en tant que professionnel ?
Je pratique la sculpture en tant que professionnel.
 
Quel a été le parcours scolaire/professionnel et/ou artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste ?
J’ai étudié à l'École des Beaux-Arts de Paris dans les ateliers de Duffau (l’assistant de César qui a repris son atelier) et Delahaye. J’ai eu une expérience de restauration de sculptures. J’ai travaillé comme Quasimodo à la cathédrale Notre-Dame de Paris. J’ai ensuite travaillé entre Paris, Berlin et New-York, où j’ai enseigné la sculpture à la Columbia University et j’ai participé à diverses expositions personnelles, ainsi qu'à des expositions collectives chez Annick Goutal et Andrea von Stumm. Au cours de l'année 2004, je me suis installé dans la campagne du Berry, tout en continuant à exposer à Paris (Grand Palais, 2007). Depuis 2006, je collabore avec la galerie Dutko à Paris, qui participe chaque année à la BRAFA Art Fair de Bruxelles.
 
Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Quel est votre style ? 
Mon travail tourne autour de l’humanité et je place l’homme au centre de mon univers. Je travaille beaucoup le bronze qui me permet outre une pérennité, une légèreté. Parfois, les autres ressentent de la poésie dans mon travail.
 
Astrolabe, 52 x 63 x 50 cm, en bronze, pièce unique, 2018
 
Qu’est-ce qui, de façon générale, influence votre art ? 
Souvent, une sculpture réalisée en appelle une autre. Le champ des possibles est infini et vertigineux. Le cinéma et certaines lectures m’ont parfois influencé. J’aimerais dire des choses sur l’époque et pourtant, je suis le plus souvent attiré par les œuvres intemporelles.
 
Votre vie et ses étapes influencent-t-elles votre art et de quelle manière ? En quoi la vie aux Emirats a-t-elle influencé votre travail artistique ? 
Nous avons eu la chance de vivre dans plusieurs pays et chacun a été une influence pour moi. Paris, New-York, Berlin, le Berry, San Francisco, Lisbonne, Marseille.
 Dubai et son architecture m’ont évidemment beaucoup influencé dans mon travail récent. Les sculptures ‘Babel’ ou ’Foraine’ en sont de bons exemples.
 
Babel, diam 55 x 186 cm, en bronze, verre et or, pièce unique, 2018
 
Quel artiste vous a le plus marqué jusqu’à présent ?

Giacometti pour son obstination et Picasso pour sa profusion.
 
Quelle est votre journée type à Dubai lorsque vous créez ?
À Dubai, Madame travaille plus que moi et j’adore m’occuper de mes enfants. Je partage ma vie entre Dubai et Marseille où j’ai mon atelier dans la zone portuaire. Lorsque je suis à Marseille, je démarre ma journée par un travail plutôt technique et la création se passe plus la nuit. Quand je crée, j’aime écouter des livres audio, comme Le Temps retrouvé, lu par Michael Lonsdale, Denis Podalydès et André Dussolier, ou Voyage au bout de la nuit.  
 
Deux lieux artistiques préférés à Dubai
Je les cherche encore. À part le Wild Wadi Park :)
 
Deux bonnes adresses à Dubai (pas forcément liées à l’art)
Ding Tai Fung au Mall of the Emirates

La piscine du Ritz sur JBR, entourée de fleurs et de verdures. 
 
Quelle est votre actualité artistique ? Quels sont vos projets artistiques ? 
- Une exposition à la ProArt Gallery à Jumeirah 1, où seront présentées plus d’une vingtaine de pièces. Le vernissage aura lieu le 13 mars. 
- Un ‘group show’ le 18 mars, dans le cadre de la DIFC Art Night. Rebia Naim, curateur d'art de cette section pour la 3ème année au DIFC Art Night.

- Dans un autre registre, je me suis lancé, avec d’autres artistes, dans la création de plans des villes qui me sont chères : Paris, New-York et Londres. On y retrouve les curiosités par quartier (art, architecture…).
 
Sur une île déserte, vous emporteriez :
- quel film ? Les enfants du Paradis de Marcel Carné
- quel livre ? Voyage au bout de la nuit de Céline
- quelle musique ? Le Concerto 26 pour piano de Mozart

- quel objet ? Une guitare

- laquelle de vos œuvres ? Je préfère que mes œuvres vivent chez les autres, une bonne raison pour en créer de nouvelles.

 
Vies et détails, 45 x 111 x 36 cm, en bronze et verre, pièce unique, 2016
 
Où peut-on vous suivre ou se procurer une de vos œuvres ?
Une vingtaine de pièces seront présentées à la ProArt Gallery à Jumeirah 1, le 13 mars
scorbiac.blogspot.com
Instagram : @scorbiac_sculptures 

Facebook : Raphael Scorbiac
 
N’oubliez pas de vous inscrire à notre Newsletter du Jeudi pour recevoir toutes nos actus et suivez-nous sur Instagram ou Facebook !
 
  
 
 

Une inversion dans le mouvement qui a conduit marchands et explorateurs en terre d’Orient, l’art des Pays moyen orientaux a envahi Venise dans l’édition actuelle de sa célèbre biennale d’art contemporain.

