PMA, sexualité, contraception à Dubai…entretien avec le docteur Dr. Husnia Gargash.

Écrit par  Kyra Dubai 28 MAI 2014



Dr. Husnia Gargash, première femme gynécologue du pays et spécialiste de la stérilité, me reçoit chez elle dans les règles de l’art. Nous abordons le thème de la procréation médicalement assistée et les sujets périphériques liés à la femme tels que sexualité, contraception et évolution des mœurs en général. RENCONTRE avec une femme de caractère, libre, directe et humaine.

On estime qu’un couple sur six a besoin de faire appel à la procréation médicalement assistée pour avoir un bébé.


La PMA (reproduction médicalement assistée) est-elle taboue aux EAU ?
Non cela ne l’a jamais été.

On pourrait penser qu’elle est incompatible avec la religion ?
Non. Nous sommes un port et notre peuple qui toujours été en contact avec d’autres gens du monde, Dubaï en particulier, est ouvert. Nous sommes différents d’autres pays du Moyen-Orient, plus stricts. Nous vivons avec d’autres religions et notre compréhension de notre propre religion est moins stricte. La plupart des gens ici sont modérés. Ils acceptent certaines choses et sont logiques. Beaucoup plus que d’autres régions qui suivent sans poser de questions. D’une façon générale, le monde arabe et les pays islamiques acceptent la PMA dans un cadre qui correspond à la plupart des pays européens. Chaque pays a ses propres règles.

Qu’est ce qui est autorisé et qu’est-ce qui ne l’est pas ?
Le transfert d’embryon est autorisé jusqu’au 5ème ou 6ème jour. Le don de sperme n’est pas autorisé. Les couples doivent être mariés pour avoir recours à la PMA.

Les mères porteuses sont autorisées ?
C’est un sujet controversé dans notre religion. Certains disent oui, d’autres non. Je n’ai jamais eu de demande de mère porteuse ou quelqu’un  qui se proposait de le faire. Mais cela arrivera. Dans ce cas, il faudra consulter le comité religieux qui décide si cela est autorisé. J’ai regardé un groupe de religieux en discuter à la télévision et ils n’étaient pas d’accord. Dans un cas comme celui-ci, il faut consulter le peuple.

Qu’entendez-vous par consulter le peuple car le droit de vote n’existe pas ?
Nous sommes sunnites. En Iran, ils sont chiites et ils autorisent le don d’ovules. Nous pas.

Ils sont plus libéraux ?
Oui. Je suis sûre qu’ils ont de bonnes raisons. Il nous faut donc demander à notre comité d’en discuter et prendre une décision. Il faut d’abord passer par le ministère de la santé et ils en délibèreront avec cette Fatwa (avis juridique émis par un spécialiste de la loi islamique sur une question précise).

Le comité est constitué de religieux ?
Oui.

Décrivez le contexte dans lequel la loi de 2010 sur la PMA a été adoptée ?
Le débat selon lequel une loi était nécessaire a débuté en 2007. En 2010 la loi a vu le jour. Il y a eu beaucoup de discussions. Je suis la première Émirienne gynécologue spécialisée en PMA et j’ai demandé une loi pour l’encadrer. En tant que directrice du Centre de Gynécologie et de Fertilité de Dubaï (DGFC), je trouvais que plus de contrôle était nécessaire. Nous étions le seul centre public avec Tawam à Al Ain à créer ces cycles de reproduction. J’ai été formée par le Professeur britannique Ian Craft. Nous avons pensé que tout comme en Grande-Bretagne, les EAU devaient se munir d’un organe de contrôle. On ne peut pas continuer sans.

