Saba est pétillante, douce et légère, pourtant ses œuvres sont puissantes, lourdes de sens et émouvantes, mais jamais sombres. Sa dernière exposition, à la galerie Cuadro au DIFC, nous fait découvrir un de ses univers,  intense et coloré. Des vêtements, des tissus, des foulards … qui semblent flotter autour, ou en l’absence, de corps invisibles. Chaque tableau suggère des formes inattendues qui offrent à chacun des évocations différentes selon sa sensibilité. Les drapés sont si réalistes que certaines toiles pourraient, au premier regard, passer pour des photos ; mais la composition, l’émotion et le mystère qu’elles dégagent nous emportent dans une autre dimension.L’œuvre de Saba est largement influencée par les moments intenses de sa vie de femme. Deuils, naissances, maternité, sont des évènements qu’elle transcende dans son expression artistique. Contrairement à sa personnalité qui est si abordable et attentive, son travail est très introspectif, ses toiles très travaillées, riches de détails et de sens et surtout, comme elle, d’énergie.Et encore, ce sont là « que » ses œuvres artistiques, dont elle parle volontiers, mais ceux qui la connaissent savent qu’elle investit aussi son énergie dans  d’autres « œuvres », au sens où l’entendaient nos grand-mères. En effet Saba est une des co-fondatrices de Mums’share, une association  qui distribue de la nourriture aux travailleurs sur les chantiers tous les jeudis. Un geste simple (mais pas si simple à mettre en œuvre et pour lequel elle est aidée, entre autres, par un groupe de françaises ) mais très symbolique, de partage avec ces hommes qui par leur travail font aussi Dubai.Ne  comptez pas sur elle pour jouer l’artiste maudite ou la passionaria humanitaire. Elle est beaucoup plus complexe et profonde que chacun de ces 2 rôles. L’art, qu’elle a étudié toute sa jeunesse, au Pakistan d’abord puis aux Etat-Unis pour son MBA, est pour elle un moyen d’expression fondamental, sa façon de transcender les épreuves et les bouleversements de la vie. Cependant,  elle considère que c’est un privilège de pouvoir pratiquer son art et c’est ainsi que lui est venue la nécessité de  donner en retour, aux moins favorisés, une partie de son temps et de son énergie. Sur cet engagement humanitaire, elle reste très discrète et n’en parle que si on insiste. Et c’est avec un naturel déconcertant, comme si cela coulait de source, qu’elle raconte comment elle discute avec les chefs de chantier pour obtenir leur accord pour les distributions ! Elle n’en veut tirer ni éloge, ni notoriété, elle se satisfait juste d’agir humainement.En effet, contrairement à beaucoup d’artistes qui, parfois malgré eux, sont totalement égocentriques, Saba est tournée vers les autres par nature et par engagement. Elle aime partager. Partager son art en exposant ses œuvres, partager son savoir en enseignant l’art à l’American University of Dubai (AUD) et en tant que professeur honoraire à l’université de Lahore, partager sa notoriété avec sa belle-sœur, artiste aussi et son frère compositeur !Pourtant cet équilibre profond n’est pas inné, elle y travaille. Elle le dit elle-même, ses œuvres sont un exutoire pour ses démons, ses peurs et ses interrogations face à la mort, la pourriture du corps et quelques autres sujets morbides qui influencent profondément son travail.Quand on l’interroge sur son processus créatif, on comprend que la technique n’est pas un problème, pour elle peindre, c’est jubilatoire. Elle maîtrise les drapés classiques comme les techniques mixtes et saura utiliser du café et ses pouces sur du papier ou de l’acrylique sur une toile, sans aucun état d’âme. Cequi lui importe ce n’est pas le médium, mais le message.  Et le message qu’elle transmet, peut-être inconsciemment par son histoire, sa personnalité et son énergie, est un message profondément humaniste. Ce message rayonne dans son sourire et sa gaité face à la vie et à l’avenir,dont elle n’ignore pourtant en tant que femme et mère, ni les enjeux,ni les épreuves.Pour en voir et savoir  plus :Galerie Cuadro jusqu’au 09/02/2013 :Contemporary Art From Pakistan: Saba Qizilbash : 09/01/13 - 09/02/13http://www.cuadroart.com/en/exhibitions/contemporary-art-from-pakistan-saba-qizilbash.htmlhttp://sabaqizilbash.com/Pour celles qui veulent contribuer par leurs dons à Mums’Share contacter Oriane Kunterman : emailProtector.addCloakedMailto("ep_a31eac17", 1);
Laila Mohamed Suhail est la jeune Directrice générale de l’Établissement en charge des Événements et de la Promotion de Dubaï. De son bureau, elle donne le tempo événementiel d’une ville qui s’est forgé la réputation d’être l’une, voire, LA destination shopping la plus courue au monde. INTERVIEW. Comment le Dubai Shopping Festival (DSF) et l’Établissement en charge des Événements et de la Promotion de Dubaï (DEPE) ont-ils vu le jour? Le DSF a été lancé en 1995 par Sheikh Mohammed et le premier événement a eu lieu un an plus tard. Nous fonctionnions alors comme un bureau. Le DSF est le plus grand festival de Dubaï. Nous sommes chargés d’en faciliter l’organisation. Nous avons ensuite lancé Dubai Summer Surprises (DSS) en 1998, le deuxième festival de la ville. Cela a eu un impact majeur en termes de fréquentation. En 2008, nous avons continué avec Eid à Dubaï et Ramadan à Dubaï. Puis, en 2009, notre Souverain a passé un décret pour changer le mandat du DSF qui est alors devenu l’Établissement en charge des Événements et de la Promotion de Dubaï (DEPE). Notre nouvelle mission consistât alors à travailler à un calendrier d’événements et devenir une plateforme dont le rôle est d’aider à l’organisation de tous les événements de Dubaï. J’en suis la Directrice générale. Puis-je vous demander votre âge pour être ainsi à la tête des festivals les plus réussis d’une ville comme Dubaï, l’une des destinations les plus prisées en termes de shopping ? J’ai 36 ans. Comment en êtes-vous arrivée là? J’ai débuté comme Coordinatrice sponsors avec le DSF en 1995. J’étais alors fonctionnaire du Département du développement économique. Je suis devenue Sponsor Manager en 2000, Chef du marketing en 2004 et j’ai été promue Directrice générale du DSF en 2008. L’étendue et la nature de notre organisation si vivante et active m’ont permis d’acquérir une expérience qui va croissant. Alors que vous organisez vous inter-réagissez avec le secteur privé, le gouvernement et les média. Cela vous donne une immense quantité d’expériences et de connaissances. J’ai été impliquée dans 32 festivals de la ville : 17 ans pour le DSF et 15 ans pour le DSS. J’ai été associée à ces événements depuis le commencement.Comment avez-vous bâti cette carrière en tant que femme ? En tant que femmes émiraties, nous bénéficions d’un grand soutien de nos leaders, en particulier Sheikh Mohammed. Il encourage toujours le leadership féminin. Je suis aussi à la tête du Comité Sportif de Dubaï dirigé par le Prince héritier qui croit beaucoup au sport. Même là nous sommes soutenues. Qui a eu l’idée du DSF ? Son Excellence. Vous semblez passionnée par votre travail ? Je le suis, oui. C’est un domaine vraiment unique où l’on interagit avec les différentes parties prenantes, secteurs de la ville, des gens très divers. Organiser des événements dans une ville comme Dubaï vous met en contact avec tellement de nationalités différentes. Êtes-vous ambitieuse ? Je suis passionnée. J’aime mon travail. J’adore le secteur événementiel et je suis une personne créative. J’aime trouver de nouvelles idées. J’aime les challenges. Le marketing est ma passion. Quelle meilleure toile que Dubaï ? Dubaï est un endroit où les idées prennent forme, où les rêves se réalisent. Ces 15 dernières années, nous avons vu se construire la Marina, Downtown, Burj Khalifa, Dubai Mall. Toutes ces visions, nous en faisons l’expérience chaque jour. Les idées sont réalisées ici. Cela vous pousse à la créativité lorsque vous en voyez les résultats. Quel était le taux de fréquentation du DSF au début et maintenant ? Nous avons commencé avec un peu plus d’un million de visiteurs et nous en avons eu 4,6 millions en 2012. Nous avions 15 malls et aujourd’hui nous en comptons plus de 50. Un millier de marques participaient et elles sont plus de 6000 à proposer des rabais et participer à la saison des soldes à présent. Quel est le secret ou la raison d’un tel succès ? Notre communication avec les différents secteurs. La chose la plus excitante est que nous travaillons tous ensemble, le gouvernement et le secteur privé. Il existe de nombreuses synergies. C’est la raison de notre succès. Les gens de l’étranger nous demandent « comment faites-vous cela ? » C’est la relation, le travail d’équipe, le soutien que nous nous apportons les uns les autres. Ils sponsorisent nos événements, nous les impliquons dans nos activités, nous leur donnons du feedback, nous les consultons, nous les soutenons, nous facilitons leur business. En tant que spécialiste de marques, diriez-vous que Dubaï est la meilleure marque pour laquelle travailler ? Absolument. Pourquoi est-ce important pour les marques de faire partie du DSF ? C’est l’une des saisons les plus importantes du commerce de détail. Ils planifient