CONCERTSLionel RichieEn concert à Dubai, tous ses plus grands titres: 50 ans de hits en scène! Date: 17 avril 2014, 21hLieu: Dubai Media City Amphitheatre, DubaiEntrées: AED 350.00- AED 600.00  ( VIP Lounge - AED 1,500.00 ) https://www.itp.net/tickets/UB40Le groupe britannique de reggae phare des années 80 a signé plus de 50 hits: tous des succès!  3 des membres originaux se réunissent: une tournée à ne pas manquer.Date : 3 avril, 21hLieu : The Irish Village, Dubai https://www.itp.net/tickets/Avicii Live @ Atlantis Date : 4 avril, 16h-3hLieu : Atlantis Beach, The Palm, DubaiEntrées : AED 250.00- AED 450.00    https://www.itp.net/tickets/Reggae Beachfest V présente Wayne WonderDansez toute la nuit avec Wayne Wonder, Dj justin, Dj Shero, Brooklyn, Mastersptep, Don Corneille et Dj Chino Date : 5 avril, 14h-3hLieu : XL Beach Club, Habtoor Grand Beach Resort & Spa, DubaiEntrée : AED 100.00    https://www.itp.net/tickets/Hommage aux King of Leon Date : 11 avril, 21hLieu : The Music Room, Majestic Hotel, DubaiEntrée : AED 100.00    https://www.itp.net/tickets/World Classical Music Series Présente en concert : l’émérite soprano Julia Novikova (protégée de Placido Domingo) et les très talentueux Semjon SkiginDates : 25 avril, 19hLieu : One & Only, Royal Mirage Entrée : AED 250, VIP - AED 550 Téléphone:+ 971 50 870 26 74EXPOS/EVENEMENTSStomp En concert live a Dubai, une production concert et danse primée partout dans le monde. Tout a commencé dans la rue pour cette troupe unique qui a su se hisser sur les plus grandes scènes internationales. Percussions, théâtre, danse c’est un spectacle unique et complet !Dates : 30 avril au 4 mai, 20h30 (+16h30 en weekend)Lieu : Dubai International Convention and Exhibition Centre - Dubai World Trade Centre Entrées : AED 195- VVIP- AED 595 Téléphone:+ 971 50 965 2424Middle East Film and Comic Con 2014 Lieu : Dubai World Trade Centre, DubaiDates : 3,4 et 5 avrilEntrées : Pass VIP sur 3 jours, 500 aed. Pass weekend : 160 aed et la journée 85 aed https://www.itp.net/tickets/Motor VillageUn tout premier show de cylindrées de luxe au DIFC : 8 marques et 21 voitures de collection dont Aston Martin, Ferrari, Bentley, Lotus, Audi, Porsche, McLaren et MaseratiDates: 30 mars au 3 avrilLieu : Dubai International Financial Centre Entrée libreTéléphone:+ 971 4 450 2479Pour conduire les voitures ( !!), enregistrez vous en ligne : http://www.motorvillage.ae/. Mel Pickup présente Retro CultureTalent, excentricité, exceptionnel, tout ce qu’on aime dans ce lieu de l’art alternatif à Dubai. Une expo sur le glamour américain faite de super héros et de lointaines galaxies. Un voyage esthétique à travers des œuvres acryliques, encre, aérosols, collage par l’artiste. Une partie des bénéfices sera reversée à Senses, l’association qui vient en aide aux enfants ayant des besoins spéciaux de DubaiDates : 9 au 30 avrilLieu : Media One Hotel Entrée libreTéléphone: + 971 4 368 99777th Gulf Film FestivalDates: 9 au 15 avrilLieu : DUCTAC, Mall of the Emirates Téléphone:+ 971 4 391 0069http://gulffilmfest.com/en/audience/Fashion Forward 2014  Le top des stylistes et professionnels de la mode de la région.Dates: 10 au 13 avrilLieu : Madinat Jumeirah Entrée libreConcours d’orthographe 2014Dictée des 24h00 de l’orthographe. Le Concours est organisé par les Editions de l’Opportun Sarl, et se déroule à travers le réseau des Alliances françaises en partenariat avec les Timbres de l’Orthographe.Il s’agit de promouvoir, par le jeu, le bon usage de la langue française auprès du grand public, et de permettre à chacun de tester ses connaissances.Ce concours s’adresse aux francophones et francophiles à partir de 8 ans.L’épreuve, composée d’une dictée et de questions, durera 1h30.Date : Le 5 avril 2014, 15hLieu : l’Alliance Française Dubai, Oud MethaInscrivez-vous au concours avant le 30 mars sur emailProtector.addCloakedMailto("ep_71574826", 1); et gagnez peut-être un séjour à Paris d’une semaine!GITEX ShopperLa plus grande expo d’IT et d’électronique revient !Dates : 23 au 26 avrilLieu : Dubai International Convention and Exhibition Centre - Dubai World Trade Centre Entrée : AED 15Téléphone:+ 971 4 332 1000 ART4SIGHT 2014 Exhibition & Auction Événement d’art caritatif annuel, l’art pour la vue dont le but est de collecter des fonds afin de rendre la vue à ceux qui en ont besoin et pour qui il y a de l’espoir…Date : 23 et 24 avrilLieu: Dubai Ladies Club Entrée libreTéléphone: + 971 4 219 7045Pop WallLe pop art arrive à Dubai grâce à the Courtyard Gallery en collaboration avec Graffik Gallery de Londres. Une exposition mettant en vedette les œuvres pop de neuf artistes du Royaume-Uni, Japon et Moyen-Orient. Deux artistes viendront de UK pour une performance en live de peinture après la soirée d'ouverture à l'Ocean View Hôtel à JBR.Dates : 16 mars au 17 avrilLieu : The Courtyard Gallery Entrée libreTéléphone:+ 971 4 347 9090SPECTACLES/THEATREMoulin à ParolesLe Théâtre de l’Oiseau-Tonnerre présente Moulins à Paroles d’Alan Bennett    Après avoir monté avec succès de nombreux spectacles de Molière à Samuel Beckett, Alice Safran a choisi d’incarner trois destins de femmes, à la fois drôles et pathétiques, dans une pièce à l’ironie mordante d’Alan Bennett. Notre article.Spectacle joué en langue française. 2-3 avril 2014 – 20hKilachand Studio Theatre - DUCTAC  - Mall of the EmiratesTickets 200 AED. En vente au DUCTAC Box office info 04 341 4777Pour tout renseignement, contacter l’Alliance Française de Dubaï 04 335 8712 www.afdubai.orgSite internet du Théâtre de l’Oiseau-Tonnerre : www.theatreoiseautonnerre.comTounsi.comOne man show comique décrivant la vie en Tunisie, par Jaafar Al Guessmi l’un des artistes les plus brillants du pays. Date : 4 avril, 18h30Lieu : DUCTAC, Mall of the Emirates, DubaiEntrées : AED200.00 - AED250    https://www.itp.net/tickets/Theatral Suspects Un spectacle hilarant, 100 % improvisé et 100% en interaction avec le publique ! Seule la situation de départ nous est connue : 4 suspects, 1 officier de police et un crime…Ça fait un tabac à Paris ! A Dubai aussi, c’est sûr !Dates : 17 et 19 Avril , 20hLieu : ALLIANCE FRANCAISE – OUD METHATicket : 150 DHS en vente à l’ALLIANCE (OUD METHA et DUCTAC) et online sur Time out tickets www.itp.net/tickets/ The Imagineer Ce spectacle de cirque acrobatique se produit pour la 1ere fois à Dubai.  Unique : le mélange entre la splendeur d’un cirque et le high tech d’IMAX. Dates : 17 avril, 20h/ 18 et 19 avril, 17h et 20hLieu : Meydan IMAX Theatre, DubaiEntrées : AED 150- AED 400.00    https://www.itp.net/tickets/The Scene Club Wadjda, un film de Haifaa Al Mansour. Ou l’histoire d’une jeune fille saoudienne qui entre dans une compétition de récitation du Coran et nous emmène à travers ses rêves et ses espoirs.Si vous ne connaissez pas encore The Scene Club et que vous êtes cinéphiles, il est temps de vous en rapprocher : des projections de films d’auteurs de qualité, gratuitesDate: 8 avril 20hLieu: Conference Centre, Block 1, Dubai Knowledge Village Entrée libre mais enregistrement en ligne préalable : http://www.thesceneclub.com/Téléphone:+ 971 4 391 0051EN FAMILLEThe Wizard of OzDates : 3 au 18 avril, pour les horaires : http://www.madinattheatre.com/Lieu : Madinat Theatre, Souk Madinat Jumeirah, DubaiEntrées : AED 200.00    https://www.itp.net/tickets/Cavalia  Un show spectaculaire donne par des chevaux hors du commun et leurs compagnons humains non moins talentueux : acrobatie, danse, etcA couper le souffle, c’est féerique.Dates : 20 mars au 17 avrilLieu: Dubai International Convention and Exhibition Centre - Dubai World Trade Centre Entrée : 1 adulte + 1 enfant= AED 250/150, à 500/300Téléphone: + 971 4 366 2289Children's International Film FestivalUn projet unique : fournir une plate-forme solide et continue aux enfants des EAU pour exprimer leur créativité à travers le cinéma en participant au concours de réalisation de films inter-écoles à l'échelle nationale. Le deuxième objectif est de nourrir la curiosité des enfants par la projection de films primés dans le monde.Dates : du 24 avril au 2 maiLieu : Mall of the Emirates Entrées : 20 aed/ adulte, 10 aed/enfant auprès de VOX cinemaTéléphone:+ 971 55 607 3372ENTRE FILLESBeyond Beauty Arabia 2014Il est temps de penser à soi : chouchoutez vous, relaxez vous…c’est votre sortie entre copines !Dates: 2 au 4 avrilLieu : Dubai International Convention and Exhibition Centre Entrée libreTéléphone: + 971 4 407 2418BRIDE Dubai 2014On ne présente plus cette expo brillante du mariage à Dubai n’est ce pas ? Une vraie source d’inspiration.Dates: 2 au 5 avril Lieu : Dubai International Convention and Exhibition Centre - Dubai World Trade Centre Entrée libre Téléphone:+ 971 4 335 0673 SPORTSAl Marmoom Heritage Festival 2014  La finale des courses de dromadaires. A ne pas manquer pour un bain de culture locale.Dates : 3 au 17 avril Lieu: Al Marmoum Camel Racetrack, Dubai Al Ain Road Entrée libreIPC Powerlifting World Championships 2014  Le comité international des jeux paralympiques présente, les plus puissants de tous les sportifs de 61 nations ! Hommes et femmes s’affronteront devant la fonte …Dates: du 5 au 11 avrilLieu : Dubai Club for Special Sports.Entrée libreDubai Desert TriathlonPour la 1ere fois a Dubai, un triathlon 100% local dans les épreuves d’endurance : course 5km dans le désert), vélo (25km) et… course hippique (25km). Épreuves ouverte à tous à partir de 16-18 ans, bonne condition physique requise + …avoir un chevalDate: 19 avril, on commence à 6h (matin)Lieu : Dubai International Endurance City Entrée libreTéléphone:+ 971 4 321 0007ATELIERSART’elier initiation au théâtre d’improvisation avec Culture Emuslion et AtelierSi l’«impro», comme on l’appelle couramment, est encore méconnue en France, elle est un art complètement démocratisé Outre‐Atlantique et constitue un véritable plus pour les humoristes. Exercée au niveau professionnel, l’impro dépasse largement le simple exercice de style. L’objectif de la Zeo Academy est le plaisir avant tout! Aucune pression ou exigence particulière.Le cours s’adapte au rythme propre du groupe. Les ateliers débutants sont TOTALEMENT DEBUTANTS.  Pas de scène improvisée de 5 minutes seul devant le reste du groupe, la pédagogie de la Zarby Academy est très progressive. Nous commençons par des exercices de groupe, sans aucune prise de risque, pour poser les premières bases fondamentales de l’improvisation. Et, nous irons tranquillement vers des exercices de plus en plus joués. ATTENDUS : Lâcher Prise, faire tomber les barrières, la peur du jugement des autres et de soi-­même. Écoute et Acceptation : socle de base de l’improvisation Cibles : ADULTE (20 max). Que vous soyez acteurs, artistes, débutants ou juste envie de gagner en confiance dans votre environnement personnel ou professionel, rejoingnez nous pour 3h de plaisir et de découverte d’un  univers et profitez de la présence  à Dubai de 5 professionnels de l’impro! Prix \ 190,00 AED pour 3h d’atelierLieu : ALLIANCE FRANCAISE DUBAIDate: le 19 Avril, 2014 14h30 -17h30Réservation : contact@culture‐emulsion.comRenseignements :050.50.80.783www.theatralsuspects.comwww.culture-­emulsion.comL'agenda d'Avril pour Abu Dhabi c'est ici CallSend SMSAdd to SkypeYou'll need Skype CreditFree via Skype
