|

Bien qu’elle soit expatriée depuis plus de 20 ans, Guenaelle garde toute l’élégance et le raffinement de ses racines françaises que ce soit dans sa façon de s’habiller ou de recevoir.
De ses études en Angleterre et aux USA elle garde, outre une maîtrise parfaite de l’anglais, une ouverture d’esprit qui va souvent de paire avec l’éducation anglo-saxonne (et manque parfois à certaines « franco-françaises » ! ndlr)
Guenaelle est donc à Dubaï, ville cosmopolite et anglophone, comme un poisson dans l’eau depuis bientôt 7 ans, elle y dirige Gulf Gifts une société de cadeaux d’entreprise originaux et élégants. Mais même si ce qu’elle aime à Dubaï c’est le dynamisme ambiant et les nombreuses opportunités, elle a commencé bien avant sa carrière d’entrepreneuse puisque Gulf Gifts est la 7ème entreprise qu’elle créé …et probablement pas la dernière !
Pourquoi ce besoin d’entreprendre partout où vous passez, dans des contextes et des domaines aussi variés ? Je crois que cela tient au fait que je ne conçois pas la vie d’expatriée seulement comme une aventure familiale, aussi enrichissante soit-elle, mais aussi comme une opportunité pour se développer dans différents domaines, exprimer les différentes facettes de sa personnalité et faire des rencontres qui vont au-delà de notre « comfort zone ». Avoir sa propre entreprise permet de faire tout cela en gardant liberté et indépendance.
Racontez nous votre première création d’entreprise : C’était il y a 20 ans en arrivant à Hong Kong, où je travaillais pour la même entreprise de consulting bancaire qu’à Paris. J’ai eu envie de changer et j’ai créé « En remontant le Mékong » une société qui vendait des baguettes chinoises (en ébène et argent, ndlr) que je faisais fabriquer au Vietnam où j’avais vécu lors de ma première expatriation.
Et ensuite … J’ai revendu cette société quand je suis partie en Afrique du sud où j’ai monté « Terres Rouges » avec une partenaire locale. Nous faisions fabriquer de jolis meubles pliables en bois et cuir pour les lodges qui hébergent les touristes dans les réserves.
Vous aviez une formation en design de meubles ? Non pas du tout, j’ai fait Dauphine puis un MBA en économie ! D’ailleurs le plus difficile ne fût pas la partie création, mais plutôt l’équilibre financier, car nos marges étaient très faibles. Au final nous nous sommes bien amusées et sommes rentrées dans nos frais.
Puis nouveau départ pour l’Ouzbékistan … En arrivant en là-bas, j’ai été impressionnée par la qualité des artistes de l’ex URSS, et j’ai eu envie de les mettre en contact avec la clientèle expatriée. Pour cela avec une amie américaine, nous avons appris le russe et créé « BazArt »
BazArt !?! Une galerie ? Non, c’était plutôt un « supermarché » de l’art, car nous n’accompagnions pas les artistes dans leur démarche comme le ferait une vraie galerie. Nous exposions les œuvres des artistes qui nous plaisaient et nous faisions venir les clients qui achetaient celles qu’ils aimaient. Cela marchait très bien et nous avons revendu cette société quand j’ai du partir à San Francisco. Mais je ne suis pas partie les mains vides car j’ai rempli un container de Souzanis, ces ravissants tissus Ouzbèques qui commençaient tout juste à être à la mode à l’époque et une fois installée aux USA, j’ai lancé mon business de vente de tissus online pour les décorateurs d’intérieur. Ce fût un gros succès et comme c’était online j’ai pu continuer quand je suis partie vivre à Genève, jusqu'à épuisement de mon stock !
Quels seraient vos « life lessons » dans le domaine de l’entreprenariat ? Je me garderais bien de donner des leçons de création d’entreprise, mais je peux vous donner mes critères personnels ! Quand j’arrive dans un nouveau pays, je me donne 6 mois pour mettre en œuvre une des idées qui me viennent à l’esprit en fonction du contexte et des rencontres. J’en choisi une qui nécessite peu de capital, qui correspond en général à une niche et qui peut, selon mon business plan, être rentable en 1 an (car on ne sait jamais à l’avance combien de temps on va rester !) et le plus souvent je m’associe avec une partenaire, locale ou expatriée comme moi.
Revenons à Dubaï, il y a plus de femmes entrepreneuses qu’on ne le croit, il y a même des réseaux dont vous faites partie je crois ? Oui il y en a plusieurs, « heels and deals » ou IBWG (International Business Women Group) de Dubaï, qui permettent de se rencontrer, échanger des idées, « networker »…car si partout ailleurs dans le monde « business is business », ici il ne faut jamais oublier que « business is more personal ». Par exemple dans mon domaine d’activité où j’ai beaucoup de clients locaux, il faut savoir s’adapter à la culture et aux goûts des clients… même si on ne les partage pas toujours.
Quand on parle avec Guenaelle, on se dit pourquoi pas moi, tout semble facile en l’écoutant. Elle est toujours souriante, impeccablement élégante et sophistiquée, jamais en retard et parvient à garder un équilibre entre sa vie professionnelle et personnelle qui lui permet d’aller chercher sa fille à l’école presque tous les jours.
Mais rappelons nous qu’à Dubaï comme ailleurs, rien ne se fait sans une volonté et une énergie qui font la différence entre celles qui voudraient faire et celles qui font…mashallah Guenaelle !
Écrit par VéroniqueTalma le Lundi, 21 Novembre 2011 11:22
|