leurs promotions et leurs activités à l’avance en fonction du DSF. Quel est votre parcours? J’ai un diplôme du London City College en Traitement et Programmation. Je suis en train de faire un masters via Internet en Programmation au Chartered Institute of Marketing (CIM). Comment avez-vous convaincu les sponsors de la région et du monde ? En leur montrant que Dubaï est une ville où les rêves deviennent réalité. Dubaï s’est forgé cette réputation. Grâce à cela, le secteur privé a cru en Dubaï et son leadership, qui a construit la ville comme une marque et a cru en cette marque. Les détaillants ressentent les bienfaits du festival et voient la fréquentation augmenter. Quel est votre prochain challenge ? Dubaï a énormément grandi. Lorsque nous avons lancé le DSF en 1996, la ville était différente. Aujourd’hui elle a besoin de plus en plus d’activités, les attentes sont très élevées de la part du gouvernement et du public. Ils attendent de nous que nous réinventions et que nous rajeunissions les festivals. De quoi êtes-vous le plus fière ? Faire partie d’un secteur d’activités unique qui bénéficie à l’économie et à la croissance de la ville. Je suis fière de faire partie du secteur événementiel et d’être associée aux marques DSF et DSS. J’ai fait 18 DSF, 16 DSS et 8 Eids ! Combien d’employés dirigez-vous?65 dans toute la structure DEPE. Comment est-ce d’être une femme directrice générale ?Nous sommes bénies dans ce pays d’avoir un gouvernement qui croit aux femmes et à leurs capacités. Malgré le fait qu’au Moyen-Orient nous vivons dans un monde d’hommes, le gouvernement reconnaît notre potentiel. De nos jours le pourcentage de femmes occupant des postes à responsabilité au sein du gouvernement a augmenté et continue d’augmenter. Je crois que le DEPE est une preuve de plus que les femmes peuvent diriger et je l’ai fait depuis quelques temps déjà. J’ai commencé comme employée il y a 18 ans pour DSF et je suis aujourd’hui à la tête d’une équipe professionnelle qui a monté des festivals de renommée internationale.Êtes-vous mariée? Non mais j’ai une grande famille de huit frères et sœurs et ma mère. Mon père est décédé l’année dernière. Je passe du temps avec mes neveux. Dans quoi travaillaient vos parents ?Mon père était un employé des douanes et ma mère femme au foyer.Ils doivent être fiers de vous? Ils le sont. Leurs prières, c’est aussi cela qui nous aide à avancer. Pouvez-vous imaginer votre mère à votre place quarante ans plus tôt? Notre pays a 41 ans. Nous sommes tous très fiers de ce qu’il est devenu. Un tel développement et une telle croissance en si peu de temps. Quelle est votre relation avec Sheikh Mohammed ? Je l’ai vu de nombreuses fois. En dépit de ses responsabilités, il vous traite toujours comme s’il était proche de vous et vous motive à faire plus, il encourage l’équipe de direction. Quelles sont ses principales qualités qui vous viennent en tête? C’est un vrai leader. Un homme capable de réaliser les rêves et un père aimant : il nous traite comme si nous étions ses enfants. Ce n’est pas la première fois que j’entends cela et une telle relation est vraiment propre à Dubaï ? Nous sommes un peuple très émotionnel. Que vouliez-vous devenir petite fille ? Tant de choses. Médecin, ingénieure… Que diriez-vous aux jeunes femmes qui démarrent leur carrière ? Je leur dis que nous sommes bénies d’être nées aux Émirats Arabes Unis et que ce pays offre de grandes opportunités. Tout ce qu’il faut c’est de la passion et du travail et vous pouvez réussir. Quelles sont vos destinations shopping préférées? Londres, New York, Hong Kong, Singapour. Je fais du shopping partout. Je suis accroc au shopping ! Le meilleur endroit où faire du shopping à Dubaï ? Partout.Pour plus d’infos :Le DSF a lieu jusqu’au 3 février 2013Dubai Shopping Festival 1996 – 2011Faits & Chiffres•    Le plus ancien festival de ce genre dans le monde (18 ans)•    Nombre de visiteurs attaints 50 millions•    Total des dépenses AED 88 Milliards•    Plus de 40 activités recensées dans le Guinness Book des RecordsAnnée               Visiteurs                       Total dépensé1996               1.6 million                  AED 2.15 Milliards2010               3.5 millions                 AED 10 Milliards2011               3.98 millions               AED 15.1 Milliards2012               4.36 millionsKyra, journaliste et écrivain tient un blog, que nous vous recommandons chaudement : http://kyradubai.overblog.com/ Entretiens avec des femmes… « Pas n'importe lesquelles. Des femmes qui ont fait de Dubai l'écrin de leur succès, des femmes émancipées et entrepreneuses ou qui s'apprêtent à s'en donner les moyens. Fermez les yeux. Essayez d'imaginer Dubai il y a quarante ans. Réalisez le chemin parcouru... »
C’est à l’Alliance Française de Dubai que la réalisatrice moscovite Olga Sapozhnikova présentait hier son film Hidden Beauty, un documentaire dressant le portrait de quatre femmes arabes ayant fait leurs preuves dans une société dominée par les hommes. L’occasion de demander à cette diplomate russe, diplômée de l’école de journalisme politique de Moscou, son avis sur la condition féminine dans la région et les stéréotypes véhiculés. Interview entre est et ouest.Depuis combien de temps vivez-vous aux Émirats ?Mes parents y vivent depuis 17 ans et je me souviens de ce pays la première fois que je suis venue il y a près de 20 ans quand il n’y avait pas encore grand chose. J’ai vu ce lieu se développer donc j’y suis très attachée.Vous avez une carrière particulièrement intéressante : vous avez été diplomate auprès de l’ambassade de Russie au Japon et travaillé pour le ministère des affaires étrangères Russe. Vous réalisez des films documentaires sur la condition féminine. Ces femmes de différents horizons que vous avez côtoyées, sont elles différentes ?Tout semble si différent et pourtant il existe de nombreuses similitudes. Je peux vous donner des exemples de ce qui est différent. Au Japon, les femmes tiennent les cordons de la bourse. Elles sont en charge des finances du foyer, ce qui est très intéressant. Les femmes arabes –bien que beaucoup de femmes occidentales les croient réprimées – ont beaucoup de droits et mènent souvent des vies très heureuses. Pourriez-vous décrire ces droits ?Le droit d’être très belles. Certaines d’entre elles sont plus éduquées que dans beaucoup d’endroits dans le monde. Elles ont parfois deux ou trois diplômes et ce, en ayant trois, quatre, cinq enfants. La façon dont elles combinent leur vie quotidienne et leur carrière est unique. J’ai des amies qui se lèvent à 5 heure du matin malgré le fait qu’elles viennent de familles riches parce qu’elles veulent étudier, avoir accès à plus d’éducation, travailler et avoir beaucoup d’enfants. C’est intéressant de voir comment elles parviennent à gérer les deux mondes tout en préservant leur culture. Les femmes russes, elles, ont perdu beaucoup de leurs valeurs. Les valeurs qui ont fait notre culture pendant des années. La nouvelle génération essaye de se souvenir des valeurs transmises par leurs mères et leurs grand-mères : la famille, le respect des ainés, les enfants. On essaye d’y revenir. Parce que nous avons eu tant de révolutions, de changements comme le fait que nous nous inspirons du système américain basé sur l’argent et ce n’est pas les valeurs slaves.  D’ailleurs une des héroïnes de votre documentaire, Hidden Beauty, est un véritable exemple de gestion de vie professionnelle et familiale ?Oui Jamilya est un exemple pour nous toutes. Elle explique que lorsqu’elle est ambulancière elle ne pense plus à la maison. Et quand elle est à la maison, elle oublie son travail. Elle sépare les deux mondes. C’est une femme extraordinaire.Dites nous en plus sur ces femmes dont vous dressez le portrait ?Rym à la gauche et Ahlam à la droite d'OlgaLa première est donc Jamilya, l’une des premières femmes à travailler comme ambulancière avec 5 à 600 hommes. La première femme ici à travailler avec autant d’hommes. Surtout si l’on pense qu’ici les femmes ne sont pas autorisées à sortir avec les hommes. Donc c’était une vraie révolution. C’était très difficile et beaucoup de gens se demandaient comment une femme locale pourrait travailler avec autant d’hommes. Mais elle a réussi et a sauvé de nombreuses vies. Elle est devenue une sorte de légende, une mère ambulancière. Son histoire est si inspirante que Sheikh Mohammed en personne est venu chez elle pour la remercier et lui dire combien le pays était fier d’elle d’avoir sauvé tant de personnes d’incendies, d’accidents, de décombres d’immeubles. Et en plus de cela, comme je le disais elle est veuve et mère de 5 enfants. C’est un exemple unique. Une femme sage, douce et bonne. Puis, il y a Ahlam qui vient d’une riche famille saoudienne. Elle a décidé de quitter son pays d’origine pour trouver des soins adaptés à sa fille qui souffre de déficiences mentales. Elle a recommencé de zéro en Europe et elle a réussi seule avec trois enfants, sans argent, sans aide. Elle a fait des études, travaillé et construit sa carrière. Ensuite, il y a Rym, une journaliste émiratie qui a couvert l’Iran, l’Irak et essaye aujourd’hui de