Quand Gabriel Malika rencontre Katherine Pancol à Dubai...Katherine Pancol était cette année l’invitée de marque du Festival de Littérature de Dubaï. Depuis dix ans, elle fait partie du club très fermé de ces écrivains qui vendent leurs romans par millions. En l’interrogeant, nous avons tenté de percer le secret de son succès. Humilité, humanité, humour, Katherine Pancol aime éperdument la vie, la littérature et les lecteurs – qui le lui rendent bien. Peut-être ne fallait-il pas chercher trop loin, finalement ? Katherine Pancol puise au fond de nos âmes pour raconter des histoires inoubliables et touchantes. À l’exemple d’un Balzac – qu’elle adore –elle réussit toujours à saisir l’air du temps. Bienvenu dans le monde d’une femme de lettres dont la gloire ne doit rien au hasard.Gabriel Malika : comment êtes-vous devenue une écrivaine ?Katherine Pancol : Il y a des gens qui savent ce qu’ils veulent faire dès leur plus jeune enfance. Moi, je n’en savais rien. Je viens d’une famille où les gens ne vivaient pas – pardon, lapsus - ne lisaient pas. J’ai été sauvée par les bibliothèques municipales. Quand j’étais enfant, je prenais tous les livres que j’avais sous la main et je les lisais par ordre alphabétique. À l’âge de douze ans, j’étais arrivée à Dostoïevski. Les livres étaient devenus mes amis, mes compagnons de route. Je me souviens aussi qu’avant de me coucher, je m’inventais des histoires.J’ai fait plein de petits boulots, j’ai été pompiste, convoyeur... Ce fut très formateur, beaucoup de mes personnages se sont inspirés de ces années. Un jour je suis entrée dans un journal où j’ai appris les mots. J’ai compris que les mots étaient une matière vivante. J’ai commencé à rédiger des articles, et puis Robert Laffont m’a contactée et m’a demandé d’écrire un roman. J’ai dit non pendant six mois. Je pensais que j’étais trop jeune, que je n’y arriverais pas. Quand j’étais enfant, le livre était en haut d’une étagère, il m’intimidait terriblement. C’était comme si j’allais parler à Victor Hugo en personne. J’ai fini par accepter, j’ai écrit Moi d’abord, qui s’est vendu à 300,000 exemplaires. Mais je n’étais pas encore convaincue que la littérature était pour moi et que je pouvais en vivre. Ce n’est qu’à mon quatrième livre que j’ai fini par y croire. Devenir écrivaine a été un apprentissage.Gabriel Malika : comment construisez-vous vos histoires et vos personnages?Katherine Pancol : avant d’écrire, je passe des mois à remplir des fiches sur chacun de mes personnages. Je ne suis pas la seule. Zola a vécu avec les mineurs et son bloc-notes avant de rédiger Germinal. Quand vous écrivez un livre, vous avez une étincelle qui vous fait démarrer l’histoire. Elle peut venir d’une scène de rue, d’une réplique que vous entendez, d’une idée qui vous traverse… Il y a toujours une étincelle. Mais je pars toujours des personnages et je ne connais jamais toute l’histoire avant de l’avoir commencée.Par exemple, pour mon dernier roman, Muchachas, je vous raconte comment cela s’est passé. Je vais au mariage d’une amie dans le sud ouest de la France. Il fait quarante degrés, je suis à la terrasse d’un café. Arrive un couple. La femme est sublime, elle ressemble à la Brigitte Bardot des années soixante. L’homme est un petit maigrichon insignifiant, il porte un short bleu, des claquettes, une chaîne en or avec une tête de mort, trois poils sur le torse… Ils sont rejoints par trois petits garçons. Ils mettent une demi-heure à commander une limonade, ce que j’ai trouvé étrange. L’homme se penche sur la femme, lui parle de manière véhémente et la frappe. La tête de la femme a tapé sur le pilier. L’homme recommence. La femme n’a pas protesté, elle s’est levée puis elle est allée aux toilettes. Je l’ai suivie, je m’apprêtais à lui proposer de l’aider quand le petit maigrichon m’attrape par le col et me dit : « si tu lui parles, je la tue ». J’ai vu la terreur dans les yeux de la femme, des yeux qui me disaient : « partez, je vous en prie, partez ! » Cette scène m’a obsédée longtemps. Je me demandais comment cela était possible. Ce fut mon étincelle.Quand je suis rentrée à Paris, je me suis rendu compte que la violence conjugale était très répandue et qu’elle revêtait plusieurs formes : la violence physique, la violence morale, la manipulation. En France, il y a une femme qui meurt tous les deux jours sous les coups de son mari. Après, j’ai interviewé une trentaine de femmes pour connaître leur histoire, comment ça se passait, la première gifle, comment on perdait l’estime de soi. J’ai ainsi créé le personnage de Léonie puis celui du mari qui la bat, Ray Valenti. J’ai voulu raconter l’enfance malheureuse de cet homme, non pour lui trouver des excuses, mais pour tenter de comprendre ce qui avait pu se passer dans la tête du bourreau. J’ai ensuite imaginé Stella, leur petite fille. Comment vivait-elle cette situation ? Petit à petit, j’ai nourri ces personnages avec mon vécu, les personnes que j’avais écoutées, et j’ai constitué des cahiers de notes. Si vous avez bien construit vos personnages, vous n’aurez jamais de problèmes d’action. Quand les personnes existent, il suffit de les lâcher, de les laisser vivre dans votre imaginaire.Gabriel Malika : est-ce que parfois, vous vous sentez investie d’une mission ? Est-ce que vous vous dites souvent : « là il faut que je passe un message » ?Katherine Pancol : non. Je suis contre les messages en littérature. C’est Proust qui disait, je crois : « essayer de mettre des idées en littérature, c’est comme laisser l’étiquette sur un cadeau, ça ne se fait pas ».Gabriel Malika : pour reparler de votre écriture, peut-on dire que vous avez un style très cinématographique, et d’une certaine manière, très anglo-saxon ?Katherine Pancol : Je pense qu’il y a différentes écoles d’écriture. Dans les romans russes, par exemple, on perçoit l’âme russe avec force. Je pense que dans mes livres, il y a une voix. J’ai été très attirée par les auteurs américains. Les anglo-saxons ont une manière très concrète d’écrire. Les français se perdent dans leurs pensées, ils sont abstraits, il faut qu’ils expliquent le monde. Les anglo-saxons se concentrent sur les faits, ils essayent de montrer, pas de dire. Ce que j’écris est très visuel, quand j’écris une scène, c’est tout juste si je ne tiens pas la caméra. Ça ne fait pas de moi une cinéaste pour autant. J’ai refusé de réaliser Les Yeux jaunes des crocodiles. C’est un autre métier de réaliser. D’ailleurs les écrivains qui se mettent derrière la caméra font rarement de grands films. Il faut savoir installer une tension, même si elle est seulement psychologique, c’était la grande théorie d’Hitchcock. Gabriel Malika : dans votre roman Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, vous vous intéressez beaucoup à Cary Grant. Pourquoi lui ?Katherine Pancol : quand j’étais journaliste, j’avais 20 ans, c’est une des premières personnes que j’ai interrogées. J’ai passé un après-midi avec lui et je me suis beaucoup amusée. Il m’avait raconté un peu sa vie. Il a eu une enfance misérable, sa grand-mère l’attachait au radiateur avant de le battre… Il n’a commencé sa carrière d’acteur qu’à trente ans. J’ai dû avoir une étincelle en lisant sa biographie. Dans un roman, c’est bien d’avoir une toile de fond parce que les histoires sont toujours un peu les mêmes. C’est le décor qui change. Et puis j’aime bien aussi les vies qui montent et qui descendent, les grands destins. Gabriel Malika : à l’image des romans du dix-neuvième que vous aimez tant, dans Muchachas, vous parlez beaucoup des tensions sociales, n’est-ce pas ?Katherine Pancol : absolument. Un de mes personnages principaux dans Muchachas, Ray Valenti, l’homme qui bat sa femme, était le fils d’une bonne dans un château. Ils furent tous deux humiliés.  Il va éprouver le besoin de se venger. Encore une fois, ce n’est pas pour l’excuser, c’est pour comprendre. Je voulais comprendre pourquoi il était violent avec sa femme et sa fille, parce que pour les gens, c’est un héros…Gabriel Malika : c’est là où, à mon avis, vous n’êtes plus anglo-saxonne, car il y a une ambiguïté dans ce personnage. Vous posez la question : comment peut-on être un héros et un salaud à la fois ? Gabriel Malika : revenons à l’un de vos personnages du roman Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, Becca. Comment l’idée de cette femme vous-est elle venue ?Katherine Pancol : un soir que je sortais du théâtre et que j’attendais un taxi sous la pluie, je remarquai une vieille femme sur un fauteuil roulant, enfouie sous des couvertures. On a été boire un café ensemble, elle m’a raconté sa vie, une vie incroyable. Ce fut une autre étincelle.Gabriel Malika : dans ce même roman, le personnage de Becca critique la société de consommation. Y-a-t-il un peu de vous dans ces reproches ?Katherine Pancol : oui, je pense que nous sommes abrutis de choses matérielles et que nous n’avons plus de place pour le reste, pour l’âme, pour l’humain. J’aime bien causer avec les personnes âgées, je les interroge souvent. L’autre jour, je conversais avec une dame de 88 ans qui avait connu ma grand-mère et je lui demandais ce qu’elle pensait de notre époque. Elle me répondit : « vous savez, nous on a connu la guerre, les privations… on était heureux, on s’émerveillait de choses simples. Et les jeunes étaient heureux ». Je ne pense pas que la surconsommation rende les gens heureux. Gabriel Malika : Il y a quelque chose qui me fascine, Katherine, vous êtes une écrivaine célèbre et malgré tout, vous restez très disponible. Vous répondez à tout le monde ?Katherine Pancol : je réponds aux gens qui m’écrivent sur mon site. Je prends le temps de le faire. Un écrivain vivant ne reste pas sur l’étagère. Il faut être à l’écoute des gens. Le rôle d’un écrivain, c’est de raconter la vie. Gabriel Malika : je me trompe ou à certains moments du roman Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, vous réglez vos comptes avec la critique ?Katherine Pancol : c’est possible (rires). La scène littéraire parisienne est totalement intello… Robert Charlebois, qui eut beaucoup de succès, décrivait les critiques comme des ratés sympathiques. Je voudrais revenir à Balzac. Personne n’a vu la société comme lui, personne n’a sondé le cœur des femmes comme lui et pourtant il est un peu méprisé. Gide disait de Victor Hugo qu’il était un grand poète, hélas. Balzac, Hugo racontent des histoires, peu importe ce que l’on peut penser de leur style. Balzac, Hugo, Zola, Dickens, Hemingway, Steinbeck, Faulkner, Dos Passos sont des gens qui racontent des histoires et quand vous racontez des histoires, vous touchez l’homme, l’humain. Ce qui est intéressant, ce sont les changements de société. Il n’y a pas d’écrivain français aujourd’hui qui raconte ce qui passe dans notre société actuelle. Gabriel Malika : vous sentez-vous visée par cette critique parce que vous vendez beaucoup de livres ?Katherine Pancol : je suis obligée de me sentir visée. Nous sommes quelques uns, oui, on pourrait fonder un club. Et c’est de pire en pire. Les Français ont un problème avec l’argent et le succès. Gabriel Malika : une dernière question, Katherine. Quel est votre rapport avec l’Orient ?Katherine Pancol : je suis née à Casablanca. J’ai grandi avec les bruits, les odeurs et les couleurs du Maroc. Spontanément, je me sens chez moi dans les pays arabes. Mes trois villes d’adoption sont Casablanca, New York et Paris. Ce sont trois rythmes différents. Paris est la plus belle ville du monde, je ne me lasse pas de contempler sa beauté. New York est un concentré d’énergie. Au Maroc, on a envie de s’asseoir par terre, d’écouter, de regarder… Je pense que les premières années d’une vie sont déterminantes et moi, mes premières années, je les ai vécues au Maroc. J’aime aussi mon petit coin de Normandie. Je crois que je peux vivre partout, en fait (rires). Ce doit être mon côté nomade. Après le succès de son roman Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi Katherine Pancol a publié Muchachas aux Editions Albin Michel (disponible chez Culture & Co et Kinokuniya)Gabriel Malika, auteur des Meilleures intentions du monde (lire notre article),  vient de publier son deuxième roman Qatarina (notre article) aux Editions intervalles (disponible à L’Alliance Française de Dubaï).
