Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Géraldine Lenogue. Je suis Française, Bretonne.
J’habite à Dubai depuis 3 ans avec mon mari et mon fils (et mon chien…).
 
Pratiquez-vous votre art pour votre loisir ou en tant que professionnel ?
J’ai osé faire le choix professionnel il y a une dizaine d’années, et j’en suis très heureuse.
 
Titre: Anne - Dimensions: 120*60 cm
 
Quel a été le parcours scolaire/professionnel et/ou artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste ?
Entre mes gribouillages, les visites de musées, l’histoire de l’art et différents cours pris, je crois que l’art a toujours été présent dans ma vie.
Pour autant, je dirais que je suis autodidacte, en ce sens que je n’ai pas été formée dans une école d’art. J’ai essentiellement appris auprès d’artistes, dans leur atelier.
Deux m’ont particulièrement marquée : Nguyên Thanh, auprès de qui j’ai appris la laque à Hanoï, et Paule Persil-Faguier, qui m’a enseigné la calligraphie (France).
 
Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Quel est votre style ?
Je ne me retrouve dans aucun courant d’art en particulier : mes inspirations sont multiples… Si toutefois je devais essayer de cloisonner, je dirais que mon style se rapproche du Figuratif Abstrait feat New Art Deco (courant d’art plus connu sur le continent américain).
Quant aux techniques, je dois dire que « Mixed Media » est véritablement le bon terme : encres, pigments, acrylique, calligraphie, marqueterie, le tout sur panneaux de bois.
 
La marqueterie est une technique qui à l’origine se réalise à partir de bois ciselés, découpés puis assemblés et incrustés sur le support (généralement sur bois). En ce qui concerne mon travail, il s’agit d’une marqueterie de papiers, photos…
 
Titre: Corinne - Dimensions: 90*55cm
 
Qu’est-ce qui, de façon générale, influence votre art ?
Indéniablement la littérature (et parfois aussi la poésie). Je me dis que si je peins, c’est parce que je « ne sais pas écrire ». Et il y a tant d’auteurs et d’autrices qui disent exactement ce que je peux ressentir et d’une si belle manière que c’est une source d’inspiration perpétuelle. Et un immense plaisir de calligraphier leurs mots.
 
Quel artiste vous a le plus marqué ?
Je ne peux me contenter d’en citer un seul. Une myriade d’artistes m’accompagne, m’inspire, me donne envie.
Mon premier amour, c’est indiscutablement Vincent Van Gogh, pour ses bleus torturés et flamboyants, et sa personnalité entière.
Mais aussi Botticelli pour sa grâce ; Hokusai pour sa modernité et son monde onirique ; Mucha pour ses affiches ; Klimt pour sa poésie sans concession ; Camille Claudel pour ce qu’elle incarne ; Romaine Brooks pour sa classe ; Paula Modersohn-Becker pour sa féminité à fleur de peau ; Modigliani pour ses femmes graciles et magnifiques ; Frida Kahlo pour son ‘jusqu’au-boutisme’ en tout ; Yayoi Kusama pour sa belle folie ; Sophie Calle pour son audace ; Beatriz Milhazes pour ses couleurs ; Fabienne Verdier pour ses œuvres monumentales ; Hush pour ses femmes mystérieuses …. Passionnée et amoureuse.
 
Votre vie et ses étapes influencent-elles votre art et de quelle manière ? En quoi la vie aux Emirats a-t-elle influencé votre travail artistique ?
La vie et ses étapes influencent indéniablement mon travail. Mais pas forcément de manière consciente ou conscientisée. C’est le regard de l’Autre qui m’a permis de le réaliser.
Certains retrouvent le Maghreb dans mes tableaux (nous avons vécu en Tunisie). D’autres, une ambiance asiatique (nous avons habité au Vietnam pendant 6 ans). C’est toujours touchant de découvrir ces interprétations ou ressentis, car j’ai réalisé que des choses se glissent malgré moi (atmosphères, couleurs, traces mnésiques). Et ça me plaît.
Concernant Dubai, j’ai réalisé une série dont la marqueterie est entièrement réalisée avec des photos prises ici…
En tout cas, Vivre Ailleurs est pour moi source de désir et donc d’inspiration.
 
Titre: Wherever She is (Hommage à Mary Oliver) - Dimensions: 80*120cm
 
Quelle est votre journée type à Dubai lorsque vous créez ?
Je me lève, je promène mon chien. Puis j’engloutis des litres de café, devant mon tableau en cours et au travail ! Tant qu’il y a de la lumière, je m’affaire !
 
Deux lieux artistiques préférés à Dubai
Alserkal – J’aime le concept de l’endroit en général : des hangars peuplés de « trésors », ça suscite l’envie de découvertes. Et si je dois citer un coup de cœur : La Galerie Nationale !
Opera Gallery (DIFC) – Notamment l’exposition consacrée à Manolo Valdés, qui était grandiose.
 
Deux bonnes adresses à Dubai
Désolée, j’en ai 3 (j’ai du mal à suivre les consignes !!) : GrapeSkinPierre’s BistroSho Cho.
 
Quelle est votre actualité artistique ?
J’ai eu la chance de faire l’ouverture de « La Petite Galerie » à Sharjah en septembre dernier. Ce fut une belle expérience et la rencontre avec les élèves restera un grand moment.
Et j’en suis repartie paisiblement heureuse et pleine d’envies pour mon travail.
Sinon, j’expose très prochainement à l’Alliance française (du 18 février au 4 mars). Je suis super contente de cette aventure, même si j’ai un peu peur de (me) montrer (mais c’est toujours comme ça). L’Alliance offre un écrin chaleureux, et leur dynamisme m’emballe.
 
Titre: Journal intime - Dimensions: 80*40cm
 
Sur une île déserte, vous emportez…
- quel film : J’hésite entre Le Cercle des Poètes disparus et Pride & Prejudice de Joe Wright (vu au moins 30 fois… Si si !).
- quel livre : Sans hésiter L’art de la joie, de Goliarda Sapienza.
- quelle musique : Probablement la musique composée par Eric Serra pour le film Le Grand Bleu.
- quel objet : Une photo de mon mari et de mon fils.
- laquelle de vos œuvres : La première, celle qui a permis la suite, que j’ai offerte à mon mari.
 
Pour vous suivre ou se procurer une de vos œuvres
Email :
Tel : +971 56 905 6240
Instagram : @geraldine.lenogue
 
N.B. : merci à ma copine Alex (@alex.raynaud - @zoomandbloombyalex ) pour ses superbes photos.
 
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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
Quentin Desmit, né en Belgique. J’ai vécu en Grande-Bretagne et en France, je suis venu à Dubai en 2012, commissionné pour dessiner une fresque dans des bureaux sur Downtown. Séduit par la ville, par son élan, son développement, j’ai décidé de m'y installer en 2013, en tant que photographe professionnel pour une agence immobilière. Depuis 3 ans, suis je travaille comme freelance en art et photographie. J’ai également lancé une collection de coussins et de print photos ayant pour thème la ville de Dubai. Parallèlement, j’exécute des tableaux pour des décorateurs d'intérieur et j’expose régulièrement lors d'évènements artistiques dans la ville (festivals, Marina Souk, boutiques, privés…).
 
 
Pratiquez-vous votre art pour votre loisir ou en tant que professionnel ?
Je me suis donné la chance d'exercer un métier qui est à la fois ma passion et mon travail.
 
Quel a été le parcours scolaire/professionnel et/ou artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste ?
Cet enthousiasme pour l'art m'est arrivé dès l'enfance. À l'adolescence, mon parcours scolaire en fut influencé et très vite, des écoles techniques et puis d'art se sont succédé. Ce nouvel élan artistique s'est jalonné à la William Morris Academy à Londres et au Chelsea College of Arts and Design.
 
Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Quel est votre style ?
Mes styles sont tout en contrastes : l'un plus structuré, d'influence architecturale, l'autre plus fluide plus abstrait, la courbe y ayant pris une place importante.
 
 
 
Qu’est-ce qui, de façon générale, influence votre art ?
L'influence se trouve dans mon environnement proche et dans l'imaginaire recoupant mes voyages.
 
Votre vie et ses étapes influencent-t-elles votre art et de quelle manière ? En quoi la vie aux Emirats a-t-elle influencé votre travail artistique ?
Le dynamisme et l'énergie communiqués par la ville m'ont toujours porté et ont participé de manière active à ma création. Représenter Dubai avec mon regard au travers de son évolution architecturale est un support permanent. 
 
 
 
Quel artiste vous a le plus marqué jusqu’à présent ?
Le dessin d'architecture et les impressionnistes furent mes premiers mentors. Picasso, Matisse et le Le Corbusier, ainsi que beaucoup d'autres dans ces mouvements, ont été mes principales sources d'inspiration… d'admiration.
 
Quelle est votre journée type à Dubai lorsque vous créez ?
Une journée type se passe dans mon atelier, sur fond de caféine, un pied déjà dans ma toile, je rentre dans mon œuvre… je suis mon œuvre. Ma notion du temps se perd, mon imagination et moi-même ne sommes plus qu'un !
 
 
Deux lieux artistiques préférés à Dubai ?
Les galeries d'Alserkal et Jameel Arts Center sont mes lieux artistiques de prédilection.
 
Deux bonnes adresses à Dubai ?
Les deux bonnes adresses que j'aurais à vous proposer à Dubai seraient : Middle East Stationary et Trading CompagnyEat and drink.
 
 
 
Quelle est votre actualité artistique ? Quels sont vos projets artistiques ? 
Le style actuel dans mon actualité artistique est un projet de skyline d'Abu Dhabi.
 
SUR UNE ÎLE DÉSERTE, VOUS EMPORTERIEZ :
- quel film ? Le Grand Bleu
- quel livre ? Un livre vierge
- quelle musique ? De la musique classique 
- quel objet ? Un ordinateur (le monde s’y niche)
- laquelle de vos oeuvres ? Une sculpture.
 
Pour vous suivre ou se procurer une de vos œuvres :
 
 
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« Les Vies de Raphaël Scorbiac nous emmènent sur une hauteur inconnue d'où regarder les hommes ; elles nous font quitter nos habituelles perceptions, pour nous imposer un recul, une vision plus généreuse et totalisante. Les personnages placés dans l'espace ne sont pas des êtres de sculptures uniques par leur solitude et leur pose, mais ils sont un tour des hommes, comme on ferait un tour du monde ; un homme et toute sa vie, une foule disséminée sur la terre à un instant saisi par le regard. Silhouettes en à-plats, bas-reliefs ou ronde-bosses, silhouettes posées là ou jeux de perspectives et de proportions ; un mélange des genres pour des vies encadrées ou hors-cadres, vivant de gestes, de fétiches, de rencontres et de parcours dans la Babel de la vie. Des vies statistiques, des vies poétiques. L'humanité vit son incroyable extension. Regardée depuis ailleurs, de plus loin, cette foule se fait silhouettes dessinées par la lumière ; une lumière qui condense la matière en masse ou la réduit à un trait filiforme. Les Vies déambulent dans un espace symbolique géométrisé ; le cercle et l'infini, le carré et l'intégrité, la ligne et l'horizon ; sans oublier les chemins de traverse, les ascensions fulgurantes, les inattendus de la vie. » B. Peran
 
Cortex, diam 60 x 56 x 40 cm, 
 
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?
Mon nom est Raphaël Scorbiac, je suis Français, j’habite à Dubaï depuis trois ans et je suis artiste depuis 30 ans.
 
Pratiquez-vous votre art pour votre loisir ou en tant que professionnel ?
Je pratique la sculpture en tant que professionnel.
 
Quel a été le parcours scolaire/professionnel et/ou artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste ?
J’ai étudié à l'École des Beaux-Arts de Paris dans les ateliers de Duffau (l’assistant de César qui a repris son atelier) et Delahaye. J’ai eu une expérience de restauration de sculptures. J’ai travaillé comme Quasimodo à la cathédrale Notre-Dame de Paris. J’ai ensuite travaillé entre Paris, Berlin et New-York, où j’ai enseigné la sculpture à la Columbia University et j’ai participé à diverses expositions personnelles, ainsi qu'à des expositions collectives chez Annick Goutal et Andrea von Stumm. Au cours de l'année 2004, je me suis installé dans la campagne du Berry, tout en continuant à exposer à Paris (Grand Palais, 2007). Depuis 2006, je collabore avec la galerie Dutko à Paris, qui participe chaque année à la BRAFA Art Fair de Bruxelles.
 
Comment définiriez-vous votre travail artistique ? Quel est votre style ? 
Mon travail tourne autour de l’humanité et je place l’homme au centre de mon univers. Je travaille beaucoup le bronze qui me permet outre une pérennité, une légèreté. Parfois, les autres ressentent de la poésie dans mon travail.
 
Astrolabe, 52 x 63 x 50 cm, en bronze, pièce unique, 2018
 
Qu’est-ce qui, de façon générale, influence votre art ? 
Souvent, une sculpture réalisée en appelle une autre. Le champ des possibles est infini et vertigineux. Le cinéma et certaines lectures m’ont parfois influencé. J’aimerais dire des choses sur l’époque et pourtant, je suis le plus souvent attiré par les œuvres intemporelles.
 
Votre vie et ses étapes influencent-t-elles votre art et de quelle manière ? En quoi la vie aux Emirats a-t-elle influencé votre travail artistique ? 
Nous avons eu la chance de vivre dans plusieurs pays et chacun a été une influence pour moi. Paris, New-York, Berlin, le Berry, San Francisco, Lisbonne, Marseille.
 Dubai et son architecture m’ont évidemment beaucoup influencé dans mon travail récent. Les sculptures ‘Babel’ ou ’Foraine’ en sont de bons exemples.
 
Babel, diam 55 x 186 cm, en bronze, verre et or, pièce unique, 2018
 
Quel artiste vous a le plus marqué jusqu’à présent ?

Giacometti pour son obstination et Picasso pour sa profusion.
 
Quelle est votre journée type à Dubai lorsque vous créez ?
À Dubai, Madame travaille plus que moi et j’adore m’occuper de mes enfants. Je partage ma vie entre Dubai et Marseille où j’ai mon atelier dans la zone portuaire. Lorsque je suis à Marseille, je démarre ma journée par un travail plutôt technique et la création se passe plus la nuit. Quand je crée, j’aime écouter des livres audio, comme Le Temps retrouvé, lu par Michael Lonsdale, Denis Podalydès et André Dussolier, ou Voyage au bout de la nuit.  
 
Deux lieux artistiques préférés à Dubai
Je les cherche encore. À part le Wild Wadi Park :)
 
Deux bonnes adresses à Dubai (pas forcément liées à l’art)
Ding Tai Fung au Mall of the Emirates

La piscine du Ritz sur JBR, entourée de fleurs et de verdures. 
 
Quelle est votre actualité artistique ? Quels sont vos projets artistiques ? 
- Une exposition à la ProArt Gallery à Jumeirah 1, où seront présentées plus d’une vingtaine de pièces. Le vernissage aura lieu le 13 mars. 
- Un ‘group show’ le 18 mars, dans le cadre de la DIFC Art Night. Rebia Naim, curateur d'art de cette section pour la 3ème année au DIFC Art Night.

- Dans un autre registre, je me suis lancé, avec d’autres artistes, dans la création de plans des villes qui me sont chères : Paris, New-York et Londres. On y retrouve les curiosités par quartier (art, architecture…).
 
Sur une île déserte, vous emporteriez :
- quel film ? Les enfants du Paradis de Marcel Carné
- quel livre ? Voyage au bout de la nuit de Céline
- quelle musique ? Le Concerto 26 pour piano de Mozart

- quel objet ? Une guitare

- laquelle de vos œuvres ? Je préfère que mes œuvres vivent chez les autres, une bonne raison pour en créer de nouvelles.

 
Vies et détails, 45 x 111 x 36 cm, en bronze et verre, pièce unique, 2016
 
Où peut-on vous suivre ou se procurer une de vos œuvres ?
Une vingtaine de pièces seront présentées à la ProArt Gallery à Jumeirah 1, le 13 mars
scorbiac.blogspot.com
Instagram : @scorbiac_sculptures 

Facebook : Raphael Scorbiac
 
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Photo Dwayne Brow

Je suis tombée en amour avec cet artiste par hasard. Un soir de printemps à Montréal. C’était en 2004, lors de la dernière représentation d’Incendies. Il quittait la direction du célèbre Théâtre de Quat’Sous.

La pièce durait 4h - presque aussi longue que la Trilogie des dragons de Robert Lepage - mais le temps s’est arrêté. Je ne voudrais pas tomber dans des lieux communs, mais cette pièce m’a définitivement marquée. Mon regard sur le théâtre contemporain a été bouleversé. C’était pour moi le nouveau Shakespeare, un poète discret qui a imposé un souffle nouveau au théâtre épique contemporain.

Ainsi, j’ai découvert Wajdi Mouawad. Son nom vous dit peut-être quelque chose car il était l’artiste associé au Festival d’Avignon pour la saison 2009. C’est un homme de théâtre, à la fois metteur en scène, auteur et comédien.
D’origine libanaise, il a quitté son pays natal à l’âge de huit ans pour la France puis a émigré au Québec en 1983. A l’âge de vingt ans, il a écrit sa première pièce, une dizaine d’autres ont suivi et parcouru le monde. Depuis 2008, Wajdi Mouawad dirige le Théâtre Français du Centre national des Arts d’Ottawa. Il vient de recevoir le prix du théâtre de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre.

Avec Ciels (2009), Wajdi Mouawad, termine son cycle « le sang des promesses », inauguré par Littoral (1999), suivi d’Incendies (2003) et de Forêts (2006). Un cycle sur la transmission et l’héritage où il dépeint un monde en quête d’identité et de sens.

Incendies

« Je t’ai cherché
Là-bas, ici, n’importe où.
Je t’ai cherché sous la pluie,
Je t’ai cherché au soleil
(…)
Je t’ai cherché au sud
Au nord,
À l’est
À l’ouest,
(…)
Je t’ai cherché en regardant le ciel
(…)
Qu’y a-t-il de plus seul qu’un oiseau,
Qu’un oiseau seul au milieu des tempêtes
Portant aux confins du jour son étrange destin ? »


On n’arrête pas le cours d’un fleuve, de même on ne résume pas le mouvement de la vie qui traverse Littoral, Incendies et Forêts. Le temps et le monde n’ont pas de frontières pour ce voyageur, aussi il nous emmène du Québec au Liban en passant par les Ardennes et la guerre 14-18 à la chute du mur de Berlin. À chaque fois, il s'agit de recomposer, une histoire familiale douloureuse et enfouie, et ainsi de se libérer d'un mal-être de vivre.

Littoral

« Ca fait un peu mal de rêver toujours. Ca rend fou, mais ce qu’il y a de plus douloureux dans le rêve, c’est qu’il n’existe pas ».


Pour lui, il n’y a pas de salut sans vérité ni parole. Tous ses personnages lui ressemblent. Ils cherchent leur place dans le monde, et savent inconsciemment qu'ils ne pourront la trouver tant que leur histoire familiale ne sera pas éclaircie. Chacun se retrouve dans son humanité touchante et bouleversante.

Aussi, je ne peux que vous recommander vivement de lire ou d’assister à ses pièces théâtrales.


Enfin, je terminerai par une citation de Wajdi Mouawad qui me semble tout a fait juste :

« Aller au théâtre, c'est prendre le risque d'être perturbé, inquiété, déplacé dans ses croyances ou ses convictions. C'est par transparence que l'on découvre des éléments de sa propre vie, et que l'on apprend sur soi ».

Prenez le risque de le lire…

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