monter une opération humanitaire pour apporter des jouets et de la lecture aux enfants réfugiés syriens dans les camps. Enfin, il y a cette femme finlandaise qui vit ici et souhaite adopter le style de vie des femmes locales. Elle aimerait épouser un homme arabe et faire l’expérience de cette vie comme femme car elle pense que les femmes ici sont respectées comme femmes. Comment les avez-vous persuadées de se livrer à vous à un niveau aussi personnel ?Je choisis des héroïnes que j’aime. J’aime les gens. C’est ce qui me pousse à travailler et j’aime ce que je fais. Ce n’est pas du business. Je ne gagne pas ma vie avec ça. Je dépense de l’argent pour faire des films. Je n’en vis pas. Je vis d’autre chose. Pour me le permettre, être prête à voyager, je dois vraiment tomber amoureuse de mes personnages. Mes films m’aident à tant de niveaux. Je ne pense pas profit. Cela arrive mais ce n’est pas le but. Mes héros voient ce que j’ai accompli avant et ils me font confiance. Ils constatent que je me suis fixé certaines règles et que je fais de mon mieux pour les suivre. Il m’arrive de faire des erreurs parce que c’est très personnel. Le journalisme est comme une quête, faire de son mieux pour ne pas commettre d’erreurs. Vous avez la vie des gens entre vos mains : leurs affaires privées. J’essaie d’être vraie et de prendre soin d’eux. Ainsi, mes personnages sont d’accord de partager leurs secrets car ils comprennent que je les aime et les respecte. Qu’avez-vous essayé de montrer avec ce documentaire ?J’étais fascinée par ces femmes et j’ai voulu raconter leur histoire. Je ne pensais pas que le film serait sollicité comme cela.Le film est sorti en 2009 ?Oui, j’ai été invitée à La Femme Film Festival à Los Angeles en 2009, au Festival du Monde Arabe de Montréal la même année… Ils ont été très intéressés d’avoir un film sur les femmes émiraties, arabes. Un film qui comparait les femmes de l’ouest et de l’est. Celles de l’est ont des opinions sur celles de l’ouest et vice versa. Et il y a une petite querelle… Un conflit?Parce que l’un de mes personnages est européen et les autres sont arabes. L’un d’entre eux dit ce qu’elle pense des femmes occidentales : elles sortent sans maquillage, sans être allée chez le coiffeur, ce qui est très laid. Elle désapprouve leur comportement. C’est intéressant car certains personnages donnent leur opinion.  Et que dit l’Européenne des femmes arabes ?Qu’elle aimerait être comme elles, qu’on s’occupe plus d’elle, être plus soignée. C’était intéressant pour moi d’avoir le point de vue des deux côtés. Ce film est invité au Kazakhstan, dans les universités hongroises, en Europe, à Montréal. Il vit sa vie, je n’interfère pas.Vous dites que c’est un  privilège d’être une femme ici, qu’entendez-vous par là ?En Europe, il arrive que vous regardiez des femmes et des hommes et qu’il vous faille cinq minutes avant de savoir qui est qui. Parfois vous n’êtes pas sûre à 100%. Les femmes ressemblent aux hommes. Ici, je trouve qu’une femme se sent femme.Vous voulez parler de féminité ?Oui, la féminité. Bien sûr comme ce pays s’est développé très vite ce n’est pas facile de prendre ce chemin. Il y a quarante ans, les gens n’avaient pas de poches à leurs vêtements. Pour quoi faire ? Il n’y avait pas d’argent à mettre dedans. Le pays est parti de rien. J’aime qu’ils aient utilisé le meilleur de partout dans le monde et réussit à en faire cela et de façon pacifique. Il y a tant de sang et de guerres dans le monde. Alors 200 nationalités vivant en paix… C’est admirable. Je pense que le rôle de la femme est important car elles ne consentiraient jamais à envoyer leurs fils, leurs pères, leurs maris à la mort, de leur plein gré. Je suis sûre que les femmes auront un rôle plus important à l’avenir. Une femme qui atteint des niveaux importants au niveau décisionnel peut faire la différence.Que souhaitez-vous aux femmes de cette région ?De gagner en assurance.C’est encore difficile d’accéder aux postes stratégiques ?Les femmes ici sont soutenues par leur gouvernement. Quels sont les stéréotypes et les fausses conceptions des Occidentaux vis à vis des femmes arabes ?Quiconque porte une habaya est peut être une terroriste, par exemple. Elle est vue comme dangereuse, il ne faut pas l’approcher. Malheureusement les media véhiculent ce genre d’idées, de peurs. C’est la raison pour laquelle je fais des films. Ma sœur a été touchée par les attentats du 11 septembre. Elle n’était pas dans les tours mais en dessous et durant trois jours nous ne savions pas si elle était vivante. Cela a eu un grand impact sur notre famille. Aussi bien que la prise d’otages du théâtre de Moscou en 2002. J’ai décidé de faire des films pour montrer différentes cultures et montrer comment les gens vivent car la haine a pour origine l’ignorance. Vous commencez par avoir peur et ensuite vous haïssez car vous avez peur que cela vous tue. Mais si vous vous familiarisez avec les règles, que vous comprenez, ouvrez les yeux, vous commencez à aimer ces cultures et la haine disparaît. Mon documentaire s’appelle Hidden Beauty car un personnage comme Jamilya, peut être n’est-elle pas une Claudia Schiffer ou une Cindy Crawford, mais elle est si belle en tant que personne que vous tombez amoureux d’elle. C’est casser les stéréotypes sous le voile.Dubai vous inspire-t-elle ?Dubai est belle, vivante, jeune, dynamique et se métamorphose tous les jours. J’adore les gens qui vivent ici. Cela m’inspire.Pouvez-vous nous parler de votre premier projet qui est sorti ici l’année dernière ?Veiled Police (Police voilée) : un film sur les femmes de la police d’Abu Dhabi. J’ai essayé d’enquêter sur comment ces femmes mêlent leur travail dans la police –sauter, courir, protéger la nation- et être des mères. Comment avez-vous réussi à les interviewer ?C’était très difficile parce que c’était la première fois qu’elles étaient interviewées. La police m’a aidée.Quel est votre prochain projet ?Je voudrais faire un film sur les enfants. Comment on élève des enfants avec internet, les media, le sang, la violence etc. Comment les rendre beaux, sains, équilibrés et heureux dans un tel environnement. Et puis maintenant je travaille pour Mitsubishi et Nissan au Kazakhstan comme relations publiques. Mon prochain film s’intéresse aux champions olympiques, ceux qui ont rapporté des médailles de Londres 2012. A travers leurs histoires, je cherche à savoir s’il est facile ou difficile de nos jours de devenir champion olympique. Ces femmes viennent du Kazakhstan.Vous dites de Hidden Beauty qu’il doit inspirer ceux qui ressentent un manque d’opportunités. Que tout est possible. Vous êtes une vraie pub pour Dubai !?Quand je suis fatiguée ou découragée, je regarde la Burj Khalifa et je me dis que si les hommes ont pu créer cela, si l’esprit humain est capable de ça, tout est possible. Parfois, les reflets de lumière sur la fenêtre de la tour semblent me sourire. Je crois que tout est possible.Le film est disponible sur :www.cultureandplugged.comwww.olgasap.comKyra, journaliste et écrivain tient un blog, que nous vous recommandons chaudement : http://kyradubai.overblog.com/ Entretiens avec des femmes… « Pas n'importe lesquelles. Des femmes qui ont fait de Dubai l'écrin de leur succès, des femmes émancipées et entrepreneuses ou qui s'apprêtent à s'en donner les moyens. Fermez les yeux. Essayez d'imaginer Dubai il y a quarante ans. Réalisez le chemin parcouru... »
Quoi de tel pour inaugurer la nouvelle orientation Abu Dhabi de Dubai Madame.com  qu’une rencontre avec une émirienne ? Elle aime :Les gensLes livresLa bonne cuisineLa libertéElle n’aime pas :Les espaces exigusLes bureaux trop petitsL’étroitesse d’espritShaikha Mohamed Al Muhairi dirige les Bibliothèques Nationales pour la Abu Dhabi Tourism & Culture Authority. Transmettre la culture c’est sa vocation. Sa liberté de ton lui permet de  s’épanouir dans un environnement masculin. Portrait !Chère Shaikha, racontez-nous brièvement votre parcours.Et bien, on peut dire que je suis éducatrice. J’ai commencé par enseigner en anglais à des adultes, puis à des adolescents. J’ai ensuite enseigné à des enseignants. Avec mon expérience, j’ai conseillé des éducateurs, des bibliothécaires et me voilà, après quelques années, la coordinatrice du réseau des bibliothèques nationales d’Abu Dhabi.Vous savez il est rare pour une émirienne de travailler ailleurs que dans une ambassade ou une institution médicale. La communauté émirienne est attachée à son pays, même s’il est très courant d’aller étudier à l’étranger, on finit par revenir. Personnellement, je me dois de rester auprès de ma mère, je vis avec elle. Mais j’ai aussi atteint un âge où je sais ce que je veux vraiment, ce qui est bon pour moi : le contact avec les gens, le développement et la transmission de la culture !Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier, de porter ces projets éducatifs?Comme beaucoup de gens je suis allée à l’école pour forger mon éducation, je devais aller à l’école et c’était comme ça. En grandissant, en mûrissant, je me suis rendue compte qu’au-delà de l’éducation scolaire, je cherchais à apprendre tout simplement (des autres, de la vie…). Et là j’ai compris que j’avais ce choix, cette liberté de différencier l’éducation et l’apprentissage. La bibliothèque est un lieu pas très éloigné de l’école où on apprend sur soi et les autres, où on développe sa sensibilité et ses goûts. Malheureusement on ne peut pas tout lire, alors avec l’âge on découvre puis on sait ce qu’on aime et ce qu’on apprécie moins. Vous qui voyagez beaucoup, quelle place occupe le livre à Abu Dhabi et dans la région plus largement?C’est notre patrimoine, ça a toujours fait partie de notre culture. Mais dans la pratique ce n’est pas si évident. Les enjeux de pouvoir et d’enrichissement économique entrent en ligne de compte si on peut dire. Le 20e siècle a permis aux Émirats et au Moyen-Orient d’émerger culturellement et de susciter l’intérêt au niveau international. L’engouement a un peu faibli ces vingt dernières années.Nous avons aujourd’hui un vrai choix à faire pour notre futur : il n’y a pas que la politique ou l’économie qui porte un peuple, il y a aussi sa culture. Et ce n’est pas qu’un luxe de riches, même les pays les plus pauvres ont leur culture, leur patrimoine, c’est leur identité. Quand on a des ressources, on peut la préserver et la transmettre. C’est notre challenge actuel : on mobilise tous les acteurs culturels des émirats, mais aussi du Qatar, d’Égypte… à travers des festivals. Au-delà des hôtels et du tourisme de masse, on sent actuellement comme un réveil, un retour à la lecture, à l’écrit. Mais c’est loin d’être suffisant, il faut mener un travail de fond pour les futures générations, à travers l’éducation.Quels sont vos auteurs préférés? Vos adresses préférées pour lire?Difficile à dire, quand j’étais jeune je lisais principalement des auteurs arabes. Après l’université, j’ai découvert l’écriture anglophone (« Western »). J’ai quelques noms en tête, George Orwell et sa ferme sarcastique ou encore Gabriel Garcia Marquez, sa plume émouvante et douloureuse !En ce moment, je me concentre sur des lectures pour les 16-25 ans ; il n’y a pas encore d’auteurs arabes sur ce créneau. Je n’ai pas vraiment d’écrivain préféré, mais j’aime l’écriture féminine. Je pense à l’écossaise Maeve Binchy. En fait, si vous permettez je vais utiliser une métaphore culinaire, je dévore les livres ! (rires)Et la poésie ? La poésie arabe en particulier ?Oui ça m’arrive d’en lire de temps en temps. Pour continuer sur la métaphore de la nourriture spirituelle, j’en déguste de temps en temps et je la savoure. La poésie est une musique, elle se lit à haute voix et lentement.Vous avez des habitudes, des endroits préférés pour lire ?Tout simplement à la maison, dans mon lit le soir. C’est assez banal en fait ! Parfois, je profite d’être au calme dans un café mais c’est rare.Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à une nouvelle arrivante à Abu Dhabi?Oh, il y a tellement d’expatriés ici. Surtout si on parle anglais, de nombreuses communautés sont déjà bien formées et les interactions sont assez faciles.Je pense qu’il faut juste être patient avec soi-même car le changement de vie est difficile. Il faut  prendre le temps de tout reprendre à zéro, faire des efforts et ne pas être effrayé ou offusqué de certaines réactions rencontrées ici. La plupart du temps c’est tout simplement dû aux différences culturelles, à la découverte de l’autre. Petit à petit on rencontre d’autres personnes déjà installées, on surfe sur Internet, on lit les journaux et les différentes publications à disposition (comme le TimeOut...). Bref, on finit par se sentir comme chez soi, et là on peut aller plus loin, ailleurs. Il y a du choix ! En gros, s’installer, s’informer et s’ouvrir.Une dernière question Shaikha. Pour vous Abu Dhabi, c'est… ?… Une ville hyperactive le matin et contentée, plus détendue le soir!Pour plus d’informations sur les bibliothèques nationales d’Abu Dhabi : http://library.adach.ae/en/portal/about.nat.lib.aspx
                          Féline, c’est l’adjectif qui me vient à l’esprit après avoir rencontré Stephanie Cornfield. Comme un chat, elle est solitaire mais sociable, indépendante mais sensible, on la sent à la fois forte des épreuves qu’elle a surmontées, dont elle ne dévoile rien, et fragile des traces qu’elle en a gardées. Comme un chat, elle a trouvé un équilibre   qui peut paraître improbable, mais qui lui permet de toujours retomber sur ses pattes, avec élégance.Comme un chat, on croit la cerner, elle vous échappe, puis elle se livre toute en retenue et de nouveau s’efface tout en douceur. Elle s’efface derrière son histoire, ses voyages, ses rencontres comme elle le ferait derrière son objectif, si elle en avait un à ce moment-là.Alba RohrwacherC’est donc ambitieux de ma part de vouloir faire avec des mots ce qu’elle fait si bien aux autres avec un clic : son portrait !En effet, Stephanie est photographe spécialisée dans les portraits, et finalement on livre parfois plus par un regard ou un haussement d’épaules que par un long discours, en tous cas quand c’est elle qui est derrière l’objectif.David LynchSon style est élégant, son sens de l’esthétique développé, ses lumières sont magnifiques mais il y a autre chose,  il y a une âme dans ses portraits. Bien que non conventionnelles, ses images ne choquent pas, elles font mieux, elles frappent. Elles frappent  à la  fois par leur profondeur et par leur éclat, elles ne sont jamais tristes mais toujours intenses, les expressions restent simples, pas de mise en scène complexe, une pose quand même, mais sur le vif, naturelle en tous cas pour celui ou celle qui l’adopte et qui lui livre tout ou un peu de lui-même.Shu QiPoint de frivolité chez celle qui fut pourtant une photographe de la night-life underground de Paris, Londres et New York puis la photographe des rock stars avant de se spécialiser dans les portraits de réalisateurs et acteurs de cinéma. De la profondeur, mais tout en délicatesse sans brusquer ou forcer, sans provoquer, ça elle l’a déjà fait pendant sa jeunesse « rebelle », maintenant elle interpelle, c’est beaucoup plus subtil.Comme souvent les artistes, les vrais, ceux qui ont le courage de renoncer à un certain confort pour vivre de leur art, elle est à la fois délicate et solide. Forte même, car quand on a des personnalités comme Kirk Douglas ou Jack Nicholson en face de soi, il faut avoir du répondant, savoir ce que l’on veut obtenir d’eux, agir vite car ils ont peu de temps, et bien,  pour être satisfaite de soi et tant qu’à faire …les satisfaire aussi.Melvin Van Peebles - Kirk DouglasElle est attachante, mais pas captive ni de l’espace, ni du temps, elle est toujours entre deux voyages, deux rencontres, deux projets. Elle est franco-américaine mais avec des ascendances grecques, russes, roumaines, et italiennes, se dit parisienne mais vit entre Mumbai, Bali, les USA et l’Italie, elle collabore de façon régulière depuis 6 ans avec le Los Angeles Times mais travaille aussi pour un grand magazine chinois The Bund ainsi que diverses publications internationales. Tsui HarkLes stars d’Hollywood, et elle espère bientôt de Bollywood, lui confient leur portrait mais elle en parle avec le naturel de quelqu’un qui a toujours été baigné dedans. Son père réalisateur a tourné avec Poitier et Brando, son grand-père était président de la Fox, cette lourde hérédité l’a rattrapée, car elle qui voulait être reporter de guerre parcourt maintenant le monde au grès des festivals du cinéma et c’est ce qui nous vaut le plaisir de l’avoir à Dubai pendant quelques semaines.Ah j’oubliais, du chat, elle a aussi …le regard vert magnifique!Andy LauStephanie Cornfield a reçu le prix du meilleur portrait au festival de Venise 2011, elle est à Dubai jusqu’au 17 décembre et peut réaliser sur rendez-vous vos portraits pour usage professionnel ou personnel ( portrait de famille, individuel …etc)Ray Wise- Jack Nicholson La joindre à Dubai :  056 3427478Email : emailProtector.addCloakedMailto("ep_53b083a3", 1);
