…mais pas seulement ! Elle est aussi jolie et surtout passionnée, donc passionnante quand elle parle de son métier ! Sous ses dehors énergiques, se cache une grande sensibilité, qu’elle dévoile plus volontiers d’ailleurs aux chiens qu’à leurs maîtres. Il faut la voir créer,  avec un chien qu’elle n’avait jamais vu auparavant, une complicité et une relation de confiance en quelques minutes. Certes c’est son métier, mais en plus elle est douée ! Sous la dénomination simple, mais difficile à traduire en un seul mot, de dog trainer se cache un métier complexe et captivant.  A la fois entraineur, éducateur, dresseur, comportementaliste, le dog trainer doit non seulement comprendre le chien, mais aussi son maître ! Il lui faut donc du bon sens, de la rigueur et de la  patience,  mais également de solides compétences en éthologie et psychologie (humaine et canine), ainsi qu’une méthodologie éducative éprouvée pour obtenir des résultats. Laura, qui a travaillé dans les ressources humaines dans une vie antérieure, avait toutes ces qualités ainsi que les diplômes nécessaires quand elle a décidé de se lancer dans l’aventure en ouvrant son propre chenil à Dubai: Positive Paws. Pas facile à traduire élégamment…mais dans son concept, c’est le « positive » qui importe le plus. Tout son principe éducatif est basé sur le renforcement positif, c’est-à-dire l’association de toute bonne action à une récompense (sous forme de caresse, nourriture …) et elle rejette toute méthode coercitive, que ce soit physique ou mentale. En matière d’éducation, il en va des chiens comme du reste, il n’y a pas de baguette magique ni de résultat garanti à 100%, mais des cercles vertueux qui s’installent à force de répétition et de patience entre le chien et son maître. Laura apprend à établir une complicité gaie plutôt qu’une domination du chien basée sur la peur de son maître. Pour éduquer un chien il faut savoir l’observer, comprendre comment il interprète notre langage corporel avant de lui formuler des ordres verbaux. Faire le bon geste, de la bonne façon et au bon moment ça s’apprend, Laura s’attache  donc à faire comprendre aux maîtres comment les chiens apprennent. Pour Laura le dog training c’est une passion et une vocation avant d’être un business, on le sent tout de suite. Ne comptez pas sur elle pour faire des compromis, quand le bien-être d’un chien est en jeu. Pourtant, j’allais dire malgré son intransigeance éthique, mais sans doute aussi grâce à celle-ci, le succès de Positive Paws est indéniable et moins d’un an après sa création Laura et son équipe  vont ouvrir un second site pour répondre à la demande.   Demande particulièrement importante à Dubai où, en raison du climat et des restrictions d’accès, la socialisation des chiens nécessaire à leur équilibre, est beaucoup plus difficile qu’en Europe. D’où l’intérêt des chenils et du « day care » qui permet au chien d’interagir avec ses congénères en toute sécurité. Sans parler des vacances pour lesquelles un bon chenil est souvent moins traumatisant pour certains chiens (et moins onéreux pour ses maîtres) qu’un aller-retour en avion ! Les journées de Laura sont longues, entre la supervision du chenil, les rendez- vous d’évaluation pour comprendre et gérer les problèmes d’un maître et/ou de son chien, les workshops pour apprendre à dresser son chien … pourtant elle trouve aussi le temps de créer une association* dont les profits sont reversés aux organismes caritatifs pour animaux aux UAE (K9, Dubaidogs Trust …) Faire de sa passion son métier n’est jamais une démarche facile et il faut être vigilant pour garder du temps et de l’énergie pour soi et sa famille. Laura y parvient même si, elle l’avoue elle-même en souriant, ses propres chiens ne sont pas aussi bien dressés qu’elle le voudrait …faute de temps, confirmant le fameux adage : les cordonniers ... Positive Paws : sur Umm Suqeim Street entre Life pharmacy et Marina furniture (juste avant Marina en venant d’Arabian Ranches, pas très facile à voir de la route ) Tel : 04 379 0996 http://www.positivepaws.ae https://www.facebook.com/PositivePaws2012 *P.A.W.S : Please Allow Walking Space : une initiative supporté par de nombreux cabinets vétérinaires pour signaler de loin  par un ruban bleu attaché au collier les chiens qui ont du mal à supporter, quelle qu’en soit la raison, qu’un autre chien ou un enfant se précipite sur eux ! https://www.facebook.com/pawsribbon Retrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/  
…mais pas seulement ! Elle est aussi jolie et surtout passionnée, donc passionnante quand elle parle de son métier ! Sous ses dehors énergiques, se cache une grande sensibilité, qu’elle dévoile plus volontiers d’ailleurs aux chiens qu’à leurs maîtres. Il faut la voir créer,  avec un chien qu’elle n’avait jamais vu auparavant, une complicité et une relation de confiance en quelques minutes. Certes c’est son métier, mais en plus elle est douée !Sous la dénomination simple, mais difficile à traduire en un seul mot, de dog trainer se cache un métier complexe et captivant.  A la fois entraineur, éducateur, dresseur, comportementaliste, le dog trainer doit non seulement comprendre le chien, mais aussi son maître !Il lui faut donc du bon sens, de la rigueur et de la  patience,  mais également de solides compétences en éthologie et psychologie (humaine et canine), ainsi qu’une méthodologie éducative éprouvée pour obtenir des résultats.Laura, qui a travaillé dans les ressources humaines dans une vie antérieure, avait toutes ces qualités ainsi que les diplômes nécessaires quand elle a décidé de se lancer dans l’aventure en ouvrant son propre chenil à Dubai: Positive Paws. Pas facile à traduire élégamment…mais dans son concept, c’est le « positive » qui importe le plus. Tout son principe éducatif est basé sur le renforcement positif, c’est-à-dire l’association de toute bonne action à une récompense (sous forme de caresse, nourriture …) et elle rejette toute méthode coercitive, que ce soit physique ou mentale. En matière d’éducation, il en va des chiens comme du reste, il n’y a pas de baguette magique ni de résultat garanti à 100%, mais des cercles vertueux qui s’installent à force de répétition et de patience entre le chien et son maître. Laura apprend à établir une complicité gaie plutôt qu’une domination du chien basée sur la peur de son maître.Pour éduquer un chien il faut savoir l’observer, comprendre comment il interprète notre langage corporel avant de lui formuler des ordres verbaux. Faire le bon geste, de la bonne façon et au bon moment ça s’apprend, Laura s’attache  donc à faire comprendre aux maîtres comment les chiens apprennent.Pour Laura le dog training c’est une passion et une vocation avant d’être un business, on le sent tout de suite. Ne comptez pas sur elle pour faire des compromis, quand le bien-être d’un chien est en jeu. Pourtant, j’allais dire malgré son intransigeance éthique, mais sans doute aussi grâce à celle-ci, le succès de Positive Paws est indéniable et moins d’un an après sa création Laura et son équipe  vont ouvrir un second site pour répondre à la demande.  Demande particulièrement importante à Dubai où, en raison du climat et des restrictions d’accès, la socialisation des chiens nécessaire à leur équilibre, est beaucoup plus difficile qu’en Europe. D’où l’intérêt des chenils et du « day care » qui permet au chien d’interagir avec ses congénères en toute sécurité. Sans parler des vacances pour lesquelles un bon chenil est souvent moins traumatisant pour certains chiens (et moins onéreux pour ses maîtres) qu’un aller-retour en avion !Les journées de Laura sont longues, entre la supervision du chenil, les rendez- vous d’évaluation pour comprendre et gérer les problèmes d’un maître et/ou de son chien, les workshops pour apprendre à dresser son chien … pourtant elle trouve aussi le temps de créer une association* dont les profits sont reversés aux organismes caritatifs pour animaux aux UAE (K9, Dubaidogs Trust …)Faire de sa passion son métier n’est jamais une démarche facile et il faut être vigilant pour garder du temps et de l’énergie pour soi et sa famille. Laura y parvient même si, elle l’avoue elle-même en souriant, ses propres chiens ne sont pas aussi bien dressés qu’elle le voudrait …faute de temps, confirmant le fameux adage : les cordonniers ...Positive Paws : sur Umm Suqeim Street entre Life pharmacy et Marina furniture (juste avant Marina en venant d’Arabian Ranches, pas très facile à voir de la route )Tel : 04 379 0996http://www.positivepaws.aehttps://www.facebook.com/PositivePaws2012*P.A.W.S : Please Allow Walking Space : une initiative supporté par de nombreux cabinets vétérinaires pour signaler de loin  par un ruban bleu attaché au collier les chiens qui ont du mal à supporter, quelle qu’en soit la raison, qu’un autre chien ou un enfant se précipite sur eux !https://www.facebook.com/pawsribbonRetrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/