Surtout dans un domaine où tant de considérations religieuses, éthiques et morales sont en jeu ?
Ce ne sont pas des cellules ordinaires. Elles sont porteuses des gènes et de l’identité d’une personne. Elles peuvent être utilisées, clonées, exploitées pour un tas de choses. Si nous autorisons les gens à exercer cette spécialité, il faut la contrôler. Il faut une licence. Il faut une loi et un comité de contrôle des laboratoires. Cet organe doit être constitué de gens compétents dans le domaine : des spécialistes de la fertilité, des embryologistes, un religieux, un représentant de la société civile. Il faut aussi un registre de tous les centres. J’ai suggéré tout cela. La loi est passée mais le comité n’existe toujours pas.

Pourquoi y a-t-il eu un débat pour la présence de deux musulmans –un spécialiste et un technicien- dans les centres de Fécondation In Vitro (FIV)?
Cela a commencé au DGFC. La plupart des embryologistes du laboratoire étaient hindous. Il n’y avait pas de musulmans. Je sentais que les médecins ne voulaient pas de musulmans dans le labo. Un débat a débuté et les gens étaient rassurés que des musulmans y soient présents afin de respecter les préceptes de l’Islam. Ils seraient garants du fait que les embryons ne seraient pas donnés à de mauvaises personnes, ce genre de choses…

Le fait que le laboratoire soit supervisé par des musulmans était un  gage de confiance contre un trafic possible?
Oui. Ce n’est pas que les musulmans sont mieux ou moins biens. Cela rassurait les gens d’être entre les mains de médecins qui suivent le Coran, qui ne joueraient pas avec leurs ovules et leurs embryons.

Combien les EAU comptent-ils de centres ?
J’en connais trois sur Dubaï. Il y a tant de centres de PMA qui fleurissent aux EAU. Ce n’est pas correct. On ne peut pas en avoir autant. Comment les contrôler ? Les gens peuvent faire n’importe quoi pour obtenir un résultat. Ces centres coûtent cher si vous voulez être en règle, je le sais, j’en dirige un. Pour entrer dans ces frais, il peut être tentant de faire des choses idiotes. C’est pourquoi il faut être strict.

Des choses idiotes ?
Parfois on entend des choses. Vrai ou faux ? Je ne suis pas en mesure de juger. C’est à un comité de le faire. J’ai poussé à sa création lorsque j’étais au gouvernement. Mais c’était très stressant. Lorsque l’on se bat pour des choses justes, il y a toujours des gens pour vous en empêcher car ils profitent de cette situation. C’est toujours pénible d’être du bon côté.

Est-ce la raison pour laquelle vous avez démissionné ?
Oui, j’ai démissionné du DGFC en 2008 car le stress était trop fort. En tant que médecin, je n‘ai pas le droit à l’erreur. Le Professeur Craft et moi-même avons démissionné et j’ai fondé mon propre centre*.

Pourquoi défendez-vous la PMA ?
Lorsque je faisais mon stage en Angleterre au sein des différents départements, j’ai voulu rejoindre l’unité de la fertilité. Vous apportez de la joie aux gens. Ce n’est pas seulement leur donner un enfant mais donner un enfant à quelqu’un qui le veut vraiment. Les gens qui ne peuvent pas avoir d’enfants subissent pression et angoisse. Ils ressentent que leur vie n’est pas complète, que quelque chose d’essentiel manque. C’est notre instinct.

Qui sont vos patients ?
La plupart sont des locales. Elles sont heureuses qu’une des leurs les suive. Elles me font confiance et je me dois d’être à la hauteur de cette confiance. J’en suis très fière.

Elles viennent ouvertement ? C’est un traitement accepté par les familles ?
Elles n’en parlent pas. Elles ne disent pas qu’elles sont mes patientes. Peut-être qu’elles ne se sentent pas « normales ». C’est juste un sentiment : je ne vaux pas moins que toi.