Si les divertissements culturels de qualité en anglais ne manquent pas à Dubaï, il y avait une grave lacune à combler en français. C’est ce à quoi Yasmina contribue, grâce à son énergie et sa passion pour le théâtre.« Je ne peux pas vivre sans théâtre », le ton est donné !Yasmina est une passionnée et c’est grâce à sa ténacité que les habitants francophones de Dubaï ont eu la chance de voir 2 classiques du théâtre français sur les planches, Le père Noel est une ordure en 2011 et Tailleur pour dames de Feydeau en 2012.Il n’y avait pas de troupe de théâtre francophone à Dubaï quand elle y est arrivée en 2008, qu’à cela ne tienne,  elle a monté sa propre école de théâtre et  c’est comme ça que sont nés « Les Apprentis Comédiens ». Comment vous est venu le « virus » du théâtre ?Quand j’avais 12 ans, en voyant ma première pièce sur scène à la Réunion, c’était Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, que je rêverais d’ailleurs de jouer un jour !Ensuite, comme d’autres petites filles font de la danse, j’ai fait du théâtre et moi qui était de nature plutôt timide, je me suis toujours sentie bien sur scène.Vous avez vécu votre jeunesse à la réunion, mais vos origines sont encore plus à l’est …Oui, mes arrières grands parents ont quitté l’Inde pour venir s’installer à Madagascar qui était à l’époque une colonie Française. Mes parents sont donc venus faire leurs études supérieures dans le sud-ouest de la France où ils se sont rencontrés, puis mon père, qui est médecin, a trouvé du travail à la Réunion où nous sommes partis vivre quand j’avais 2 ans.J’y ai vécu toute mon enfance avant de revenir moi-même faire mes études en France métropolitaine.Des études de théâtre ?Pas seulement, car mes parents voulaient que j’ai « un vrai métier » et avec le recul ils avaient raison, car j’adore mon travail et même si c’est parfois fatiguant de combiner les 2, je suis ravie que le théâtre reste pour moi un hobby, une passion et non un moyen de gagner ma vie. J’ai donc fait une prépa,puis une école de commerce en continuant le théâtre amateur  et quand j’ai commencé à gagner ma vie, je me suis inscrite au cours Florent, en cours du soir.Qu’est-ce qui vous plaît dans le rôle de metteur en scène ?J'aime pousser chacun des apprentis comédiens à donner le meilleur d’eux-mêmes. Car même quand on maîtrise la technique, le théâtre reste une sorte de thérapie, un exercice pour lequel il faut sortir ses tripes, donner de soi et c'est parfois difficile. Être sur scène, c’est s’exposer et il faut accepter de donner toujours et plus, mais certains blocages reviennent au galop. Je dois donc leur donner des conseils techniques mais aussi les mettre en confiance, les stimuler ou  les rassurer selon les cas, c’est un exercice passionnant. Par contre il y a,pour moi qui adore jouer et être sur le devant de la scène,aussi un coté frustrant et parfois …je les envie !Quels sont vos comédiens préférés ?J'aime beaucoup Sophie Marceau et Jean Reno, pour leur charisme incroyable. Pour les comédiens de théâtre c’est  Philippe Caubère que je trouve épatant (pour les non-initiés, c’est lui qui jouait Molière dans le film éponyme d’Ariane Mnouchkine, ndlr).Justement coté cinéma quel style aimez-vous ? J'aime beaucoup le cinéma Français, et malheureusement ici à Dubaï on n’est pas très gâtés. J'adore les films d'art et d'essai, quand je vivais à Paris, je ne manquais jamais le festival "le goût du court" au cinéma Balzac (cinéma d’art et d’essai près des Champs Elysées ndlr). On pouvait visionner plusieurs courts métrages, discuter avec les réalisateurs ou les comédiens et voter pour le meilleur film!Grâce à son calme, son approche ouverte et intelligente, Yasmina fait fi des difficultés qu’engendre la mise en scène d’une pièce avec une troupe d’amateurs qui, même lorsqu’ils sont doués ont (comme elle d’ailleurs !) leurs contraintes professionnelles et familiales.En effet, du choix de la pièce à la répartition des rôles, en passant par l’adaptation des attentes au niveau des élèves et l’organisation des répétitions,il faut faire preuve de souplesse sans pour autant compromettre la qualité, être à la fois exigeante et arrangeante, ce à quoi elle excelle, comme en témoigne la dernière représentation  qui a eu lieu au Fridge le 21 septembre …à guichets fermés !Bravo à Yasmina et sa troupe, qui sont devenus des amis en plus d’être des élèves et vivement juin pour la prochaine représentation de ceux qui se nomment modestement les Apprentis Comédiens et font vivre la culture théâtrale Française à Dubaï.
Forbes vient tout juste de publier son classement des 100 femmes les plus influentes du monde, toutes professions confondues ou presque . Critère de sélection pour entrer dans ce top 100 tant convoité ? « Changer le monde » !Bien sûr, Dubai Madame ne peut que relayer les grandes lignes de ce classement!Parmi les cinq premières femmes il y a tout d’abord 3 politiciennes:Angela Merkel, 58 ans . LA femme la plus influente de la planète donc, et ce pour la seconde fois consécutive!   Son credo : préserver l’équilibre des 17 pays de l’Euro dont certains furent si durement touchés par la crise tels  la Grèce, l’Espagne, l’Italie et le Portugal. Mais aussi réduire l’émission de gaz de serre et ainsi contribuer à sauver l’environnement.  En 2ème position arrive Hillary Clinton, 64 ans. Elle a su garder sa réputation intacte et se détacher des cancans et autres crises (Wikileaks pour ne nommer qu’eux) avec élégance et intelligence. Aux yeux de tous, elle fait passer ses idéaux et le bien de son pays avant les siens propres.Et Dilma Roussef, 64 ans, 3ème du classement. Une politicienne elle aussi, très engagée dans la lutte contre la pauvreté notamment au Brésil. Elle prône l’éducation pour tous, l’accès à tous au service médical et a lancé un énorme programme sanitaire et éducatif pour tous ceux qui sont dans le besoin. Son second programme :  booster la croissance économique, là encore pour les plus nécessiteux, en se basant sur des tarifs préférentiels à l’import, inciter les gouvernements des pays en voie de développement à encourager les petites entreprises etc… Puis une humaniste entre dans le classement en 4ème position: Melinda Gates , 48 ans.Femme d’exception extrêmement généreuse et plutôt courageuse, cette catholique très pratiquante et richissime a fait vœu de convaincre le Vatican de revoir sa position sur le contrôle des naissances. Elle a investi 560 million USD de sa fortune personnelle dans son programme de contraception dans les pays les plus pauvres via sa fondation. L’année passée cette fondation a soulevé plus de 25 billions de dollars pour l’éradication de la pauvreté, en faveur de la santé publique et de l’éducation.Au 5ème rang: une guru des media, Jill Abramson, 58 ans.Première femme à la tête du New York Times, elle l’a remonté et rétabli dans sa position de media phare des Etats Unis et dans le monde notamment en dirigeant ce journal âgé de 161 ans, vers sa version digitale. Elle a ainsi suscité un nombre considérable d’emplois nouveaux mais aussi de nouveaux lecteurs et inscrits. Michelle Obama, 48 ans, arrive 7ème. Elle se bat contre l’obésité chez les jeunes, s’est engagée auprès des familles de militaires américains …le tout faisant constamment partie des célébrités les mieux habillées de la planète… ce qui n’est pas négligeable. Ses apparences télévisées en pleine campagne électorale montre son soutien inconditionnel à son mari mais se révèlent aussi être des interventions favorites auprès des foyers américains grâce à son humour et à sa tête bien faite. La seule Française à faire partie du classement arrive 8ème, il s’agit de Christine Lagarde, 56 ans. La première femme à la tête du FMI ! Elle a passé son année à lutter contre la dette Européenne et pour rétablir les emplois à travers son programme de partage des dettes et d’augmentation du fonds de solidarité de l’Union Européenne… tout en faisant face à l’opposition professionnelle de nulle autre qu’Angela Merkel.Niveau célébrités c’est sans surprise Oprah Winfrey qui arrive la première de la catégorie, se plaçant ainsi à la 11ème place du classement. Oprah a 58 ans, et n’est plus à présenter!  Rayon célébrités elle est suivie par …Lady gaga, et oui (14ème du classement). A 26 ans Lady Gaga  a plus de 26 million de fans autoproclamés ses  « Little Monsters » d’après son premier tour. Cette année elle a fait plus de 52 millions de dollars avec son tour "Born This Way Ball" qui a commencé en avril! C’est une philanthrope aussi. Elle aide la fondation MAC AIDS contre le SIDA et a lancé sa propre fondation appelée Born This Way… pour aider les jeunes à se sentir plus libres et à lutter contre toute forme de ségrégation.La première Business Woman du classement arrive en 12ème position : Indra Nooyi, 56 ans, CEO de Pepsi Co, ce qui est énorme! L’année dernière elle a fait entrer 5.6 billion USD dans les caisses des propriétaires de Pepsi ! Et cela n’a pas été facile face au géant Coca Cola.Niveau Moyen Orient, les femmes sont bien représentées également par :Shaikha Al Bahar de Kuwait qui dirige l’organisation des 176 branches de la Banque Nationale du Kuwait, dite la “meilleure banque du Moyen Orient” malgré ces dernières années très difficiles.  Elle agit également comme présidente de la Al Watany Bank of Egypt et a un siège au comité de la banque Internationale du Qatar… une tête donc. Elle est 85ème au classement Forbes. La Sheikha Lubna al Qasimi, 53 ans, la première femme aux Émirats à obtenir un poste de ministre (de l’économie en 2004, puis de « Foreign trade » en 2008).  Cette business woman respectée entre toutes  est engagée auprès des femmes aux Emirats, les encourageant à plus d’éducation et à developper leurs connaissances. Elle arrive 92ème au classement Forbes.Et enfin Sheikha Mayassa Bint Hamada Al Thani, 29 ans, fille de l’Émir du Qatar est la femme la plus puissante du monde de l’art.  Elle est à la tête de « Qatar Museums Authority » et travaille avec un budget de plus de 250 millions de dollars en vue du championnat de la FIFA qui aura lieu en 2022. Dans ce cadre, elle a notamment acheté “les joueurs de cartes”,  œuvre de Paul Cézanne, pour 250 millions de dollars, ce qui en fait la somme la plus haute jamais dépensée pour une peinture! Sheikha Mayassa Al Thani clôt ce classement des 100 femmes les plus influentes du monde selon Forbes.