Sara Shuhail est la directrice d’EWA’A, une initiative publique visant à protéger et abriter les femmes victimes d’abus sexuel et de trafic. Ex directrice d’école, elle a appris à retenir ses larmes face aux drames dont elle est témoin et consacre toute son énergie à leur venir en aide, chasser les trafiquants et sensibiliser les Émiriens à ce nouveau problème. INTERVIEW, TEMOIGNAGE D’UNE VICTIME et REPORTAGE. Que veut dire EWA’A ?En arabe cela signifie récipient pour protéger quelque chose : comme un utérus protège le fœtus. C’est un endroit sûr et précieux.Comment l’initiative EWA’A a-t-elle démarré ?Sur la décision de Sheikh Hamdan bin Zayed Al Nahyan en 2008 de le créer sous l’autorité de la Croix rouge. Le gouvernement des EAU a adopté la première loi–UAE Federal Law No. 51- contre le trafic humain ou l’esclavage moderne dans la région en 2006. Notre pays a signé le Memorandum of Understanding des Nations-Unies et nous avons dès lors créé un Comité national contre le trafic en 2007 ainsi que l’initiative EWA’A un an plus tard dans le but de protéger les femmes et les enfants contre les trafiquants.Comment venez vous en aide aux victimes ?Nous les protégeons en leur mettant à disposition un endroit sûr, leur fournissant assistance, réinsertion, soutien psychologique et activités. Elles restent entre un et six mois dans nos abris. Nous avons quelques 190 victimes sur trois abris : Abu Dhabi, Sharjah et Ras Al Khaimah.D’où viennent les victimes?Il existe différentes histoires et régions mais elles viennent toutes de pays ravagés par la guerre, les catastrophes naturelles et la pauvreté. La police, les ambassades, les hôpitaux ou les mosquées nous les envoient. Depuis 2011, nous recevons aussi des appels grâce à la helpline.Comment leur portez-vous secours?Si elles sont piégées quelque part, le département des droits de l’homme de la police nous aide. La plupart du temps elles n’ont aucune idée de l’endroit où elles sont séquestrées, mais grâce à des indices sur l’environnement alentour nous parvenons à les localiser. De petits détails peuvent être très utiles.Quelles sont leurs histoires?Dans 99% des cas, c’est la même histoire. Les trafiquants leur promettent qu’en venant ici elles auront un emploi dans un hôtel comme secrétaires ou serveuses, ou dans un salon de beauté… Puis elles arrivent aux EAU et se retrouvent piégées. Les trafiquants leur confisquent tous leurs papiers et les obligent à signer une clause de non responsabilité. Ils menacent de s’attaquer à leurs bébés, à leurs familles, de représailles si elles ne coopèrent pas. Voilà comment ça fonctionne. Certaines sont même piégées par leurs propres parents qui vivent ici depuis longtemps. Ils les vendent ou les obligent à exercer de sales boulots, à se prostituer pour la plupart.Quel âge ont-elles?De 5 à 45 ans. Afin de devenir des esclaves sexuelles professionnelles, certaines sont formées par leurs parents dès leur plus jeune âge. La moitié est adoptée par des gens qu’elles appellent papa et maman. Parfois ce sont les clients qui finissent par nous appeler, rongés par la culpabilité.Pourquoi vous êtes-vous lancée dans une telle initiative?Je suis mère de six enfants, quatre filles et deux garçons et j’ai travaillé comme directrice d’école pour le ministère de l’Éducation. J’ai élevé des enfants et je sais être stricte. Le gouvernement a pensé que je serai la personne idéale pour mener cette tâche à bien.Il y a un message de Sheikha Fatima bint Mubarak sur votre site. Elle a un rôle dans EWA’A ?C’est le chef ici. Elle est venue dans les abris. Elle s’assoit avec les victimes et leur parle comme une mère. « Ne vous inquiétez pas. Ceci est votre seconde patrie. Nous vous apporterons tout ce dont vous avez besoin. ». Elle est si gentille et généreuse avec elles. Elle a tant fait pour EWA’A, et pour les victimes humanitaires en général. Elle porte vraiment bien son nom de « Mère de la Nation ».Qui sont les trafiquants?Des mafias. Ils viennent du même pays que leurs victimes. Ils travaillent avec des partenaires de la même nationalité, ici. Ils viennent des pays de l’Est, d’Afrique et récemment de pays arabes. Ils trafiquent des femmes et des enfants échappant à la guerre, aux catastrophes naturelles, des gens qui n’ont plus de famille et qui sont facilement kidnappés. Ils adaptent leurs plans et sont professionnels. Nous arrêtons la plupart d’entre eux mais il est difficile de mettre la main sur leur chef qui dirige depuis son pays d’origine.Combien en avez-vous arrêté ?En 2012, nous en avons arrêté 50. Ils risquent trois à 22 années de prison. Nous sommes en train d’aménager la loi afin d’améliorer le droit des victimes.Comment gagnez-vous la confiance des victimes?Nous les emmenons dans les abris où elles se reposent quelques jours, dorment. Nous leur offrons une assistance médicale et des vêtements. Au début c’est de la survie. Lorsqu’elles sont prêtes à parler, nous y allons pas à pas. Si elles ont des informations sur les trafiquants nous appelons la police qui vient les interroger mais en civil et en privé. Ces policiers ont une formation aux droits de l’homme. Ils commencent l’enquête en collaboration avec la victime.Êtes-vous la seule organisation qui traite de tels abus aux EAU ?Il y a en a une à Dubaï qui traite de violence domestique, de travail et de trafic humain. Mais EWA’A est la seule organisation spécialisée en trafic humain. J’ai lu sur votre site que certaines victimes étaient trafiquées pour les courses de chameau ?Cela n’existe plus. Les courses de chameau sont un sport traditionnel qui existe depuis 300 ans aux EAU. Il y a une course annuelle. Ce sont des jockeys. Quand ils ont réalisé que cette pratique était contraire aux droits de l’homme, ils ont arrêté. Cette problématique a été très bien gérée. Avez-vous jamais été menacée ? Disposez-vous d’un système de sécurité ?Nous devons protéger les victimes des trafiquants. Les abris sont équipés de caméras de surveillance et d’agents de sécurité. Ils sont cachés et les employés sont discrets. Mais c’est dangereux pour tout le monde. Notre bureau est protégé par une alarme directement connectée au département de la police.Le trafic sexuel et les abus sont-ils tabous aux EAU ?Depuis cinq ans, il y a eu beaucoup de progrès. Nous sommes passés d’une à 70 personnes informées du problème. Par le passé, les gens ne voulaient même pas en entendre parler. Même les professionnels de l’éducation. Il y avait un déni sur le fait que ce problème existait ici. Il n’est pas plus développé qu’ailleurs mais il existe. C’est une problématique de pays riches. C’est le prix de la richesse. Mais lentement les gens commencent à en parler. Il fallait une loi même pour une seule personne. Il existe donc une vraie prise de conscience ?Dorénavant, les gens comprennent le problème. Ils savent comment traiter avec nous. Ils aident, font des dons. Pas à pas. Avec mon équipe, nous avons contribué à faire évoluer la société face à cette problématique.Comment vivez-vous le fait d’être une pionnière ?J’ai trouvé que l’on me donnait une grande responsabilité, difficile. J’ai eu du mal à croire que les être humains étaient capables de telles horreurs. Lorsque j’ai rencontré les victimes au début je ne pouvais pas croire ce que je voyais et entendais. Les trafiquants et les clients tatouent les corps des victimes de leurs noms… Comment des êtres humains peuvent-ils se comporter ainsi ? Je travaillais dans les écoles dans un tout autre environnement et j’ai été choquée. Ma première réaction a été de pleurer mais je me suis retenue car j’ai pensé que si je ne faisais pas preuve de force je ne servirai à rien. Cette expérience a changé ma vie dans le bon et le mauvais sens.Les employées d’EWA’A sont toutes des femmes?Oui. Elles sont 30. Parce que les victimes ont souffert des hommes. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai demandé aux policiers de venir sans uniformes. Qu’advient-il des victimes après quelques mois passés ici ?Si elles le désirent, nous les aidons à trouver un emploi aux EAU. Nous les formons à faire des bouquets, emballer les cadeaux ou au service… Nous leur donnons de quoi recommencer leur vie. Mais la plupart veulent rentrer. C’est une expérience tellement terrible de rester dans un endroit où vous avez été traumatisée.D’où vient votre budget ?Du Prince héritier Sheikh Mohammed, de Sheikha Fatima et différentes organisations et dons privés. De nos campagnes de sensibilisation et d’expositions d’œuvres d’art comme Silent Voices. Pourquoi les femmes sont-elles plus vulnérables ?Elles ont plus d’émotions. Dans cette région du monde, les hommes sont plus en contrôle. Mais les choses changent petit à petit. La loi est de plus en plus favorable aux femmes. Et comme témoin de ce dont les femmes peuvent être victimes au quotidien, je pense que c’est une bonne chose. Quand je rencontre des femmes trafiquants je suis choquée. De voir que les femmes aussi peuvent développer ce côté sombre.Sont-elles aussi dangereuses que les hommes?Elles peuvent être particulièrement dangereuses. Lorsqu’elles sont agressives, elles sont incontrôlables. L’éducation, la vie, l’environnement sont probablement les responsables … Mais Inch Allah un jour nous fermerons EWA’A. Cela voudra dire que notre pays est libéré de ces crimes. Pour en savoir plus : http://www.shwc.ae/Default.aspx TEMOIGNAGE : Tolin, une voix dans l’obscurité Tolin est venue d’Alep à Beyrouth pensant qu’elle y décrocherait son visa pour les EAU. Elle rêvait de travailler dans un salon de beauté, échappant à la guerre qui ravage son pays depuis plus d’un an. Elle connaissait celle qui lui promettait des châteaux en Espagne depuis longtemps. Si bien que lorsqu’elle lui promit que son mari l’aiderait à obtenir les papiers, elle n’en douta pas. Dans sa ville natale, tous les magasins étaient fermés depuis longtemps et Tolin, 28 ans, divorcée sans enfant, ne trouvait pas de travail. C’était une excellente porte de sortie. C’est seulement lorsqu’elle franchit le pas de la porte de l’appartement du couple à Abu Dhabi qu’elle comprit que quelque chose de louche se tramait.« Toutes ces filles- toutes originaires de Syrie sauf une Irakienne- sur leur 31, prêtes à sortir », explique la jeune femme. « Nous étions huit dans un deux pièces. Il exploitait même sa femme. » Tolin, fleur blanche en turc, comprit qu’elle avait été trompée pour devenir prostituée comme les autres. « Je ne pouvais rien faire. On retrouvait les clients dans des hôtels 5 étoiles mais ils nous escortaient en permanence. J’avais peur que le personnel de l’hôtel et la police soient aussi dans le coup. » Les trafiquants jouent sur le fait que la prostitution est illégale aux EAU et les femmes sont effrayées à l’idée de finir en prison si elles s’échappent. Dix jours. Dix long jours de cauchemar où Tolin est forcée d’exercer des pratiques auxquelles elle n’aurait jamais imaginée être un jour contrainte : obligée de travailler comme esclave sexuelle pour ramener 400 dhs l’heure ou 1500 dhs la nuit à son proxénète. La voix de jeune femme, fille d’un médecin de renom d’Alep, semble lointaine, distante. Elle est encore en état de choc selon EWA’A. « Deux jours après mon arrivée, après la phase de choc initial, j’ai essayé de trouver des moyens de m’enfuir. J’ai envoyé des sms à un ami à Sharjah et réussi à lui donner l’adresse de l’appartement. Ils ont appelé la police et ont fait une descente, » raconte-t-elle. Elle parle un peu plus fort comme si le danger s’était enfin éloigné mais elle se tord nerveusement les doigts et regarde de tous côtés alors qu’elle raconte les détails de sa libération. « Il était très violent. Il avait des accès de colère et renversait la table du salon, il criait… Quand la police est entrée dans l’appartement, sa femme m’a supplié de me taire mais j’ai pris mon sac et je suis partie, » soupire Tolin. Aujourd’hui, l’enquête touchera à sa fin. Son procès commencera la semaine suivante. Elle pourra quitter les EAU si elle le souhaite. C’est une faveur que Sara Shuhail a réussi à négocier avec l’appareil judiciaire. La fondatrice d’EWA’A a aussi obtenu des officiers de police qu’ils interrogent les filles en civil. Mais Tolin n’a aucune conscience de tout cela. Ce qui lui importe c’est la honte. Elle se demande comment elle pourra cacher cette horrible expérience à son père. Il l’appelait chaque semaine lui demandant innocemment si elle aimait son travail. « Je vais peut être demander de l’aide au HCR et l’asile dans un pays d’accueil. Je voudrais étudier l’anglais et devenir traductrice…» Essayer de reconstruire son amour-propre et refaire sa vie avec pour seule satisfaction celle d’avoir envoyé un trafiquant derrière les barreaux. REPORTAGE dans l’abri d’EWA’A à Abu DhabiMaitha Al Mazrui  travaille pour EWA’A depuis près de quatre ans comme Coordinatrice. On lui a offert deux fois son salaire ailleurs mais elle ne peut se résoudre à partir. « Ce serait trahir les filles, confie-t-elle. Et je sens que notre travail commence à payer. »Cela prenait un à deux ans avant d’arrêter les trafiquants mais depuis que la loi est appliquée, grâce à l’étroite collaboration avec la police et la sensibilisation des filles et du public, « ils ne peuvent plus les trafiquer en toute impunité». Maitha fait le tour du propriétaire de l’abri niché dans un quartier résidentiel sécurisé d’Abu Dhabi. Elle prend des nouvelles des filles malgré sa grossesse avancée. « C’est comme n’importe quel job, » dit-elle pénétrant l’atelier artistique où les femmes et les enfants créent des œuvres libératoires. EWA’A a organisé pour la seconde fois cette année une exposition autour de leurs travaux dont le but est de récolter des fonds et d’aider les victimes à externaliser leur traumatisme, Silent Voices II à la Ghaf Gallery d’Abu Dhabi. Des œuvres parfois plus fortes et révélatrices qu’aucun discours. « Ces filles ont été trompées. Elles ont fait confiance à un ami ou un membre de leur famille et se sont retrouvées esclaves sexuelles.  