Elles ressentent de la honte comme si elles n’étaient pas complètement femmes ?
C’est vrai. C’est très éprouvant. Et pas seulement pour le patient mais aussi pour le médecin. Lorsqu’une patiente ne tombe pas enceinte, cela me peine. Je me sens coupable. Parfois ce sont les œufs ou les embryons mais on aimerait quand même pouvoir les aider…

Comment les hommes réagissent-ils à la stérilité ?
Généralement, ils ne sont pas aussi ouverts que les femmes. Je ne sais pas ce qu’ils ressentent. Je leur dis qu’un faible taux de sperme ou pas du tout n’a rien à voir avec la sexualité. Mais je ne sais pas ce qu’ils ressentent car les hommes ne se confient pas à une femme. Ils ne parlent même pas à leur femme. C’est une société dominée par les hommes.

Comment abordez-vous le sujet avec eux dès lors ?
J’en parle ouvertement. Je leur explique quel est leur problème et comment le résoudre. Je leur dis quelles en sont les raisons possibles et comment les aider. Parfois je dois aussi leur dire qu’il n’existe pas encore de remède disponible mais que la science progresse.

Quand vous dites qu’ils ne parlent pas à leur femme, vous suggérez qu’ils ne parlent pas de sexualité ?
Même avec leur gynécologue, les femmes n’en parlent pas. Elles ne parlent que de douleur durant le coït mais jamais de désir. Elles sont trop réservées pour aborder ce sujet. Elles gardent cela pour elles.

Et dans le couple ?
Parfois ils n’en parlent pas. Il faut parfois leur expliquer certaines choses. J’ai le cas d’un couple très éduqué, lui était médecin et elle ingénieure. Après trois ans de mariage, il emmène sa femme chez moi en disant qu’elle ne tombe pas enceinte. Je commence à l’examiner et elle saute du lit ne me laissant pas faire. Je lui demande si ils ont des rapports sexuels et elle me répond par l’affirmative. Je la convaincs de l’examiner car il est possible qu’elle ait un problème d’hymen ou pas de vagin… Je découvre que son hymen n’est pas perforé ! Ce qui signifie qu’ils ne savaient pas comment faire l’amour. Je demande au mari ce qu’ils faisaient et les deux me répondent qu’ils pensaient que c’était ça le mariage !

C’est le manque d’éducation sexuelle ?
Oui. J’ai rencontré d’autres couples comme cela. C’est un autre monde.

Cela change ?
Oui. Je constate que les femmes changent plus vite que les hommes et cela risque de poser un  problème. Les femmes risquent de ne plus pouvoir admirer les hommes et elles ont besoin que leurs maris soient leurs égaux ou meilleurs qu’elles. Elles s’améliorent de jour en jour, travaillent et sont actives.

Pourquoi évoluent-elles plus vite que les hommes ?
Elles ont toujours bougé vite. On peut expliquer cela par le fait qu’elles ont toujours été contrôlées donc qu’elles n’ont rien connu d’autre que le travail. Les hommes ont d’autres possibilités : sortir, se distraire. En plus avec la communication, il est plus facile de voyager, de s’ouvrir à de nouvelles choses. Elles se disent : « Pourquoi je ne serai pas capable de faire ça ? »

Elles sont passées de la vie domestique à toutes les possibilités tandis que pour les hommes cela a toujours été normal donc ils sont moins motivés ?
J’ai l’impression que cela ne va pas être facile pour les femmes…

Avez-vous des statistiques sur la stérilité aux EAU ?
Nous avons fait une étude de l’AMH (hormone anti mullériene hormone) qui donne une estimation de la réserve ovarienne sur des femmes locales : 23% sont concernées par cette stérilité. Le type de stérilité que nous rencontrons ici est celui des ovaires polykystiques (polycystic ovarian syndrome ou PCOS) qui est un gros problème ici. Nous avons de plus en plus de patientes avec un faible taux de réserve ovarienne. Il est très difficile de traiter ces patientes.