Quand on rencontre Maurine (gauche) et Julie (droite) pour la première fois on est frappé par leur complicité, leur simplicité et leur discrétion tout autant que par leur apparente jeunesse. C’est ensuite en parlant avec elles qu’on reconnait un vrai professionnalisme, cette vision partagée de leur société et cette soif d’entreprendre qui, nous en sommes convaincue, les mènera loin. Elles se sont rencontrées lors d’une classe de préparation à l’accouchement il y a un an et demi. De là sont nées (sans jeu de mot) leur amitié et leur entreprise, « les deux se sont développées en même temps finalement ». Elles ont compris très vite que leur complémentarité représenterait un réel potentiel et une véritable force si elles décidaient de monter un jour leur société ensemble. Et c’est Julie qui abordera le sujet la première, elle, une avocate d’affaires qui, à force de conseiller les autres et de les voir monter leur propre business, a voulu à son tour créer et se lancer dans une entreprise. Elle arrive alors à Dubai avec son époux et son fils ainé, et décide de mener une enquête de marché sur ce qui manque à Dubai et ce qu’elle aimerait y développer. Les idées ne lui manquent pas, le capital non plus grâce à son ancienne activité d’avocate à Paris. Ne manquent plus que trouver LE concept qui fonctionnera et lancer le projet. C’est là que Maurine entre en scène. Maurine a à son actif plusieurs années aux services communication, merchandising et marketing de Van Cleef and Arpels. Elle s’expatriera au Japon où elle travaillera pour Van Cleef puis pour Fred, pour ensuite revenir en France et chez Van Cleef,  au service du développement produit : elle devient intermédiaire entre designers et artisans joailliers , « je travaillais avec les artisans des ateliers de la place Vendôme, une expérience exceptionnelle ! ». Une avocate d’affaires calée en finances, une pro de la communication et du marketing avec une expertise dans le monde du luxe…et une idée pionnière aux Emirats et dans le Golf: MyList.ae est née. Le concept MyList ? Un site de management de listes cadeaux, inspiré de 1001listes.fr. Toute liste y trouve sa place : liste de mariage, de naissance, d’anniversaire, de baptême, baby showers, pendaison de crémaillère… Et la dernière née - il fallait y penser- : une liste pour les cadeaux de fin d’année scolaire. Et oui ! Il s’agit ici d’une véritable institution. En France nous avions la tradition de la pomme offerte à la maitresse. Ici les enseignants se voient remerciés par un véritable cadeau de fin d’année ! Et grâce à MyList, toute la classe peut participer à ce cadeau commun. Il suffit qu’une maman ouvre la liste sur le site. Ce que nous aimons avec MyList c’est que le geste d’offrir ne se limite pas aux résidents des Emirats puisque l’idée est aussi de permettre à la famille et aux amis à travers le monde de pouvoir participer au(x) cadeau(x), malgré la distance. Comment est-ce que cela fonctionne ? MyList propose un service qui est 100% gratuit pour ses clients : il n’y a pas de frais d’enregistrement et le prix est le même qu’affiché en magasin. Pour chaque liste créée, Julie et Maurine proposent un RDV afin cerner les besoins de leur client et de pouvoir le conseiller. Ensuite le client, qu’il soit le célébrant ou l’un de ses proches ouvre une liste de cadeaux sur le site MyList.ae, lequel transfert ensuite le lien de la liste à tous les invités et connaissances du célébrant. Les « invités » n’ont alors plus qu’à choisir un cadeau parmi ceux proposés sur la liste. Ils ont aussi la possibilité de faire une contribution globale. L’un des mots clé de MyList est en effet « Flexibilité » et cela se traduit par la possibilité d’ouvrir une caisse commune, de choisir un cadeau ou plusieurs et même ensuite celle, pour le célébrant, de changer d’avis et de cadeaux. Car une fois les contributions recueillies sur le site celles-ci sont converties en bons cadeaux sécurisés. La personne va ensuite chercher son présent chez l’un des partenaires du site. Tomas Reger chef à domicile Les Peintures de chez Objects & Elements Les partenaires sont assez nombreux et offrent une gamme de cadeaux très diversifiée : avoir Chef à domicile, cadeaux enfants, déco, excursions, œuvres caritatives, etc. Doudou Vache « les jolis pas beaux » de Moulin Roty (disponible chez SandyPants) Chaque cadeau proposé sur le site a été sélectionné par Maurine et Julie : « nous choisissons nos commerçants comme le ferait une cliente avec nos exigences de qualité et d’esthétisme, nos coups de cœur. Ce sont des cadeaux que nous aurions choisis pour nous mêmes ». Les cadeaux sont aussi personnels, dans le sens où les invités peuvent laisser un message sur la liste. Ces messages seront ensuite imprimés sur une carte d’anniversaire et remis au célébrant en même tant que ses bons cadeaux. La Block Lamp mini clear de chez D.Tales Il s’agit d’un concept unique dans la région et on a l’impression que Maurine et Julie ont pensé à tout. C’est qu’il leur a fallu un an pour conceptualiser le site. Une année passée à étudier le marché, monter la société, construire le site, préparer les outils et les partenariats avec les commerçants… Mais aussi une période de test auprès d’un panel de proches qui a essayé et pratiqué le site dans tous les sens, « ce qui nous a permis de peaufiner notre outil par rapport à son usage. » « On a vraiment voulu faire les choses dans les règles de l’art », jusqu'à ce que tout soit réellement prêt pour le lancement professionnel. Julie et Maurine ont encore des idées plein la tête pour faire évoluer leur société. Elles travaillent très dur, ça se voit, et on est emporté par leur dynamisme et leur enthousiasme. Nous ne pouvons que leur souhaiter toute la réussite qu’elles méritent ! Retrouvez MyList: www.mylist.ae
Certains « font » de l’humanitaire, pour Barbara, le terme est un peu faible. Au travers de la fondation qu’elle a créée il y a 21 ans, elle « vit pour et avec » les enfants du Mozambique « dans la pauvreté matérielle mais dans la richesse humaine ». La rédaction de Dubai madame à profité de son passage à Dubaï pour rencontrer cette femme étonnante. Une femme qui va jusqu’au bout de ses choix, parfois au péril de sa vie, mais toujours avec intelligence, recul, honnêteté et courage. Elle fait plus qu’aider ces enfants, elle leur apprend à s’aider eux mêmes. C’est plus compliqué, plus long, plus difficile, moins gratifiant à court terme, mais tellement plus visionnaire, intelligent et humain finalement ! Comment, après des études brillantes et une carrière réussie dans la finance, une jeune femme suisse se retrouve-t-elle au Mozambique ? Le hasard ou plutôt le destin ! (rires) Tout a commencé à cause de la crise financière de 1987 ! D’autres auraient attendu au chaud que la crise passe, Barbara elle, décide de profiter de l’occasion et d’appeler ce que d’autres qualifieraient de désastre, une opportunité : A cette époque je me suis retrouvée « libre » et j’ai décidé de changer d’air. J’étais jeune (27 ans ndlr), et j’avais envie de vivre autre chose. Au départ j’étais attirée par le Brésil, mais le destin m’a envoyé au Mozambique et dès que j’ai posé le pied là-bas, je me suis sentie chez moi… c’est toujours le cas 21 ans plus tard ! Pourquoi et comment et avez-vous créé l’ASEM ? En arrivant, j’ai travaillé pour une association humanitaire pendant quelques mois, mais je me suis vite rendue compte que je ne partageais pas leurs valeurs ni leur façon de faire. A mon avis ce n’est pas suffisant d’aider les enfants en les assistant, cela ne fait que repousser le problème. Je voulais trouver un chemin pour qu’ils apprennent aussi à s’aider eux-mêmes. Alors je me suis dit chacun a sa conscience, moi je vais suivre la mienne  et je me suis lancée. Même si c’est par moment plus difficile, surtout sur le plan économique, je ne regrette pas car ma démarche est beaucoup plus pérenne à mon avis. Ça, c’est le pourquoi, le comment, c’est plus compliqué ! Pourtant quand elle le raconte, tout cela paraît simple : Barbara vend tout ce qu’elle possède en Suisse et démarre son association avec ses économies en commençant « par le commencement ». En 1992, elle s’occupe des premières nécessités en donnant aux enfants des rues à boire et manger. « Même si ce n’est qu’une fois par jour, c’est mieux que rien ! » Mais elle a toujours su qu’elle ne s’arrêterait pas là et elle a