« Faire du sport, c’est aussi une façon de vivre selon nos traditions »Moza a commencé le tir à l’arc à l’âge de 11 ans. Dans son école Alzuhour à Sharjah, ils distribuaient de la documentation sur ce sport. « Tiens c’est nouveau, me suis-je dit, je vais essayer. Le Prophète - que la paix soit avec Lui- nous dit d’enseigner la natation, le tir à l’arc et l’équitation à nos enfants. Donc c’est aussi une façon de vivre selon nos traditions. » Le tir à l’arc n’est pas encore un sport très développé aux Emirats comme le sont le football, le volleyball, l’équitation ou le tir, mais des équipes et des écoles voient le jour.  Jusqu’à peu la seule équipe était au Sharjah Ladies Club (SLC) et le pays ne compte qu’une douzaine d’archers. Moza semble réunir toutes les qualités requises pour y exceller : concentration, calme et force. Et il en faut en effet pour tendre l’arc. « J’ai commencé au niveau 18, le plus faible, maintenant je suis à 38, le maximum, annonce-t-elle. Je suis le meilleur archer féminin des Emirats, » avoue-t-elle fièrement. Moza a participé pour la première fois à une compétition réunissant les pays d’Asie à Irkoutsk en Russie en 2012. « Nous sommes arrivés 9ème. Ma mère m’a accompagnée. Mes parents sont très fiers. Je veux devenir professionnelle et être connue à l’étranger, » explique la jeune collégienne dont la maman se réjouit de voir sa fille pratiquer un sport. »« Ma mère ne pouvait pas faire de sport à son époque et elle est heureuse que je puisse. »  Moza a un nouveau but : se préparer aux Jeux Olympiques de 2016. Gymnastique, poids, Moza s’entraîne trois fois par semaine avec Amira Nada, sa coach qui fut la première championne arabe de tir à l’arc. Pour ce qui est de son avenir, Moza espère étudier l’architecture à l’université américaine de Sharjah et continuer à exercer sa passion. « J’espère que je pourrais continuer lorsque je me marierai parce que certains époux n’aiment pas que leurs femmes pratiquent un sport. Ils veulent qu’elles restent à la maison. »« Cela nous met à l’aise de faire du sport entre femmes »Voilées et en survêtement, Mariam et Hannah, n’en restent pas moins féminines. Elles sont respectivement spikenumber 2 et setter en première section de volleyball, sponsorisées par le SL. A respectivement 19 et 18 ans, cela fait cinq ans qu’elles pratiquent ce sport et ont décroché quelques médailles et victoires pour l’équipe nationale junior des Emirats Arabes Unis dont elles font partie: seconde place au tournoi réunissant les pays du Golfe en 2011 et première place au tournoi des pays arabes. Mariam a voulu marcher dans les traces de son père, commandant dans l’armée de l’air, qui jouait déjà au volley. Le club de Sharjah lui en a donné l’opportunité. « Ici, nous n’avons pas encore beaucoup de qualifications sportives et pas d’autres endroits où les exercer. Nous sommes musulmanes et cela nous met à l’aise de pouvoir faire du sport entre femmes.» Hannah, quant à elle, faisait partie des sportives de Waset Model School , son école à Sharjah. Natation, gymnastique, basketball, pingpong, elle s’y est essayée, avant de littéralement découvrir le volleyball. La jeune fille -qui souhaite part ailleurs intégrer l’université de Sharjah en génie électrique- parle avec passion des maths, de la physique et… du volleyball. « J’aime ce sport parce qu’il s’agit plus de briller comme groupe, comme équipe que comme individu. Il faut vraiment faire confiance à ses partenaires, vous dépendez d’eux. Et il y a beaucoup de stratégie et de réflexion. Et ce club est comme une famille, » explique-t-elle. « Ma mère est ma plus grand fan ». Et son père ? « Il a peur que je voyage seule ou que je rentre tard. Et il n’apprécie pas que je sorte beaucoup, » avoue-t-elle. Dans la famille, une de ses quatre sœurs a pourtant pratiqué le basketball avant d’arrêter pour se consacrer à ses études de dentisterie. Et l’un de ses six frères est un athlète : il pratique la boxe, le « cage fighting » porte les couleurs de Redbull. « Mais, à cause de nos traditions, c’est plus facile de pratiquer le sport pour les garçons. Ils peuvent aller où ils veulent quand ils veulent, jouer partout à tous moments. Ils n’ont pas besoin de porter un voile. Nous n’avons pas cette liberté. Et nous ne jouons pas aussi bien avec le voile. Bien sûr, nous suffoquons dessous, avoue-t-elle. Il faut chaud. » Entre elles, les sportives jouent en T-shirt et bandana. Mais lorsque les matchs sont retransmis à la télé, elles se couvrent en pantalon, body, T-shirt à manches longues et hijab. Les jeunes filles concèdent y être habituées et s’accordent à dire qu’elles ne remettent pas en cause le port du voile. « Ce qui ne nous semble pas compréhensible aujourd’hui, prendra son sens à l’avenir, comme porter le voile. Jeune, on ne comprend pas toujours ce qui est bon pour nous, » explique Mariam. Par contre, elles souhaiteraient un peu plus de liberté pour les déplacements à l’étranger. Mariam a déjà participé à des compétitions internationales au Koweït et en Égypte car sa famille est ouverte d’esprit. « Mais pour certaines filles ce peut être un problème ». Quoi qu’il en soit, elles sont conscientes des progrès accomplis. Du temps de leurs mères, les femmes ne pouvaient pas sortir ainsi et un tel club n’existait pas. « Elles étaient mariées à 16 ans et leurs familles ne les auraient pas laissées pratiquer un sport comme c’est le cas pour notre génération. Les choses évoluent.  Je me marierai après avoir terminé mes études universitaires et rien n’est planifié. Ma famille choisira des candidats mais je prendrai la décision finale,» explique Mariam. Joueront-elles aussi souvent et aussi intensément, elles ne peuvent le garantir mais le volleyball restera dans leur vie, en amateur ou en tous cas « pour rester en forme ». Pour le moment, Mariam est étudiante à la Zayed University de Dubai et pense à une carrière dans les relations internationales ou la politique. Et caresse un rêve lointain : «  devenir pro de volley ». Inch Allah. Elle est motivée puisqu’elle s’entraîne 4 à 5 jours par semaine en temps normal et jusqu’à six jours en temps de compétition. « Nous avons aussi des campings d’entraînements où nous nous entraînons deux fois par jour et sommes soumises à des règles strictes : extinction des feux à 22h00, levées aux aurores, 12 heures en camp. » « Et ils nous enlèvent nos portables pour être sûr qu’on dorme ! » plaisante Hannah. Yasmin, championne de tir à la carabine, un sport en plein essor chez les femmesYasmin Abdul Rahman est la championne attitrée de tir à la carabine à air comprimé des Emirats Arabes Unis. Du haut de ses seize ans, cette jeune adolescente affiche la détermination propre aux athlètes de sa catégorie. Et aujourd’hui, elle est déçue car elle n’est arrivée qu’en deuxième position de la compétition organisée en interne par le Sharjah’s Ladies’s Club dont elle est membre. « Ce n’est pas un sentiment agréable de finir deuxième, dit-elle. Mais on ne peut pas toujours être la première. C’est une petite compétition, minimise-t-elle, il vaut mieux être en tête lors des matchs importants ». C’est dit. Mais elle a beau dédramatiser cette petite défaite, son visage affiche une moue renfrognée. Elle qui virevoltait au milieu de ses comparses quelques minutes plus tôt, se laissant passer la main dans ses cheveux auburn coupés en brosse par ses camarades toutes voilées, leur lançant des boutades les faisant manifestement rire, semble accuser le coup. Car la jeune Émiratie a deux ambitions : pratiquer le tir en professionnelle et se qualifier pour les J.O. de 2016 au Brésil et devenir ingénieure en pétrole. On la sent qui bouillonne. Et pourtant, le tir demande concentration, discipline, force, équilibre et… patience. Elle reconnaît qu’elle a de la peine à se contenir. « Le tir m’aide, admet-elle, avant j’étais encore plus impatiente ». Serait-ce son côté russe hérité de sa mère? Cette mère grâce à qui, justement, elle a commencé à pratiquer le tir deux ans plus tôt. « Elle a lu dans un article qu’ils cherchaient des filles pour pratiquer le tir à Abu Dhabi et m’a demandé pourquoi je n’essayerai pas… On a trouvé ce club –il y en a deux aux Emirats, l’autre est Al Ain. Et voilà, » conclut-elle. Yasmin va droit au but comme lorsqu’elle tire. Ses réponses fusent, courtes et efficaces. Quant à son père, originaire de Dubai, « il ne s’est pas du tout opposé à mon choix. Il pense que chacun doit faire ce qui lui plaît ». Chez Yasmin, les deux cultures russes et émiraties, cohabitent ; les deux religions, orthodoxes et musulmanes coexistent sans poser de problème. Tout comme elle évolue sans voile. « Je n’en porte pas et n’en porterai pas». Dubai est la ville de Yasmin et elle est fière d’en représenter les couleurs. Elle est arrivée troisième aux jeux arabes en mars 2012 et première aux jeux du Golfe en novembre de la même année. Des résultats qui ont un prix. En plus de fréquenter l’école Amna bint Wahab de Dubai, elle n’hésite pas à faire 30 minutes de route pour venir s’exercer 4 heures tous les deux jours à Sharjah. Des filles championnes de tir au pistolet et à la carabine, un sport traditionnellement réservé aux hommes, ce n’est pas encore quelque chose de tout à fait naturel dans la région, même si l’administration les soutient. Aux Emirats, les femmes subissent le même entraînement que les hommes dans l’armée au sein du Khawla bint Al Azwar Training College, ou dans la police au sein du Dubai Police College. C’est l’un des plus grand progrès du pays vers l’égalité des sexes. Alors, Yasmin et ses compagnons d’armes contribuent tous les jours à inspirer de nouvelles candidates à ce sport.