C’est difficile d’entamer une thérapie parfois. Pourquoi feraient-elles confiance à un étranger ?» demande Maitha. Cette pièce semble être le réceptacle de leur peine et de leurs espoirs. Sur le mur, des photos des victimes. On peut y voir le visage d’une petite fille de cinq ans. « Malheureusement ce n’était qu’une enfant trafiquée par ses propres parents. Ils l’ont fait venir ici pour qu’elle soit entraînée à devenir une esclave parfaite plus tard, » raconte Maitha. La petite assistait à des parties fines habillée comme une femme de mauvaise vie et se faisait battre quand elle refusait d’obéir. « Cela n’a pas été facile, se souvient Maitha. Il a fallu revenir aux bases : hygiène, manières, éducation. La pauvre enfant n’avait pas d’exemple à suivre. Si ses parents n’en étaient pas qui aurait pu l’être ? » Elle voulait rejoindre sa mère en prison alors Sara Shuhail a gagné sa confiance. « Elle s’est tellement attachée à Sara. Elle l’appelait Mama Sara. Les victimes sentent quand vous leur parlez avec le cœur. Si elles voient dans vos yeux que vous leur faite confiance, cela les rassure. On ne peut pas leur mentir. » La petite a finalement rejoint sa grand-mère originaire d’un pays arabe. Dans la plupart des cas, les victimes veulent revenir dans leur environnement familier. Heureusement le cas de cet enfant est isolé. Les mineurs ont en général entre 14 et 18 ans.Quant aux clients, ils viennent de partout. « Nous sommes dans un pays de multiples nationalités. Pauvres, touristes… » Et tous les hôtels… Le silence assourdissant de l’abri désert –les victimes ont été temporairement déplacées près des cours de Ras al Khaimah et Sharjah où se déroulent leurs procès- alourdit plus encore l’atmosphère de ce lieu chargé du traumatisme des victimes. A leur retour, elles partageront cet espace pour le moins confortable dédié à leur réinsertion. « Elles peuvent rester le temps qu’elles le souhaitent. Oui, c’est un bel endroit. Nous essayons de rattraper ce qui leur a été fait. Mais rien n’est aussi bon qu’un chez soi, » confie Maitha. Entre temps, jusqu’à ce qu’elles reprennent confiance, les filles passent leur temps entre la cuisine, la salle télé et leurs chambres à préparer les repas, discuter. Des espaces à part sont même mis à la disposition des mères et de leurs bébés. Certaines ont en effet eu des enfants dans leur malheur. « Mais il faut les voir avec leurs bébés. Impossible de les leur enlever. Pas moyen ! » Elles réagissent toutes différemment : certaines ne parlent plus, certaines deviennent dures et d’autres sont « cassées ». « Ce n’est pas facile de gérer des filles qui ont traversé une telle expérience. Certaines deviennent très agressives, » explique Maitha. Mais au moins EWA’A leur prouve qu’il existe des gens concernés et leur rappelle cette dure leçon de vie : « Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. »
Exposée à la galerie Art Sawa de Dubai, Karine Roche a achevé sa résidence au sein de l’Abu Dhabi Art Hub. On peut y découvrir ses toiles tout au long du mois de février. Portrait!Elle aime:- ses enfants- la peinture, les couleurs- les voyages Elle n’aime pas:- être en retard- ne pas avoir de projet- les choux de BruxellesBonjour Karine, parles-nous un peu de ton parcours: qu’est-ce qui t’a amenée à Abu Dhabi?La peinture a toujours fait partie de ma vie, depuis l’enfance... j’ai suivi des cours dans une école d’art. Même si au départ, je ne considérais pas cette activité comme un métier, c’est venu au fur et à mesure, par hasard en fait! D’abord lauréate du concours de Vitry sur Seine, ça m’a ouvert les portes d’une galerie parisienne, puis j’ai participé à des foires (Paris, Strasbourg, Chine...). Tout s’est enchainé naturellement au fil des rencontres et avec un peu de chance. Ça s’est imposé comme un métier, sans en être un vraiment, c’est un tel investissement! Comme ma venue à Abu Dhabi d’ailleurs, mon mari et moi avions envie de voyager, de bouger et l’attractivité artistique de la capitale a suffit... on est installé depuis quatre ans.Tu exposes ce mois-ci au Art Hub, c’est ça? Comment s’est passée ta résidence?Le Art Hub a invité, comme chaque mois, des artistes de France ou d’ailleurs pour échanger, discuter sur ce qui se fait en termes de créations aujourd’hui hors d’Abu Dhabi. C’est le seul lieu de ce genre dans la ville, axé sur la communauté artistique. Le mois de résidence permet de travailler surtout en atelier, de rencontrer les autres artistes mais aussi les visiteurs. Le résultat c’est une exposition le mois suivant, en l'occurrence ce mois-ci: j’y expose six toiles réalisées pendant la résidence et quelques-autres de travaux précédents.En parallèle, j’expose à Sharjah au Sharjah Art Museum jusqu’au 28 février dans le cadre d’une Biennale ‘Women and Art Exhibition’; cette 5e édition est sur le thème de la paix. Oasis urbaine 01-14- fusain, encre, acrylique et peinture à l’huile Safa ParkUn mois chargé donc? (Rires)Oui, et j’en suis contente c’est une belle exposition qui réunit des artistes féminines de nombreux pays (Egypte, Tunisie, Qatar, Liban, Soudan, Italie, US...)Quels sont tes projets à venir?Prochainement, une série de petits formats pour Art Sawa. Cet été, une exposition dans les Hautes-Alpes à Embrun. Pour la fin d'année, début d'année prochaine, une exposition à Paris avec la galerie Catherine et André Hug.J’ai rejoint depuis peu un collectif d’artistes femmes, Mix Art Paper, qui travaille avec du papier fabriqué de manière éco-responsable et selon les techniques artisanales de l’Égypte ancienne: des expositions régulières sont organisées et un pourcentage des revenus est investi dans des projets sociaux pour les enfants.Je continue aussi les cours de peinture pour l’ADACH tous les dimanches matin (sauf pendant les vacances scolaires des écoles françaises) et pour les étudiants de la Sorbonne, sur le campus.Je conclus par la question habituelle: pour toi Abu Dhabi, c’est...... C’est l’ ‘Oasis urbaine’ !Découvrez le travail de Karine sur son site Internet www.karineroche.com.Bonnes expositions et à bientôt!
L’élégance à la française se perd peut-être, mais grâce à Emilie, au moins elle s’exporte !Emilie est partie d’un constat amusant à propos de la femme moderne, qui s’habille avec élégance pour aller travailler, pour sortir et même pour faire du sport, mais qui en rentrant chez elle, enfile un vieux tee-shirt et un bas de jogging informe. En d’autres termes, on se fait belle pour des inconnus et en rentrant chez soi on néglige son apparence avec les gens que l’on aime le plus !D’où le concept de la chemise de nuit ou robe d’intérieur E.L.E.G.A.N.T.E !L’élégance peut s’exprimer dans différents styles, celui d’Emilie est à la fois délicat et opulent, raffiné et sophistiqué, elle choisit de belles matières, soigne les détails et utilise le savoir-faire artisanal (certaines broderies seront faites à la main). Pour dessiner ses modèles, Emilie trouve son inspiration essentiellement dans l’histoire de France et rend de fréquentes visites au musée de la mode (Galliera) à Paris. Du style Marie-Antoinette aux années 30 en passant par le style empire, elle fait ensuite virevolter rubans, dentelles et autres parements raffinés pour créer une pièce qui raconte une histoire et fait rêver.Pourtant ce n’est ni à Science Po, ni ensuite à l’INSEAD qu’elle a appris à dessiner des chemises de nuit ! Et même si un « short course » à Esmod lui a permis d’acquérir les bases du patronage, c’est en elle-même qu’elle a découvert ce don. Elle raconte aussi que ce goût très personnel pour la mode et le raffinement féminin, lui ont été inculqués en partie par sa grand-mère, qui elle-même créait des robes du soir pour les élégantes du 16ème arrondissement de Paris.Est-ce aussi de son illustre grand-oncle, le commandant éponyme, qu’elle a hérité cet esprit aventurier et entrepreneur, qui l’a poussée faire une partie de son MBA à Singapour, puis à accepter un poste à Dubai (avant d’y créer sa propre marque), dans une entreprise Saoudienne plutôt qu’à Paris chez une enseigne de luxe aux initiales mondialement reconnues?En tous cas, bien lui en a pris car son concept de déshabillé élégant, plaît beaucoup aux femmes de la région qui gardent un attrait marqué pour les trousseaux de naissance et de mariage, qu’elles aiment raffinés et luxueux, exactement comme les créations d’Emilie. C’est donc à elle qu’elles font appel dans les moments les plus importants de leur vie et c’est une autre partie de son métier qu’Emilie adore, le contact avec ses clientes qui se dévoilent (au propre et parfois au figuré !) devant elle. Sa forte personnalité et son professionnalisme lui ont ouvert, en quelques années, les portes des palais comme des demeures locales plus modestes, où elle montre ses dernières créations lui offrant ainsi une vision unique sur un monde inaccessible à la plupart des occidentaux. Emilie,  c’est un concentré de charmes et de talents, dont l’apparence  toujours sophistiquée, presque théâtrale parfois (elle est d’ailleurs très douée sur scène quand elle imite Florence Foresti … imitant Isabelle Adjani !) laisse deviner l’énergie qu’elle est capable de déployer avec acuité et intelligence. Elle sait aussi mettre « la main à la pâte » quand elle sillonne les routes des Emirats  pour présenter ses créations, en attendant d’avoir sa propre boutique (prochainement inchallah !). Car si physiquement Emilie est un petit modèle, en termes de business woman elle a tout d’une grande … à suivre !Les modèles d’Emilie ne sont pas réservés à la clientèle locale et à qualité équivalente (ce qui n’est déjà pas facile à trouver !) ses prix restent raisonnables comparés aux grandes marques, car elle n’a pas d’intermédiaires. Alors n’hésitez pas à la contacter pour voir sa collection avant qu’elle n’ouvre sa boutique !Emilie Cousteau Paris44, rue de la Chaussée d'Antin 75009 Paris T: +33 663 01 58 99 / +97 150 25 98 321http://emiliecousteauparis.wordpress.comwww.emiliecousteau.frPage FB https://www.facebook.com/pages/Emilie-Cousteau-Paris/242227515789949Skype emiliecousteauRetrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/