atteint des objectifs beaucoup plus ambitieux. Par exemple l’éducation, même basique, qu’elle va s’attacher à donner à ceux qui sont trop pauvres pour aller à l’école publique, c’est sa réponse à la prostitution infantile rampante dans ce pays et à sa triste cohorte (pédophilie, sida, corruption…). « Je ne peux pas lutter contre les adultes qui profitent de cet état de fait, mais je peux nourrir et éduquer les enfants pour qu’ils n’aient plus besoin de se vendre pour survivre » Vous avez été mariée et vous avez des enfants, comment est-ce compatible avec votre vie ? Ça ne l’est pas ! (rires), en tout cas pour la vie de couple, aussi mon mari (musicien de jazz américain qui mène une carrière internationale, ndlr) et moi avons-nous, d’un commun accord après 12 ans, décidé de convertir notre mariage en amitié. Par contre, nos enfants, que j’avais adopté avant de me marier, vont très bien et ma fille vient d’avoir une petite fille… je suis grand-mère ! Comment avez-vous adopté ces 2 enfants ? Je vivais au milieu d’enfants sans parents, que j’aimais déjà comme les miens, un jour on m’a mis dans les bras un bébé de 5 mois, qui pesait 2.8 kg et qui n’avait plus que quelques heures à vivre. Sa mère était morte en accouchant, je l’ai nourri à la petite cuiller, car il n’avait pas la force d’avaler ses biberons et il n’est pas mort. C’est mon fils qui a maintenant 21 ans et vit au Mozambique après avoir fait ses études en Afrique du Sud. Ne pas avoir d’enfants biologiques est un choix qui m’a été dicté par la vie que je mène et ce que je vois autour de moi. Ce qui frappe chez Barbara c’est la solidité de sa démarche, il y aurait de quoi se décourager devant l’ampleur de la tache, au lieu de cela elle avance pas à pas, sans laisser de coté aucune bonne idée, aucune opportunité, mais surtout en consolidant tout derrière elle et en déléguant à certains de ses anciens pensionnaires qui reviennent travailler avec elle après avoir fait des études. Heureusement que vous avez toujours su impliquer les Mozambicains dans votre travail, car votre engagement a failli vous coûter la vie ! Oui, une forme sévère de paludisme me l’a prise, puis me l’a rendue… après un mois de coma et des années de rééducation pendant lesquelles c’est mon équipe qui a géré et développé la fondation. Je suis très fière de leur autonomie qui me permet d’avoir un peu plus de temps pour faire du fund-raising à travers le monde (Barbara parle bien sûr les 3 langues de son pays natal, mais aussi le portugais (langue officielle du Mozambique) et l’anglais et quelques autres… ça aide pour communiquer) Sa vraie générosité est sa force, c’est qu’elle ne met pas son ego en jeu, elle veut léguer ses idées et ses succès à leurs bénéficiaires plutôt que d’en tirer une gloire éphémère. Un peu comme un chef d’entreprise (100 employés à ce jour et plus de 20 000 enfants aidés en 21 ans) qui a fait prospérer son petit atelier en une grande fabrique. C’est une femme qui met toute son intelligence et sa sensibilité au service de son projet, Barbara c’est un mélange de calme et de force, d’intelligence du cœur et de l’esprit, mais surtout elle est d’une honnêteté redoutable, avec elle-même et avec les autres. Elle refuse les compromis sur les valeurs fondamentales (son association est totalement indépendante, apolitique et sans orientation religieuse) et par contre elle sait accepter des Mozambicains certaines de leurs croyances (dont elle s’attache à comprendre la logique ou l’utilité, même sans y adhérer). Elle est pragmatique et efficace mais jamais rigide ou intransigeante. Comment voyez-vous votre avenir ? J’aimerais avoir un pied à terre… … En suisse ?! (Rires) Non ! Au Mozambique ! Et pouvoir consacrer un peu plus de temps à mes passions artistiques (me remettre au saxophone, apprendre le piano sérieusement et peindre, tout en continuant à écrire des poèmes)… mais pour cela il faudrait que j’arrête de travailler 15 à 20 h par jour ! Il faudrait inventer une nouvelle terminologie pour qualifier l’entreprise de Barbara, elle ne fait pas de l’humanitaire, mais de l’Humanité, en rendant à ces enfants qui l’on perdu, ou pire jamais acquise, une dignité qui leur permettra non seulement d’avoir un avenir ; mais aussi, peut-être d’en offrir un à leurs propres enfants. Infos pratiques : L’ASEM (association à but non lucratif) a été crée pour aider les enfants du Mozambique dans leurs besoins primaires et aussi pour retrouver leur identité, acquérir une formation, se réhabiliter moralement et psychologiquement afin de se réinsérer dans la société dont ils ont été exclus. Aujourd’hui l’ASEM, ce sont plusieurs centres d’accueil qui offrent aux enfants et aux adolescents une perspective de vie par l’éducation, la création d’activités microéconomiques dans un but d’autofinancement, mais aussi la culture et le sport qui contribuent également à une vie équilibrée. De nombreuses formes de soutien financier sont possibles, il suffit de se rendre sur le site de l’association, et au moins quand on connait Barbara, on est sûr que l’argent ira directement dans les projets destinés aux enfants ! Juste un exemple, quand elle voyage à travers le monde pour chercher des fonds, Barbara ne va pas à l’hôtel aux frais de l’association, elle est toujours logée par des amis sur place comme c’est le cas ici à Dubai. Adresse du site : www.asemworld.org (en réhabilitation J) www.asemitalia.org emailProtector.addCloakedMailto("ep_7468c321", 1);
Elle est suédoise, donc elle est blonde, jolie et mince,… comme toutes les suédoises !Plus étonnant, elle parle remarquablement bien français (son mari est français, ça aide, mais ce n’était pas gagné car lui… parle parfaitement suédois !).Ensuite, comme elle va nous le raconter, elle n’a pas toujours été mince et c’est ainsi qu’elle a mis au point un programme d’amincissement, fruit de sa propre expérience, appelé « feeling fabulous ».Racontez nous comment vous est venue l’idée de créer ce programme.Quand j’avais 20 ans, j’ai pris 20 kg lors d’un séjour en Suisse, j’ai mis ensuite 5 ans à les perdre. Mais j’ai tiré de cette expérience de nombreux enseignements  qui m’ont amenée à réfléchir sur la façon d’aborder la perte de poids autrement que par des régimes. Depuis que je suis à Dubai (2 ans et demi, ndlr) je travaille à l’élaboration de ce programme pour faire profiter les autres (hommes ou femmes)  de mon expérience, mes recherches et ma réflexion.Donc, avec votre programme on maigrit sans régime ?Oui et non, cela ne veut pas dire que l’on maigrit sans faire attention ou sans se restreindre, mais il n’y a pas de régime strict à suivre. Pourtant je suis diététicienne de formation et j’ai travaillé plusieurs années pour Weight Watchers, donc l’aspect diététique n’est pas absent . J’utilise des outils comme le BMI (body mass index, ndlr) et je préconise bien sûr la limitation des sucres rapides, l’augmentation des fibres…. Mais tous ces principes doivent être pris comme des mesures d’hygiène de vie plutôt que comme des contraintes absolues.Expliquez nous plus précisément le principeLe principe est celui du « self heeling » par la pensée positive, par un regard sur soi même, par un changement de ses habitudes, par une prise de conscience des raisons qui nous poussent à manger même quand nous n’avons pas faim …L’idée est d’améliorer son bien être personnel de façon participative. Ce n’est pas moi qui décide des objectifs, ni même des moyens, c’est la personne elle-même qui les fixe avec mon aide pour la guider. La motivation et l’adhésion au programme n’en sont que meilleures !Alors en pratique, comment cela fonctionne-t-il ?La compréhension et l’adhésion à ma méthodes sont primordiales pour l’obtention de résultats, donc je passe une première séance de 1h30 à discuter avec la personne, nous échangeons pour que je la connaisse et qu’elle comprenne comment nous allons fonctionner ensemble dans un objectif commun : sa perte de poids afin qu’elle se sente mieux, voire « fabulous » !Ensuite la personne fait un carnet alimentaire pendant 4 jours qu’elle m’envoie, je l’analyse et nous commençons le travail à partir de cette base.Le programme est découpé en 10 séances d’une heure avec chacune un thème nouveau (ce qui n’empêche pas de reparler des thèmes abordés lors des séances antérieures !) sur lequel on fait un travail d’analyse, à l’issue duquel on établi des stratégies.Après chaque séance