Elle aime la vitesse, que ce soit sur les circuits au volant de sa Mustang ou sur scène, quand elle fait une prestation de speed-painting !Le speed-painting*  est une prestation spectaculaire qui consiste à peindre une ou plusieurs toiles  sur scène, devant un large public, en 5 à 10 minutes. Déjà pas facile, mais pour ménager le suspense, Cathy travaille son sujet à l’envers afin que le public ne découvre le résultat que lorsque l’on pivote la toile de 180 °.Elle a acquis cette aisance sur scène lorsqu’elle était danseuse professionnelle, mais sa dextérité dans l’expression picturale n’est qu’une facette de son talent, car Cathy est une artiste qui sait tout faire, de l’abstrait au portrait, en passant par les natures mortes, les paysages et les skylines de Dubai. Elle excelle tout particulièrement dans les portraits : hommes, femmes et plus original…voitures.En France, elle peignait des voitures de collections, ici ce sont plutôt des bolides dernier cri, dont elle sait dévoiler la personnalité en jouant avec la lumière, les reflets et l’angle de vue pour leur donner du caractère en plus de souligner la perfection de leurs lignes.Si maintenant Cathy est artiste peintre et ne danse plus que pour son plaisir, c’est pourtant comme danseuse qu’elle a démarré sa carrière artistique. Relativement tard d’ailleurs car si elle a toujours eu des prédispositions, c’est seulement à 18 ans qu’elle  quitte sa Bresse natale pour s’inscrire à un cours de danse jazz à Paris. Après deux ans elle devient danseuse professionnelle dans une troupe qui se produit dans les music-halls et même à la télévision. Elle est non  seulement douée pour la danse, mais aussi  dotée d’un corps magnifique, ce qui lui vaudra de défiler en tant que mannequin de lingerie, pour Dior entre autres !Après quelques années de tournées en France et à l’étranger, elle quitte le devant de la scène pour passer derrière les projecteurs et devient éclairagiste de spectacles.Sa vie de famille l’ayant ensuite amenée quitter la capitale pour vivre à la campagne, elle se met à l’aquarelle, y prend goût et s’aperçoit qu’elle est plutôt douée aussi dans cette forme d’expression artistique. Elle continuera sa formation dans de nombreux ateliers, mais c’est au peintre Christoff Debusschère**, son maître pour la peinture à l’huile, qu’elle doit sa maîtrise excellente des ombres et lumières qui donnent puissance et vibrance à ses œuvres.Cathy est une grande femme, belle et délicate, toute en finesse de corps et d’esprit. Son allure fluide et décontractée tient peut-être au fait qu’elle n’est pas passée par le « moule » de la danse classique, et n’arbore pas cette rigidité qui souvent caractérise les danseuses. Lorsqu’elle n’est pas sur scène, Cathy n’aime pas se mettre en avant et si elle n’arborait cette superbe ligne, on serait presque surpris quand elle avoue de sa voix douce qu’elle est aussi … fitness coach, personal trainer et certifiée en shiatsu !Et comme elle aime partager ses passions, si vous voulez vous initier où vous perfectionner à la peinture à l’huile ou acrylique, appelez Cathy  au +971 50 950 17 99  pour des cours en petit groupes.http://cathydeniset.nethttps://www.facebook.com/pages/Cathy-Deniset-Artiste-Peintre/186815054733690?ref=br_tf*http://www.youtube.com/watch?v=FWGUPNTKE6A**http://www.dicart-net.fr/photos/debusschere/img-debusschere-bis-160305.htmRetrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/
« Au début, faire comprendre qu’une femme était une valeur ajoutée a été un vrai défi »Jameela Al Muhairi raconte son parcours au département de l’éducation et les combats qu’il reste à mener. Sa passion l’a poussée à devenir la chef du bureau des inspections des écoles de Dubaï et une pionnière dans le domaine des écoles privées dans une ville compte 85% d’expatriés. INTERVIEW.Les femmes au sommet s’aident-elles entre elles ?Il y a peu, j’ai participé à une réunion de femmes leaders et j’ai été impressionnée par l’utilité de ce genre de rencontres. Comment nous pouvons influencer et encourager les jeunes filles à s’inspirer de nos parcours et devenir de futurs chefs. Nous nous entraidons, nous discutons de nos rôles de modèles, quels obstacles les filles rencontrent encore. Nous comparons nos différentes approches. Quels obstacles les filles rencontrent-elles encore ?Lors d’une conférence organisée récemment par Dubai Women Establishment, à laquelle Sheikh Mohammed participait, des femmes de différents pays du Golfe échangeaient sur les défis et problèmes qu’elles rencontrent. Nous avons alors réalisé la chance que nous avons dans ce gouvernement. Ce n’est pas du blabla, je le dis du fond du cœur : notre gouvernement nous nomme comme ministres, députées, PDG, égales aux hommes. Nous pouvons présenter nos idées et les défendre vis à vis de la direction.Comment en avez-vous fait l’expérience ?Lorsque je fais des propositions devant le Conseil exécutif dans différents domaines de l’éducation, je me sens un membre à part entière. D’être assise là avec d’autres femmes me procure un sentiment de grande fierté. Qu’en est-il de mes collègues des autres pays du Golfe ? Les leaders de ce pays poussent les femmes à atteindre de hautes positions. Par exemple, je suis membre du Board de Dubai Cares avec la Ministre Reem Al Hashimi. Nous avons de la chance de représenter notre pays devant des délégations du monde entier. Nous sommes toutes de jeunes femmes qui voyageons à l’étranger, représentant les Emirats Arabes Unis.Comment avez-vous atteint un tel poste à responsabilités ?J’ai la chance d’avoir une famille qui me soutient et m’a permis d’avoir accès à une bonne éducation malgré le fait d’être une fille et de travailler dans un environnement mixte. Je n’ai pas eu à me battre pour ça. Ma sœur était déjà partie étudier aux US et au  Liban dans les années 60-70.Ce n’était pas  banal à l’époque ?Non pas avant les années 90.Avez-vous étudié à l’étranger ?Non, j’ai fait mes études à l’université d’Al Ain. J’avais le choix de partir mais j’ai voulu rester car cela m’a donné de nombreuses opportunités. Très jeune je me suis demandée ce que je ferai de ma vie. De nos jours, il n’y a pas de conseil d’orientation. Les étudiants ne savent pas ce qu’ils feront de leur avenir. Pourtant vers 13-15 ans, il faut commencer à se poser la question.Vous avez toujours su ce que vous vouliez faire ?J’ai toujours été passionnée par l’éducation. Je suis entrée au ministère de l’Education comme employée et comme j’avais un bon niveau d’anglais, je me suis concentrée sur les écoles privées. C’était ma passion. C’était un tout petit secteur à l’époque.Combien le pays comptait-il d’écoles privées dans les années 80 ?200 environ. J’ai étudié les règles, la qualité de l’enseignement, la possibilité d’ouvrir de nouvelles écoles privées. J’ai consacré toute ma carrière au ministère de l’Education et en particulier aux écoles privées. Un étage entier était consacré à l’enseignement public mais cela ne m’intéressait pas. J’étais attirée par ce petit département qu’on appelait « Ecoles privées ».Pourquoi ?Le potentiel, l’opportunité d’interagir avec d’autres nationalités, d’apprendre d’elles. J’ai pensé que j’améliorerais mon éducation, mon expérience à leur contact. J’ai pensé y rester quelques années avant d’aller vers le public. Mais chaque jour, le département grandissait. Incroyable. Les gens sont venus du monde entier.Les écoles ont dû s’adapter ? Il a fallu offrir plus à ces nouveaux arrivants ?Oui et aux nouveaux investisseurs potentiels dans le secteur. Ils voulaient faire de l’argent. C’est vraiment un business ?Oui, ça l’est toujours.Combien d’écoles privées y a–t-il aujourd’hui ?Dubaï en compte environ 150. Cela a plus que doublé en 20 ans. Chaque communauté a ouvert son ou ses écoles avec le soutien du gouvernement. Sheikh Rashid Al Makhtoum, le père de Sheikh Mohammed, voulait aider chacune d’elle : leur fournir un terrain et le soutien du Board en vue de l’ouverture d’une école adaptée aux besoins de leur communauté. Cela s’est développé si vite. Entre 2006 et 2007 seulement, dix écoles ont ouvert à Dubaï.Vous venez d’une famille consacrée à l’éducation ?Mon frère (ndlr : Khaled Al Muhairi fondateur et PDG d’Evolvence Capital, membre du Board des Gouverneurs de Repton, l’une des écoles anglaises les mieux cotées de Dubaï) est un homme d’affaire mais il a cette passion. Nous discutons beaucoup d’éducation, des écoles privées. Nous devons améliorer les écoles publiques à Dubaï afin de servir notre communauté et de donner aux nôtres une bonne éducation. A-t-il fait du bon boulot avec Repton ? Je ne peux répondre car ce serait un conflit d’intérêt. Mais je peux dire que c’est un secteur en développement.Comment est née KHDA, l’Autorité de la Connaissance et du Développement humain  pour laquelle vous travaillez ?Je voulais travailler dans l’éducation mais quelle sorte d’éducation ? Je voulais contribuer mieux. En 2000, Sheikh Mohammed nous a donné cette opportunité lorsqu’il a développé le concept des zones franches pour différents secteurs. « Knowledge Village » nous a donné cette opportunité de développer des écoles privées de bonne qualité sur Dubaï. Il nous a donné un immense terrain et nous a demandé de ramener de bons investisseurs pour bâtir les écoles. En 2006, nous avons mis sur pied le Projet Ecole Privées de Dubaï: nous avons visité des écoles du monde entier en Suisse, Grande Bretagne etc., leur proposant de venir et mettre en place le niveau d’éducation dont nous avions besoin ici. Nous n’avons pas insisté pour avoir des branches, juste des écoles de bonne qualité. Il n’y avait pas assez d’écoles qui offraient le Bac international. Puis, Sheikh Mohammed bin Rashid m’a nommée membre du Conseil de l’Education de Dubaï. Nous avons ensuite réalisé qu’il fallait plus qu’un Conseil pour donner notre avis aux écoles privées au gouvernement. Alors Sheikh Mohammed a créé le KHDA par décret en 2007.Vous êtes à la tête du Bureau des Inspections du KHDA ?Nous avions un accord avec le ministère de l’Education selon lequel nous surveillerions toutes les écoles et dans tous les domaines des enseignants, du cours, des frais de scolarité, tout... La première chose que nous avons faite a été de mettre au point une stratégie pour le public et le privé. Notre mandat couvrait le primaire et le secondaire. 