C’est comme un processus de vieillissement prématuré des ovaires ?
Oui. C’est un problème mondial. Dû à quoi ? L’alimentation ? Je ne sais pas pourquoi on n’en parle pas plus. C’est un sérieux problème : avec peu d’ovules, on ne tombe pas enceinte. Pour obtenir de bons résultats en PMA il faut une quinzaine d’œufs. Avec moins de cinq œufs comment mettre une femme enceinte. J’ai remarqué qu’elles avaient mois  de chance de grossesse et plus d’avortement spontané. C’est un groupe que je vois de plus en plus. Ce type de patientes n’existait pas il y a dix ans. Et chez les hommes aussi, ils ont de moins en moins de spermatozoïdes (non-obstructive oligospermia) ou carrément d’absence de spermatozoïdes (azoospermiques). J’ai eu deux cas récemment. Que se passe-t-il ?

Le Diagnostic préimplantatoire est-il permis aux EAU ?
Oui, c’est autorisé dans la région. En vue de guérir une autre maladie. Nous sommes le premier centre à le faire depuis début 2013. C’est une technique nouvelle. Nous faisons une biopsie, l’envoyons en Espagne par Fedex dans un container spécial et ils nous envoient les résultats par email. Nous vérifions les gènes.

La PMA est-elle remboursée ?
Non mais sûrement moins chère qu’en Europe (environ 35 000 euros et aux Etats-Unis (environ 120 000 dhs). Ici il faut compter environ 36 000 dhs. En Égypte ou en Jordanie c’est encore moins cher. A Abu Dhabi le gouvernement rembourse tout ou les compagnies d’assurance. Ce qui n’est pas obligatoirement une bonne chose car certains médecins abusent en poussant les patients à faire des traitements et à prendre plus de médicaments. Je l’ai entendu de compagnies pharmaceutiques et de patients. Une patiente m’a demandé si je pouvais la traiter il y a un mois et je lui ai dit que dans son cas cela ne donnerait rien mais un autre centre n’hésitait pas à le faire.

Les gens contournent-ils la loi pour trouver des mères porteuses ou obtenir un don d’ovules ?
Oui. Une de mes patientes souffrant de ménopause précoce a eu un bébé comme cela. Elle m’a avoué que ce n’était pas ses ovules. Il faut faire les choses en conscience. Une de mes patientes était mise sous pression par son mari afin d’obtenir un don d’ovules. Il l’a menaçait de divorcer si elle ne tombait pas enceinte. Je lui ai dit de bien réfléchir avant de faire son choix et de ne pas se sentir coupable. Il faut sentir que l’on fait la chose juste : il s’agit d’un enfant que vous aurez à vie. Ce n’est pas un problème que vous rangerez dans une petite boîte et auquel vous ne penserez plus. Si votre conscience vous conseille de ne pas le faire, il faut vous écouter. Elle est revenue me voir : elle avait divorcé. Et cela n’a rien à voir avec la religion, c’est une croyance personnelle.

Quel nombre maximum d’embryons avez-vous le droit de transférer ?
Trois si la patiente a moins de 36 ans et quatre si elle a plus.

Combien de cycles avez-vous réalisé ?
3000 cycles. Quant aux naissances, je ne peux pas calculer car les EAU sont une société migratoire. J’ai des patients indiens qui sont revenus me voir avec leurs jumeaux de neuf ans la semaine dernière.

Quand avez-vous commencé ?
En 1995

Vous êtes pionnière dans la région ?
Oui je suis la première à avoir fait une FIV dans les pays du Golfe.

Est-il permis de congeler des ovocytes ?
Oui

Et des embryons ?
C’est l’un des points sur lequel je me suis battue devant le Parlement. C’est permis dans tous les pays occidentaux alors pourquoi pas chez nous ? Ils invoquent le fait qu’un embryon congelé pourrait être utilisé pour ou par quelqu’un d’autre. Mais il n’y a pas d‘erreur.