RAFIA GUBASH a voulu rendre hommage à ces figures du passé en ouvrant, à Deira, le premier musée dédié aux femmes des Emirats Arabes Unis et de la région. Elle y a mis toute sa fortune, son cœur et ses compétences créant un véritable écrin pour répertorier celles qui ont opéré un vrai changement et contribué à l’histoire du pays. Relevant les défis liés à leur époque, laissant un véritable impact sur la société émirienne de part leur personnalité unique et polyvalente, devenant de véritables pionnières. « Leur sourire, leurs larmes, et leur départ, dont l’absence nous fait songer à l’empreinte qu’elles ont laissé en nous, » écrit celle qui a pour but de faire voyager les visiteurs sur les traces de ses ancêtres. Des photos en noir et blanc de la vie d’alors et des objets du passé, pas si lointain du temps où un moulin à poivre et un robinet étaient encore un luxe. Des femmes fortes et puissantes qui ont toujours œuvré dans l’ombre mais aussi dans la lumière comme Dr. Gubash aime à le rappeler. Car « les plus hautes tours du monde ne sont pas sorties du désert comme par magie : les femmes de ce pays ont contribué au succès de Dubaï. Il était temps de le faire savoir haut et fort. Pourquoi un tel musée ?J’ai toujours apprécié l’art, la culture et l’histoire.  Je suis tombée sur mon cahier intime de petite fille : je faisais le souhait d’avoir un jour un petit café jouxtant une bibliothèque… C’était un rêve d’enfant. Avant d’entrer à l’université, on me voyait plutôt dans l’écriture. Puis, d’autres choses m’ont préoccupée.Comment l’idée a-t-elle germé ?J’en ai eu l’idée pour la première fois en 75 mais je suis allée à l’université de Londres faire mon doctorat en psychiatrie. Sheikh Zayed avait des ambitions pour moi. Je suis devenue la première doyenne de l’école de médecine alors que 95% des universitaires étaient étrangers. J’étais la première femme à ce poste. C’était un grand saut ! Puis, j’ai été nommée Présidente de l’Université des pays du Golfe à Bahreïn. J’y ai exercé de 2001 à 2009.Comment êtes-vous revenue à votre rêve initial ?J’étais encore à Bahreïn lorsque j’ai demandé à l’un de mes cousins de m’aider à trouver une maison à vendre dans ce quartier de Dubaï (Deira NDRL). Je voulais attirer les gens dans cette ancienne partie de la ville: c’était le cœur de Dubaï. La maison de mes parents se trouvait ici au milieu du Souk de l’or ainsi que ma première école. Fatima bin Tazina, la femme qui m’a enseigné le Coran, vivait tout près. Nous avions école sous une tente. Lorsque je l’ai vue, je m’en suis tout de suite souvenue ! J’y venais enfant : cette maison s’appelait Beit Al Banat, « la maison des filles».  J’ai vendu ma propriété pour acheter cet endroit (environ 3 millions de dollars).Pourquoi est-il important de raconter l’histoire de ces femmes ?J’ai grandi en observant combien les femmes de mon entourage étaient fortes. On faisait référence au nom de ma mère, Osha Hussein Loootah, en parlant de moi plutôt qu’à celui de mon père. C’était le cas de tous mes voisins. Et si ma mère et ma grand-mère étaient fortes, pourquoi hommage ne leur était pas rendu? Les hommes étaient éduqués dans l’idée qu’ils étaient le centre de la communauté. Il ne s’agit pas d’une lutte contre la discrimination, juste reconnaître leur rôle comme figures historiques de notre pays. Et quand la génération de ma grand-mère disparaîtra, plus personne ne pourra témoigner de leur parcours. Ma mère est morte il y a 20 ans déjà. Ma tante a Alzheimer. La mémoire s’estompe. La plupart des femmes nées dans les années 40 ne se souviennent plus de ce qui s’est passé. Les E.A.U se sont modernisés de façon drastique en un rien de temps ce qui veut dire que la plupart des gens oublient l’histoire. Très peu ont mis des informations sur papier. « Cette terre de souffrance et de beauté, des dunes de sable majestueuses à ses eaux salées, a contribué à former leur caractère. » Comment les femmes se sont-elles fait entendre ?Les femmes de ma génération ont grandi dans un immense respect pour cette culture. Nous n’avons pas essayé d’entrer en conflit, de casser quoi que ce soit. Nous voulions surmonter certains des défis posés à nous dans la tolérance, la patience et le respect. Si ma mère ne croyait pas qu’il fallait m’envoyer à l’école, je ne me battais pas contre elle mais je lui parlais, j’essayais de la convaincre. Aujourd’hui les femmes sont en première page des journaux, elles occupent de bons postes. Votre mère était vraiment le chef de famille ?Mon père était pour moi comme un invité ou un ami de la maison. Il était très discret. Ma mère était très puissante. Une phrase d’elle dont je me souviens était la suivante : « Il faut apprendre que vos droits naissent avec vous. Ne croyez pas que le gouvernement, un homme ou votre mari vous les donneront. Ils sont en vous, exercez-les». Comment expliquez-vous la présence de femmes aussi fortes aux EAU ?J’ai vécu ici, à Al Ain, en Egypte, à Bahreïn et honnêtement je n’ai jamais rencontré des femmes aussi fortes qu’à Dubaï. Peut être parce que cela a toujours été un pays ouvert, parce que les hommes partaient travailler à l’étranger et les femmes étaient charge. Elles avaient l’occasion d’apprendre jeunes même s’il s’agissait de connaissances limitées et modestes. C’était suffisant pour les amener à réfléchir et ouvrir leur esprit. L’une des raisons est que les femmes à Dubaï ont travaillé et contribué à l’économie du pays. Même si c’était des tâches simples. C’est le fait d’être indépendantes. Durant la seconde guerre mondiale, les hommes partaient pêcher la perle durant six mois. Qui dirigeait la société ? Vous nous avez récemment vues sur le devant de la scène mais nous avons toujours été en coulisses. Quelle était la journée type d’une femme de la génération de votre grand-mère ?Elle cuisinait, préparait la maison pour l’arrivée de son mari et des invités qui débarquaient sans crier gare. Elle s’occupait des enfants. Seulement 5% de la communauté vivait dans de grandes demeures avec des esclaves. En général, les gens habitaient de petites maisons avec leur famille étendue : grand mères, tantes etc… « La vie de ces femmes, quelques unes inscrites dans nos mémoires et la plupart oubliées, a aidé à façonner l’histoire et la culture des E.A.U » Quels sont les défis auxquels sont confrontés les Emiriennes d’aujourd’hui ?Elles sont bien mieux loties aujourd’hui car elles peuvent aller à l’école, travailler et être indépendantes financièrement. C’est l’héritage de Sheikh Zayed. Les femmes subissent aussi une forte pression de la société moderne et occidentale. Elles veulent en faire partie. J’aimerais qu’elles apprécient plus notre culture. Nous devons en être fières. Le challenge de nos jours c’est malheureusement d’avoir assez d’argent pour acheter un sac Chanel ou Louis Vuitton et si possible dix exemplaires de chaque. Je déteste ça. J’ai le sentiment qu’elles deviennent des esclaves de la consommation.Visiter le musée de la Femme : de 10h à 19h, samedi à jeudiAdmission: 20 Dhs par personneTel: 04-2342342Adresse : dans le vieux marché de l’or de Deira, près du fish market, à 550m de la station de métro Al Ras (ligne verte)En savoir plus sur Kyra Dupont Troubezkoy, écrivain: c'est ici
…mais pas seulement ! Elle est aussi jolie et surtout passionnée, donc passionnante quand elle parle de son métier ! Sous ses dehors énergiques, se cache une grande sensibilité, qu’elle dévoile plus volontiers d’ailleurs aux chiens qu’à leurs maîtres. Il faut la voir créer,  avec un chien qu’elle n’avait jamais vu auparavant, une complicité et une relation de confiance en quelques minutes. Certes c’est son métier, mais en plus elle est douée ! Sous la dénomination simple, mais difficile à traduire en un seul mot, de dog trainer se cache un métier complexe et captivant.  A la fois entraineur, éducateur, dresseur, comportementaliste, le dog trainer doit non seulement comprendre le chien, mais aussi son maître ! Il lui faut donc du bon sens, de la rigueur et de la  patience,  mais également de solides compétences en éthologie et psychologie (humaine et canine), ainsi qu’une méthodologie éducative éprouvée pour obtenir des résultats. Laura, qui a travaillé dans les ressources humaines dans une vie antérieure, avait toutes ces qualités ainsi que les diplômes nécessaires quand elle a décidé de se lancer dans l’aventure en ouvrant son propre chenil à Dubai: Positive Paws. Pas facile à traduire élégamment…mais dans son concept, c’est le « positive » qui importe le plus. Tout son principe éducatif est basé sur le renforcement positif, c’est-à-dire l’association de toute bonne action à une récompense (sous forme de caresse, nourriture …) et elle rejette toute méthode coercitive, que ce soit physique ou mentale. En matière d’éducation, il en va des chiens comme du reste, il n’y a pas de baguette magique ni de résultat garanti à 100%, mais des cercles vertueux qui s’installent à force de répétition et de patience entre le chien et son maître. Laura apprend à établir une complicité gaie plutôt qu’une domination du chien basée sur la peur de son maître. Pour éduquer un chien il faut savoir l’observer, comprendre comment il interprète notre langage corporel avant de lui formuler des ordres verbaux. Faire le bon geste, de la bonne façon et au bon moment ça s’apprend, Laura s’attache  donc à faire comprendre aux maîtres comment les chiens apprennent. Pour Laura le dog training c’est une passion et une vocation avant d’être un business, on le sent tout de suite. Ne comptez pas sur elle pour faire des compromis, quand le bien-être d’un chien est en jeu. Pourtant, j’allais dire malgré son intransigeance éthique, mais sans doute aussi grâce à celle-ci, le succès de Positive Paws est indéniable et moins d’un an après sa création Laura et son équipe  vont ouvrir un second site pour répondre à la demande.   Demande particulièrement importante à Dubai où, en raison du climat et des restrictions d’accès, la socialisation des chiens nécessaire à leur équilibre, est beaucoup plus difficile qu’en Europe. D’où l’intérêt des chenils et du « day care » qui permet au chien d’interagir avec ses congénères en toute sécurité. Sans parler des vacances pour lesquelles un bon chenil est souvent moins traumatisant pour certains chiens (et moins onéreux pour ses maîtres) qu’un aller-retour en avion ! Les journées de Laura sont longues, entre la supervision du chenil, les rendez- vous d’évaluation pour comprendre et gérer les problèmes d’un maître et/ou de son chien, les workshops pour apprendre à dresser son chien … pourtant elle trouve aussi le temps de créer une association* dont les profits sont reversés aux organismes caritatifs pour animaux aux UAE (K9, Dubaidogs Trust …) Faire de sa passion son métier n’est jamais une démarche facile et il faut être vigilant pour garder du temps et de l’énergie pour soi et sa famille. Laura y parvient même si, elle l’avoue elle-même en souriant, ses propres chiens ne sont pas aussi bien dressés qu’elle le voudrait …faute de temps, confirmant le fameux adage : les cordonniers ... Positive Paws : sur Umm Suqeim Street entre Life pharmacy et Marina furniture (juste avant Marina en venant d’Arabian Ranches, pas très facile à voir de la route ) Tel : 04 379 0996 http://www.positivepaws.ae https://www.facebook.com/PositivePaws2012 *P.A.W.S : Please Allow Walking Space : une initiative supporté par de nombreux cabinets vétérinaires pour signaler de loin  par un ruban bleu attaché au collier les chiens qui ont du mal à supporter, quelle qu’en soit la raison, qu’un autre chien ou un enfant se précipite sur eux ! https://www.facebook.com/pawsribbon Retrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/  
