
| Le journal de Sabrina, maman expat' à Dubai |
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Mon meilleur ami me rend visite!
« Allo Sabrina ? - Oui ? - C'est Chris - Oh ! Quelle surprise ! Comment vas-tu ? - Super et toi ? Toujours déprimée, fatiguée, énervée ? Que proposes-tu au menu, ma petite Causette? - Ben moi, c'est comme tu m'as laissée, la dernière fois que tu m'as vue, toujours en dépression... je plaisante, bien sûr, mais pas trop ! - Ne t'inquiète pas docteur Chris, psy de son quartier, arrive le 26 de ce mois. Je fais une escale à Dubaï pour deux jours, on se voit ? - Evidement qu’on se voit ! Pourquoi me poser la question?! A quelle heure arrives-tu, que je passe te prendre ? - Pour le moment je ne sais pas, j'en saurai plus la veille voire le jour du départ. Je te rappelle à ce moment là et te confirme tout ca. - Ok, j'attends ton coup de fil, je suis déjà assise sur un banc de l'aéroport ! A plus bise ! Quelle surprise ! A peine ai-je raccroché, que je saute de joie au plafond. Mon meilleur ami arrive ! Je suis très contente. Je sais que je vais passer un bon moment en sa compagnie. Monsieur est steward de son état, et oui ! Il travaille pour notre chère compagnie nationale. C'est une personne dont l'humour irrésistible vous garantit des fous rires qui s'enchaînent les uns à la suite des autres, vous offrant ainsi des abdos d'acier à en rendre vert de jalousie un coach sportif ! Deux semaines plus tard… « Allo Sabrina ? -Ah ! Chris ! Comment vas-tu ? -Bien, bien, alors je te confirme mon arrivée ce soir à vingt trois heures. Je serai logé au Sheraton creek hôtel. Je t'offrirai une séance de « je fais semblant de t'écouter » entièrement gratuite, qui te fera le plus grand bien. - Tu sais, j'ai de nouvelles résolutions depuis le début de la semaine. Je teste le mutisme. En effet j'ai décidé de taire mes problèmes de santé, que tout le monde pense imaginaires. Comme ce n'est pas dans mes habitudes, les gens qui me connaissent vont réellement s’inquiéter et peut être enfin s'intéresser à moi. Bonne méthode, non? -Je crois surtout que cela va faire le plus grand bien à ton gentil mari, un peu de silence ! -Merci de me remonter le moral ! Bon aller, je t’excuse et note tes coordonnées, no soucai. Ton pied à terre dubaïote n'est pas très loin de la maison. J'y viendrai donc demain matin. On se dit dix heures à la réception ? - On peut petit-déjeuner ensemble, ce serait sympa. Qu’en penses-tu ? - Euh ! Je crois que l'on va ignorer l'idée si tu ne veux pas te faire expulser car Eakle et Jaekle, mes deux petites têtes brunes, m'accompagneront. Pas la peine de te préciser qu’ils sont en pleine période de découverte. Le plus petit adore imiter les bêtises du plus grand, sans se soucier des risques de catastrophes. On va donc éviter des frayeurs inutiles surtout pour toi et j’arriverai après que tu ais apprécié ton café du matin en toute tranquillité. - Ok, on confirme pour dix heures alors ! - On fait comme ça, bise et bon voyage ! Le lendemain dix heures et quarante cinq minutes… Je n'ose pas appeler et envoie un sms : « Hello Chris! C'est Sabrina, petit retard de ma part, j'arriverai dans un quart d'heure si pas de bouchons, désolée… » Réponse reçue : « Salut Sab ! Tu m'as réveillé, je me prépare et te rejoins le plus vite possible, à plus ! » Ouf ! Tant mieux, me sens moins coupable. J'embarque tout mon petit monde à l'intérieur de coccinelle et hop direction City center, où il se trouve. Je n'ai pas du tout le sens de l'orientation, je me gare où je peux, manque de bol, c'est l'endroit le plus opposé de mon lieu de rendez-vous. Je m'en rends compte vu le temps passé à courir d'un bout à l’autre du centre commercial… Au bout de quinze minutes d'une course effrénée avec mes deux petits bouts bien accrochés à la poussette, j'arrive enfin à l'accueil. Je m'installe à une table qui vient de se libérer et attends quelques minutes. Ne voyant toujours personne, je renvoie un sms, espérant une réponse en retour, mais rien. Pas la moindre petite sonnerie m'annonçant un message. Je décide d'appeler mon cher et tendre et lui faire part de mon inquiétude. « Allo, mon mari, je ne comprends pas, j'appelle mister Chris mais il ne répond plus ! Tu crois qu’il dort encore ? Pourtant cela fait bien un quart d'heure que je suis à city center et… - Ah ! Il est descendu au Sofitel du coup et non au Sheraton ? - Non, non c'est bien au…Au mon DIEU ! Je me suis trompée. Qu’est ce que je fais ? Et comment y aller, là-bas ? En plus il reste injoignable ! Je suis en mode panique, je peux plus réfléchir, oh ! la ! la ! La boulette ! - Don't stress ma chérie, essaie de le rappeler une nouvelle fois et demande lui de venir te rejoindre au point information de carrefour