Avec un tel raisonnement, ce genre de choses pourraient arriver aussi avec des ovocytes non congelés ?
Exactement. Des ovocytes peuvent être utilisés pour faire des embryons. Avec cette logique, il faudrait tout interdire. Vous faites faire des traitements inutiles à des femmes alors que les chances de concevoir avec des ovocytes congelés sont de 30% et avec des embryons congelés de 70%. C’est une énorme différence ! Ce n’est pas juste de se débarrasser des embryons supplémentaires alors que vous pouvez les congeler et en plus cela est moins onéreux. J’ai essayé de les convaincre mais lorsque vous avez en face de vous des gens qui ne sont pas du milieu ils ne comprennent pas de quoi vous parlez. Il y a aussi le fait que les religieux ont besoin de comprendre médicalement parlant : ce qui peut arriver et où les choses peuvent mal tourner. Sur cette base uniquement peuvent-ils décider ce qui doit être permis ou interdit.

Les religieux membres du comité devraient étudier la PMA ?
Exactement. J’ai essayé de leur expliquer pourquoi c’était injuste de demander à une patiente point de vue santé et finance de sacrifier des embryons sains au lieu de les congeler. J’ai aussi essayé d’expliquer que si quelqu’un voulait utiliser des ovocytes ou des embryons pour de mauvaises raisons, ils n’avaient qu’à en prendre des frais. Vous faites confiance ou vous ne faites pas confiance. Mais le point important c’est qu’on ne fait pas confiance sans contrôle. Il faut contrôler ces centres. Particulièrement dans un pays où les gens viennent de différents endroits dans le monde et veulent se faire de l’argent et repartir. Si vous me répondez que vous ne disposez pas d’un tel organe de contrôle alors dans ce cas, ne permettez rien du tout ! Si vous voulez être un pays à la page et modèle, il faut bâtir le système avant de le mettre en route. Correct ? On ne peut pas mettre la charrue avant les bœufs.

Vous attendez toujours la mise en place d’un tel organe de contrôle ?
Oui. Il m’arrive d’être confrontée à des situations où j’aimerais pouvoir discuter avec des experts. Par exemple, je transfère trois embryons mais l’un se divise. Que dois-je faire ? Je dois envoyer le patient à l’étranger. J’ai eu trop de pression lorsque je me suis impliquée dans l’élaboration de la loi. Plus que je ne n’en pouvais supporter.

Pourquoi ?
Des gens. J’ai même pensé que cela n’en valait pas la peine. Leurs remarques me blessaient. Ils me mettaient en dehors des comités alors que je suis la plus expérimentée en matière de FIV. Juste parce que je disais ce qui me semblait juste ou non. Dans ce domaine, les choses doivent être claires. On ne peut pas se permettre de laisser des zones d’ombre.

Est-il possible de faire de la réduction ici ?
Dans les centres publics oui. Si vous avez quatre embryons vous faites une réduction car les chances d’avoir un prématuré sont très grandes. Avec trois embryons vous pouvez atteindre 34 semaines de grossesse et en toute probabilité même moins. Avec un autre docteur nous avons fait toutes les réductions.

Qu’en est-il de la contraception ?
Nous en parlons. La plupart des femmes calculent leurs jours d’ovulation. Elles n’aiment pas utiliser des hormones ce qui est bien. Ou elles utilisent des préservatifs ou le stérilet. C’est l’inverse des femmes européennes qui prennent la pilule car elles ont des partenaires multiples. Dans ce cas le stérilet n’est pas sûr car il est sujet à infections.

Il est hors de question d’avoir des partenaires multiples aux yeux de la société ?
Hors de question.

Et de ne pas être vierge au mariage ?
Oui. Pour un homme c’est ok mais pas pour une femme (elle rit).

C’est toujours le cas ?
Oui et ça le restera.

