Bannière
Yolande Pineda, un concentré d’authenticité et de dynamisme à la tête du FBC. PDF Imprimer Envoyer Share


Yolande Pineda est une personnalité surprenante : femme aux multiples facettes, passionnée et incroyablement dynamique, elle pourrait vous parler de son parcours hors du commun pendant des heures.
Cette femme, pourtant menue, dégage une force extraordinaire, elle qui a toujours fuit l’évidence et la facilité.

A la tête du FBC depuis 3 mois, elle nous parle de ce qui l’a amenée à Dubai il y a 5 ans.

Bonjour Yolande! Racontez-nous votre parcours en quelques mots.
Je suis Catalane, née à la frontière France-Espagne, j’ai fait mes études de commerce en France et pour valider la dernière année je suis partie en Finlande où j’ai passé 9 mois en école et 3 mois en stage.

La Finlande ? Pourquoi ce choix ? Par goût de l’extraordinaire ?
Plus par  goût de l’aventure et par attrait pour l’inconnu car j’avais le choix entre tous les pays d’Europe et j’ai préféré celui que je connaissais le moins et qui était le moins évident sur la carte. Pour moi tout dans la vie est une question de transformer l’essai en opportunité.
Là-bas j’ai choisi de travailler pour Nokia parce que c’est une société Finlandaise et je voulais profiter de l’expérience d’immersion à fond.

C’est donc là que tout commence ?
Oui, avec Nokia ma 1ère mission de stage a été de monter les bureaux Nokia en France !! Je suis partie à Paris, que je ne connaissais pas, avec seulement un post-it mentionnant l’adresse des bureaux en construction. J’avais 20 ans.
Cela a été très formateur. On m’a ensuite demandé de rester à l’issue de mon stage, j’ai accepté sous la condition de continuer mes études…Et je me suis retrouvée dans l’industrie la plus révolutionnaire de ces dernières années, celle de la téléphonie mobile ! C’est pourquoi j’y suis restée plus de 17 ans.

Qu’avez-vous appris de ce premier voyage?
Personnellement, les Finlandais sont très vrais, très honnêtes, très fiables et très discrets. J’ai tout de suite été attirée par cette opposition avec mes racines, moi la catalane habituée à l’extériorisation, et cela m’a beaucoup apporté.
Ça a été pour moi un voyage très marquant qui m’a enseigné l’amour du travail bien fait, la ponctualité (je rigole bien à Dubai) et le pragmatisme.
Et professionnellement j’ai donc passé 1 an à Helsinki, puis grâce à ce stage, 9 ans à Paris où j’ai vécu la grande croissance de Nokia qui était passé de 1 à 450 employés en France quand j’en suis partie.
Je m’occupais de ‘l’account management’ c’est à dire vendre des réseaux de télécom en B2B mais j’étais en même temps responsable de la communication, étant française. Et j’ai très vite fait partie de la « management team » (j’avais 25 ans). Pas tant pour le titre, cela ne m’intéresse pas, mais plutôt pour le challenge intellectuel et pour être au cœur de la société.

Etant très prise et passionnée par votre travail, arriviez-vous tout de même à avoir une vie personnelle ?
Oui ! Je me suis mariée à 27 ans et j’ai bien réussi à équilibrer ma carrière et ma vie de famille. Ça a été une époque de voyages professionnels certes mais aussi de construction : de la maison, du couple, de la  vie. Construire pour moi est très important, les voyages aussi.
Puis gros tournant à 30 ans où je perds une collègue de mon âge. Ça a été ma première confrontation à la perte de quelqu’un et j’ai été un zombie pendant 1 mois. J’ai alors réalisé à quel point on est là aujourd’hui mais qu’on ne le sera plus demain.  Je me suis aussi dit que j’avais 30 ans et que j’avais énormément voyagé et j’ai alors fait savoir que j’étais candidate à l’expatriation pour la terre entière.
Très vite j’ai été envoyée en Amérique latine pour lancer Nokia en tant que responsable régionale de la communication, toujours en B2B. Basée à Rio de Janeiro, je m’y suis sentie chez moi en deux jours et j’en ai appris la langue en quelques mois.

Et ce voyage-ci, que vous a-t-il apporté ?
Le Brésil est aux antipodes de la Finlande : il s’y trouve la population la plus ouvertement gaie de la planète. On y apprend l’appréciation de la vie dans ce qu’elle a de plus simple.

Vous voyez toujours la vie de cette façon aujourd’hui ?
Oui ! Toujours !

Et ça se traduit comment?
Pour moi le bonheur c’est de respirer l’air frais, de voir le soleil et le ciel bleu tous les jours, des personnes qui sourient à la vie.
L’Amérique latine c’est aussi une merveille de la relativisation: les latinos font le maximum avec rien, ils ne râlent jamais.
Ils croient aussi en Dieu, en la vie, aux meilleurs lendemains et pourtant tout est basé sur aujourd’hui qui doit être une fête car « pourquoi attendre demain ? » Pour eux le présent est bien cela= un cadeau.