…mais pas seulement ! Elle est aussi jolie et surtout passionnée, donc passionnante quand elle parle de son métier ! Sous ses dehors énergiques, se cache une grande sensibilité, qu’elle dévoile plus volontiers d’ailleurs aux chiens qu’à leurs maîtres. Il faut la voir créer,  avec un chien qu’elle n’avait jamais vu auparavant, une complicité et une relation de confiance en quelques minutes. Certes c’est son métier, mais en plus elle est douée !Sous la dénomination simple, mais difficile à traduire en un seul mot, de dog trainer se cache un métier complexe et captivant.  A la fois entraineur, éducateur, dresseur, comportementaliste, le dog trainer doit non seulement comprendre le chien, mais aussi son maître !Il lui faut donc du bon sens, de la rigueur et de la  patience,  mais également de solides compétences en éthologie et psychologie (humaine et canine), ainsi qu’une méthodologie éducative éprouvée pour obtenir des résultats.Laura, qui a travaillé dans les ressources humaines dans une vie antérieure, avait toutes ces qualités ainsi que les diplômes nécessaires quand elle a décidé de se lancer dans l’aventure en ouvrant son propre chenil à Dubai: Positive Paws. Pas facile à traduire élégamment…mais dans son concept, c’est le « positive » qui importe le plus. Tout son principe éducatif est basé sur le renforcement positif, c’est-à-dire l’association de toute bonne action à une récompense (sous forme de caresse, nourriture …) et elle rejette toute méthode coercitive, que ce soit physique ou mentale. En matière d’éducation, il en va des chiens comme du reste, il n’y a pas de baguette magique ni de résultat garanti à 100%, mais des cercles vertueux qui s’installent à force de répétition et de patience entre le chien et son maître. Laura apprend à établir une complicité gaie plutôt qu’une domination du chien basée sur la peur de son maître.Pour éduquer un chien il faut savoir l’observer, comprendre comment il interprète notre langage corporel avant de lui formuler des ordres verbaux. Faire le bon geste, de la bonne façon et au bon moment ça s’apprend, Laura s’attache  donc à faire comprendre aux maîtres comment les chiens apprennent.Pour Laura le dog training c’est une passion et une vocation avant d’être un business, on le sent tout de suite. Ne comptez pas sur elle pour faire des compromis, quand le bien-être d’un chien est en jeu. Pourtant, j’allais dire malgré son intransigeance éthique, mais sans doute aussi grâce à celle-ci, le succès de Positive Paws est indéniable et moins d’un an après sa création Laura et son équipe  vont ouvrir un second site pour répondre à la demande.  Demande particulièrement importante à Dubai où, en raison du climat et des restrictions d’accès, la socialisation des chiens nécessaire à leur équilibre, est beaucoup plus difficile qu’en Europe. D’où l’intérêt des chenils et du « day care » qui permet au chien d’interagir avec ses congénères en toute sécurité. Sans parler des vacances pour lesquelles un bon chenil est souvent moins traumatisant pour certains chiens (et moins onéreux pour ses maîtres) qu’un aller-retour en avion !Les journées de Laura sont longues, entre la supervision du chenil, les rendez- vous d’évaluation pour comprendre et gérer les problèmes d’un maître et/ou de son chien, les workshops pour apprendre à dresser son chien … pourtant elle trouve aussi le temps de créer une association* dont les profits sont reversés aux organismes caritatifs pour animaux aux UAE (K9, Dubaidogs Trust …)Faire de sa passion son métier n’est jamais une démarche facile et il faut être vigilant pour garder du temps et de l’énergie pour soi et sa famille. Laura y parvient même si, elle l’avoue elle-même en souriant, ses propres chiens ne sont pas aussi bien dressés qu’elle le voudrait …faute de temps, confirmant le fameux adage : les cordonniers ...Positive Paws : sur Umm Suqeim Street entre Life pharmacy et Marina furniture (juste avant Marina en venant d’Arabian Ranches, pas très facile à voir de la route )Tel : 04 379 0996http://www.positivepaws.aehttps://www.facebook.com/PositivePaws2012*P.A.W.S : Please Allow Walking Space : une initiative supporté par de nombreux cabinets vétérinaires pour signaler de loin  par un ruban bleu attaché au collier les chiens qui ont du mal à supporter, quelle qu’en soit la raison, qu’un autre chien ou un enfant se précipite sur eux !https://www.facebook.com/pawsribbonRetrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/
« Faire du sport, c’est aussi une façon de vivre selon nos traditions »Moza a commencé le tir à l’arc à l’âge de 11 ans. Dans son école Alzuhour à Sharjah, ils distribuaient de la documentation sur ce sport. « Tiens c’est nouveau, me suis-je dit, je vais essayer. Le Prophète - que la paix soit avec Lui- nous dit d’enseigner la natation, le tir à l’arc et l’équitation à nos enfants. Donc c’est aussi une façon de vivre selon nos traditions. » Le tir à l’arc n’est pas encore un sport très développé aux Emirats comme le sont le football, le volleyball, l’équitation ou le tir, mais des équipes et des écoles voient le jour.  Jusqu’à peu la seule équipe était au Sharjah Ladies Club (SLC) et le pays ne compte qu’une douzaine d’archers. Moza semble réunir toutes les qualités requises pour y exceller : concentration, calme et force. Et il en faut en effet pour tendre l’arc. « J’ai commencé au niveau 18, le plus faible, maintenant je suis à 38, le maximum, annonce-t-elle. Je suis le meilleur archer féminin des Emirats, » avoue-t-elle fièrement. Moza a participé pour la première fois à une compétition réunissant les pays d’Asie à Irkoutsk en Russie en 2012. « Nous sommes arrivés 9ème. Ma mère m’a accompagnée. Mes parents sont très fiers. Je veux devenir professionnelle et être connue à l’étranger, » explique la jeune collégienne dont la maman se réjouit de voir sa fille pratiquer un sport. »« Ma mère ne pouvait pas faire de sport à son époque et elle est heureuse que je puisse. »  Moza a un nouveau but : se préparer aux Jeux Olympiques de 2016. Gymnastique, poids, Moza s’entraîne trois fois par semaine avec Amira Nada, sa coach qui fut la première championne arabe de tir à l’arc. Pour ce qui est de son avenir, Moza espère étudier l’architecture à l’université américaine de Sharjah et continuer à exercer sa passion. « J’espère que je pourrais continuer lorsque je me marierai parce que certains époux n’aiment pas que leurs femmes pratiquent un sport. Ils veulent qu’elles restent à la maison. »« Cela nous met à l’aise de faire du sport entre femmes »Voilées et en survêtement, Mariam et Hannah, n’en restent pas moins féminines. Elles sont respectivement spikenumber 2 et setter en première section de volleyball, sponsorisées par le SL. A respectivement 19 et 18 ans, cela fait cinq ans qu’elles pratiquent ce sport et ont décroché quelques médailles et victoires pour l’équipe nationale junior des Emirats Arabes Unis dont elles font partie: seconde place au tournoi réunissant les pays du Golfe en 2011 et première place au tournoi des pays arabes. Mariam a voulu marcher dans les traces de son père, commandant dans l’armée de l’air, qui jouait déjà au volley. Le club de Sharjah lui en a donné l’opportunité. « Ici, nous n’avons pas encore beaucoup de qualifications sportives et pas d’autres endroits où les exercer. Nous sommes musulmanes et cela nous met à l’aise de pouvoir faire du sport entre femmes.» Hannah, quant à elle, faisait partie des sportives de Waset Model School , son école à Sharjah. Natation, gymnastique, basketball, pingpong, elle s’y est essayée, avant de littéralement découvrir le volleyball. La jeune fille -qui souhaite part ailleurs intégrer l’université de Sharjah en génie électrique- parle avec passion des maths, de la physique et… du volleyball. « J’aime ce sport parce qu’il s’agit plus de briller comme groupe, comme équipe que comme individu. Il faut vraiment faire confiance à ses partenaires, vous dépendez d’eux. Et il y a beaucoup de stratégie et de réflexion. Et ce club est comme une famille, » explique-t-elle. « Ma mère est ma plus grand fan ». Et son père ? « Il a peur que je voyage seule ou que je rentre tard. Et il n’apprécie pas que je sorte beaucoup, » avoue-t-elle. Dans la famille, une de ses quatre sœurs a pourtant pratiqué le basketball avant d’arrêter pour se consacrer à ses études de dentisterie. Et l’un de ses six frères est un athlète : il pratique la boxe, le « cage fighting » porte les couleurs de Redbull. « Mais, à cause de nos traditions, c’est plus facile de pratiquer le sport pour les garçons. Ils peuvent aller où ils veulent quand ils veulent, jouer partout à tous moments. Ils n’ont pas besoin de porter un voile. Nous n’avons pas cette liberté. Et nous ne jouons pas aussi bien avec le voile. Bien sûr, nous suffoquons dessous, avoue-t-elle. Il faut chaud. » Entre elles, les sportives jouent en T-shirt et bandana. Mais lorsque les matchs sont retransmis à la télé, elles se couvrent en pantalon, body, T-shirt à manches longues et hijab. Les jeunes filles concèdent y être habituées et s’accordent à dire qu’elles ne remettent pas en cause le port du voile. « Ce qui ne nous semble pas compréhensible aujourd’hui, prendra son sens à l’avenir, comme porter le voile. Jeune, on ne comprend pas toujours ce qui est bon pour nous, » explique Mariam. Par contre, elles souhaiteraient un peu plus de liberté pour les déplacements à l’étranger. Mariam a déjà participé à des compétitions internationales au Koweït et en Égypte car sa famille est ouverte d’esprit. « Mais pour certaines filles ce peut être un problème ». Quoi qu’il en soit, elles sont conscientes des progrès accomplis. Du temps de leurs mères, les femmes ne pouvaient pas sortir ainsi et un tel club n’existait pas. « Elles étaient mariées à 16 ans et leurs familles ne les auraient pas laissées pratiquer un sport comme c’est le cas pour notre génération. Les choses évoluent.  Je me marierai après avoir terminé mes études universitaires et rien n’est planifié. Ma famille choisira des candidats mais je prendrai la décision finale,» explique Mariam. Joueront-elles aussi souvent et aussi intensément, elles ne peuvent le garantir mais le volleyball restera dans leur vie, en amateur ou en tous cas « pour rester en forme ». Pour le moment, Mariam est étudiante à la Zayed University de Dubai et pense à une carrière dans les relations internationales ou la politique. Et caresse un rêve lointain : «  devenir pro de volley ». Inch Allah. Elle est motivée puisqu’elle s’entraîne 4 à 5 jours par semaine en temps normal et jusqu’à six jours en temps de compétition. « Nous avons aussi des campings d’entraînements où nous nous entraînons deux fois par jour et sommes soumises à des règles strictes : extinction des feux à 22h00, levées aux aurores, 12 heures en camp. » « Et ils nous enlèvent nos portables pour être sûr qu’on dorme ! » plaisante Hannah. Yasmin, championne de tir à la carabine, un sport en plein essor chez les femmesYasmin Abdul Rahman est la championne attitrée de tir à la carabine à air comprimé des Emirats Arabes Unis. Du haut de ses seize ans, cette jeune adolescente affiche la détermination propre aux athlètes de sa catégorie. Et aujourd’hui, elle est déçue car elle n’est arrivée qu’en deuxième position de la compétition organisée en interne par le Sharjah’s Ladies’s Club dont elle est membre. « Ce n’est pas un sentiment agréable de finir deuxième, dit-elle. Mais on ne peut pas toujours être la première. C’est une petite compétition, minimise-t-elle, il vaut mieux être en tête lors des matchs importants ». C’est dit. Mais elle a beau dédramatiser cette petite défaite, son visage affiche une moue renfrognée. Elle qui virevoltait au milieu de ses comparses quelques minutes plus tôt, se laissant passer la main dans ses cheveux auburn coupés en brosse par ses camarades toutes voilées, leur lançant des boutades les faisant manifestement rire, semble accuser le coup. Car la jeune Émiratie a deux ambitions : pratiquer le tir en professionnelle et se qualifier pour les J.O. de 2016 au Brésil et devenir ingénieure en pétrole. On la sent qui bouillonne. Et pourtant, le tir demande concentration, discipline, force, équilibre et… patience. Elle reconnaît qu’elle a de la peine à se contenir. « Le tir m’aide, admet-elle, avant j’étais encore plus impatiente ». Serait-ce son côté russe hérité de sa mère? Cette mère grâce à qui, justement, elle a commencé à pratiquer le tir deux ans plus tôt. « Elle a lu dans un article qu’ils cherchaient des filles pour pratiquer le tir à Abu Dhabi et m’a demandé pourquoi je n’essayerai pas… On a trouvé ce club –il y en a deux aux Emirats, l’autre est Al Ain. Et voilà, » conclut-elle. Yasmin va droit au but comme lorsqu’elle tire. Ses réponses fusent, courtes et efficaces. Quant à son père, originaire de Dubai, « il ne s’est pas du tout opposé à mon choix. Il pense que chacun doit faire ce qui lui plaît ». Chez Yasmin, les deux cultures russes et émiraties, cohabitent ; les deux religions, orthodoxes et musulmanes coexistent sans poser de problème. Tout comme elle évolue sans voile. « Je n’en porte pas et n’en porterai pas». Dubai est la ville de Yasmin et elle est fière d’en représenter les couleurs. Elle est arrivée troisième aux jeux arabes en mars 2012 et première aux jeux du Golfe en novembre de la même année. Des résultats qui ont un prix. En plus de fréquenter l’école Amna bint Wahab de Dubai, elle n’hésite pas à faire 30 minutes de route pour venir s’exercer 4 heures tous les deux jours à Sharjah. Des filles championnes de tir au pistolet et à la carabine, un sport traditionnellement réservé aux hommes, ce n’est pas encore quelque chose de tout à fait naturel dans la région, même si l’administration les soutient. Aux Emirats, les femmes subissent le même entraînement que les hommes dans l’armée au sein du Khawla bint Al Azwar Training College, ou dans la police au sein du Dubai Police College. C’est l’un des plus grand progrès du pays vers l’égalité des sexes. Alors, Yasmin et ses compagnons d’armes contribuent tous les jours à inspirer de nouvelles candidates à ce sport.