Contournent-elles le problème ?
Avant le mariage pas de pratiques sexuelles. Parfois entre la rencontre et le mariage il arrive que quelque chose se passe mais nous ne nous attendons pas à cela en général. J’ai trois filles et un garçon. Si mon fils m’annonce qu’il a une relation je lui dirai que je préfèrerai que ce ne soit pas le cas mais je n’en ferai pas plus de cas. Je suis médecin, éduquée, je m’habille comme les occidentales mais je suis contre les relations sexuelles avant le mariage.

C’est une croyance forte ?
Oui avant tout en raison des infections. Et ensuite pour des raisons religieuses. C’est la façon dont nous sommes éduqués. Bien sûr qu’il y a des désavantages. Une fois mariés si la personne ne vous correspond pas sexuellement, vous êtes bloqué toute votre vie. J’ai des filles qui viennent me voir parce que leur mari est impotent. Et la plupart des filles se marient très jeunes entre 23 et 25 ans. C’est pour la vie. C’est une situation difficile.

De nos jours la plupart choisissent leur mari ?
De mon temps il était fréquent d’épouser un cousin. Ces mariages ne sont pas sains et les gens sont surpris quand je dis que je ne veux pas que mes enfants épousent quelqu’un de la famille. Même si ce sont de bons garçons, je veux qu’elles épousent des hommes hors de la famille. Cela surprend les gens.

Comment cela s’est-il passé pour vous ?
(Elle rit). Je ne suis pas mariée à un local. Je l’ai rencontré au travail, c’est un médecin jordanien. Nous sommes bien ensemble, nous nous faisons confiance. Je suis allée voir mon père en lui disant que c’était un homme bien, médecin comme moi. Mon père m’a dit que je n’étais pas la première de la famille à épouser quelqu’un d’extérieur et il a accepté.

Quelles sont les origines de votre famille ?
Nous sommes de Dubaï et avons toujours été dans les affaires. Je suis la première médecin du côté de mon père. Mais du côté de ma mère, nous sommes une trentaine. La plupart ont vécu à l’étranger.

Vous n’avez jamais été voilée ?
Jamais. Ma sœur non plus.

Même quand vous étiez étudiante ici ?
Oui.

C’est très rare ?
L‘une de mes filles porte une sheila et l’abbaya mais les deux autres refusent. Je leur dis de porter l’abbaya car c’est plus facile de se faire accepter dans la société surtout si votre père n’est pas un local. La société n’accepte pas les femmes qui épousent un étranger. Les enfants issus d’une telle union trouveront difficile de se faire accepter et de trouver un mari. Les hommes peuvent facilement épouser une étrangère mais si c’est une locale qui épouse un homme étranger ce n’est pas accepté. Même si les filles choisissent des hommes de leur milieu.

Vos enfants ont la nationalité émirienne ?
Oui. La loi a changé en 2012. Ils ont leur passeport et l’obtention de la nationalité est en cours. L’avantage lorsqu’on épouse un étranger est qu’il vous permet de progresser. Mon mari ne m’a jamais empêché de faire quoi que ce soit.

Cela n’aurait pas été le cas avec un local ?
Pas moyen. Il ne m’aurait jamais permis de faire ma valise et partir un mois pour un stage... Lorsque mon mari m’a demandée en mariage, un cousin local avait aussi fait une proposition. Lorsque je lui ai dit que je souhaitais me spécialiser en gynécologie après l’obtention de mon diplôme de médecine, il m’a répondu qu’être médecin serait suffisant. C’était ma condition au mariage.

Il existe donc des domaines où les femmes ont moins de liberté que les hommes ?
Oui. Il y a beaucoup de progrès à faire. Les femmes évoluent très vite et ils devraient suivre le rythme et leur donner la chance d’être plus fortes et meilleures. Ils ne devraient pas se sentir menacés si elles deviennent directrices ou n’importe quelle position qui affecte leur masculinité. Ils devraient accepter le fait qu’une femme n’épouse pas un homme juste parce qu’il est émirien. Le monde change.