10 000 personnes à Dubaï ont participé à cette stratégie, pas seulement des consultants venus de l’étranger. Nous avons suffisamment d’expérience ici pour savoir ce qu’il nous faut et quelles sont nos priorités. Je me suis une fois encore concentrée sur le secteur privé, là où j’avais une valeur ajoutée. La priorité était de réglementer et de m’assurer que les écoles dispensaient une éducation de qualité. J’ai présenté les résultats à Sheikh Hamdan afin de monter le Bureau : de cette façon j’avais le mandat pour aller poser des questions dans les écoles. J’ai ensuite été nommée Chef du Département des Inspections et obtenu la reconnaissance du gouvernement. Vous êtes une pionnière dans ce domaine ?Ce fut un long parcours. Pour moi, un voyage. C’est quelque chose qui n’avait jamais encore été fait dans mon pays. Un tel processus n’existait pas aux EAU. Personne ne vérifiait ce qui se passait dans les écoles, comment les enfants se développaient, leurs compétences, en quoi les écoles contribuaient à la société de Dubaï. Nous avons développé un cadre. La différence ici est que nous avons une société multiculturelle unique en son genre. C’est un défi. Nous avons développé sept indicateurs qui s’appliquent ainsi à tous les curriculums et aux écoles publiques. Nous avons décidé d’un barème : excellent, bon, acceptable, pas acceptable.Quels sont vos critères ? Cette année par exemple, vous avez mis en priorité « Elèves émiriens et qui demandent une attention particulière »…Lorsque nous avons démarré, il nous fallait une base. Aucune école n’était prête à cela : être inspectée de A à Z. Cela n’avait jamais été fait. Il nous fallait donc des indicateurs de qualité dans tous les domaines, c’était primordial. Et nous n’allions pas tout inventer. Nous avons utilisé les mêmes que ceux utilisés par le ministère de l’Education dans les écoles publiques. Des indicateurs pour les matières –maths, arabes pour les Arabes et non Arabes, études islamiques pour les Musulmans et non Musulmans, le développement de l’enfant (attitude, comportement, développement au sein de la communauté), curriculum, leadership de l’école, installations, ressources, partenariat avec les parents… Et nous avons noté tout cela. Il y a des mécanismes pour le faire et nous avons fait appel à des gens du monde entier pour nous aider à l’inspection des écoles et à les former.Comment les écoles ont-elles accueilli les premières inspections ?Il y a cinq ans, elles ne savaient pas ce qu’on attendait d’elles. La première année ce fut le choc dans le système. Il y a eu des résistances. Il y a eu des réactions du type : « Qu’est ce que c’est que ces indicateurs ? Je fais mon travail. Que regardez-vous ? Tout ça c’est de la paperasse… » Mais finalement notre mandat est d’être transparent, d’informer les parents sur la qualité de l’enseignement donné à leurs enfants. Les informer sur ce qui se passe dans les écoles, dans les classes. Certaines écoles étaient furieuses d’être notée « acceptable », nous disant que certains de leurs élèves faisaient Harvard ! Peut-être oui, mais les 2000 autres ? Telles furent les questions qu’il nous a fallu régler la première année.Et quelle fut la réaction au fait que l’Arabe a été mis sur un pied d’égalité avec la langue de l’école ?L’accent mis sur l’Arabe a été remis en question. « Pourquoi nos enfants devraient-ils parler l’Arabe ? » ont demandé certains. C’est ce que le gouvernement de ce pays souhaite : que vos enfants soient exposés à la culture et à la langue du pays dans lequel ils vivent. Qu’ils sachent pourquoi les femmes s’habillent en noir. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous voulons que les enfants comprennent pourquoi nous instaurons cela : les écoles doivent encourager les enfants à se familiariser avec les cultures respectives. Si vous voulez être un bon citoyen, il faut connaître l’autre et respecter l’autre. C’est la raison pour laquelle nous mettons l’accent sur l’indicateur 2 : le développement de l’élève, l’attitude et le comportement, les valeurs de l’Islam. Si je suis Musulman, que fais-tu pour moi ? Comment respectes-tu ma religion ? Que sais-tu de ma culture ? Qu’est ce que je connais de la tienne ? Il y a 92 nationalités différentes ici. Comment l’école gère-t-elle cette donnée ? Je suis Anglais, je connais la culture britannique. Je suis Musulman, local et je connais ton pays mieux que le mien parce que je fréquente une école anglaise… J’ai voulu mettre un terme à ce phénomène.Avez-vous des enfants ?Pas encore mais un jour si Dieu le veut !Vous les mettriez dans le secteur privé ?Bien sûr car je connais les qualités de ce système.Quels progrès doivent être faits dans le public ?Il est très difficile de répondre dans ma position. J’ai enquêté pendant trois ans sur le public, visité chacune des écoles du système public de Dubaï, écrit des rapports individuels et annuels. Tout est sur notre site. Lorsque je regarde le privé, je vois que 58% des locaux y mettent leurs enfants et que ce chiffre augmente de 5% chaque année.Pourtant les écoles privées sont très chères ?Les locaux ont le choix d’aller dans le public qui est gratuit mais ils choisissent en majorité de mettre leurs enfants dans le privé. C’est un grand point d’interrogation. Pourquoi les locaux choisissent-ils le privé ?N’ont-ils pas peur de perdre l’Arabe et leur culture ?Si. Notre inspection annuelle montre que nos enfants ne sont pas performants en arabe. Ils ont des difficultés. C’est un souci à Dubaï et dans tous les Emirats. Sheikh Mohammed a lancé quatre  initiatives autour de l’arabe. Chaque parent veut que sont enfant s’améliore en arabe. Nous avons un problème avec le niveau d’Arabe dans le secteur privé. C’est la raison pour laquelle nous avons mis l’accent sur le fait que l’arabe soit mis sur un pied d’égalité avec l’anglais, les maths ou les sciences. C’est un processus.Mais pour les expatriés qui ne savent pas combien de temps ils restent à Dubaï, leur imposer autant d’arabe n’est-ce pas un problème ? Dans les écoles privées, nous avons imposé l’arabe comme première langue pour les locaux. Ils se basent sur les livres et les standards du ministère de l’Education. Les études islamiques sont une obligation du gouvernement fédéral. Pour les expatriés nous l’enseignons comme langue étrangère. C’est plus facile. Nous attendons des écoles qu’elles soient créatives dans la façon dont elles l’enseignent. On n’y est pas encore. Mais certaines écoles le font vraiment bien. Dans certaines écoles anglaises, lorsque je croise des enfants blonds aux yeux bleus qui me disent en me voyant dans mon abaya « Salamalekoum, mon nom est … » et qui essayent d’interagir, je trouve cela magnifique. Mon souci pourtant ce n’est pas l’arabe langue étrangère mais l’arabe première langue. Le gros défi de notre société est de maintenir un bon niveau d’arabe. Que perd-on lorsqu’on perd sa langue natale ? C’est le souci essentiel de notre canevas.Comment convaincre les familles locales de mettre leurs enfants dans le public ?Si les gens croyaient au public, ils y mettraient leurs enfants. Pourquoi gaspiller leur argent dans les écoles privées ?Quelle a été votre expérience comme femme de pouvoir et d’imposer vos vues dans un milieu très masculin ?Dans les années 80, il était difficile pour une femme d’occuper une position comme la mienne, de directeur. Les hommes étaient en position dominante partout. Lorsque vous éduquez vos enfants, vous leur apprenez que la femme est l’égale de l’homme, si vous les éduquez correctement. Dans l’éducation –je ne devrais pas le dire- mais les femmes sont plus performantes que les hommes. Tout a commencé lorsque le gouvernement des EAU a donné aux filles l’accès à l’éducation. C’est comme cela que j’ai été éduquée. J’ai rejoint l’université dans les années 80, puis le ministère de l’Education qui comptait 99% d’hommes Emiriens et expatriés. C’était un défi que de trouver ma place. Cela a été difficile de me faire entendre et de leur faire comprendre que j’apportais quelque chose. Cela a été un cheminement. Parce que j’étais passionnée, parce que j’étais une femme, locale, que les membres hauts placés du ministère voyaient en moi le potentiel, j’ai eu de la chance.Qu’est ce qui fait la différence ?L’éducation et l’opinion du gouvernement.Les Emiriennes ont-elles plus de chance que les femmes dans les autres pays du Golfe ?Nous avons la chance d’avoir de tels dirigeants. Dans tous les secteurs, il y a des femmes. Lors d’un sommet gouvernemental, Sheikh Mohammed a dit devant 3000 personnes venus de tous les émirats –PDG, Directeurs, etc.- que les hommes devaient être vigilants et travailler dur sinon les femmes prendraient leur place. Quand votre propre chef dit cela… Nous avons quatre femmes ministres, nous en sommes fières. Tout est possible pour les femmes dans ce pays. Je ne sais pas ce qu’il en est des autres pays du Golfe, mais ici aux EAU, nous avons de la chance.Qu’étudiaient les femmes il y a 60 ans ?Prenons l’exemple de ma mère : elle a eu de la chance d’avoir une mère qui a insisté pour qu’elle étudie le Coran. C’est ainsi qu’elle a appris à lire et écrire. Mais bien sûr elle n’a pas étudié les maths ou les sciences. Dans les années 60, le Koweït envoyait ici des maîtres et des livres aux écoles locales. C’est là que tout a commencé. Quel est le budget alloué à l’éducation aux EAU?L’éducation et les affaires sociales sont la priorité et parmi les budgets les plus élevés. Le budget de l’éducation se monte à près de 9 milliards de dhs dont 10% pour Dubaï (secteur public). Le public compte 24 000 élèves et le privé 28 000 à Dubaï.Pour plus d’infos sur vos rapports d’inspection par école :http://www.khda.gov.ae/en/Home.aspxGrandes étapes de l’éducation aux Emirats1954 : ouverture d’Al-Zahra, la première école pour filles, à Sharjah1958 : ouverture des deux premières écoles pour filles à Dubaï : Khawla bint Al Azwar à Bur Dubai et Al Khansa à Deira1996 : ouverture de la première école pour filles d’Abu Dhabi.Elèves pionnières:Maryam Al KhajaRafia Abdullah LootahAmna Obaid GhubashAmal Al-BassamMaryam Saleh Al-OsaimiAvant les années 50:L’éducation des filles était basée sur le Coran, les principes de l’Islam et l’arabe.1953 :Débuts du système éducatif officiel financé par le gouvernement du Koweït1955 :L’Egypte offre des bourses pour des études au Caire.1971 :Débuts des études universitaires aux EAU (1971)-1976 : Université des UAE, Al Ain (Emirat d’Abu Dhabi)-1988 : Haut Collège de Technologie-1998 : Université Zayed, Abu Dhabi2010 :15% de l’Université des UAE sont des femmes51% de filles en collèges privés46% étudiantes post grade72% d’étudiantes en universités publiques, soit le taux le plus haut au monde!Source : Musée de la femme, DubaïEn savoir plus sur Kyra de Beaumont, écrivain: c'est ici