Elle aime la vitesse, que ce soit sur les circuits au volant de sa Mustang ou sur scène, quand elle fait une prestation de speed-painting !Le speed-painting*  est une prestation spectaculaire qui consiste à peindre une ou plusieurs toiles  sur scène, devant un large public, en 5 à 10 minutes. Déjà pas facile, mais pour ménager le suspense, Cathy travaille son sujet à l’envers afin que le public ne découvre le résultat que lorsque l’on pivote la toile de 180 °.Elle a acquis cette aisance sur scène lorsqu’elle était danseuse professionnelle, mais sa dextérité dans l’expression picturale n’est qu’une facette de son talent, car Cathy est une artiste qui sait tout faire, de l’abstrait au portrait, en passant par les natures mortes, les paysages et les skylines de Dubai. Elle excelle tout particulièrement dans les portraits : hommes, femmes et plus original…voitures.En France, elle peignait des voitures de collections, ici ce sont plutôt des bolides dernier cri, dont elle sait dévoiler la personnalité en jouant avec la lumière, les reflets et l’angle de vue pour leur donner du caractère en plus de souligner la perfection de leurs lignes.Si maintenant Cathy est artiste peintre et ne danse plus que pour son plaisir, c’est pourtant comme danseuse qu’elle a démarré sa carrière artistique. Relativement tard d’ailleurs car si elle a toujours eu des prédispositions, c’est seulement à 18 ans qu’elle  quitte sa Bresse natale pour s’inscrire à un cours de danse jazz à Paris. Après deux ans elle devient danseuse professionnelle dans une troupe qui se produit dans les music-halls et même à la télévision. Elle est non  seulement douée pour la danse, mais aussi  dotée d’un corps magnifique, ce qui lui vaudra de défiler en tant que mannequin de lingerie, pour Dior entre autres !Après quelques années de tournées en France et à l’étranger, elle quitte le devant de la scène pour passer derrière les projecteurs et devient éclairagiste de spectacles.Sa vie de famille l’ayant ensuite amenée quitter la capitale pour vivre à la campagne, elle se met à l’aquarelle, y prend goût et s’aperçoit qu’elle est plutôt douée aussi dans cette forme d’expression artistique. Elle continuera sa formation dans de nombreux ateliers, mais c’est au peintre Christoff Debusschère**, son maître pour la peinture à l’huile, qu’elle doit sa maîtrise excellente des ombres et lumières qui donnent puissance et vibrance à ses œuvres.Cathy est une grande femme, belle et délicate, toute en finesse de corps et d’esprit. Son allure fluide et décontractée tient peut-être au fait qu’elle n’est pas passée par le « moule » de la danse classique, et n’arbore pas cette rigidité qui souvent caractérise les danseuses. Lorsqu’elle n’est pas sur scène, Cathy n’aime pas se mettre en avant et si elle n’arborait cette superbe ligne, on serait presque surpris quand elle avoue de sa voix douce qu’elle est aussi … fitness coach, personal trainer et certifiée en shiatsu !Et comme elle aime partager ses passions, si vous voulez vous initier où vous perfectionner à la peinture à l’huile ou acrylique, appelez Cathy  au +971 50 950 17 99  pour des cours en petit groupes.http://cathydeniset.nethttps://www.facebook.com/pages/Cathy-Deniset-Artiste-Peintre/186815054733690?ref=br_tf*http://www.youtube.com/watch?v=FWGUPNTKE6A**http://www.dicart-net.fr/photos/debusschere/img-debusschere-bis-160305.htmRetrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/
« Au début, faire comprendre qu’une femme était une valeur ajoutée a été un vrai défi »Jameela Al Muhairi raconte son parcours au département de l’éducation et les combats qu’il reste à mener. Sa passion l’a poussée à devenir la chef du bureau des inspections des écoles de Dubaï et une pionnière dans le domaine des écoles privées dans une ville compte 85% d’expatriés. INTERVIEW.Les femmes au sommet s’aident-elles entre elles ?Il y a peu, j’ai participé à une réunion de femmes leaders et j’ai été impressionnée par l’utilité de ce genre de rencontres. Comment nous pouvons influencer et encourager les jeunes filles à s’inspirer de nos parcours et devenir de futurs chefs. Nous nous entraidons, nous discutons de nos rôles de modèles, quels obstacles les filles rencontrent encore. Nous comparons nos différentes approches. Quels obstacles les filles rencontrent-elles encore ?Lors d’une conférence organisée récemment par Dubai Women Establishment, à laquelle Sheikh Mohammed participait, des femmes de différents pays du Golfe échangeaient sur les défis et problèmes qu’elles rencontrent. Nous avons alors réalisé la chance que nous avons dans ce gouvernement. Ce n’est pas du blabla, je le dis du fond du cœur : notre gouvernement nous nomme comme ministres, députées, PDG, égales aux hommes. Nous pouvons présenter nos idées et les défendre vis à vis de la direction.Comment en avez-vous fait l’expérience ?Lorsque je fais des propositions devant le Conseil exécutif dans différents domaines de l’éducation, je me sens un membre à part entière. D’être assise là avec d’autres femmes me procure un sentiment de grande fierté. Qu’en est-il de mes collègues des autres pays du Golfe ? Les leaders de ce pays poussent les femmes à atteindre de hautes positions. Par exemple, je suis membre du Board de Dubai Cares avec la Ministre Reem Al Hashimi. Nous avons de la chance de représenter notre pays devant des délégations du monde entier. Nous sommes toutes de jeunes femmes qui voyageons à l’étranger, représentant les Emirats Arabes Unis.Comment avez-vous atteint un tel poste à responsabilités ?J’ai la chance d’avoir une famille qui me soutient et m’a permis d’avoir accès à une bonne éducation malgré le fait d’être une fille et de travailler dans un environnement mixte. Je n’ai pas eu à me battre pour ça. Ma sœur était déjà partie étudier aux US et au  Liban dans les années 60-70.Ce n’était pas  banal à l’époque ?Non pas avant les années 90.Avez-vous étudié à l’étranger ?Non, j’ai fait mes études à l’université d’Al Ain. J’avais le choix de partir mais j’ai voulu rester car cela m’a donné de nombreuses opportunités. Très jeune je me suis demandée ce que je ferai de ma vie. De nos jours, il n’y a pas de conseil d’orientation. Les étudiants ne savent pas ce qu’ils feront de leur avenir. Pourtant vers 13-15 ans, il faut commencer à se poser la question.Vous avez toujours su ce que vous vouliez faire ?J’ai toujours été passionnée par l’éducation. Je suis entrée au ministère de l’Education comme employée et comme j’avais un bon niveau d’anglais, je me suis concentrée sur les écoles privées. C’était ma passion. C’était un tout petit secteur à l’époque.Combien le pays comptait-il d’écoles privées dans les années 80 ?200 environ. J’ai étudié les règles, la qualité de l’enseignement, la possibilité d’ouvrir de nouvelles écoles privées. J’ai consacré toute ma carrière au ministère de l’Education et en particulier aux écoles privées. Un étage entier était consacré à l’enseignement public mais cela ne m’intéressait pas. J’étais attirée par ce petit département qu’on appelait « Ecoles privées ».Pourquoi ?Le potentiel, l’opportunité d’interagir avec d’autres nationalités, d’apprendre d’elles. J’ai pensé que j’améliorerais mon éducation, mon expérience à leur contact. J’ai pensé y rester quelques années avant d’aller vers le public. Mais chaque jour, le département grandissait. Incroyable. Les gens sont venus du monde entier.Les écoles ont dû s’adapter ? Il a fallu offrir plus à ces nouveaux arrivants ?Oui et aux nouveaux investisseurs potentiels dans le secteur. Ils voulaient faire de l’argent. C’est vraiment un business ?Oui, ça l’est toujours.Combien d’écoles privées y a–t-il aujourd’hui ?Dubaï en compte environ 150. Cela a plus que doublé en 20 ans. Chaque communauté a ouvert son ou ses écoles avec le soutien du gouvernement. Sheikh Rashid Al Makhtoum, le père de Sheikh Mohammed, voulait aider chacune d’elle : leur fournir un terrain et le soutien du Board en vue de l’ouverture d’une école adaptée aux besoins de leur communauté. Cela s’est développé si vite. Entre 2006 et 2007 seulement, dix écoles ont ouvert à Dubaï.Vous venez d’une famille consacrée à l’éducation ?Mon frère (ndlr : Khaled Al Muhairi fondateur et PDG d’Evolvence Capital, membre du Board des Gouverneurs de Repton, l’une des écoles anglaises les mieux cotées de Dubaï) est un homme d’affaire mais il a cette passion. Nous discutons beaucoup d’éducation, des écoles privées. Nous devons améliorer les écoles publiques à Dubaï afin de servir notre communauté et de donner aux nôtres une bonne éducation. A-t-il fait du bon boulot avec Repton ? Je ne peux répondre car ce serait un conflit d’intérêt. Mais je peux dire que c’est un secteur en développement.Comment est née KHDA, l’Autorité de la Connaissance et du Développement humain  pour laquelle vous travaillez ?Je voulais travailler dans l’éducation mais quelle sorte d’éducation ? Je voulais contribuer mieux. En 2000, Sheikh Mohammed nous a donné cette opportunité lorsqu’il a développé le concept des zones franches pour différents secteurs. « Knowledge Village » nous a donné cette opportunité de développer des écoles privées de bonne qualité sur Dubaï. Il nous a donné un immense terrain et nous a demandé de ramener de bons investisseurs pour bâtir les écoles. En 2006, nous avons mis sur pied le Projet Ecole Privées de Dubaï: nous avons visité des écoles du monde entier en Suisse, Grande Bretagne etc., leur proposant de venir et mettre en place le niveau d’éducation dont nous avions besoin ici. Nous n’avons pas insisté pour avoir des branches, juste des écoles de bonne qualité. Il n’y avait pas assez d’écoles qui offraient le Bac international. Puis, Sheikh Mohammed bin Rashid m’a nommée membre du Conseil de l’Education de Dubaï. Nous avons ensuite réalisé qu’il fallait plus qu’un Conseil pour donner notre avis aux écoles privées au gouvernement. Alors Sheikh Mohammed a créé le KHDA par décret en 2007.Vous êtes à la tête du Bureau des Inspections du KHDA ?Nous avions un accord avec le ministère de l’Education selon lequel nous surveillerions toutes les écoles et dans tous les domaines des enseignants, du cours, des frais de scolarité, tout... La première chose que nous avons faite a été de mettre au point une stratégie pour le public et le privé. Notre mandat couvrait le primaire et le secondaire. 10 000 personnes à Dubaï ont participé à cette stratégie, pas seulement des consultants venus de l’étranger. Nous avons suffisamment d’expérience ici pour savoir ce qu’il nous faut et quelles sont nos priorités. Je me suis une fois encore concentrée sur le secteur privé, là où j’avais une valeur ajoutée. La priorité était de réglementer et de m’assurer que les écoles dispensaient une éducation de qualité. J’ai présenté les résultats à Sheikh Hamdan afin de monter le Bureau : de cette façon j’avais le mandat pour aller poser des questions dans les écoles. J’ai ensuite été nommée Chef du Département des Inspections et obtenu la reconnaissance du gouvernement. Vous êtes une pionnière dans ce domaine ?Ce fut un long parcours. Pour moi, un voyage. C’est quelque chose qui n’avait jamais encore été fait dans mon pays. Un tel processus n’existait pas aux EAU. Personne ne vérifiait ce qui se passait dans les écoles, comment les enfants se développaient, leurs compétences, en quoi les écoles contribuaient à la société de Dubaï. Nous avons développé un cadre. La différence ici est que nous avons une société multiculturelle unique en son genre. C’est un défi. Nous avons développé sept indicateurs qui s’appliquent ainsi à tous les curriculums et aux écoles publiques. Nous avons décidé d’un barème : excellent, bon, acceptable, pas acceptable.Quels sont vos critères ? Cette année par exemple, vous avez mis en priorité « Elèves émiriens et qui demandent une attention particulière »…Lorsque nous avons démarré, il nous fallait une base. Aucune école n’était prête à cela : être inspectée de A à Z. Cela n’avait jamais été fait. Il nous fallait donc des indicateurs de qualité dans tous les domaines, c’était primordial. Et nous n’allions pas tout inventer. Nous avons utilisé les mêmes que ceux utilisés par le ministère de l’Education dans les écoles publiques. Des indicateurs pour les matières –maths, arabes pour les Arabes et non Arabes, études islamiques pour les Musulmans et non Musulmans, le développement de l’enfant (attitude, comportement, développement au sein de la communauté), curriculum, leadership de l’école, installations, ressources, partenariat avec les parents… Et nous avons noté tout cela. Il y a des mécanismes pour le faire et nous avons fait appel à des gens du monde entier pour nous aider à l’inspection des écoles et à les former.Comment les écoles ont-elles accueilli les premières inspections ?Il y a cinq ans, elles ne savaient pas ce qu’on attendait d’elles. La première année ce fut le choc dans le système. Il y a eu des résistances. Il y a eu des réactions du type : « Qu’est ce que c’est que ces indicateurs ? Je fais mon travail. Que regardez-vous ? Tout ça c’est de la paperasse… » Mais finalement notre mandat est d’être transparent, d’informer les parents sur la qualité de l’enseignement donné à leurs enfants. Les informer sur ce qui se passe dans les écoles, dans les classes. Certaines écoles étaient furieuses d’être notée « acceptable », nous disant que certains de leurs élèves faisaient Harvard ! Peut-être oui, mais les 2000 autres ? Telles furent les questions qu’il nous a fallu régler la première année.Et quelle fut la réaction au fait que l’Arabe a été mis sur un pied d’égalité avec la langue de l’école ?L’accent mis sur l’Arabe a été remis en question. « Pourquoi nos enfants devraient-ils parler l’Arabe ? » ont demandé certains. C’est ce que le gouvernement de ce pays souhaite : que vos enfants soient exposés à la culture et à la langue du pays dans lequel ils vivent. Qu’ils sachent pourquoi les femmes s’habillent en noir. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous voulons que les enfants comprennent pourquoi nous instaurons cela : les écoles doivent encourager les enfants à se familiariser avec les cultures respectives. Si vous voulez être un bon citoyen, il faut connaître l’autre et respecter l’autre. C’est la raison pour laquelle nous mettons l’accent sur l’indicateur 2 : le développement de l’élève, l’attitude et le comportement, les valeurs de l’Islam. Si je suis Musulman, que fais-tu pour moi ? Comment respectes-tu ma religion ? Que sais-tu de ma culture ? Qu’est ce que je connais de la tienne ? Il y a 92 nationalités différentes ici. Comment l’école gère-t-elle cette donnée ? Je suis Anglais, je connais la culture britannique. Je suis Musulman, local et je connais ton pays mieux que le mien parce que je fréquente une école anglaise… J’ai voulu mettre un terme à ce phénomène.Avez-vous des enfants ?Pas encore mais un jour si Dieu le veut !Vous les mettriez dans le secteur privé ?Bien sûr car je connais les qualités de ce système.Quels progrès doivent être faits dans le public ?Il est très difficile de répondre dans ma position. J’ai enquêté pendant trois ans sur le public, visité chacune des écoles du système public de Dubaï, écrit des rapports individuels et annuels. Tout est sur notre site. Lorsque je regarde le privé, je vois que 58% des locaux y mettent leurs enfants et que ce chiffre augmente de 5% chaque année.Pourtant les écoles privées sont très chères ?Les locaux ont le choix d’aller dans le public qui est gratuit mais ils choisissent en majorité de mettre leurs enfants dans le privé. C’est un grand point d’interrogation. Pourquoi les locaux choisissent-ils le privé ?N’ont-ils pas peur de perdre l’Arabe et leur culture ?Si. Notre inspection annuelle montre que nos enfants ne sont pas performants en arabe. Ils ont des difficultés. C’est un souci à Dubaï et dans tous les Emirats. Sheikh Mohammed a lancé quatre  initiatives autour de l’arabe. Chaque parent veut que sont enfant s’améliore en arabe. Nous avons un problème avec le niveau d’Arabe dans le secteur privé. C’est la raison pour laquelle nous avons mis l’accent sur le fait que l’arabe soit mis sur un pied d’égalité avec l’anglais, les maths ou les sciences. C’est un processus.Mais pour les expatriés qui ne savent pas combien de temps ils restent à Dubaï, leur imposer autant d’arabe n’est-ce pas un problème ? Dans les écoles privées, nous avons imposé l’arabe comme première langue pour les locaux. Ils se basent sur les livres et les standards du ministère de l’Education. Les études islamiques sont une obligation du gouvernement fédéral. Pour les expatriés nous l’enseignons comme langue étrangère. C’est plus facile. Nous attendons des écoles qu’elles soient créatives dans la façon dont elles l’enseignent. On n’y est pas encore. Mais certaines écoles le font vraiment bien. Dans certaines écoles anglaises, lorsque je croise des enfants blonds aux yeux bleus qui me disent en me voyant dans mon abaya « Salamalekoum, mon nom est … » et qui essayent d’interagir, je trouve cela magnifique. Mon souci pourtant ce n’est pas l’arabe langue étrangère mais l’arabe première langue. Le gros défi de notre société est de maintenir un bon niveau d’arabe. Que perd-on lorsqu’on perd sa langue natale ? C’est le souci essentiel de notre canevas.Comment convaincre les familles locales de mettre leurs enfants dans le public ?Si les gens croyaient au public, ils y mettraient leurs enfants. Pourquoi gaspiller leur argent dans les écoles privées ?Quelle a été votre expérience comme femme de pouvoir et d’imposer vos vues dans un milieu très masculin ?Dans les années 80, il était difficile pour une femme d’occuper une position comme la mienne, de directeur. Les hommes étaient en position dominante partout. Lorsque vous éduquez vos enfants, vous leur apprenez que la femme est l’égale de l’homme, si vous les éduquez correctement. Dans l’éducation –je ne devrais pas le dire- mais les femmes sont plus performantes que les hommes. Tout a commencé lorsque le gouvernement des EAU a donné aux filles l’accès à l’éducation. C’est comme cela que j’ai été éduquée. J’ai rejoint l’université dans les années 80, puis le ministère de l’Education qui comptait 99% d’hommes Emiriens et expatriés. C’était un défi que de trouver ma place. Cela a été difficile de me faire entendre et de leur faire comprendre que j’apportais quelque chose. Cela a été un cheminement. Parce que j’étais passionnée, parce que j’étais une femme, locale, que les membres hauts placés du ministère voyaient en moi le potentiel, j’ai eu de la chance.Qu’est ce qui fait la différence ?L’éducation et l’opinion du gouvernement.Les Emiriennes ont-elles plus de chance que les femmes dans les autres pays du Golfe ?Nous avons la chance d’avoir de tels dirigeants. Dans tous les secteurs, il y a des femmes. Lors d’un sommet gouvernemental, Sheikh Mohammed a dit devant 3000 personnes venus de tous les émirats –PDG, Directeurs, etc.- que les hommes devaient être vigilants et travailler dur sinon les femmes prendraient leur place. Quand votre propre chef dit cela… Nous avons quatre femmes ministres, nous en sommes fières. Tout est possible pour les femmes dans ce pays. Je ne sais pas ce qu’il en est des autres pays du Golfe, mais ici aux EAU, nous avons de la chance.Qu’étudiaient les femmes il y a 60 ans ?Prenons l’exemple de ma mère : elle a eu de la chance d’avoir une mère qui a insisté pour qu’elle étudie le Coran. C’est ainsi qu’elle a appris à lire et écrire. Mais bien sûr elle n’a pas étudié les maths ou les sciences. Dans les années 60, le Koweït envoyait ici des maîtres et des livres aux écoles locales. C’est là que tout a commencé. Quel est le budget alloué à l’éducation aux EAU?L’éducation et les affaires sociales sont la priorité et parmi les budgets les plus élevés. Le budget de l’éducation se monte à près de 9 milliards de dhs dont 10% pour Dubaï (secteur public). Le public compte 24 000 élèves et le privé 28 000 à Dubaï.Pour plus d’infos sur vos rapports d’inspection par école :http://www.khda.gov.ae/en/Home.aspxGrandes étapes de l’éducation aux Emirats1954 : ouverture d’Al-Zahra, la première école pour filles, à Sharjah1958 : ouverture des deux premières écoles pour filles à Dubaï : Khawla bint Al Azwar à Bur Dubai et Al Khansa à Deira1996 : ouverture de la première école pour filles d’Abu Dhabi.Elèves pionnières:Maryam Al KhajaRafia Abdullah LootahAmna Obaid GhubashAmal Al-BassamMaryam Saleh Al-OsaimiAvant les années 50:L’éducation des filles était basée sur le Coran, les principes de l’Islam et l’arabe.1953 :Débuts du système éducatif officiel financé par le gouvernement du Koweït1955 :L’Egypte offre des bourses pour des études au Caire.1971 :Débuts des études universitaires aux EAU (1971)-1976 : Université des UAE, Al Ain (Emirat d’Abu Dhabi)-1988 : Haut Collège de Technologie-1998 : Université Zayed, Abu Dhabi2010 :15% de l’Université des UAE sont des femmes51% de filles en collèges privés46% étudiantes post grade72% d’étudiantes en universités publiques, soit le taux le plus haut au monde!Source : Musée de la femme, DubaïEn savoir plus sur Kyra de Beaumont, écrivain: c'est ici
Comme le velours elle allie douceur, élégance et profondeur ! Du coup on est un peu surpris quand cette dame soignée et posée vous raconte comme si c’était parfaitement banal, qu’elle est partie avec son sac à dos faire le tour du monde à 19 ans! Les événements politiques de l’époque ayant stoppé son élan vers l’Est, c’est l’Afrique qu’elle a parcouru ainsi pendant 18 mois au rythme des rencontres. Son chemin a croisé entre autres celui des tribus Turkana, ces nomades qui vivent aux confins du Soudan, du Kenya et de l’Ethiopie. Pendant un an et demi, elle a partagé  le quotidien et les maigres ressources de ces peuples. Elle communiquait avec eux par signes, n’a jamais dormi sous un toit en dur, mais elle a connu la générosité et la vraie solidarité de la vie de bédouin. C’est avec eux qu’elle a découvert le désert, voyageant à l’occasion à dos de chameau, et vécu dans une pauvreté matérielle mais une richesse humaine qui ont changé à tout jamais son regard sur la vie. Cette aventure a pris fin car les privations avaient altéré son état de santé, et Tamara est rentrée en France la tête pleine de souvenirs qu’elle a rassemblés dans un livre  (le Soudan à l’infini) et plusieurs articles publiés dans les rubriques récits de voyages des magazines.Ensuite, dans sa région lyonnaise natale, elle a « tout simplement » créé une agence de communication, au départ généraliste, qui s’est spécialisée dans la cosmétologie et la beauté. Un développement rapide vers l’international  lui a permis de travailler et de voyager en Asie (Hong Kong, Japon, Thaïlande…),  en Amérique du Sud (Brésil..) et occasionnellement à Dubai !De fil en aiguille, son entreprise a élargi son offre au design de produits (flacons de parfums…), au marketing et au conseil pour offrir une prestation globale dans ce domaine qu’elle connaissait bien. On apprend d’ailleurs au détour de la conversation qu’elle a aussi créé sa propre  ligne de parfum à base de Oud, inspirée par ses voyages à Dubai. Si les circonstances avaient été plus favorables, elle serait peut-être devenue une nouvelle Annick Goutal… mais son destin était  ailleurs. En effet en 2003, le virus des voyages et son activité de conseil qui se développait auprès des familles locales, l’ont amenée à venir s’installer avec sa famille à Dubai. Elle qui avait toujours cousu ses vêtements, comme sa mère le lui avait appris, fût ravie quand sa fille lui dit vouloir travailler dans la mode. Mais ne trouvant pas d’école spécialisée à Dubai, elle décida « tout simplement » d’y ouvrir une branche de la célèbre école parisienne Esmod, ce qu’elle fît en 2006 .Bien lui en a pris, car elle répondait ainsi non seulement aux besoins de sa propre fille, mais aussi à une demande importante à Dubai et dans la région puisque les quelques 200 élèves de chaque promotion sont issus de 70 nationalités différentes ! Tous viennent y chercher un enseignement théorique et pratique de qualité, centré sur la mode et l’art qui l’a toujours inspiré.Du cursus complet sur 3 ans, au module de quelques semaines spécialisé en « patronage », en passant par des cours à temps partiel sur quelques mois ou des workshop « accessoires vintage », Esmod Dubai offre de nombreuses formules et possibilités pour exprimer sa fibre artistique et créative, que l’on soit une jeune étudiante ou une femme au foyer (notre article ).Là encore, Tamara déborde d’idées et élargit sans cesse son offre avec des cours de maquillage ou de « fashion marketing », des cours de teinture, des ateliers pour enfants (sécurisés et sans aiguilles !)…Mais le point d’orgue de chaque promotion, c’est le défilé du mois de juin. Un public de 500 invités, 150 mannequins, 15 coiffeurs et 30 maquilleurs…un vrai show professionnel orchestré par Canella Hostal, la fille de Tamara qui y exerce ses talents de « show manager » en marge de son activité principale : sa propre marque de prêt à porter.Dès le plus jeune âge, son tempérament d’artiste a donné à Tamara une  vision de la vie qui sortait des sentiers battus, elle y est restée fidèle grâce à un esprit curieux et ouvert aux nouveautés comme aux traditions. Fidèle à la mode française, mais capable de réinterpréter les codes des différentes cultures de ses élèves, Tamara est enthousiaste, travailleuse et passionnée, elle aime partager …comme les bédouins, qu’elle croise encore parfois quand elle part camper dans le désert avec son Hummer pick-up !Entrepreneuse, originale et indépendante dans l’âme, Tamara est une femme « tout simplement » formidable et …qui ne manque pas d’étoffe ! Retrouvez tous les portraits réalisés par Véronique Talma sur son blog : http://verotalma.wordpress.com/
  1. Les + lus
  2. Les + récents