Diriez-vous que si académiquement et professionnellement les choses se sont nettement améliorées, ce n’est pas encore le cas culturellement et les mentalités n’ont pas encore suivi ?
Oui. Il y aura des problèmes avec les filles à l’avenir. Ici à la maison, nous discutons de tout. Les filles locales ont changé.

Qu’est ce qui doit être amélioré ?
D’abord les hommes. Ils doivent comprendre que les mentalités changent. Dans ma famille, nous sommes ouverts. Mes parents ont toujours vécu ici mais ils sont ouverts. La chose la plus importante pour moi est que mes filles soient heureuses même si elles épousent un Européen. Oui, il devra se convertir. Les femmes évoluent bien mais les hommes devront changer. Ils devraient être plus ouverts.


*Dr Husnia Gargash’s Fertility Gynecology and Obstretrics Center

Plus d’infos :
http://gargashivf.ae/index.html
Adresse : Satwa, Dubai

Tel: 04-3455001
Fax:04-3455009



Fertilité à Dubaï :

The Dubai Gynecology and Fertility Centre (DGFC) : les pionniers de la fertilité (1991) ; Adresse: Dubai Healthcare City, Dubai, Dubai, UAE ;
Tel:971-4-3344300

Fax: 971-4-3346919

First IVF Fakih Institute of Reproductive Science and Technology : depuis 2011
Abu Dhabi:
First IVF – Street 13, Delma and Karama intersection P.O.Box: 30907 ;
Phone: +971 5 66419351 ;
Fax: +971(2) 445 8860
Dubai:
First IVF – O
ff Al Wasl Road (65b Street) ;Phone: +971 4 349 7600 ; fax: +971 4 349 0700

Conceive- The Gynecology and Fertility Hospital
Fondée en 2004 par Dr. Pankaj Shivastav, Set up on Dubai-Sharjah Highway, Conceive is easily accessible
Tel : 06-5771822 ;email .

Emirates Hospital’s Infertility center
Adresse: en face de Jumeirah Beach Park, Jumeirah Beach Road, Dubai
Tel: +971 4 3496666
www.emirateshospital.ae

Get Well Medical Center

Adresse : Bank Street, Bur Dubai; Dubai ; Tel: +971 4 213 7241

Iranian hospital

Adresse: Satwa; Dubai
Tel: +971 4 3440250/0321 Fax: +971 4 344 03 22
www.ihd.a

Medcare Hospital

Adresse: Jumeirah, entre Sheikh zayed et Al Wasl roads, Dubai.
Tel: +971 4 4079100/101

www.medcarehospital.com

Traitements disponibles à Dubaï :

Intracytoplasmic Sperm Injection (ICSI)
In Vitro Fertilization (IVF)
Preimplantation Genetic Diagnosis (PGD)
Blastocyst Culture (BC)
Assisted Hatching (AH)
Intrauterine Insemination (IUI)

Gamete Intrafallopian Transfer (GIFT)

Tubal Embryo Transfer (TET)
Zygote Intrafallopian Transfer (ZIFT)
Testicular Sperm Aspiration (TESA)
Zygote Intrafallopian Transfer (ZIFT)
Natural Cycle IVF
Microscopic Testicular Mapping/Sperm Localization

Attention ces traitements sont chers et ne sont pas remboursés par les assurances.

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A noter qu’il est nécessaire de vérifier ces tarifs auprès des différents centres.

Causes d’infertilité aux EAU :

La cause la plus fréquente chez les femmes : ovaires polykystiques (PCOS)
Chez les hommes : oligospermie (taux faible de spermatozoïdes)

Autres causes :
Maladie inflammatoire pelvienne
Obstruction des trompes de Fallope (15% des femmes qui ont des problèmes à concevoir)
Endométriose
Fibromes utérins
Thyroïde
Maladie des reins
Diabète
Mariage tardif
Stress
Mode de vie et alimentation
Causes non expliquées

Dernière modification le samedi, 28 novembre 2015 13:07
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