Comme le velours elle allie douceur, élégance et profondeur ! Du coup on est un peu surpris quand cette dame soignée et posée vous raconte comme si c’était parfaitement banal, qu’elle est partie avec son sac à dos faire le tour du monde à 19 ans! Les événements politiques de l’époque ayant stoppé son élan vers l’Est, c’est l’Afrique qu’elle a parcouru ainsi pendant 18 mois au rythme des rencontres. Son chemin a croisé entre autres celui des tribus Turkana, ces nomades qui vivent aux confins du Soudan, du Kenya et de l’Ethiopie. Pendant un an et demi, elle a partagé  le quotidien et les maigres ressources de ces peuples. Elle communiquait avec eux par signes, n’a jamais dormi sous un toit en dur, mais elle a connu la générosité et la vraie solidarité de la vie de bédouin. C’est avec eux qu’elle a découvert le désert, voyageant à l’occasion à dos de chameau, et vécu dans une pauvreté matérielle mais une richesse humaine qui ont changé à tout jamais son regard sur la vie. Cette aventure a pris fin car les privations avaient altéré son état de santé, et Tamara est rentrée en France la tête pleine de souvenirs qu’elle a rassemblés dans un livre  (le Soudan à l’infini) et plusieurs articles publiés dans les rubriques récits de voyages des magazines.Ensuite, dans sa région lyonnaise natale, elle a « tout simplement » créé une agence de communication, au départ généraliste, qui s’est spécialisée dans la cosmétologie et la beauté. Un développement rapide vers l’international  lui a permis de travailler et de voyager en Asie (Hong Kong, Japon, Thaïlande…),  en Amérique du Sud (Brésil..) et occasionnellement à Dubai !De fil en aiguille, son entreprise a élargi son offre au design de produits (flacons de parfums…), au marketing et au conseil pour offrir une prestation globale dans ce domaine qu’elle connaissait bien. On apprend d’ailleurs au détour de la conversation qu’elle a aussi créé sa propre  ligne de parfum à base de Oud, inspirée par ses voyages à Dubai. Si les circonstances avaient été plus favorables, elle serait peut-être devenue une nouvelle Annick Goutal… mais son destin était  ailleurs. En effet en 2003, le virus des voyages et son activité de conseil qui se développait auprès des familles locales, l’ont amenée à venir s’installer avec sa famille à Dubai. Elle qui avait toujours cousu ses vêtements, comme sa mère le lui avait appris, fût ravie quand sa fille lui dit vouloir travailler dans la mode. Mais ne trouvant pas d’école spécialisée à Dubai, elle décida « tout simplement » d’y ouvrir une branche de la célèbre école parisienne Esmod, ce qu’elle fît en 2006 .Bien lui en a pris, car elle répondait ainsi non seulement aux besoins de sa propre fille, mais aussi à une demande importante à Dubai et dans la région puisque les quelques 200 élèves de chaque promotion sont issus de 70 nationalités différentes ! Tous viennent y chercher un enseignement théorique et pratique de qualité, centré sur la mode et l’art qui l’a toujours inspiré.Du cursus complet sur 3 ans, au module de quelques semaines spécialisé en « patronage », en passant par des cours à temps partiel sur quelques mois ou des workshop « accessoires vintage », Esmod Dubai offre de nombreuses formules et possibilités pour exprimer sa fibre artistique et créative, que l’on soit une jeune étudiante ou une femme au foyer (notre article ).Là encore, Tamara déborde d’idées et élargit sans cesse son offre avec des cours de maquillage ou de « fashion marketing », des cours de teinture, des ateliers pour enfants (sécurisés et sans aiguilles !)…Mais le point d’orgue de chaque promotion, c’est le défilé du mois de juin. Un public de 500 invités, 150 mannequins, 15 coiffeurs et 30 maquilleurs…un vrai show professionnel orchestré par Canella Hostal, la fille de Tamara qui y exerce ses talents de « show manager » en marge de son activité principale : sa propre marque de prêt à porter.Dès le plus jeune âge, son tempérament d’artiste a donné à Tamara une  vision de la vie qui sortait des sentiers battus, elle y est restée fidèle grâce à un esprit curieux et ouvert aux nouveautés comme aux traditions. Fidèle à la mode française, mais capable de réinterpréter les codes des différentes cultures de ses élèves, Tamara est enthousiaste, travailleuse et passionnée, elle aime partager …comme les bédouins, qu’elle croise encore parfois quand elle part camper dans le désert avec son Hummer pick-up !Entrepreneuse, originale et indépendante dans l’âme, Tamara est une femme « tout simplement » formidable et …qui ne manque pas d’étoffe ! Retrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/
Meilleure joueuse française, 11ème meilleure joueuse mondiale, 2 ans d’avance à l’école …intellectuellement ou sur un court, Marion a tout d’une surdouée.  Mais loin de s’en satisfaire elle aime les challenges, les combats, c’est une femme de défis, qualité indispensable pour arriver à ce niveau dans ce sport ultra-compétitif qu’est le tennis. C’était déjà le cas lorsqu’elle était enfant et qu’à l’âge de 9 ans, elle a envoyé balader son entraineur en lui disant « rendez-vous … dans 10 ans ! ».  Il a dû regretter de l’avoir laissée partir car dès 2000, elle fût la première et jusqu’ici la seule, joueuse  française à gagner l’US open junior. Ce caractère trempé lui vient peut-être de ses origines corses, mais aussi, de son propre aveu, d’avoir été élevée dans une région (la Haute-Loire) où le climat et les distractions sont, plus qu’en Corse, propices au travail !Son père  a ensuite  pris le relais en devenant son entraineur et ensemble, ils ont mis au point sa technique, qui est parfois qualifiée d’atypique, mais s’est avérée efficace. Elle qui était gauchère s’est mise à jouer tous ses coups  à 2 mains, comme Monica Seles ,ce qui lui a plutôt bien réussi. On sent que Marion aime comprendre ce qu’elle fait et pourquoi elle le fait et pour couronner le tout, elle a une qualité inestimable … elle aime travailler ! D’ailleurs elle avoue que si elle n’avait pas fait cette carrière sportive, elle aurait aimé faire des maths et si possible polytechnique !Dubaimadame.com a eu la chance de rencontrer cette star du tennis lors du Dubai Duty Free Tennis Championships - ATP World Tour 2012 et en a profité pour lui poser quelques questions :La réputation du tournoi de Dubai est de choyer particulièrement les joueurs, est-elle méritée d’après vous? Oui tout à fait, de la descente de l’avion jusqu’au départ, la prise en charge, l’accueil et le service, tout est parfait. Par contre, sur le plan sportif c’est un tournoi qui se mérite car très élitiste. Le tableau est petit et très relevé, il y a seulement les meilleures et du coup, moi qui suis 11èmejoueuse mondiale ici, je ne suis même pas tête de série ! Mais j’adore Dubai, surtout depuis que j’y ai passé mes 2 semaines de préparation physique cet hiver. Cela m’a permis de découvrir cette ville incroyable, car pendant les tournois on n’a pas beaucoup de temps  pour en profiter.Qu'elles sont d’après-vous les qualités humaines qui font de vous une championne ?Je ne sais pas…peut-être justement le fait de rester humaine dans ce milieu très dur et compétitif, de savoir me faire des amies parmi mes concurrentes. Ce n’est pas toujours facile de n’être chez soi qu’une semaine tous les 2 mois, de voyager sans cesse à travers le monde, même si c’est bien sûr un privilège enrichissant sur tous les plans. C’est aussi la raison pour laquelle il est important pour moi d’avoir un soutien familial et amical dans mes déplacements.Quels sont les points que vous  devez encore améliorer ? Sur le plan physique, je dois améliorer 2 points, mon endurance et mon explosivité. J’ai la chance d’avoir un métabolisme très bas (j’ai un cœur lent, je consomme peu d’énergie dans l’effort) mais je dois travailler sur encore plus de réactivité. Pour cela j’ai un préparateur physique, avec qui j’ai démarré un nouveau programme d’entrainement récemment, qui  semble porter ses fruits.Le tennis est toute votre vie ou juste une belle étape ? Où serez-vous dans 10 ans ? Qui sait ?  J’aimerais bien poursuivre ma carrière pro jusqu’aux J.O. de 2016 et participer encore une fois à une finale du grand schlem (elle l’a déjà fait en 2007 à Wimbledon) et la gagner, cette fois (elle s’était inclinée devant …Venus Williams)!Ensuite, j’ai l’ambition de fonder une famille, et comme tout ce que je fais, je voudrais faire ça bien, ce qui n’est pas compatible avec la vie que je mène actuellement dans le circuit international. C’est pourquoi j’ai l’intention de m’y consacrer après ma carrière. J’ai aussi pas mal d’idées entrepreneuriales qui me viennent lors des nombreuses rencontres que je fais à travers le monde …grâce au tennis !Quel est votre petit luxe indispensable ?Trouver  un peu de temps pour peindre ! Dans tous mes déplacements  j’emporte une toile et mes tubes de peintures à l’huile, c’est ma façon de me détendre, de changer d’univers. Je peins les paysages qui m’inspirent là où je me trouve. (NDLR : elle est autodidacte et aussi très douée dans ce domaine !) L'objet que vous emmenez partout ? Mon sac à main, des jolies chaussures… j’adore la mode en général, les grands créateurs me fascinent et c’est un plaisir pour moi de faire du shopping pour me récompenser après un bon match.Pratiquez-vous d’autres sports ? Aucun régulièrement, car avec 6 h d’entraînement sportif et physique par jour, cela ne laisse pas  beaucoup de place pour le reste ! Mais j’aime tous les jeux de balle (volley….) et la natation, si je n’avais pas une sinusite chronique qui sait, j’aurais peut-être été nageuse !Vous habitez en Suisse et vous ne skiez pas ? Rires, je n’ai pas le droit ! Trop risqué !On resterait bien bavarder avec Marion pendant des heures, c’est une jeune femme sympa, naturelle, volontaire mais aussi sensible et intelligente, ce qui lui évite d’avoir la grosse tête. Mais voilà,une demi-heure s’est écoulée et son préparateur arrive. C’est vrai qu’elle a sûrement 2 ou 3 petites choses à faire avant de disputer son ¼ de finale contre Caroline Wozniacky, dans quelques heures !Malheureusement,  elle a perdu cette rencontre, mais nous, nous avons fait une belle rencontre … celle de Marion et nous lui donnons rendez-vous …dans 10 ans ;)Retrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/
Bien au contraire, cette jeune et jolie vétérinaire spécialisée dans les bêtes sauvages (la « faune sauvage » en langage plus scientifique !) est un exemple de vocation précoce et de détermination.Dès l’âge de 3 ans, elle savait exactement ce qu’elle voulait faire.  Les murs de sa chambre étaient couverts de posters d’animaux sauvages, mais contrairement à la plupart des petites filles, cette passion  ne s’est pas émoussée au fil du temps. Les années passant, travailler avec les animaux est resté son objectif et le jour venu, après avoir terminé ses études de vétérinaire à Liège,  elle est partie à Londres faire sa spécialisation en faune sauvage !Son « role model » (le seul vivant précise-t-elle, l’autre c’était le commandant Cousteau), c’est David Attenborough, ce scientifique naturaliste et cinéaste (comme son grand frère Richard, mais dans un autre domaine, ndlr) qui a tourné de célèbres documentaires pour la BBC et qui a donné son nom à plusieurs espèces animales. Son diplôme en poche, Anne-Lise part au Botswana pour son premier job dans une réserve du delta de l’Okavango. Là-bas sa mission consiste à anesthésier,soigner et marquer des grands fauves,  pour permettre le suivi des populations.Après les grands espaces d’Afrique du Sud, c’est le zoo d’Al Ain qui la contacte pour lui proposer de venir y travailler. Qu’à cela ne tienne, Anne-Lise et son mari (vétérinaire également) partent vivre dans cette oasis au milieu du désert.Ce fût pour elle une expérience enrichissante qui lui a beaucoup appris, mais on sent que les « populations captives » ce n’est pas ce qu’elle préfère. Anne-Lise aime les animaux sauvages … en liberté et ne comptez pas sur elle pour cautionner l’adoption de fauves comme animaux de compagnie !Donc après trois ans et demi passés au zoo, elle décide de monter sa propre entreprise : « wildlife consultant ». Depuis, elle consacre une moitié de son temps à la recherche, l’épidémiologie et la conservation des espèces autochtones en partenariat avec le WWF et l’autre à soigner les animaux des nombreux zoos privés et gouvernementaux de la région. Le zoo privé, encore un concept dont elle n’est pas folle, même si pragmatique, elle explique qu’il y a des points positifs quand ceux-ci sont bien tenus, en particulier pour la préservation d’espèces qui ont disparu du milieu naturel.En effet si l’Oryx, cette grande antilope blanche qui fût en voie d’extinction, a été réintroduite avec succès en Oman, d’autres espèces sont encore menacées dans la région. Le Caracal (Lynx du désert) ou le Léopard d’Arabie pour les félins, mais aussi moins connu, le Tahrs, une chèvre sauvage qui