Péninsule arabe, Egypte, Pakistan, Afghanistan, Syrie (malgré des glissements nationalistes difficilement justifiables par les curateurs italiens), Palestine sont parmi les Pays admis cette année à la Biennale vénitienne, rendez-vous du gotha artistique et désormais étape obligée pour un public croissant de professionnels et amateurs.

Les Emirats Arabes Unis ont eu le privilège –sans doute dûment payé– de présenter deux projets: le Pavillon national, qui a été déjà brièvement introduit dans nos colonnes et sur lequel on reviendra donc pas dans le spécifique, mais que l’on considérera en tant que référence et élément de comparaison pour l’autre, la plateforme montée par ADACH, conçue par l’une des curatrices les plus renommées sur échelle internationale, Catherine David. Il faut préciser comme cette deuxième présence vénitienne figure parmi les événements collatéraux, ce qui n’implique pas un jugement de valeur mais plutôt un caractère pas strictement national (il s’agit là effectivement d’une exposition d’artistes de différente origine même si tous actifs ou impliqués dans des projets aux Emirats) et une liberté majeure au niveau de l’approche conceptuelle à la présentation.

Il était inévitable que la première question que l’on se pose face à ces deux pavillons (évidemment le terme «Platform» adopté par ADACH est un pseudonyme pour ne pas heurter la sensibilité d’autrui) concerne l’effective nécessité de représenter dans deux théâtres d’une même ville le même spectacle...ou de nous offrir deux tranches d’un même gâteau, ce qui risque toujours de devenir indigeste.

Il est légèrement décevant d’assister à une identité de perspective presque substantielle qui imprègne et sous-tend à ces deux expositions. La différence principale résidant en une certaine naïveté témoignée, malgré lui, par le pavillon national de Tirdad Zolghadr, ces deux présentations insistent également sur le démontage des clichés, les lieux communs qui ont «lancé» ce Pays du Golfe et qui commencent depuis quelques temps déjà à être aperçus comme limitatifs. Une certaine indulgence conversationnelle qui se manifeste dans les nombreuses interviews mises à la disposition du public (celles à l’apparence pas structurée avec Abdullah al-Saadi et Ahmed Mater au cœur de la Plateforme ADACH aussi bien que les confrontations hyper-structurées «montées» par Hannah Hurtzig pour le Pavillon national); l’exposition des grands projets urbanistiques respectivement conçus pour les villes de Dubaï et d’Abu Dhabi; les séquences d’images photographiques à l’apparence casuelle, qui explorent la dimension moins connue, si non cachée, de ces destinations du tourisme de riches… sont les aspects les plus évidents d’un programme également adressé même si pas ouvertement partagé.

Les photos de Mohammed Kazem, comme le reportage de Waël Noureddine et les très médiatisées images de Lamya Gargash (celle-ci dans le Pavillon national) ont toutes en commun la latéralisation du regard, même si nourrie de perspectives suffisamment différentes pour en faire des artistes résolument caractérisés. La propension à l’immortalisation est d’autant plus présente dans le pavillon national, ce qui est d’ailleurs compréhensible, tandis que la plateforme ADACH nous voudrait participes d’une expérience alternative et, dans ce but, le public est introduit dans un tunnel qui commence par nous éblouir avec le langage de la publicité pour nous amener donc dans un voyage initiatique qui pulvérise la propreté des matériaux précieux le plus souvent exploités dans les pancartes publicitaires, tout en stigmatisant la société de consommation qui en est l’expression.

On assiste donc, dans le cas de la plateforme ADACH à une dialectique des perspectives, qui a sa thèse dans l’image publicisée et publique, par conséquent la plus amplement répandue, qui ici accueille les visiteurs; et son antithèse dans le dénouement des «lieux autres», cachés dans un parcours sinueux et ombreux, qui ferait allusion aux aspects les moins connus de cette société glamoureuse et perpétuellement souriante dans les affiches promotionnelles.

Pour connaître la synthèse il suffit de monter à l’étage, là où les travaux d’Abdullah al-Saadi, Mohammed Ahmed Ibrahim, Mohammed Kazem et Hassan Sharif trouvent place. Une sélection qui représente la preuve silencieuse et puissante de la cohérence, existentielle et créative, qui a marqué la vie de ces artistes, comme tous, produit de circonstances opposées aux résultats variables et imprévisibles. Une synthèse qui ne résume pas simplement les fondements sociologiques qui l’ont déterminé, mais qui s’approprie de ces mêmes fondements, pour les tordre, les manipuler, les mélanger, les avaler et les rendre transformées, à nouveau humanisées.

Dans le jeu de miroirs qui a été créé, avec la transposition littérale d’une des chambres de The Flying House bourrée des «objets» de Hassan Sharif, on frôle la métaphore de l’identité et de la reconnaissance de soi dans son double. Pourvu que l’on connaisse l’original, bien évidemment.



ADACH Platform for Visual Arts in Venice
Spazio Thetis,  Arsenale Novissimo 
Capannone 108
Accès: de l’Arsenal par Vaporetto, descendre à la station Bacini (lignes 41, 42, 51, 52)
Du 7 Juin au15 Octobre 2009, 10h00 – 18h00 
fermé les mardis

UAE National Pavillon 
It’s not you. It’s me
Artiglierie, Arsenale
Du 7 Juin au 22 Novembre 2009, 10h00 – 18h00 
fermé les lundis



 

  1. Les + lus
  2. Les + récents