ce sera plus simple pour vous. - Ok, tu as raison, je rappelle, à plus et merci. » Aussitôt raccroché, je contacte de nouveau mon best friend qui, je le sens, va se transformer en ex best friend quand je vais lui exposer, l'air de rien, le petit problème qui n'en est un que pour celui qui souhaite que cela en soit un, une personne pessimiste quoi! Je m'embrouille peut-être dans mes explications mais vous qui me connaissez à présent, vous comprenez ce que je veux dire, j'en suis sure ! Non ? Pas grave ! Bon je vais arrêter cette auto flagellation car je sais que plus optimiste que lui, ce n'est pas possible, il comprendra. Oups ! Enfin je suppose. « Allo, ah! enfin tu réponds, j'ai cru un moment que tu étais reparti en France las de jouer au chat et à la souris ! Bon, ne hurle pas, mais je voulais rapidement te dire que je me suis trompée, but don't worry, rien de grave, faut juste que tu viennes me rejoindre à city center lieu de mon « échouage » (Oui je sais, j'invente des mots, malheureusement ce sont les premiers qui sortent de ma bouche, pas le temps de réfléchir à leur présence éventuelle dans le petit Larousse). Ce n'est pas très loin d'où tu es. Disons cinq petites minutes en taxi ou une dizaine de dirhams pour te donner une idée du temps du parcours et éviter tout détour à l'insu du plein gré du chauffeur ! - Ok j'arrive, le temps de changer mon argent à moins qu’ils acceptent les pesos, restes de mon dernier vol. A tout de suite ! - A toute ! » Quarante-cinq minutes, dix sms et une boite de croissants plus tard, toujours pas d'ami en vue. J'espère qu’il n'a pas atterri dans un émirat voisin ! Ah ! Mon téléphone sonne ! « A donde estas señora Sabrina, ye nen po plu ! Encore un quart d'heure et je me mets à danser le penjâbi ! Ca fait une demi heure que je suis là, en train de faire les cent pas entre la caisse une et la vingt cinq ! -J'arrive, je sentais mes deux sciatiques se réveiller alors j'ai préféré m'asseoir un peu plus loin où j'ai pu trouver un banc, à de suite ! Deux minutes plus tard, nous nous apercevons, alléluia! ai-je envie de chanter en imitant une chanteuse de gospel mais je me retiens de peur d'attirer tous les regards sur moi. Je suis un peu timide vous savez. Nous sommes à deux doigts de pleurer de joie ou de fatigue, je ne sais plus ! En tout ca, ravis de se voir. Je décide de l'emmener boire un verre au bord de la crique du festival city, histoire de lui montrer autre chose que des caisses enregistreuses. Doucement mais sûrement, nous y arrivons. Au fur et à mesure que nous traversons le mall, je joue au guide et lui montre tout ce qui peut porter un intérêt touristique. Nous nous trouvons à présent juste en face de la porte qui donne sur l'extérieur. Je le laisse passer devant moi, histoire de ne pas lui gâcher la vue de cet endroit sympathique. A peine a-t-il posé les pieds dehors, qu’il se met à suffoquer comme un coq que l'on voudrait faire rôtir vivant dans un four thermostat deux cent vingt ! « Ouah ! Mais qu’est ce qui se passe ? Vite passe moi le brumisateur de tes enfants, avant que je ne ressemble à TOUTANKAMON ! Donde està la climatizacion ! » Crie-t'il en retournant illico presto sur ses pas. Je le suis, ma bombe à eau à la main, essayant de le rafraichir comme je peux car l'animal fait tourner ses bras comme l'hélice d'un avion prêt au décollage pour essayer de brasser un peu d'air qui lui permettrait, peut-être, de se sentir mieux. J'avoue, j'ai des doutes quant à la réussite du projet mais je le laisse faire. Cela m'amuse de le voir gesticuler dans tous les sens. Nous décidons finalement de boire ce verre à la maison. L'occasion pour moi de lui faire découvrir mon univers. Mon gentil loulou, a eu la bonne idée de rapporter des plats préparés, nous mangerons asiatiques ! Nous nous installons à table et tout en appréciant notre repas nous parlons de choses et d'autres. De nos dernières vacances, de nos souvenirs communs, de nos amis laissés en France, etc. Le temps passe si vite que la journée s'achève sans que je n'ai eu le temps de lui faire visiter la ville, et tous ces endroits que j'apprécie le plus. Il me rassure comme il peut en me disant qu’il reviendra et que le plus important aura été de voir ma petite famille et moi, son amie. Je suis un peu déçue tout de même mais heureuse de l'avoir vu. Cela m'a remonté le moral. Le temps de sa venue, j'ai fait un retour en arrière, au temps de l'insouciance, de la folie, propre aux célibattantes. Nous le raccompagnons à son hôtel, et nous nous quittons, non sans émotion tout de même, et avec la ferme intention de nous revoir très rapidement…
A BIENTOT !
Écrit par Sabrina B. le Jeudi, 01 Juillet 2010 12:53
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