ne vit qu’en Arabie et qui est en compétition pour survivre avec les chèvres domestiques lâchées dans les wadis pour se nourrir.Voilà le genre de problématique qui l’interpelle car de nos jours, vétérinaire de faune sauvage ce n’est plus seulement jouer à « Daktari ». De nouveaux outils et de nouveaux problèmes sont apparus avec la modernisation. Son rôle consiste donc aussi à étudier les interactions entre les faunes sauvages et captives, à surveiller l’hérédité des troupeaux (trop de consanguinité aboutirait à l’extinction), l’impact de certaines espèces sur l’environnement… Entre éthologie, épidémiologie, zoologie, écologie et génétique son quotidien est varié et passionnant. Par contre il implique d’être mobile et du coup  elle sillonne les EAU entre Al Ain, sa base, et certaines réserves naturelles comme des wadis à Fujaïrah !Si Anne-Lise a réalisé son rêve de toujours, faire de sa passion pour les animaux sauvages  son métier et vivre le plus possible au grand air, elle a aussi réussi à trouver un équilibre, une façon de l’exercer qui lui permet de garder une vie affective et sociale normale et de fonder une famille, bravo !Les bonnes adresses d’Anne-Lise à Al AinCette oasis située à la frontière d’Oman, adossée au Jebel Hafeet était déjà habitée il y a 4000 ans, c’est la 4ème ville du pays située à 150 km environ de Dubai et d’Abu Dhabi, elle comprend de nombreux espaces verts et jardins :A visiter : Les palmeraie al Qatar, où l’on apprend comment sont cultivées les dates (ensemencement des dattiers femelles avec des branches de mâles …), on y voit des canaux d’irrigation anciens (falaj) avec de jolis fortins.Pour se relaxer : le Thai spa près du Rotana : un vrai voyage en Thaïlande !Ses restos préférés : les « boui-bouis » locaux du bord de la route où celui du Al Ain equestrian and shooting golf clubLoisirs : si comme Anne-Lise vous aimez la grimpe, certaines parties du Jebel Hafeet, sont équipées de voies, et pour la marche c’est dans les wadis d’Oman tout proches qu’Anne-Lise et son mari vont se ressourcer.Grâce  à tout cela,  Anne-Lise est ravie de sa vie à Al Ain , malgré la chaleur extrême en été (record des Émirats mais qui reste malgré tout plus sèche que dans les villes côtières) et le manque de bon fromages !Retrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/
Cet oxymore un peu provocateur résume bien le personnage, car si Kyra est la simplicité même dans son rapport avec autrui, offrant son regard clair et droit, son port de tête avenant, comme à l’écoute,  et s’exprimant avec calme et précision… il en va autrement de son foisonnement  intellectuel et des questionnements qui sont les siens : complexes, profonds et alertes à la fois. Complexe… mais pas brouillon, au contraire,  derrière  sa silhouette frêle et  presque ascétique, son élégance décontractée, se cache une pensée bien ordonnée et toujours prompte à s’interroger sur ce qui l’entoure comme sur le passé. C’est la maternité qui a poussé Kyra à mettre en veille son activité de journaliste dans un grand quotidien suisse entre autre, pour se consacrer à l’écriture. Après un livre et un 2ème enfant, Kyra et son mari décident quitter le calme feutré de la suisse et de transplanter leur famille dans un nouvel univers. Kyra arrive donc l’été dernier à Dubai et, alors que d’autres se plaignent du manque de culture, elle semble s’y épanouir intellectuellement aussi bien, voire mieux qu’ailleurs. Car la culture, Kyra la trouve partout, elle sillonne les EAU pour interviewer des femmes émiraties de tous horizons dans le but de mieux les comprendre, d’observer entre autres comment elles parviennent  à gérer «  le grand écart entre leur culture, souvent traditionnelle, la modernité de leur pays et pour certaines, de leur éducation »*.De sa curiosité intellectuelle, Kyra a fait son métier (journaliste), de son métier elle a fait sa passion  (écrire) et en mélangeant les deux, après un premier roman de fiction drôle et gentiment moqueur sur le couple de notre époque**, elle change de ton et replonge, pour son nouvel ouvrage, dans deux des domaines qu’elle affectionne particulièrement, l’histoire et l’humain ou plus précisément encore l’histoire de l’humain, de l’individu.Le hasard a tout prévu, dont le très joli titre résume à lui seul une des problématiques majeures de son auteure, est donc un « docu-fiction ». On sent que Kyra a trouvé dans ce genre littéraire, SON média, sa palette idéale du moment, car elle peut y mêler les histoires vraies issues des rencontres souvent extraordinaires qu’elle a faites et la fiction née de sa propre analyse et de l’émotion qu’elle en ressent. Ainsi, elle a pu  approfondir les fils conducteurs communs à tous ces récits: la filiation, la séparation et le retour aux racines.Au travers de ces 8 récits souvent dramatiques, c’est un message d’espoir et de résilience que Kyra nous délivre. Car elle croit en quelque chose que d’autres appelleraient l’instinct de survie affective et qui la ramène à sa propre histoire, comme elle le dévoile pudiquement mais clairement dans sa postface où elle analyse rétrospectivement la démarche qui fût la sienne lors de l’écriture de ce livre.Tout est pensé, le fond comme la forme, ces 8 histoires de personnages réels dont les vies se déroulent dans des contextes historiques et géographiques différents et très bien documentés, qu’elle a colligées au fil des années et au gré des rencontres ont «comme par hasard ?» en commun les thèmes évoqués ci-dessus. Et la boucle est bouclée, ces histoires elles-mêmes et le fait que Kyra les regroupe dans un même ouvrage, la ramènent à une problématique qui lui tient à cœur : « sommes-nous maître de notre destin ou bien est-ce le hasard qui gouverne nos destinées ? », c’est ainsi  tout l’esprit du livre, que l’on retrouve dans la jolie contradiction du titre !Avec des questionnements aussi complexes que profonds, on ne s’étonnera pas que Kyra en  arrive vite au fondamentaux philosophiques et religieux qui qui régissent nos vies. Ce fût d’ailleurs, et ce sera peut-être de nouveau un jour prochain,  une autre ambition de Kyra, que de se pencher sur le rôle des religions et leur influence sur la perception du libre arbitre et de la fatalité dans nos sociétés.A toutes ces questions, sa nature et son passé de  journaliste la poussent à chercher des réponses dans les témoignages qu’elle recueille (parfois sans le vouloir ?), mais aussi dans les livres, car Kyra est, et a toujours été, de son propre aveu, du genre studieuse. Elle aime faire des recherches, creuser les pistes de réflexion, écouter, apprendre, poser et se poser des questions.Mais Kyra n’est pas un pur esprit ( la preuve elle est aussi maman de 2 enfants, ce qui est très efficace pour vous ramener les pieds sur terre), elle a aussi  besoin de sommeil, de faire du sport pour être en forme, de déjeuner avec ses copines... Elle avoue aussi, éprouver une certaine fierté –légitime-, doublée d’un trac -également normal- à la sortie de son livre. Pourtant il est excellent, complexe et profond, comme elle, car fruit d’un passé …pas si simple !*Vous pouvez lire tous ces portraits sur son blog Kyradubai.overblog.com, Kya a un site aussi, pour lire des extraits de ses livres:  www.kyra-dupont-troubetzkoy.com** Petit essai assassin de la vie conjugale, Kyra Dupont Troubezkoy, 224 pages, Editions Luce Wilquin, en librairie à Dubai chez Culture&Co, 114 AED*** en librairie le 13 mai 2013  et disponible sur amazon.fr et en librairie à Dubai chez Culture&Co , 120 AEDRetrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/
Kenizé Hussain de Kotwara est la fille d’une princesse ottomane mariée à un rajah indien, réfugiée à Paris et décédée peu après sa naissance. Elle fait carrière dans le journalisme. Dans les années 1970-80 elle couvre pour Le Nouvel Observateur les conflits au Bangladesh, au Pakistan, en Éthiopie, au Liban ainsi que le conflit israélo-palestinien. Elle se consacre ensuite pleinement à l’écriture. En 1987, elle publie l’histoire de sa famille De la part de la princesse morte. En 1998, on découvre son premier roman Le jardin de Badalpur; puis en 2003, avec Le parfum de notre terre: Voix de Palestine et d'Israël, elle tente de comprendre des peuples déchirés. Son dernier roman Dans la ville d’or et d’argent (2010) retrace le destin de Hazrat Mahal, une femme méconnue qui a mené la première guerre d’indépendance des Indes.Elle a accepté de répondre à quelques questions. Portrait!Elle aime:la justiceles animaux, les chats en particulierla natureElle n’aime pas:la gauche caviarles nouveaux richesl’hypocrisieVous avez un parcours hors du commun, pourquoi le salon du livre d’Abu Dhabi cette année?J’ai été chaudement invitée il y a deux ans déjà et j’ai raté mon avion de Russie, alors cette année j’ai répondu présente!Vous avez été journaliste avant de devenir écrivain, cela vous a-t-il aidée dans votre travail d’écriture?Pour le style, pas vraiment! Quand j’ai montré mes premiers chapitres à un ami éditeur, Albin Michel pour ne pas le nommer, il a poussé des cris d’horreur qualifiant d’affreux le style de journaliste, trop sec et manquant de chair (rires)! J’ai compris par la suite: j’ai laissé parler mes émotions et mon style est devenu plus poétique. D’ailleurs la musique m’apporte quand j’écris. Je choisis des styles et des rythmes correspondants à l’atmosphère des scènes que je décris: des symphonies épiques pour des envolées stylistiques ou parfois des morceaux de Mozart plus intimistes.Pour la documentation, heureusement le journalisme m’a beaucoup apporté! Je n’aurais jamais envisagé avoir le courage de me documenter comme je l’ai fait, surtout pour mon premier livre. Que ce soit les lectures sur la Turquie, le Liban, l’Inde ou les milliers de journaux parcourus, je lisais beaucoup et très vite... un dialogue, un détail allant au-delà de l’écriture ‘digérée’ d’un roman. La valeur de mes livres, du premier en particulier, vient du réalisme apporté grâce à cette documentation gigantesque.Pensez-vous que l’écriture rend libre?Oh oui, avant tout comme catharsis personnelle! Moi-même, jeune, si je n’avais pas pu écrire, je n’aurais pas pu déverser mon trop-plein d’émotions. De toute façon, mettre devant soi les difficultés de la vie permet de mieux les résoudre. Quand en plus on le fait aussi pour les autres! J’ai la conviction qu’on n’écrit pas si on n’a pas quelque chose à surmonter.Je vais citer l’une de vos interviews: « je pense que mon pays c’est quand même avant tout ma langue. Et que l’identité, ce n’est pas le pays, ce n’est pas la religion, ce n’est même pas la famille. C’est le partage de valeurs essentielles avec des personnes »... Diriez-vous que vous êtes française?Intellectuellement, par mon éducation, je suis française. Par contre, je ne me reconnais pas dans l’abord froid, rationnel et cartésien français. L’environnement humain que je comprends et dans lequel je me sens bien est plus oriental.Dernière question habituelle, pour vous Abu Dhabi, c’est...?... Un îlot dont la population est une minorité dans un monde d’étrangers.N’attendez plus pour lire ou relire Kenizé Mourad, ses livres sont disponibles chez Culture&Co (www.culturecodubai.net), sur www.amazon.com et à l’emprunt à l’Alliance Française d’Abu Dhabi.Un grand merci à Mme Mourad pour sa disponibilité et sa gentillesse. Bonnes lectures!