Et ensuite ?
J’ai passé 2 ans à Rio.
Au niveau professionnel je suis devenue directrice régionale de la communication pour la téléphonie mobile. A cette époque je voyageais plus de 95% du temps. J’en ai eu alors assez et ai voulu me poser en Argentine.
Je parle toutes les langues du continent latino ce qui a un impact majeur sur ma vie : je n’étais pas du tout dans la communauté française.

Puis Nokia m’a transférée à Dubai. Je n’étais pas vraiment partante au début car je voyais plutôt l’Europe mais une semaine de reconnaissance et j’étais séduite. Le melting pot et le fait que ce soit un tout nouveau continent pour moi m’ont décidée.
Je suis à Dubai depuis 5 ans : 2 ans à Nokia puis j’ai été débauchée par la société Mars (oui, les barres de chocolat), juste au moment où Nokia commençait à être challengée.
Mars est une société américaine travaillant dans le FMCG : tout nouveau pour moi alors j’ai voulu relever le défi. Mais je n’ai pas trouvé mon compte en terme de communication, ce n’était pas aussi challenging que pour Nokia.
J’ai alors pris une grande décision : prendre ma retraite dès le 1er avril, soit pile après 20 ans de multinationales et tellement de voyages… et m’installer en Equateur.
C’était les plans…
Mais j’ai rencontré quelqu’un avec qui j’ai eu envie de reconstruire une nouvelle vie ici.
J’ai alors en effet pris ma retraite fin mai 2011 mais l’ennui m’a rattrapée et j’ai posé mon CV au FBC.

Vous avez obtenu un poste très convoité. Qu’est ce qui a fait la différence entre vous et les autres candidats ?
Oh ca, il faudrait le demander à ceux qui m’ont embauchée ! Mais je crois que c’est grâce à mon expérience professionnelle avec management d’une équipe, ma spécialisation dans la com’ et enfin ma grande motivation.

Motivation ?

Oui. Pour moi à ce moment là il a été très important de travailler pour la communauté française.

Pourquoi ça ?
Parce que j’avais ce sens de rendre à la France ce qu’elle m’avait offert : j’y ai fait des études superbes mais je n’ai jamais travaillé pour une société française…il était temps que je mette mon expérience internationale au profit de ce pays qui m’avait donné les opportunités d’une superbe carrière.

Racontez-nous le FBC aujourd’hui.
Nous sommes une nouvelle équipe.
Le FBC a 25 ans cette année ce qui montre une superbe pérennité !
25 ans c’est aussi une charnière, il faut se réinventer pour les 10,000 français de Dubai. C’est ça le challenge.

Quand vous ne travaillez pas, comment passez-vous votre temps libre ?
J’aime beaucoup marcher, et contrairement aux idées reçues il y a de quoi faire : vous pouvez marcher 2h dans le parc d’Emirates Hills et je marche vite ! Le « palmier » aussi offre une bonne possibilité de marcher. Les gens ne connaissent pas ça…
J’aime faire du vélo aussi. Mais attention ! Je ne suis pas sportive, j’ai surtout besoin d’être dehors et je suis très active.
Je suis très cinéma aussi avec une préférence pour les films qui parlent des gens comme récemment « New Year’s Eve » (génial) et « Les Intouchables ».
J’aime recevoir, je suis très « amis ».
J’aime la mode aussi, mais l’accessible, je n’achète pas de marques de designer, du tout, car j’aime créer mon propre look, changer, mixer, me réinventer. Par exemple je suis très manuelle, je crée mes propres bijoux.
Cette créativité m’est très importante pour équilibrer l’intensité du travail : c’est ma thérapie à moi, tout comme de récurer la maison
Enfin mon tout nouveau défi : essayer de me mettre au golf ! Plutôt que de faire des trous dans le gazon…vous voyez, ça aussi c’est dehors !

Et où aimez-vous sortir ?
Le Paï Thaï à Al Qasr, les pique-niques sur la plage avec les amis.

Vous avez des plaisirs simples, c’est depuis votre expérience en Amérique latine ? Vous ne perdez pas un peu de cette simplicité à Dubai ?
Non pourquoi ? Je reste réelle et fidèle à moi-même. Et Dubai n’est pas qu’artificielle.
Je vois Dubai plus comme un voyage que comme une opportunité de construire mon future car je ne suis pas matérialiste ; je voyage léger, je suis d’ailleurs toujours prête à partir : mon sac (le plus minuscule que j’ai vu en 7 ans aux Emirats NDRL) contient toujours mon passeport.

Et quoi d’autre pour être si petit ?
Et bien regardez : les clés de ma maison, des cartes business, un rouge à lèvres, mon blackberry, et un élastique pour cheveux ; c’est mon pragmatisme à la Finlandaise.

Finalement je suis « moments » plus que « objets » : vivre et voir, pas collectionner.

Écrit par Rachel Rousseau le Mercredi, 01 Février 2012 11:32
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir