On le sait, les livres permettent de nous évader, de déconnecter de notre routine et même parfois de s’identifier aux personnages d’histoires prenantes ! De plus, toutes les grandes villes cosmopolites sont un terreau favorable à l’introspection identitaire et Dubaï peut-être plus encore que d’autres. Cette fois-ci, la question de l’identité sera donc centrale dans chacun des livres présentés dans notre sélection. Alors, prenez le temps de vous poser et de choisir un bon bouquin.        
 
Mémé dans les orties, A. Valognes
 
 
Paru chez Michel Lafon en 2014 et édité en Livre de Poche en 2016, ce petit roman vous fera passer un bon moment ! 
On pense à L’Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, l’intention est la même : gratter la couche supérieure de l’épiderme des personnages pour faire apparaître leur vérité.  Le style est plus léger, les ficelles parfois apparentes mais qu’importe, on s’attache aux habitants de la résidence située au 8 rue Bonaparte. Ferdinand, octogénaire misanthrope qui ne montre d’humanité que pour sa chienne Daisy, va voir son quotidien chamboulé par Juliette, fillette précoce en CM2 et Madeleine, sa séduisante grand-mère. Menacé de maison de retraite par sa fille expatriée (la distance crée parfois des malentendus), Ferdinand est victime de sa mauvaise réputation dans l’immeuble. Entre gestes de désespoir, garde à vue et autres déboires, seules la bienveillance de madame Claudel sa voisine de palier, et l’affection de Juliette et Madeleine lui permettront d’affronter l’hostilité de madame Suarez, concierge de la résidence chargée de le surveiller et prête à tout pour s’en débarrasser. 
Aurélie Valognes nous fait partager les angoisses, les colères mais aussi et surtout les espoirs d’un homme au crépuscule de sa vie avec beaucoup de sensibilité et d’humour.
Un roman au final optimiste et réconfortant sur la nature humaine.
En vente en ligne à Dubai sur l'e-shop de Culture & Co.
 
Dernière publication d’A.Valognes : Minute, Papillon, 2017
 
Petit pays, G. Faye
 
 
Cette année, le prix Goncourt des Lycéens a été décerné à Gaël Faye pour Petit Pays. Les adolescents, comme toujours clairvoyants (on se souvient d’autres choix judicieux : D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan en 2015 et Charlotte de David Foenkinos en 2014 *) ne se sont pas trompés en élisant le premier roman de ce jeune auteur-compositeur-interprète franco-rwandais.   
Dans un récit à la première personne du singulier qui, s’il n’est pas autobiographique s’inspire largement de l’enfance de l’auteur, nous suivons le quotidien de Gabriel, un garçonnet d’une dizaine d’années en 1992, dans son paradis, une impasse d’un quartier résidentiel de Bujumbura. La première partie du roman a des accents Pagnolesques, Gabriel et sa bande de copains bigarrée font les quatre cents coups et profitent du temps béni de l’enfance . On sent le parfum des bougainvilliers et des mangues mûres qu’ils maraudent dans le jardin de madame Econopoulos… Mais l’insouciance commence à se fissurer quand les parents se séparent et Gabriel est rattrappé par l’Histoire tragique du cœur de l’Afrique, la guerre civile dans le « petit pays » où il vit, le Burundi et dans le pays voisin, le Rwanda où est retournée sa mère.
Gabriel va prendre conscience brutalement de son identité plurielle et de son métissage. Alors qu’il tente de mettre la violence environnante à distance,c’est sa voisine grecque qui, en lui ouvrant sa bibliothèque, lui permettra de trouver une voie salutaire Gaël Faye met son expérience au service de la diversité, de la compréhension de l’autre.
Lors de la remise du prix, il a confié aux lycéens avoir voulu « rassembler le puzzle de son identité morcelée », il a sans aucun doute atteint d’autres objectifs comme celui de  faire prendre conscience  de l’absurdité des fratricides et du gâchis qu’ils ont engendré en Afrique.
En vente en ligne à Dubai sur l'e-shop de Culture & Co.   
 
*Je ne peux m’empêcher de  compléter cette liste par quelques titres supplémentaires qui sont autant de conseils de lecture avisés :  La Vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker en 2012, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard en 2010, Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia en 2009, Le rapport de Brodek de Philippe Claudel en 2007, Magnus de Sylvie Germain en 2005, La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé en 2002, La joueuse de Go de Shan Sa en 2001
 
Les meilleures intentions du monde, G. Malika
 
 
Khalid Al Firas, propriétaire des Arab Malls à Dubai décide d’organiser une tombola qui permettra aux heureux élus d’effectuer une croisière sur le détroit d’Ormuz. Sont tirés au sort, Samana, pakistanaise ; Toni, libanais ; Sharon, américaine mariée à un émirati ; Christophe, français ; Saeed, saoudien. Ils embarquent à bord du Safineh, « un yacht déguisé en bateau de pêcheur » accompagnés de Khalid, d’Anahita, l’égérie iranienne de son groupe et du narrateur, photographe français. Le choix des passagers ne relève pas totalement du hasard, le but étant d’illustrer le mélange ethnique et culturel propre à Dubai. Le narrateur s’emploie à faire le portrait de chacun des passagers et donne ainsi l’occasion à Gabriel Malika, pseudonyme de Olivier Auroy, d’évoquer les destins de personnages venus de différents horizons pour vivre à Dubai. Il explore ainsi leurs modes de vie avec une honnêteté déconcertante, abordant les questions du mariage mixte, de l’homosexualité, de la condition féminine... sans tabous.
Le personnage essentiel n’est cependant pas sur le bateau, il s’agit de la ville de Dubai , théâtre d’une tragédie annoncée dès le deuxième chapitre qui tient le lecteur en haleine jusqu’à l’issue du roman. 
Gabriel Malika connait la ville sur le bout des doigts et nous promène de quartier en quartier faisant vivre sous nos yeux les différentes communautés représentées dans l’Arab cruise. Elle devient alors tous ces personnages, monstre redoutable et séduisant à la fois, riche de toutes les cultures et rongé par tous les vices.
Vous serez emportés dans cette aventure, charmés par les récits de vie qui se succèdent, fascinés par l’inventivité de l’auteur.  
Ce premier roman paru en 2011 est au fond une déclaration d’amour à une ville qu’il a qualifiée par ailleurs de « mosaïque extraordinaire de cultures ». 
En vente en ligne à Dubai sur l'e-shop de Culture & Co.
 
Dernière publication de G Malika : Au Nom d’Alexandre, 2016
 
Un avion sans elle, M.Bussi
 
 
C’est un livre qu’on lit d’une traite, et s’il faut le poser en cours de lecture, il continue d’occuper notre esprit jusqu’au moment où soulagé, on le reprend en main.
Tout commence avec le crash de l’Airbus 5403 en provenance d’Istanbul et à destination de Paris le 23 décembre 1980. Une seule rescapée dans la neige qui couvre alors le mont Terrible au cœur du Jura, une petite fille de quelques mois.
Deux familles s’arrachent le bébé miraculé, deux familles que tout oppose mais qui se retrouvent dans la conviction que Libellule comme l’a surnommée une journaliste est leur petite fille, la chair de leur chair, le sang de leur sang. Le sang ne prouvera rien, l’ADN ne parle pas encore en 1980.
La justice tranche et donne une identité à l’enfant mais la famille adverse n’a de cesse de rétablir ce qu’ils pensent être la vérité et pour ce faire s’offre les services du détective Crédule Grand-Duc. A l’issue de dix-huit ans d’enquête, alors qu’il a décidé d’en finir avec une vie qui se résume à l’échec de la résolution de l’énigme, Crédule Grand-Duc en découvre la clé. Assassiné, il ne pourra aller plus loin tandis que Marc, le frère de Libellule à qui il a confié son précieux cahier de notes entame une course contre la montre pour démêler l’écheveau de leurs vies et sauver celle qu’il aime plus que tout.
Michel Bussi nous surprend de rebondissement en rebondissement et nous emmène là où nous ne pensions pas aller. Il construit un thriller passionnant qui croise le retour sur une course de fond de dix-huit ans et le sprint final qui mène à une révélation tout à fait inattendue.
C’est la question de l’identité qui est posée ici, petite fille élevée dans une famille très modeste mais disposant de la fortune colossale d’une autre famille potentielle, comment va-t-elle orienter son destin ?
En vente en ligne à Dubai sur l'e-shop de Culture & Co.
 
Dernière publication de M Bussi : Le temps est assassin, 2016
 
Les 4 romans sont disponibles à la librairie Francaise Culture & Co .

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       Petites annonces

 
 

Pour la première exposition au sein de son nouvel espace à Al Quoz, Carbon 12 accueille Gil Hector Cortesao, un artiste portugais singulier, auteur de peintures sous plexiglas où le temps semble s’être arrêté.

 

1/ Après plusieurs expositions en Europe (Portugal, Luxembourg et France) c’est votre première exposition au Moyen-Orient, pourquoi ce choix ? Comment avez-vous été sélectionné par Carbon 12 ?
C’est en effet ma première exposition au Moyen-Orient. Le galeriste de Carbon 12, Kourosh Nouri, a vu et aimé une exposition que j’ai faite à Paris (“Remote Viewer”, Galerie Suzanne Tarasiève), et m’a invité à préparer une exposition pour son nouvel espace à Dubai. J’ai pensé que ça pourrait être un contexte très intéressant pour montrer mon travail, parce que ma peinture met en exergue les qualités, les atmosphères et les suggestions associés à différents types d’espaces et aussi revisite les utopies et contre-utopies modernistes et architectoniques. Dubai bien sûr, avec tous ces projets de construction futuristes est le l’endroit parfait pour exposer ce genre de travail. J’étais aussi très curieux de la réception que j’aurais d’une culture différente.

2/ Comment percevez-vous le public dans le Golf ? Pensez-vous que la réception de votre travail sera différente ?
Je sens que le public est très spécial dans le Golf parce que c’est très cosmopolite avec des gens ne venant pas seulement de la région, mais aussi de nombreux endroits du monde. Durant le vernissage, j’ai senti qu’il y avait un véritable intérêt et enthousiasme par rapport à mon travail en particulier et pour l’art contemporain en général.

3/ Vous avez l’habitude de travailler avec la technique de l’huile sous plexiglas, ce qui semble emprisonner la scène dans un cadre comme le temps dans l’éternité. Quel est votre objectif ? Quelle est votre inspiration ?
Même avant de commencer à utiliser le plexiglas, j’ai toujours été fasciné par la transparence, par l’idée d’avoir deux (ou plus) images occupant le même espace. Le plexiglas crée aussi une distance presque subliminale, et depuis que je me concentre sur les paysages et les intérieurs, la distance et l’illusion sont très importants pour moi. Bien sûr, le plexiglas est aussi un miroir de qualité et les reflets projetés sur la surface de verre sont importants pour la perception du travail.

4/ Vos peintures ressemblent à des photographies, souhaitez-vous reproduire la réalité ou recréer un autre univers à travers votre propre vision ?
Même si j’utilise des photographies comme support comme un point de commencement pour la création picturale, je ne suis pas intéressé par le réalisme, je suis plus intéressé par les rêves, les hallucinations, les visions, les utopies et les souvenirs. Donc, même s’il reste un degré de réalisme qui vient des sources photographiques que j’utilise, il y a aussi quelque chose qui peut être presque l’opposé du réalisme et où les traces de corps sont présents (graisse de cuisson, coups de pinceau gestuels, tâches, éclaboussures…). Aussi, le plexiglas sur lequel je peins crée comme une dimension onirique parce que cela semble enlever la densité matérielle de la peinture à l’huile.

5/ Finalement, comment définiriez-vous votre style ? Que diriez-vous au public afin de venir voir votre exposition ?

Les définitions ne sont pas vraiment importantes pour moi, je laisse cela aux critiques et aux historiens ! Je crois aussi que mon travail doit parler pour moi et atteindre le public et si mes peintures conservent l’intensité que j’essaie toujours de donner, tous les mots que je pourrais dire pour inciter les gens seraient superflus !


“Memories from the future” par Gil Heitor CortesaoDates: 15 octobre au 26 novembre 2009
Lieu : Carbon 12, Al Quoz 1 – Street 8, Al Serkal Avenue – Warehouse D37
Site web : http://carbon12dubai.com/

Nadia Sallustio rayonne sous le puits de lumière de l’atelier du Centre d’Art du Mall of Emirates…

La pièce dégage une atmosphère de travail comme en témoigne les taches de peintures des divers ateliers qui s’y succèdent. Nadia est diplômée des Beaux Arts de Tournai en Belgique et propose à Dubaï un atelier de recherche picturale/peinture depuis octobre 2009. Après délibération du jury, Nadia a reçu pour la fin de sa dernière année aux Beaux Arts, la bourse Horlay Dapsens, deux artistes seulement la reçoivent par an.