Azza Al Qubaisi, une artiste émirienne, nous a ouvert les portes de son atelier. Elle nous a décrit son parcours, ses projets, sa vision de l’artiste dans la société et de l’art comme interaction entre les gens, les cultures, les époques. Portrait!Elle aime:Le camping dans le désertVoyagerLa découverte, la recherche    Elle n'aime pas:Les embouteillagesLa viande (Elle est végétarienne)Être déroutée Parlez-nous de votre parcours, qu'est-ce qui vous a amenée à prendre cette voie?C’est d’abord l’opportunité d’étudier en Angleterre, c’est là que j’ai compris que j’étais artiste!Après avoir étudié la biologie, je me suis naturellement dirigée vers Ia voie artistique.J’ai ensuite créé ma fondation, j’ai réfléchi aux matériaux à utiliser, j’ai repensé à mon héritage, après tout ça j’étais capable de dire que ma vie serait celle d’une artiste.Ici les gens concevaient la joaillerie comme des marques, du shopping, pas encore comme un Art, avec une histoire… J’ai créé des collections. J’ai monté mon atelier et j’ai essayé de comprendre la société à travers des travaux bénévoles pendant 4-5 ans. J’ai monté des projets artisanaux et je me suis diversifiée, notamment avec les souvenirs. Aujourd’hui, j’ai le soutien du Khalifa Fund et du Croissant Rouge: disons qu’on ne rit plus de moi, j’ai été acceptée comme une femme aidant au développement de l’artisanat local!Depuis une dizaine d'années, vous créez de nouvelles collections pour votre enseigne The Arabian Workshop for Jewellery and Gemstones et trouvez l'inspiration dans la nature et les matériaux naturels. Avez-vous des préférences?Et bien en fait je crée à partir de ma culture, de la nature, partout, toute la beauté de la nature, sa fragilité, le temps capturé... chaque pièce est choisie pour sa forme et sa qualité.  Les comportements ont changé ces dix dernières années, les rapports à l’argent et à l’environnement et si vite, sous mes yeux!Vous savez je change de matière en fonction du concept qui m’anime et chaque année je change de spécialité. Je ne peux pas vraiment dire que j’ai une préférence. J’utilise surtout l’argent, pour que mes pièces restent abordables et avec je travaille une saison la perle, une autre le bois, ou encore les branches de palmier, les sculptures… en ce moment je cherche des concepts en interaction avec l’environnement et les gens.C’est une très bonne transition pour nous parler du projet Public art work Etihad 41. Quel est le concept? Qui peut participer?En 2011 j’ai eu l’idée de laisser les gens se dire librement “ok je peux le faire” et juste les aider à s’exprimer. J’ai créé une sculpture de 40 branches de palmier séchées que tout le monde puisse peindre, personnaliser ou transformer: près de 500 personnes ont participé au projet. De nombreuses nationalités  ont pu interagir in situ et en ligne à travers les réseaux sociaux! J’ai beaucoup aimé cette expérience mais je la trouvais trop limitée dans la durée, sans vraie continuité, du coup les participants ne se sont pas sentis assez engagés. J’ai souhaité rendre ce projet plus ‘pushy’ et je n’étais pas la seule puisque l’ADWEA (Abu Dhabi Water and Electricity Authority) m’a apporté son soutien et en a fait l’événement du National Day 2012. Cette année, comme auparavant, tout le monde à Abu Dhabi et Dubai peut participer! En bref:Étape 1: récupérez une branche de palmier (dans une ferme, au bord de la route ou si besoin contactez-nous)  Étape 2: envoyez-moi un brief, présentez-vous et présentez ce que vous souhaitez exprimer (emailProtector.addCloakedMailto("ep_0b3d24d0", 1);)Étape 3: Exprimez votre créativité et apportez votre branche au public, au sein d’une sculpture globale, présentée lors du National Day à Dubai et le lendemain à Abu Dhabi.Environ 150 personnes sont déjà concernées (et pas seulement des artistes)! J’aimerais vraiment faire grandir ce projet, montrer la vue globale d’une sculpture construite par moi et par tous ces gens, mais aussi montrer que chaque pièce qui la constitue peut exister seule.C’est mon idée d’un art participatif, d’une communauté créée autour d’un projet, engagée dans une expo… vous pourrez découvrir les premières images du montage en ligne prochainement!Je finirai par la question habituelle, pour vous Abu Dhabi, c'est....?... Moi, je veux dire mon cœur!Découvrez les créations d'Azza sur son site Internet www.arjmst.com et suivez-la sur Facebook (Azza.alqubaisi) et Twitter (@AzzaAlQubaisi)
Nayla Al Khaja, réalisatrice et productrice émirienne, fondatrice de la maison de production D-Seven, parle de son dernier projet pour l’initiative Soul of Dubai ainsi que des hauts et des bas de son audacieuse carrière dans le cinéma. Si la liberté totale n’existe pas encore, les EAU sont les plus progressifs du Moyen Orient en termes de production cinématographique, dit-elle. INTERVIEW.Est-ce l’absence de producteurs locaux qui vous a poussée à créer votre propre boîte de production ?Oui. J’adore les affaires et le monde de la création. J’aime combiner les deux. C’était très naturel pour moi de développer ma propre entreprise. J’étais free-lance agréée du département de l’économie dès l’âge de 21 ans. J’ai toujours eu un côté entrepreneur et j’ai toujours levé des fonds pour des initiatives artistiques. J’ai un talent pour les affaires, la négociation…Vous avez débuté votre carrière en radio ?J’étais Radio Jockey. J’avais mon show. Comme je travaillais aussi pour le département marketing, j’ai réussi à obtenir deux sponsors pour mon émission. Ils m’ont voulue à plein temps ! Mais j’aimais le divertissement alors j’ai fait les deux. J’ai fait ça un an avant de partir pour Toronto. J’y ai refait des études universitaires, de zéro. Je n’avais jamais pu étudier à l’étranger en raison de mon sexe. J’ai initialement fait des études ici. En raison de votre sexe, pouvez-vous expliquer ?Mes parents ne voulaient pas que je voyage seule sans un mari ou un oncle… J’ai étudié au Women’s College car c’était ça ou la maison. Ensuite, il y a eu un trou, puis je suis partie pour Toronto. Et comme ils n’étaient pas heureux que je parte, je me suis mariée. Vous vous êtes donc mariée pour étudier à l’étranger ?Correct. Six jours après m’avoir emmenée là bas, avec mon « mari » nous avons eu une petite discussion sur son rôle, sur le fait qu’il était mon visa à l’éducation. En gros vous avez divorcé ?Oui. Nous sommes restés bons amis.Quelle est votre relation avec vos parents vu que votre carrière a commencé sur un conflit?A ce moment là, j’étais la première femme dans le domaine. C’était un peu comme la première femme au volant dans les années 60 : tout le monde a les yeux tournés vers vous! Mes parents ne savaient pas quoi penser. Ils étaient inquiets. Le cinéma peut être noir, avoir un côté underground, beaucoup de fêtes… Ils ont pensé que j’allais vers le sombre…Et vous étiez aussi sous les projecteurs?Tout à fait. Cela voulait dire que j’étais sans cesse exposée. Si je fais quelque chose de mal, je serai exposée. Notre société est très tribale. Tout est question de réputation. La réputation de la famille. Ils avaient beaucoup de craintes.Vous vous attaquez aussi à des sujets controversés dans vos films ?Mon premier film était Unveiling Dubai, un documentaire pas du tout controversé. Un projet d’étude. C’était mon regard et celui d’un autre réalisateur sur Dubaï. Pas de problème. Le gouvernement a beaucoup aimé le film et cela m’a ouvert des portes pour ce que je voulais faire. Mon deuxième film, Arabana parle de maltraitance sur les enfants, de pédophilie. Je l’ai tourné. C’était mon premier film de fiction en 35 mm. Une très belle expérience. Et travailler avec des acteurs… Pourquoi vouliez-vous traiter un sujet aussi tabou ?Parce que le film est basé sur ma propre histoire. Très jeune, je me suis retrouvée dans une situation où je n’ai pas été violée mais très j’ai failli l’être et je me souviens de ce sentiment, de la peur. Je voulais capter cette émotion. Nous avons projeté ce film dans de nombreuses organisations, surtout des femmes, et elles ont commencé à témoigner de leurs propres expériences en tant qu’enfant. Certaines se sont mises à pleurer car elles n’avaient encore jamais révélé leur histoire. Les films peuvent parfois avoir ce rôle.Cela demande beaucoup de courage de rendre publique une histoire aussi personnelle ?Cela m’a beaucoup aidée. Faire ce film m’a libérée. J’ai dépassé la peur qui a été la mienne à 7 ans. Certaines femmes ont parlé de leurs problèmes. C’était bien. Ce film était incroyable. Pas le film en lui-même mais ce qu’il a permis de faire. Grâce à cela, nous avons gagné l’argent nécessaire aux études de l’actrice. Elle n’en avait pas les moyens. Je suis très engagée dans l’éducation des femmes. J’y crois de tout cœur. Parce que j’en ai été privée. On ne devrait pas empêcher les filles d’étudier. Ces dernières ne devraient pas se