j’envoie un compte rendu écrit (par email) et la personne peut me contacter si nécessaire.10 séances ça suffit ?Pas toujours, mais on peut faire 2 séries et en pratique, le programme s’étale toujours sur plus de 10 semaines (vacances, impondérables …) et c’est tant mieux car contrairement à un régime strict limité dans le temps, il s’agit cette fois  de modifier son rapport avec la nourriture « à vie », on peut donc prendre son temps !Depuis votre arrivée à Dubai vous avez aussi une activité communautaire ?J’ai crée avec une amie un site internet d’aide à la communauté scandinave expatriée… www.familyindubai.com… Un peu comme Dubai madame pour les françaises !Oui, sauf que nous ne sommes que 3000  et que le site (en suédois, ndlr) est  plus centré sur les aspects quotidiens et pratiques mais avec un petit regard malicieux.Quels sont vos autres centres d’intérêt ?D’abord mes enfants (2 garçons et une fille, ndlr) et le sport. Je pratique le jogging, la musculation et la natation.Mon autre passion c’est la cuisine, de tous les pays, j’adore en particulier la cuisine française et surtout « l’art de manger » qu’elle suscite.C'est-à-dire ?Pour les suédoises,  les françaises sont un exemple, à cause de leur alimentation à la fois saine et « gourmette »  et le fait qu’elles soient toutes minces !… Pourtant nous, les françaises,  nous avions aussi tendance à penser que les suédoises étaient  toutes grandes, minces, sportives, saines et se nourrissaient  essentiellement de Wasa et de baies rouges !Mais, d’après Johanna, ce n’est pas du tout le cas, car là-bas aussi les fast-food font des ravages et une partie de la population est en surpoids.Comme quoi ! Alors si, bien que française (!), vous n’êtes pas assez mince à votre goût, vous en avez assez des régimes X ou Y, vous voulez  maigrir « autrement » et surtout pour longtemps, pourquoi ne pas essayer « feeling fabulous » ?Contact : emailProtector.addCloakedMailto("ep_6f8aef23", 1);
A l’occasion de la journée de la Femme, voici le top 10 des portraits de femmes que nos lectrices ont préférés, basé sur le nombre de lectures. cliquez sur la photo pour accéder à l'article 1- Peut-être parce que nous nous soucions aussi de notre silhouette, le portrait de Johanna a été de loin le plus lu, 6 fois plus que la moyenne !!!2- Deuxième position pour cette femme de réseaux…3- Une carrière exemplaire dans une société phare vous a beaucoup intrigué… 4- Une activité originale (professeure de chant) mais aussi une joie communicative… 5- L’ouverture d’un magasin Bio sur Jumeirah à créé un buzz, relayé par notre article…6- Les esprits s’échauffent quand il s’agit de Lady Luxe…7- Les docteurs ont toujours attiré…8- Un parcours passionnant pour cette créatrice de bijoux ayant travaillé pour l’ONU… 9- Une émiratie, à la tête d’une galerie d’art, ne pouvait pas vous laisser indifférentes…10- Un travail humanitaire remarquable pour cette femme inspirante…
Quand on rencontre Mélika, on perçoit tout de suite un mélange raffiné d’influences : famille tunisienne, enfance parisienne, études américaines et parcours international.En effet, qu’y a-t-il de plus international que l’ONU, pour qui elle a travaillé pendant une quinzaine d’années ?Mais Mélika, est aussi la créatrice de la marque Numa, et Numa (qui signifie sieste en arabe) c’est plus qu’une jolie marque de bijoux et d’accessoires, c’est un projet ambitieux qui s’est transformé en succès. La rédaction de Dubai madame à voulu en savoir plus sur cette entrepreneuse « équitable » ou « sociale » comme on dit aujourd’hui. Photo : Maude Verliac D’abord expliquez nous ce qu’est un « commerce équitable » ?C’est une expression à la mode maintenant, mais qui a toujours été une préoccupation pour moi : valoriser le travail d’artisans dont je connais la qualité, en leur offrant un accès à des marchés autres que locaux. Pour cela, il faut aussi les aider sur le  plan créatif à donner à leurs objets un coté plus moderne ou en tous cas plus adapté aux goûts d’une clientèle internationale ainsi qu’aux tendances en vogue.Vous travaillez avec des artisans tunisiens ?Oui principalement, mais pas seulement. En Tunisie, je travaille avec ma mère qui assure le relais au quotidien entre les fournisseurs et les différents corps de métiers que nous faisons travailler. Mais grâce aux nombreux contacts que j’ai eu quand je travaillais pour l’ONU, je m’appuie aussi sur des ONG dans différents pays pour trouver des artisans de qualité, en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie, et présenter leur travail chez Numa.Depuis qu’elle est à Dubai, Mélika a non seulement créé une entreprise, mais elle y assure aussi la représentation de l’association « SOS villages d’enfants » pour le Golfe.C’est une habitude chez vous d’avoir 2 « casquettes » ?Oui… peut-être… c’est vrai qu’après mon bac je me suis inscrite à l’école du Louvre en même temps qu’à la fac en commerce international ! Ensuite vous êtes partie à Los Angeles et là encore vous avez fait plusieurs choses à la fois !Oui, j’ai fait un MBA en commerce international pour les pays en voie de développement, mais j’ai aussi eu envie d’exprimer mon coté manuel et créateur et je me suis inscrite dans une école de joaillerie où j’ai appris à faire des bijoux.Comment vous est venue l’idée de partir faire des études aux USA ?Comme ça ! (rires)En fait, je suis très reconnaissante envers mes parents, surtout en tant que fille unique, de m’avoir toujours poussée à aller de l’avant. Par exemple, ils m’ont envoyée seule en Espagne à 12 ans (Mélika parle couramment espagnol, français, anglais et arabe ! ndlr) ce qui m’a donné le goût des voyages.Ce sont eux aussi qui vous ont donné cette fibre humanitaire ?(la maman de Mélika est aussi activement impliquée dans un orphelinat en Tunisie, ndlr) Oui probablement. Je suis issue d’un milieu musulman ouvert et centré sur les valeurs morales fondamentales qui sont communes à toutes les religions. Cela m’a valu de passer mon primaire dans une petite école parisienne tenue par des sœurs adorables dont je garde un souvenir admiratif et ému.Ensuite je suis allée au lycée et là j’ai réalisé que j’avais envie de connaître mes « racines » tunisiennes autrement qu’en y passant mes vacances d’été et j’ai décidé de terminer mes études au lycée français de La Marsa où j’ai passé mon baccalauréat.Depuis toujours, j’ai eu envie par mon travail, d’essayer d’améliorer le sort de ceux qui n’ont pas eu la chance de naître dans des milieux ou des pays favorisés.C’est ce que vous faites avec Numa ?C’est vrai que ce projet allie le coté léger de la mode et de la création (Mélika assure non seulement la gestion de l’entreprise, mais aussi la partie design et création) avec l’aspect humain qui m’est cher.Parlez nous de « SOS villages d’enfants ».C’est une association très rigoureuse, née en Autriche, en qui j’ai toute confiance. Ils communiquent assez peu mais font partie des plus importantes au niveau mondial. Pour eux, je m’occupe de l’information afin de développer les soutiens individuels et les partenariats dans le Golfe, pour celles qui veulent en savoir plus je vous invite à consulter le site : www.villages-enfants-sos.orgOu à me contacter : emailProtector.addCloakedMailto("ep_f95ae874", 1);Cela représente beaucoup de travail ?Oui, d’ailleurs si certaines lectrices ont un peu de temps à y consacrer... je suis preneuse !Pour terminer sur une note plus légère : êtes-vous une « fashion victim » ?Non pas du tout ! (rires), mais je suis tout de même sensible aux tendances, ou en tout cas je sais m’y adapter. Mais j’ai des goûts très personnels (et très raffinés si on en juge par l’harmonie qui règne dans sa jolie villa, ndlr), par exemple j’aime les petits bijoux, même si la mode, surtout dans la région est aux bijoux plus imposants !Les tendances et les couleurs, elle les maîtrise et si Mélika arbore des tenues originales, c’est toujours dans des tons raffinés qui mettent en valeur son teint mat et avec des bijoux ou des accessoires parfaitement assortis, souvent (mais pas toujours !) de chez Numa.Mélika, comme beaucoup de femmes entrepreneuses, est parfois frustrée de n’avoir pas assez de temps pour elle ou pour ses 2 enfants, pourtant elle affiche, sur son beau visage, la  sérénité des gens qui croient en ce qu’ils font… parce qu’ils font ce en quoi ils croient.
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