 

 

Portrait de Nadia Sallustio
De son portrait « classique », un joli visage encadré d’une coupe de cheveux fluide et l’allure droite et fine de ses femmes qui ont touchées des années à la danse classique, se dégage un sourire fort et une vraie présence dont on peut sentir la joie nécessaire à la création quand son rire éclate dans le studio. Nadia est comme dans son travail, toute en transparence et en force.
Dans ses œuvres, la mixité des techniques la révèle : le pastel gras, le pastel sec pour sa légèreté et sa transparence. Le blanc est une couleur majeur dans son travaille comme un guide, pour la lumière et pour souligner une ligne, une forme. Le blanc est un symbole au même titre que le rouge et le noir. Le blanc du pastel sec se confronte à l’acrylique onctueux et épais. De cette interaction des deux matières naît une structure du tableau, son espace se délimite. Une monde formel et un monde informel agités par le sens du hasard où l’artiste se laisse porter par la matière comme le marc du café prend la forme qu’il a choisit au fond de la tasse. Nadia possède son propre alphabet des formes, elles sont ludiques. Quand son poignet tourne, de sa gestuelle les courbes apparaissent et se retrouvent dans ses œuvres comment un récipient qui attend quelque chose. Une féminité dans ses tableaux vient peut-être de son année de stylisme à s’essayer aux patrons de haute couture…



émotion retrouvée, septembre 2009 – technique mixte sur toile
Nadia aime le papier c’est sa matière, la toile l’effraie, la laisse devant une page blanche alors le crépon vient s’y coller pour l’habiller ici de bleu.



Vague à l’âme, avril 2009 – encre de Chine sur papier
Coup de cœur de Dubaï Madame pour un dessin de graphisme qui nous renvoie tous à nos premiers essais.

On aimerait un jour découvrir les photos de Nadia sur son travail de transparence savon et de zinc gravé au sucre… Peut-être l’occasion d’un nouvelle rencontre avec Dubaï Madame. Une artiste belge et italienne à suivre à Dubaï…



Dans le cadre de ses ateliers
, Nadia n’impose pas un travail. Le nom de l’atelier parle de lui même « atelier de recherche picturale ». Il est un cheminement vers l’expression de soi vers la découverte de nouvelles techniques. La mixité des supports révèlera à l’élève sa propre écriture, son émotion dessinée sur la toile, sur le papier, le bois, le zinc ou encore la cire. C’est un atelier pluridisciplinaire, une initiation vers une pluralité de techniques et de supports.

Adultes les mercredi matins de 9h à 12h
Tarif : 1500 dhs les 8 semaines d’atelier au studio art forum premier étage du Ductac Centre d’Art du Mall of Emirates.
Enfants de 5 à 9 ans tous les mardi de 15h30 à 16h30
Tarif : 500 dirhams les 10 cours au studio 13 du premier étage de Ductac Centre d’Art du Mall of Emirates.
Les Ateliers « workshops » se répètent tout au long de l’année et sont en français.

NADIA nous livre ses cinq adresses à DUBAÏ :
Galerie B21 – Al Quoz
Les Galeries de Bastakia et la galerie XVA
Le DIFC pour ses restaus, ses galeries…
Teacher shop supplies - Jumeirah beach center - beach road jumeirah 1
Restaurant Bice - du Hilton de Jumeirah


Tel : 050 887 9214
Email :
Site web : www.ductac.org (onglets Workshops / Arts / Adults / and more)






Ce mois-ci dubai madame est allé interviewer Mohamed Sultan Al Habtoor, célèbre émirien âgé de 28 ans, qui travaille dans le secteur de l'art au niveau international et local et est très impliqué dans le monde de la mode dans les Émirats mais aussi à l'extérieur.

Auparavant, il fut officier de l'armée aux commandes des opérations spéciales aux Emirats et a été nommé par la Royal Military Academy Sandhurst en Grande-Bretagne.

Pourriez-vous vous présenter brièvement pour ceux qui ne vous connaissent ?
Je travaille actuellement pour des sociétés de commissaires priseurs comme Bonhams, Philipps et Sothebys, en tant que consultant pour le Moyen Orient. Précédemment, j'ai travaillé avec le DIFC en dirigeant le département des " arts et culture " qui organise le Art Dubai Fair avec leur équipe mais aussi avec le partenaire majeur (DIFC) dans les projets et activités parallèles.
Je suis aussi artiste moi-même et je suis aussi considéré comme une référence nationale dans le monde de la mode, notamment dans la région, grâce à mon sens aigu du style et à mon esprit libre qui a été reconnu par un grand nombre de personnes.

Comment vous définiriez-vous ?
Actuellement, je travaille sur un énorme projet qui classera Dubai comme une destination incontournable dans le monde. La musique, la mode et les arts feront partie du projet ce qui est très excitant. Même si j'aimerais vous en dire plus, je garde le secret.
Le chemin est encore long ; heureusement j'ai retenu le meilleur en débutant avec ma famille et j'ai tout retenu pour essayer d'atteindre et d'obtenir le meilleur. Il y a beaucoup d'obstacles sur ce chemin, mais je les surmonte avec de la force, une grande foi et un peu de magie. Je crois aux rêves, certains rêves doivent être gardé pour soi mais d'autres doivent être partagé avec le monde.
Je n'aime vraiment pas me décrire parce que beaucoup de gens ont différentes opinions et évidemment beaucoup d'entre eux ne vont décrire que leurs bons côtés oubliant que nous sommes humains et que nous ne sommes pas parfaits. Donc je préférerais ne pas en dire trop et peut-être, si vos lecteurs me rencontrent un jour, je leur donnerai la permission de me décrire et de vous le rapporter.

J'ai appris que vous êtes artiste peintre, pourriez-vous définir votre style et vos influences ? Comment avez-vous découvert la peinture ?
Effectivement je suis peintre et je crois que c'est de famille. Nous avons tous un côté artistique, à commencer par mon père qui a été un collectionneur bien avant que je vienne au monde. J'ai commencé à gribouiller sur des papiers avant même d'aller à l'école et j'avais aussi l'habitude de dessiner sur les journaux, les magazines et même les murs et les meubles de la maison… ce que mes parents n'appréciaient guère. Lors de ma dernière année au lycée, on m'a toujours dit que je ne serai jamais artiste et on m'a conseillé de ne pas continuer là dedans et de prendre une autre direction, ce qui honnêtement a créé en moi une phobie (je crois que la raison était que j'étais très passionné et je n'ai jamais vraiment suivi le sujet demandé mais le développais via une autre approche avec ma propre technique et compréhension). Donc j'ai arrêté de peindre et pris une autre voie et ai obtenu mon diplôme dans un secteur complètement différent. Ainsi, ma carrière a été sur le point de devenir politique. C'est seulement récemment que j'ai eu le courage, encore grâce à mon amour de l'art, de prendre du recul par rapport à ça.
Je définirai mon style comme du pop art contemporain. Je puise mon inspiration dans une déclinaison de " smileys ". Mon art est basé sur les sentiments et les valeurs qui me sont propres, entouré de mes amis et influencé par des icônes telles que David Bowie. Mes couleurs sont très vives et fluorescentes et mon public cible les personnes de tout âge, à la fois les enfants parce qu'ils aiment les couleurs vives et à la fois les adultes parce qu'ils voient de l'humour dans ces " smileys ".

Que pensez-vous de l'émergence des artistes émiriens sur la scène internationale ? Selon vous, sont-ils les ambassadeurs de la culture émirienne à l'étranger ?
Je considère encore les Émirats comme un très jeune pays dans le monde de l'art, mais le chemin que nous prenons actuellement est incroyable. Il y a des secteurs où il y a encore besoin d'un travail important mais dans d'autres endroits je vois les Émirats être des leaders dans la région. Je ne crois pas encore qu'il y ait encore un ambassadeur des Émirats dans le monde de l'art et pour cette raison, nous avons besoin de plus et nous devrions avoir une participation internationale pour commencer à reconnaître les EAU. L'art vient de là et tous les artistes ont le droit d'être remarqué et introduit sur la scène internationale. Malheureusement, beaucoup d'artistes qui méritent d'être de renommée internationale aux Émirats ne le sont pas. L'art est aussi, d'une certaine façon, devenu très politique, à moins que vous n'ayez déjà un nom dans ce secteur et que vous soyez financé. De même si vous n'êtes pas connu, personne ne vous remarquera. C'est un langage très incompréhensible dont je témoigne et les gens oublient toujours que l'art est un langage universel sans barrière aucune.

Plus généralement, pensez-vous qu'un artiste doit jouer un rôle dans la société contemporaine ? Ou doit-il suivre la formule "l'art pour l'art" ?
C'est très difficile parce que c'est un peu les deux. Selon moi, l'art est un langage universel et chacun a le droit de s'exprimer et je crois que chaque artiste est responsable pour le rôle qu'il joue dans la société. Si vous êtes capable de suivre l'art, vous pouvez comprendre d'où le monde vient.

Quels sont vos futures projets et vos ambitions ?
Mon futur projet sera titanesque, il est prévu pour début 2010 et je suis très heureux de pouvoir le faire avec Carbon 12, une galerie de Dubaï qui suit les dernières tendances et fait la part belle à l'international. Ils parlent le même langage universel que moi et cela résume très bien mon style. Tout ce que je pense je le dirai. En même temps ça sera une collaboration avec un artiste international qui est considéré comme un maître. Et j'ai l'honneur d'être associé à cet artiste si particulier. C'est une surprise !

Si vous étiez…
Un film…  Le magicien d'Oz
Une ville… Je serais Londres
Une langue… Je serais la langue française (j'ai besoin de vos lecteurs pour m'apprécier)
Un sport… Je serai tous les jeux Olympiques
Un vêtement…  un sac Hermès crocodile modèle "Grace Kelly" en noir et or

Pour finir sur une "french touch", un petit mot en français peut-être ?
Je t'aime pour toujours!

Il n’est pas toujours facile de trouver une ligne commune parmi les expositions qui se déroulent en ville pendant une même période, ni nécessaire à bien voir. Et pourtant, parfois on est franchement étonné par la surprenante homogénéité des thèmes ou des approches  tandis que d’autres fois  on est tout simplement en train de monter – comme des perles sur un filet – une série variée de représentations de notre présent...
Ce n’est pas des maths bien évidemment, mais à la preuve du neuf on finit par se retrouver presque toujours dans les mêmes coins et par les conseiller conséquemment. Comme il faut suivre un critère dans la présentation, on va respecter la consigne chronologique et commencer donc avec The Third Line, tout en s’agissant du seul show inauguré au cours du mois de Ramadan et qui va se terminer début octobre. The Moment of Alignment est la deuxième exposition dédiée par cette galerie de Dubaï à Rana Begum, artiste née au Bangladesh mais depuis très longtemps installée à Londres. Voici présentés six travaux nouveaux, en grande échelle sur support d’aluminium teint, parallèlement à une sélection de paperworks et de pièces tridimensionnelles de plus petite taille. Par rapport au show précédent, Rana Begum a évolué dans sa recherche sur la couleur, sur sa tension avec le support et sur la symétrie qui peut dériver de la répétition du geste.  La progression dans son étude, les étapes de son apprentissage sont «documentées» dans cette exposition dans laquelle à côté des pièces «monumentales» figurent également ceux qui, à la lumière des derniers résultats, apparaissent comme les dessins préparatoires et les maquettes préliminaires d’un travail plus ambitieux.

 

Il suffit de traverser la route pour visiter le deuxième show de notre choix pour ce mois, «Rostam in the Dead of Winter», de l’artiste iranien Fereydoun Ave, proposé par la galerie B21. Cette collection de travaux réalisés en  techniques multiples est axé sur le portrait du héros de wrestling préislamique Rostam, un personnage décrit par le poète Perse Ferdowsi  dans son poème épique Shahnameh (Le livre de Rois).  Ave, qui avait déjà dédiée une série de travaux à ce personnage mythologique («Rostam in Late Summer»), a ici optée pour une page plus sombre de cette même épopée. Cette série de Ave peut bien être regardée comme une métaphore, qui viserait apparemment à la tourmentée réalité politique de son Pays à travers une lentille historique unique, des créatures mythologique anciennes qui peuvent nous aider dans l’interprétation du présent, tout en nous offrant encore une chance d’espoir pour l’avenir.
La dernière exposition signalée, «Unspoken Marks, Unspoken Words», se tient jusqu’au prochain 22 octobre auprès de XVA gallery, un coin vraiment charmant et à connaître, même si pas sous prétexte de découverte culturelle.  Réalisée par une artiste américaine installée à Dubaï, Nelda Gilliam, cette série de travaux se distingue par l’intimisme de la dimension explorée et malgré qu’il ne soit pas un corpus complètement persuasif, le charme qui en émane vaut bien une visite aux lieux…




The Third Line – Al Quoz ind. – tel 04 341 1367  – www.thethirdline.com (l’exposition continue jusqu’au 1er  octobre prochain)
B21 – Al Quoz ind. – tel. 04. 3403965  – www.b21gallery.com (l’exposition continue jusqu’au 22 octobre prochain)
XVA Gallery – Basatakiya, Bur Dubai – tel 04 353 5383 -  www.xvagallery.com (l’exposition continue jusqu’au 22 octobre prochain)

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