retrouver dans des situations telles qu’elles doivent se marier pour avoir accès à l’éducation. C’est mal.La pédophilie et la maltraitance sur enfants sont courants ici ?Non c’est un problème global. J’ai fait des recherches et j’ai découvert que l’architecture d’une maison joue un rôle important. Si la maison est grande, qu’il y a beaucoup de passages, même si vous surveillez bien vos enfants, les probabilités sont très grandes. C’est ce qui arrive dans le film. La fille habite une immense maison avec une cour énorme. Les parents peuvent difficilement voir ce qui se passe.Avez-vous eu affaire à la censure ? Comment cela marche ici ?Vous devez remettre vos scénarii au Media Council. En dix ans les choses se sont beaucoup améliorées. Ils sont beaucoup plus flexible, moins stricts. Je n’aurais jamais pu filmer ce que je filme aujourd’hui. C’est un progrès en lien direct avec les nombreux festivals de films du Moyen Orient. Comme beaucoup d’entre eux  ne sont pas censurés, cela a aidé à la sensibilisation ici, au respect du point de vue de l’artiste. Certes nous ne sommes pas complètement libres, mais au Moyen Orient nous sommes les plus progressifs.Quelles ont été les réactions du public et de votre entourage sur le film ?J’ai reçu des remarques très négatives mais ce n’est pas grave car les gens ont des opinions différentes. Certains venaient de ma propre communauté. Ils disaient que je devrais quitter le pays pour toujours. Comme réalisatrice je ne devrais pas faire ce genre de choses. Mais cela représente 10%, même pas, peut être 5% des gens. La majorité, et surtout les hommes d’ailleurs, me soutiennent. Mes collègues réalisateurs masculins, par exemple. Et mon plus grand soutien vient de mon frère. Il me pousse à fond.Quels métiers exercent vos parents ?Mes parents sont tous deux entrepreneurs. Ma mère dirigeait une école, l’a vendue et est dans l’immobilier. Mon père a gagné le prix de la meilleure entreprise de l’année dans les médias.Vous avez également reçu le prix de la meilleure entrepreneuse en 2005. Vous marchez sur les traces de votre père ?J’ai reçu un prix, ma boîte a reçu un prix ce qui est bien car dans le cinéma c’est un travail d’équipe. Je suis fière d’avoir vraiment une bonne équipe. Écrivez-vous vos scénarios ?Les courts oui, mais pour les documentaires et les longs, j’ai un auteur. Avez-vous pour ambition d’éduquer, de sensibiliser le public sur certains sujets ?C’est primordial. Cette année mon ordre du jour central consiste à visiter des écoles. Je me suis rendue dans trois écoles le mois dernier pour enseigner aux enfants comment trouver leur voie à travers le cinéma, n’importe quelle forme d’art, la musique, la danse, la peinture… Leur apporter confiance grâce à une formation, des ateliers. C’est ma façon de rendre à la communauté. Les prix c’est bien mais le mieux c’est quand je reçois un mail d’une fille de 16 ans qui me dit qu’elle veut suivre mes pas, se servir de mon exemple auprès de sa famille. Voilà, j’ai réussi. Cela sert à la prochaine génération. Servir d’exemple est très important pour moi. Me montrer sous un jour positif pour influencer les autres.J’ai vu des photos de vous avec George Clooney, Sharon Stone etc. Comment gardez-vous les pieds sur terre?L’amour des gens, l’humanité, et mon amour pour cette planète. Nous finirons tous enterrés alors la vie est trop courte pour qu’on soit arrogant. La vie vous donne plus si vous restez connectés aux autres. En tant qu’artistes vos émotions sont exacerbées. Que je sois aujourd’hui dans une hutte de terre en Afrique et demain dans un palace, ce qui est excitant, la vraie expérience de vie se trouve dans les menus détails qui rendent l’ensemble intéressant. Vous ne pouvez répandre l’amour si vous êtes arrogant. Cela va à l’encontre du concept de vivre ensemble. Pour ce qui est du financement des projets, le gouvernement soutient-il les productions locales ?Je crois qu’ils sont en train de changer cela en ce moment. J’ai entendu dire qu’investir ici était au programme. Le film que je viens de tourner est une commande de Dubaï Culture, ce qui est super. C’est  important car cela va créer toute une économie, soutenir les artistes. Si nous produisons dix films et que l’un d’entre eux est sélectionné pour Cannes ou l’un des festivals de renom, son réalisateur est un ambassadeur du pays. Je me rends dans tous ces festivals, et il n’y a jamais un film de mon pays…Un film peut raconter l’histoire de façon unique et laisser une emprunte dans un pays de tradition orale ?Sur le tournage de MalalOui, un film est le parfait moyen, Il capte, c’est mobile, il voyage partout dans le monde, ça reste, vous pouvez faire des centaines de copies. La révolution du film a permis aux gens de saisir plus facilement leur propre histoire. Et maintenant c’est encore mieux car si vous ne parvenez pas à vous faire distribuer par les canaux traditionnels, il existe des alternatives on line.De quoi parle votre prochain film ?Il fait partie d’une thématique pour Soul of Dubai. Ali Mustafa (réalisateur de City of Life), un autre réalisateur et moi nous racontons tous une histoire autour de Dubaï. La mienne s’appelle « La voisine ». Je l’ai écrit et proposé et nous tournons tous 15 minutes de film. Il s’agit d’une expatriée, nouvelle à Dubaï qui interagit avec sa voisine, une vieille locale. Le dialogue est drôle parce que celle qui parle anglais ne parle pas l’arabe et celle qui parle l’arabe ne parle pas l’anglais. Et le traducteur est un petit garçon et c’est toujours inexact.Quels réalisateurs admirez-vous ?J’aime Lars Von Trier. J’aime les films noirs. J’adore Kubrick : c’est mon héro absolu. Pour ce qui est du cinéma plus commercial, j’aime aussi Clint Eastwood. Il sait tout faire : réaliser, produire… Pour les femmes, j’aime beaucoup Mira Neer et Deepa Metha.Quels défis les femmes doivent-elles encore relever ici ?L’accès à l’éducation à l’étranger. Rien ne l’interdit dans la loi mais c’est une décision qui se fait au niveau de la famille. En raison de leur sexe, de nombreuses filles n’ont pas le droit aux études internationales. Nous avons des écoles mais ce n’est pas la même chose de partir. Le second défi, ce sont les horaires. Dans mon métier on travaille très tard et beaucoup de famille ne laisse pas leurs filles sortir après 22 heures. Cela peut  perturber votre vie professionnelle. Ici les célibataires doivent vivre chez leurs parents même si elles sont vieilles ! Les hommes aussi d’ailleurs. Au moins, c’est égalitaire !Vous avez attaqué le sujet du flirt chez les adolescentes émiriennes dans votre film Once, pourquoi ?Le flirt, les rendez-vous galants sont contraires à notre tradition. Lorsque les jeunes filles atteignent un certain âge, elles sont évidemment attirées par l’autre sexe car nous vivons ensemble dans ce pays. Il n’y a plus de ségrégation comme avant et c’est très tentant d’avoir un partenaire. Vous avez des émotions. Vous voyez vos copines expats fréquenter des garçons et vous voulez faire la même chose. Alors vous trouvez d’autres moyens de communiquer avec le sexe opposé: par téléphone. Et cela amène à un rendez-vous. Voilà de quoi parle le film : l’histoire d’une fille qui va à un rendez-vous galant. Pour moi c’est un film d’horreur. Si je devais me rendre à un rendez-vous, je devrais raconter tellement  de mensonges que c’est épuisant. Il faut vous couvrir le visage, mentir à vos  parents, sauter dans un taxi, aller dans un mall, retrouver un type avec lequel vous avez juste parlé au téléphone, que vous ne connaissez même pas, et ne savez donc pas s’il est fiable. C’est dangereux. Et si quoi que ce soit arrive, vous ne pourrez pas en parler à vos parents. C’est très dangereux. Ce film dit « Attention ». Je refuse de flirter en secret. Je flirte ouvertement alors ça va.Comment le public a-t-il réagi ?Comme la fin est ouverte, les gens pouvaient envisager les choses de deux façons différentes. La première a été : « Super, vous allez décourager les filles de le faire ». L’autre a été « C’est un encouragement ». A mon avis, ce n’est ni l’un, ni l’autre. Je n’ai fait que décrire une réalité. Je voulais documenter ce qui se passe. Il y avait un risque que ce soit très dangereux pour cette fille pour plusieurs raisons : si elle se fait attraper par sa famille, si le copain se révèle être quelqu’un de malhonnête et la moleste… Il y a beaucoup de dangers autour de cela.Kyra, journaliste et écrivain tient un blog, que nous vous recommandons chaudement : http://kyradubai.overblog.com/ Entretiens avec des femmes… « Pas n'importe lesquelles. Des femmes qui ont fait de Dubai l'écrin de leur succès, des femmes émancipées et entrepreneuses ou qui s'apprêtent à s'en donner les moyens. Fermez les yeux. Essayez d'imaginer Dubai il y a quarante ans. Réalisez le chemin parcouru... »
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